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‘Ambassadeur‘ des droits des peuples

Août - Novembre 2019

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‘Ambassadeur‘ des droits des peuples

Benedict Faustine Kikove
A 31 ans, il se bat pour le changement social
Benedict Faustine Kikove
Afrique Renouveau: 
Benedict Faustine Kikove
Benedict Faustine Kikove

Je suis né en 1988. A l’époque, mon pays, la Tanzanie, traversait des difficultés économiques et suivait un programme d’ajustement structurel.

La Banque mondiale et le Fonds monétaire international demandaient aux pays qui avaient des difficultés économiques de supprimer leurs subventions aux programmes sociaux pour obtenir de nouveaux prêts. C’était aussi une période de crises au niveau mondial, de guerres et de coups d’État dans de nombreux pays africains, une période qui a vu l’effondrement de l’Union soviétique et la chute du mur de Berlin. Les Nations Unies étaient fermement engagées dans la résolution d’un bon nombre de ces crises.

Je suis un enfant du nouvel ordre mondial. Je crois en la démocratie et la diplomatie multilatérale, dans la capacité d’œuvrer ensemble pour le bien commun de l’humanité. Dans mon pays, ils m’appellent Balozi – qui signifie

« ambassadeur » en swahili.

J’ai aidé à créer des clubs des Nations Unies dans plusieurs écoles secondaires en Tanzanie. Je suis actuellement vice-président de l’Association des Nations Unies (ANU) de mon pays. Je siège également au conseil d’administration de la Msichana Initiative, fondée par la militante Rebecca Gyumi, qui défend les droits des jeunes filles.

Action en justice

En 2016, la Msichana Initiative a intenté une action devant la Haute Cour de Tanzanie contre plusieurs articles de la loi de 1971 relative au mariage, qui permettait aux filles d’être mariées à seulement 14 ou 15 ans avec le consentement de leurs parents et d’un tribunal.

En 2017, le tribunal a statué en notre faveur en déclarant que la loi sur le mariage devait être changée afin que l’âge minimum du mariage soit le même pour les filles et les garçons. L’âge légal du mariage pour les jeunes filles est ainsi passé à 18 ans. C’est une victoire dont nous sommes tous fiers.

J’ai commencé à m’intéresser au développement ainsi qu’à la défense des droits de l’homme il y à 16 ans, quand j’étais encore à l’école secondaire. Avec d’autres élèves, j’ai été initié aux clubs de l’ONU et à l’assemblée modèle des Nations Unies (MNU). La MNU est une simulation qui rassemble des centaines de milliers d’élèves du monde entier pour discuter des problèmes du monde.

J’ai également eu la chance de rencontrer Eshila Maravanyika, qui dirigeait le Centre d’information des Nations Unies en Tanzanie. Grâce à Mme Maravanyika et à d’autres visites aux bureaux de l’ONU, j’ai beaucoup appris sur l’organisation.

J’ai ensuite décidé de créer un club des Nations Unies dans mon école. Les membres de notre club ont mis en place un programme de plantation d’arbres dans l’école et ont organisé des débats mensuels sur les objectifs du Millénaire pour le développement. Au cours de ma dernière année de lycée, j’ai créé avec des amis 27 autres clubs de l’ONU dans autant d’écoles du pays.

Après avoir obtenu mon diplôme d’études secondaires avec mention, j’ai étudié les sciences politiques à l’Université de Dar es-Salaam. Pendant le premier cycle, j’ai régulièrement été invité à parler dans des écoles et autres pour sensibiliser les jeunes. J’ai rencontré plusieurs personnalités à cette occasion, notamment les ex-présidents tanzaniens Ali Hassan Mwinyi et Jakaya Mrisho Kikwete, et l’ex-président sud-africain Thabo Mbeki. Ils continuent à m’inspirer et à me soutenir.

Cette année, pour la première fois, j’ai été invité au siège des Nations Unies à New York pour représenter la société civile tanzanienne au Forum politique de haut niveau pour le développement durable. À cette occasion, notre pays a présenté pour la première fois un exposé national volontaire – un rapport sur la mise en œuvre par un pays de son Programme de développement durable à l’horizon 2030.

L’ANU, dont je suis le vice-président, a coordonné les contributions de la société civile au rapport national et a organisé conjointement la tribune pour le développement durable de la Tanzanie, qui a réuni 500 organisations de la société civile de 14 régions, dont 70 associations de jeunes.

À l’avenir, j’aimerais faire de la politique. J’aimerais aussi prendre un jour la parole devant l’Assemblée générale des Nations Unies au nom de mon pays.

D’ici là, je m’emploierai à faire en sorte que les jeunes participent activement au développement, en Tanzanie et dans le monde, et je continuerai à défendre les droits des jeunes filles.

Mon message à la jeunesse africaine est le suivant : « Nous sommes le présent et l’avenir. Nous devons nous engager dans l’édification de nos nations, car personne ne le fera pour nous ».     

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