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L’Afrique et le développement au prochain sommet sur le climat

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L’Afrique et le développement au prochain sommet sur le climat

Un plan d’action va être proposé
Dan Shepard
Afrique Renouveau: 
A wind turbine farm in Tunisia. Photo: World Bank / Dana Smillie
Un champ d’éoliennes en Tunisie. Photo: Banque mondiale/ Dana Smillie

Aucun continent n’est plus touché par le changement climatique que l’Afrique. 

Selon le dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, si les émissions mondiales de CO2 continuent à progresser,  l’Afrique se réchauffera plus vite que la moyenne mondiale, la température augmentera de plus de 2°C avant la fin du 21ème siècle, et le régime des précipitations continuera à changer risquant d’aggraver la situation dans les régions qui souffrent d’une pénurie d’eau.

« Nous sommes tous au courant des conclusions du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat,» a déclaré le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, lors du sommet de l’Union africaine en juin à Malabo. «Pour répondre à  l’ampleur du défi et saisir les opportunités, il nous faut un cadre international qui soutienne une action accélérée au niveau de toutes les nations et de tous les secteurs», a déclaré M. Ban, qui accueillera un sommet sur le changement climatique en septembre à New York, un an avant celui de 2015 au cours duquel les nations devraient conclure un accord international.

La question ne suscite plus la même attention depuis l’impossibilité en 2009 de parvenir à un accord universel à Copenhague.

En prévision du sommet de septembre, M. Ban a demandé aux dirigeants des gouvernements, des milieux d’affaires, de la finance et de la société civile d’annoncer des actions ambitieuses qui permettront de réduire les émissions de CO2 ou de renforcer la résilience. Le sommet ne sera pas une instance de négociation et les débats n’entreront pas dans le cadre des négociations de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Il débouchera plutôt sur des plans d’action annoncés le jour même.

Alors que les pays africains soutiennent qu’ils sont victimes d’un problème dont ils ne sont pas responsables, les négociateurs et dirigeants ont souligné qu’ils considèrent aussi le changement climatique comme l’occasion de faire progresser leurs programmes de développement. « Il n’est pas nécessaire d’aller à l’école pour constater l’impact du changement climatique en Afrique, » affirme Fatima Denton, Coordonnatrice du Centre africain pour les politiques climatiques à la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique. « Nous sommes tous conscients des pénuries d’eau et des inondations.» Selon elle, le sommet porterait aussi sur les possibilités : « Nous devons repenser le problème et profiter des occasions qui s’offrent à l’Afrique de prendre les devants. » Elle a ajouté qu’en matière  de déforestation, de technologie et de séquestration du carbone, processus qui consiste à prélever  le CO2 dans l’atmosphère et le stocker dans un réservoir, « l’essor de l’Afrique sera de courte durée si nous ne jugulons pas le changement climatique.»

Abraham Tekeste, Ministre d’État chargé des finances et du développement de l’Éthiopie, a déclaré que les efforts de transformation économique de son pays « faisaient partie intégrante de ses engagements à réduire son empreinte carbone grâce à une stratégie visant une « économie verte et résiliente». Il a déclaré que le pays s’efforçait de contribuer aux efforts déployés à l’échelle mondiale pour atténuer les changements climatiques grâce aux sources d’énergies renouvelables. Il s’est dit confiant que le sommet de septembre enverra un message capable de mobiliser un soutien en vue de l’accélération des négociations.

Mais le sommet ne devrait pas se contenter de porter un message. Pour le porte-parole du groupe des pays africains dans les négociations de la CCNUCC, Seyni Nafo, il permettra aux pays de proposer leurs plans d’action. « C’est un programme qui suscitera des initiatives concrètes et ambitieuses et pas simplement des déclarations.»

La présence des dirigeants du monde est essentielle. « C’est un signal fort pour l’an prochain. Si les acteurs clés viennent à New York, il pourrait y avoir un résultat solide. Une bonne participation pourrait faire la différence. » De nombreux dirigeants africains sont attendus, et à leur tête le président tanzanien Jakaya Kikwete, coordinateur de la position africaine sur le changement climatique. 

M. Safo a déclaré que « le sommet doit placer les changements climatiques au premier rang des préoccupations internationales.» Depuis Copenhague, les dirigeants ne se sont plus réunis. « Le sommet remet le changement climatique sur le tapis. »

L’Afrique cherchera aussi à détecter une volonté de contribuer à la capitalisation du Fonds vert pour le climat, un mécanisme de la CCNUCC facilitant le transfert de fonds des donateurs vers les pays pauvres afin d’atténuer les effets du changement climatique. M. Nafo a confié que plusieurs pays considéraient le sommet comme l’occasion d’annoncer des contributions. « C’est l’une des choses sur lesquelles nous comptons le plus,» a-t-il souligné.  

Selon M. Nafo, certaines initiatives retenues lors de la réunion préparatoire de mai à Abu Dhabi, pourraient permettre de combler l’écart de financement avant 2020, échéance à laquelle le nouvel accord entrera en vigueur. Les initiatives ont permis d’étendre les mesures prises en faisant intervenir les parties intéressées, y compris le monde des affaires et de la finance. « La seule façon de relever le défi est de constituer une vaste coalition. »  

Ces initiatives sont menées dans de vastes domaines tels que les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique, l’agriculture, les villes, les forêts, les transports, les polluants et la finance. Certaines auraient une incidence directe sur les efforts de développement, comme l’initiative visant à mettre en place un corridor énergétique propre en Afrique de l’Est. M. Nafo a avoué que les initiatives concernant l’accès à l’énergie et la pauvreté passant par le programme « Énergie durable pour tous », suscitaient un intérêt particulier. L’important, dit-il, est de voir comment les partenariats seront mis en œuvre et ce qu’ils accompliront. 

Il reste du chemin à parcourir, estime M. Nafo. « Nous devons persister. Nous ne pouvons pas nous contenter d’un événement ponctuel ». Des sommets réguliers peuvent être bénéfiques. « Le changement climatique est si important pour le développement qu’il faut que les dirigeants mobilisent les parties prenantes tous les deux ans environ.» 

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