Le potentiel des cours en ligne

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Le potentiel des cours en ligne

Eleni Mourdoukoutas
Afrique Renouveau: 
A group of students at North-West University in Gaborone, Botswana.     Panos/ Marc Shoul
Un groupe d’étudiants de la North-West University de Gaborone, au Bostwana. Photo: Panos/Marc Shoul

Des centaines d’étudiants d’universités du Nigéria, de Sierra Leone, d’Afrique du Sud et d’autres pays africains sont descendus dans la rue l'an dernier pour protester contre les frais de scolarité trop élevés, l'inégalité d’accès à l’éducation et les mauvaises conditions d’apprentissage. Les affrontements ont perturbé le calendrier universitaire des établissements concernés et  mis en lumière les difficultés auxquelles sont confrontés  les étudiants du continent.

Selon un rapport de 2015 de l’Africa-America Institute (AAI), une institution qui promeut le rôle de l’enseignement supérieur dans les relations entre l’Afrique et les États-Unis, 6% seulement des jeunes d’Afrique subsaharienne sont inscrits dans des établissements d’enseignement supérieur. 

La mise en place de  cours en ligne ouverts et massifs (Massive open online courses, ou MOOCs en anglais) pourrait néanmoins aider à contourner les difficultés d’accès à l’université. Les MOOCs sont des cours en ligne universellement libres d’accès qui peuvent être suivis par un nombre illimité d’étudiants.

« Ces cours sont d'une grande utilité, surtout si vous tenez compte du fait qu'ils donnent accès à certains des meilleurs experts au monde sur tel ou tel sujet et à des connaissances qui sont difficiles à obtenir autrement », explique ainsi Carmine Paolo De Salvo à Afrique Renouveau.

En 2016, M. De Salvo a donné des cours en ligne sur edX, une plateforme d’apprentissage en ligne à laquelle contribue la Banque interaméricaine de développement par le biais d'un enseignement axé sur les politiques agricoles.

L'éducation en ligne n’est pas une idée neuve en Afrique. Depuis la fin des années 90, de nombreuses institutions, telle l’Université virtuelle africaine, offrent un accès en ligne aux cours universitaires d’écoles accréditées. Des pays comme l’île Maurice, le Nigéria, la Tanzanie, la Zambie et le Zimbabwe ont adopté l’éducation en ligne et utilisent plusieurs de ses méthodes d’enseignement.

Si l’éducation en ligne traditionnelle rend l’enseignement supérieur plus accessible, elle reste parfois trop sélective en raison des frais d’accès, ou parce que les cours ne sont ouverts qu’à certaines périodes de l’année. 

Les experts s’accordent pour dire que les cours en ligne ouverts peuvent compléter l’éducation traditionnelle. Mais comme l’accès à l’enseignement supérieur en Afrique subsaharienne est, selon l’AAI, inférieur d'au moins 20% à la moyenne mondiale, les MOOCs pourraient en fait constituer  le seul véritable outil pédagogique à la disposition de ceux qui n’ont pas d'autres options..

Outre edX, les MOOCs sont disponibles sur différentes plateformes comme Coursera ou Udacity, qui dépendent l’une et l’autre de grandes universités américaines. Les institutions qui diffusent les MOOCs offrent une grande variété de matériel d’apprentissage : articles, vidéos, fils de discussions et infographies, sur une période qui va généralement de cinq à douze semaines. La plupart des formations ne débouchent pas sur l'octroi de crédits, mais ceux qui réussissent reçoivent une attestation gratuite ou paient la modique  somme de 25 dollars.

Les universités africaines ont récemment commencé à introduire des MOOCs dans leur curriculum. En 2016, l’Université du Witwatersrand en Afrique du Sud est devenue la première université à proposer des MOOCs sur la plateforme edX. Un an plus tôt, l’Université du Cap, également en Afrique du Sud, a été la première à offrir des MOOCs via la plateforme Coursera. D’autres universités devraient rejoindre le mouvement dans les années à venir.

Quoiqu’il reste des progrès à faire sur le continent, une étude menée en 2016 par un réseau américain de chercheurs en technologie, de l’Université de Washington, a constaté que les pays en développement avaient les plus forts taux de réussite aux MOOCs. Selon cette étude, 80% des utilisateurs étaient issus d’un milieu  à faible revenu ou à revenu intermédiaire et 82% des participants sud-africains étaient âgés de 30 ans ou moins.

La plateforme Coursera a révélé dans un sondage en 2015 que 87% des bénéficiaires de MOOCs disaient en avoir tiré des avantages professionnels, et 33% en avoir retiré des avantages tangibles pour leur carrière.

« Habituellement, les commentaires que nous recevons sont très positifs, conclut Carmine Paolo De Salvo. Certaines personnes nous ont dit que les MOOCs avaient changé leur vie ».   

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