L’Afrique aussi investit en Chine

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L’Afrique aussi investit en Chine

Quatorze milliards de dollars d’investissement des pays africains
Par: 
Afrique Renouveau: 
A shopper buys Snow beer at a supermarket in Yichang city, central Chinas Hubei province.  AP Images /Yi chang
Une cannette de Snow beer. Photo: AP Images /Yi chang

En 2009, la Chine, nouvelle première puissance économique mondiale, remplaça les Etats-Unis comme premier partenaire commercial de l’Afrique. Depuis lors, les investissements chinois sur le continent se sont accélérés. Mais rares sont ceux qui savent  que cette relation n’est pas à sens unique.

Outre les petits commerces ouverts à Canton – appelée aussi ‘ville chocolat’ en raison de sa grande communauté africaine - des entreprises africaines ont réalisé des investissements considérables en Chine. En 2012, l’Afrique avait investi un total de 14,2 milliards de dollars en Chine, soit une hausse de 43% par rapport à 2009 où les investissements  étaient de 9,9 milliards. Rien qu'en 2012, les investissements directs africains en Chine, principalement dans les secteurs pétrochimique et industriel ainsi que dans les secteurs de la vente en gros et au détail, se sont élevés à près de 1,4 milliard de dollars. Ils provenaient notamment d’investisseurs africains venus des Iles Maurice, d’Afrique du Sud, des Seychelles et du Nigéria, selon les données officielles du gouvernement chinois

Hors de Chine, peu de gens ont entendu parler de Snow Beer, une bière la plus vendue au monde mais produite et vendue exclusivement en Chine. Encore moins de gens savent que c’est une entreprise africaine, la South African Breweries (SABMiller), qui brasse Snow Beer en partenariat avec une société chinoise, de même qu’elle produit aussi nombre d’autres bières chinoises.  

SABMiller a commencé à s’implanter en Chine au milieu des années 90 en rachetant des parts du capital des fabricants de bière locaux et en investissant dans la production des marques chinoises les plus connues sans prendre part au fonctionnement et à la gestion quotidiens de ces entreprises. Aujourd’hui, 30 ans après ses premiers investissements, SABMiller est co-propriétaire, avec Chinese Resources, son premier partenaire historique, de plus de 90 brasseries en Chine qui produisent près de 30 marques de bières différentes pour une part de marché de 23%.  négociant

Les premiers investissements tunisiens dans la production d’engrais en Chine sont encore plus anciens. Comptant au départ parmi l’un des principaux projets du huitième plan quinquennal de la Chine, la Société sino-arabe d'engrais chimiques (SACF) fut conçue comme une initiative conjointe de la Tunisie et de la Chine lors de la visite de l’ancien Premier ministre tunisien Mohamed Mzali à Pékin en 1984. La SACF a su investir constamment dans la modernisation et l’agrandissement de ses installations dès les années 2000, ce qui a permis d’accroître significativement sa production et de renforcer ses capacités de contrôle de la qualité. Largement saluée comme un modèle de réussite en matière de coopération sud-sud, l’entreprise n’a cessé de se développer pour devenir l’un des principaux producteurs d’engrais composés en Chine.

En dépit de la récession qui a compromis les plans d’investissements de la plupart des pays, les investissements directs réalisés par les Seychelles en Chine ont atteint le seuil des 100 millions de dollars en 2009, alors que les investissements chinois aux Seychelles ne furent que de 7 millions de dollars au cours de la même année. Le grand nombre d’entreprises offshore enregistrées en tout anonymat dans ces îles de l’Océan indien pourrait expliquer ce curieux écart, estiment les experts. Des pays comme Maurice ou les Seychelles attirent des sociétés et des entrepreneurs du monde entier en raison de leur régime fiscal, d’une faible réglementation des entreprises et d’une grande souplesse commerciale.

De grands rêves pour la ‘petite Afrique’ 

SABMiller et les autres grandes compagnies citées ne sont représentatives que d’une partie de l’histoire des Africains à la recherche de débouchés économiques en Chine. D’après les médias, plus de 200 000 immigrés africains vivent en Chine. Au cours des neuf premiers mois de 2014, 430 000 arrivées et départs de ressortissants africains ont été enregistrés à Canton, une ville du sud de la Chine qui accueille la plus grande communauté africaine d’Asie et dont certains quartiers  sont même exclusivement africains. 

Le gouvernement de Hong-Kong autorise les séjours de 90 jours sans visa pour les ressortissants de nombreux pays africains tels que le Botswana, l’Égypte, le Kenya, le Malawi, la Namibie, le Swaziland, la Tanzanie, la Zambie et le Zimbabwe. C’est donc par cette région administrative spéciale qu’il est le plus facile d’entrer en Chine pour les négociants africains qui représentent la majeure partie des Africains vivant en Chine.   

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    Les défenseurs de l’autonomisation des femmes en Afrique font entendre leur voix, avec le soutien d’organisations internationales telles que les Nations Unies et l’Union Africaine. Dans ce numéro, nous identifions les nombreux obstacles rencontrés par les femmes et soulignons les avantages que les pays tirent de l’émancipation des femmes.

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