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Enfin un Parlement panafricain

Août - Novembre 2019

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Enfin un Parlement panafricain

'Un signe de maturité démocratique'
Afrique Renouveau: 

L'Afrique vient de se rapprocher de l'unité continentale avec la mise en place du Parlement panafricain à Addis-Abeba (Ethiopie) en mars. Organe de l'Union africaine, l'institution est ouverte aux 53 pays de l'Union.

Le 18 mars, ont prêté serment devant le Président mozambicain Joaquim Chissano, Président en exercice de l'Union africaine, 202 législateurs de 41 pays. Le premier geste des nouveaux députés a été d'élire Mme Gertrude Mongella (Tanzanie) présidente du parlement. Ont également été élus vice-présidents M. Fernando Dias Van-Dúnen (Angola), M. Mohammed Lutfi Farahat (Libye), Mme Elise Loum (Tchad) et M. Jérôme Sacca Kina Guezere (Bénin). Le Cap (Afrique du Sud) et Le Caire (Egypte) ont offert d'abriter le siège permanent du parlement ; les chefs d'Etat devraient se prononcer à la prochaine réunion de l'Union africaine en juillet.

"Nous plaçons de grands espoirs dans la mise en place du Parlement panafricain", a déclaré le Président Chissano lors de la session inaugurale. "Le monde entier attend de voir ce que cet organe apportera de plus à notre projet d'édification d'une Union africaine forte et prospère."

L'Union a été créée en 2002 dans le prolongement des efforts entrepris par l'Organisation de l'unité africaine (OUA) pour unifier le continent sur les plans politique, économique et social. Selon le protocole instituant le parlement, celui-ci doit offrir une instance commune permettant aux peuples africains et à leurs organisations communautaires de participer davantage aux débats et à la prise des décisions concernant les problèmes et les défis auxquels le continent fait face. Pendant ses cinq premières années d'existence, le parlement fera office d'organe consultatif ; toutefois, l'objectif à terme est de lui confier les pleins pouvoirs législatifs, les membres étant directement élus. Chaque pays qui signe et ratifie le protocole a droit à cinq députés, dont une femme au moins.

 


Mme Gertrude Mongella, militante tanzanienne de l'égalité entre les sexes de renommée internationale, a été élue présidente du nouveau parlement.

 

Photo : ©ONU / E. Schneider 


 

Les membres du Parlement panafricain sont choisis au sein des législatures nationales ou autres organes délibérants des Etats membres, compte tenu de la diversité des sensibilités politiques de ces organes. Chaque député exerce son mandat en même temps que son mandat national. Le Parlement panafricain doit tenir au moins deux sessions par an.

L'inauguration du parlement "est, pour l'Afrique, un signe de maturité démocratique", a déclaré Mme Mongella à la session. Selon l'ancien Président malien Alpha Oumar Konaré, Président de la Commission de l'Union africaine, le parlement a un "rôle vital à jouer" pour ce qui est de défendre les droits de l'homme, consolider les institutions démocratiques et vulgariser et promouvoir la bonne gouvernance.

Partout en Afrique, l'inauguration du parlement a été accueillie avec un optimisme prudent. Le parlement "offre l'espoir d'une nouvelle ère de transparence et de responsabilisation de la politique en Afrique", a commenté le journal sud-africain Business Day. "Pour la première fois, une place sera officiellement faite aux partis d'opposition dans la politique continentale", avec la possibilité de créer des alliances pour faire pression sur les gouvernements autocratiques. (Les députés jouissent de l'immunité parlementaire et ne peuvent être poursuivis pour ce qu'ils disent dans l'exercice de leurs fonctions.)

A Nairobi (Kenya), M. Irungu Houghton, de l'organisation non gouvernementale Oxfam, a qualifié de "significative" la création du parlement. Le défi que celui-ci devra maintenant relever sera d'être en mesure d'adopter des lois, de surveiller l'application par les Etats africains des normes convenues et d'"intervenir de manière décisive pour défendre les droits de l'homme dans les Etats membres". La crédibilité des parlementaires, dit M. Houghton, tiendra "aux questions qu'ils aborderont, aux causes dont ils se feront les avocats et aux changements qu'ils apporteront dans la vie du commun des mortels en Afrique".

 

 'L'évaluation par les pairs' mise en oeuvre

 

Quatre pays africains -- le Ghana, le Kenya, le Rwanda et Maurice -- feront l'objet, au cours de l'année prochaine des premières 'évaluations par les pairs' portant sur les résultats obtenus en matière de gouvernance : telle est la décision prise le 13 février à Kigali (Rwanda) lors d'un sommet qui a réuni neuf chefs d'Etat et de gouvernement africains. Ces quatre pays figurent parmi un groupe de 17 qui ont à ce jour accepté de participer au Mécanisme d'évaluation par les pairs.

Créé dans le cadre du Nouveau Partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD), le Mécanisme est un système d'"auto-évaluation" par lequel les pays africains examinent mutuelle-ment leur gestion politique et économique. Dans chaque cas, une équipe d'experts passera plusieurs mois à recueillir des renseignements et à interroger les responsables gouvernementaux, les membres de l'opposition, la société civile et les représentants des médias, en s'attachant en particulier aux politiques, normes et pratiques du pays en matière de gouvernance politique et d'état de droit, de croissance économique, de développement durable et d'intégration régionale.

Outre ces quatre pays, l'Algérie, le Burkina Faso, le Cameroun, la République du Congo, l'Ethiopie, le Gabon, le Mali, le Mozambique, le Nigéria, le Sénégal, l'Afrique du Sud et l'Ouganda avaient adhéré au Mécanisme au moment où se tenait la réunion du 13 février. L'Angola s'est dit disposé à y adhérer le lendemain, à une réunion du Comité des chefs d'Etat pour la mise en oeuvre du NEPAD.

Lors du sommet tenu la veille, un septième membre, M. Mourad Medelci (Algérie), a été nommé membre du Groupe de réflexion chargé de surveiller les activités du Mécanisme. Les autres membres sont Adebayo Adedeji (Nigéria), Mme Graça Machel (Mozambique), Mme Dorothy Njeuma (Cameroun), M. Chris Stals (Afrique du Sud), M. Bethuel Kiplagat (Kenya) et Mme Marie-Angélique Savané (Sénégal), qui a été nommée présidente du groupe.

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