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Célébrer la participation des femmes en politique

Août - Novembre 2019

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Célébrer la participation des femmes en politique

Le nombre de femmes députées est en progression
Kingsley Ighobor
Afrique Renouveau: 
Swearing-in of Members of Parliament and other government officials in Kigali, Rwanda. Photo: Paul Kagame
Investiture des membres du Parlement et autres responsables gouvernementaux à Kigali, Rwanda. Photo: Paul Kagame

Quelques semaines après avoir prêté serment en tant que première femme Présidente du Malawi, Joyce Banda s’est rendue au Libéria à la fin avril 2012 afin de s’entretenir avec la Présidente Ellen Johnson Sirleaf, portée  à la magistrature suprême du Libéria en  janvier 2006. Arborant une tenue africaine resplendissante, les deux dirigeantes ont plaisanté comme des sœurs pendant une conférence de presse. 

« Voici venus notre jour, notre année, notre décennie », a déclaré avec enthousiasme Mme Banda. « Nous sommes toutes deux dotées d’une grande force », a ajouté Mme Sirleaf. « Ensemble, nous pouvons faciliter  l’autonomisation des femmes et leur accorder une place de choix dans la société. » 

Après cet événement médiatisé, Duncan-Cassell, la Ministre libérienne de l’égalité des sexes, a déclaré: « Maintenant, Joyce [Banda] est avec nous. Mme Sirleaf ne sera plus seule aux côtés des hommes. » 

Il est certain qu’avant l’élection à la présidence de Mme Banda, les photos des dirigeants africains prises lors des sommets de l’Union africaine montraient un groupe d’hommes autour de Mme Sirleaf qui était jusque-là la seule femme Présidente en Afrique. 

Pour les défenseurs de l’égalité des sexes, il y avait tout lieu de se réjouir  lorsque Catherine Samba-Panza a prêté serment le 23 janvier 2014 comme Président par intérim de la République centrafricaine (RCA), faisant d’elle la quatrième femme chef d’État en Afrique. La première femme a été Ruth Perry, qui a dirigé le gouvernement de transition du Libéria pendant environ un an à partir de septembre 1996. Malheureusement, Mme Banda, deuxième femme à accéder à la présidence, a été la première à être démise de ses fonctions  lorsqu’elle a perdu les élections. 

Le Rwanda donne l’exemple 

« L’un des évènements les plus fascinants de l’histoire de la politique africaine a été la plus forte présence des femmes sur la scène politique depuis le milieu des années 1990 », écrit Aili Mari Tripp, professeur d’études féminines et genre à l’Université du Wisconsin-Madison aux États-Unis. Outre ces quatre femmes chefs d’État, Mme Tripp se base sur le nombre croissant de femmes parlementaires sur le continent. 

En effet, avec 64 % de sièges occupés par des femmes, le Rwanda compte le plus grand nombre de femmes parlementaires au monde. Le Sénégal, les Seychelles et l’Afrique du Sud en comptent  plus de 40 % chacun, et le Mozambique, l’Angola, la Tanzanie et l’Ouganda les talonnent, 35 % des sièges parlementaires étant occupés par des femmes. Étant donné que les femmes n’occupent que 19 % des sièges au Congrès américain et 20 % au Sénat, Mme Tripp soutient que l’Afrique a raison d’être fière. 

Cependant, une enquête sur la participation des femmes à la vie  politique, réalisée dans 34 pays africains par Afrobaromètre, un réseau de chercheurs qui évalue les opinions du public sur des questions socioéconomiques et politiques en Afrique, révèle que même si  des pays comme le Rwanda et l’Afrique du Sud ont parfois un important taux de représentation des femmes au parlement, le continent enregistre également certains des pires résultats  de la planète. À titre illustratif, le taux de représentation n’est que de 6,2 % au Swaziland, 6,7 % au Nigéria et 8,4% au Bénin. 

Une majorité exige l’égalité 

Néanmoins, l’on peut se réjouir de ce que la grande majorité des Africains (72 %) s’accordent sur le fait que les femmes devraient avoir la même chance d’être élues à des fonctions politiques que les hommes, d’après l’étude d’Afrobaromètre. Le problème, encore une fois, est que cette opinion majoritaire sur l’égalité
des sexes n’est pas partagée dans certains pays du continent.  Si  74 % des personnes interrogées en Afrique orientale et 73 % en Afrique australe croient en l’égalité des femmes,  50 % seulement en Afrique septentrionale estiment  que les femmes devraient avoir les mêmes droits que les hommes. 

Il existe de nombreuses raisons pour lesquelles la participation des femmes à la vie  politique est au cœur d’une bonne gouvernance. Il est intéressant de constater  que les trois dirigeantes africaines  sont entrées en fonction en période de crise ou de transition.  

Obstacles à la participation 

Satang Nabanech, une gambienne, avocate et défenseur des droits des femmes, énumère plusieurs barrières à la participation politique des femmes. Elle cite le  patriarcat, une conviction selon laquelle la place d’une femme est à  la maison. 

Par ailleurs, les femmes manquent souvent des compétences, de l’éducation et de l’expérience nécessaires pour survivre en politique, ajoute-t-elle, tout en soulignant que la politique requiert beaucoup d’investissements dont peu de femmes disposent. La violence dans la politique africaine peut également dissuader la participation des femmes.  Généralement, elles ont « un sentiment de vulnérabilité face à l’intimidation politique et à la violence », note l’enquête d’Afrobaromètre. 

À travers le monde, les efforts visant à renforcer la participation des femmes à la vie  politique ont connu des progrès au cours des vingt dernières années. Pour atteindre l’objectif de 30% de femmes fixé à Beijing, certains gouvernements africains ont utilisé différents types de quotas pour accroître leur participation des femmes au gouvernement. C’est ainsi que le Burkina Faso et l’Ouganda ont des dispositions constitutionnelles réservant un certain nombre de sièges parlementaires aux femmes; le Kenya a des sièges spéciaux pour les femmes députées, tandis que certains partis politiques en Afrique du Sud et au Mozambique ont adopté des règles internes afin de garantir à un certain pourcentage de femmes la possibilité de faire acte de candidature. 

Certains observateurs jugent toutefois ces quotas inefficaces. Juger des avantages et des inconvénients des quotas s’apparente plutôt à un débat sur le moyen de parvenir à une fin. Beaucoup s’accordent sur l’opportunité d’avoir plus de femmes en politique. 

Nkosazana Dlamini-Zuma, Présidente de l’Union africaine, déplore la persistance de l’écart entre les hommes et les femmes, « dans 46 pays au monde, les femmes représentent plus d’un quart des membres du parlement. Je suis également fière d’affirmer que 14 de ces pays sont en Afrique ».  Lorsqu’il s’agit de la participation des femmes à la vie politique, l’Afrique pourrait bien être sur la bonne voie.

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