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Des femmes dans l’univers très masculin de l’informatique

Août - Novembre 2019

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Des femmes dans l’univers très masculin de l’informatique

L’une des principales start-up africaines créée par des femmes prend son envol
Afrique Renouveau: 
Kenya's President Uhuru Kenyatta visiting AkiraChix centre in Nairobi. Photo: AkiraChix
Le président du Kenya, Uhuru Kenyatta, visite le centre AkiraChix à Nairobi. Photo: AkiraChix

Par une belle matinée du mois de mars 2010, un groupe de jeunes passionnés d’informatique s'est réuni à Nairobi pour parler d’innovation et de technologie. Quatre jeunes femmes du groupe échangèrent leurs numéros, enthousiasmées par les idées nouvelles qu'elles venaient de partager et qui ne demandaient qu'à voir le jour. 

Judith Ogiwar, Linda Kamau, Angela Lungati et Marie Githinji, toutes diplômées en technologies de l’information, lancèrent peu après AkiraChix, une organisation à but non lucratif destinée à inciter les jeunes filles à s’intéresser à la technologie en leur offrant gratuitement une formation sur les technologies de l’information et de la communication (TIC) ainsi que sur la création d’entreprise. Le mot Akira signifie intelligence en japonais ; le mot d’argot chix fait référence à une jeune fille.  

Dès la première année, AkiraChix a initié des étudiants motivés, principalement des filles, à l'informatique. Les cours se déroulaient en extérieur sur des ordinateurs portables.   

“AkiraChix souhaite former des jeunes femmes pour leur permettre d’envisager une carrière dans l’informatique, qui ne doit pas être réservé aux garçons”, explique Angela, diplômée de l’Université de Strathemore en développement de logiciels et l’une des responsables de Ushahidi, une entreprises kenyane de logiciels libres utilisés dans le monde entier.    

En sept ans, AkiraChix a connu une croissance fulgurante, à tel point que l’ancien président américain Barack Obama en visite à Nairobi en 2016, a souhaité rencontrer ses fondatrices. Deux ans auparavant, l’ancien Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, avait également appelé AkiraChix lors d’une visite dans le pays : “Vous êtes l’espoir de l’Afrique”, avait-il déclaré.  

On comprend aisément pourquoi AkiraChix rencontre un tel succès.  L’organisation offre des cours très structurés sur les TIC, des bourses d’étude, forme ses étudiants à la création d’entreprise et les accompagne dans le lancement de leurs propres start-ups. Ses programmes s’adressent également aux jeune filles et aux femmes défavorisées dans le primaire, le secondaire et dans les universités. Les informaticiens ainsi que les personnes souhaitant débuter une carrière dans l’informatique peuvent également s'inscrire. 

Les donateurs ont dès lors commencé à affluer. D’Infodev (le programme sur l’innovation et l’entrepreunariat technologique de la Banque mondiale), qui fut le premier à mesurer le potentiel d’AkiraChix, à Goggle Rise, iHub, Computer Aid, Seneca Group, jusqu’au gouvernement kenyan, tous se sont précipités pour apporter leur soutien financier. AkiraChix opère grâce à des subventions et autres financements extérieurs qui lui permettent d’offrir à des centaines de jeunes femmes, notamment issues de milieux défavorisés, la possibilité de faire carrière dans l’informatique. Plus de soixante étudiantes ont, à ce jour, obtenu un diplôme en technologie et entrepreneuriat.  

Lorsque Afrique Renouveau a visité les bureaux d’AkiraChix à Nairobi en janvier 2017, vingt-deux étudiantes travaillaient en classe sur un ordinateur portable fourni par l’organisation. Elles étaient arrivées tôt pour assister au cours de génie logiciel. Les étudiantes suivent en général deux cours par jour, un le matin, l’autre l’après-midi. Le déjeuner leur est offert, ce qui leur permet de rester sur place toute la journée. La formation comprend des cours d’informatique, de programmation (pour applications web et mobile), de design, de création d’entreprise et de développement commerciale.  

“Nous avons eu des femmes qui avaient des rêves et qui ont tout fait pour les réaliser comme mentors, alors pourquoi pas nous ? Pourquoi pas moi ?”, s’interroge tout haut Valerie Khavai, 22 ans.

Valerie veut devenir programmeuse informatique lorsqu’elle aura terminé sa formation d'un an, lancer sa propre entreprise  et employer d’autres jeunes femmes. En attendant, elle saisit chaque opportunité de partager ce qu’elle a appris à AkiraChix avec ses camarades qui vivent à Kibera, le plus grand biddonville d’Afrique, proche du centre de formation.  

“Je dis aux filles de mon quartier que ce qui compte ce n’est pas d’où elles viennent ni où elles vivent, mais là où elles vont”, raconte Valérie. C’est la devise des mentors qui interviennent dans les cours pour motiver les étudiantes et les inciter à réaliser leurs rêves.  

Regina Wanjiru, 22 ans, se sent déjà transformée même si elle suit les cours depuis peu. “Je sais maintenant qu’une femme peut tout faire si elle s’en donne les moyens”, déclare-t-elle avec assurance, ajoutant que l’histoire innovante d’AkiraChix lui donne le sentiment d’être sur le point de changer le monde.   

Les fondatrices d’AkiraChix ont modifié la vision de ces jeunes femmes, en leur racontant notamment avoir été parmi les rares femmes de leur université à suivre des cours d’informatique. 

Depuis que les quatre fondatrices d’AkiraChix se sont rencontrées en mars 2010 à l’i-hub de Nairobi – un espace collectif où les passionés d’informatique se réunissent pour partager leurs idées -, ces quatre rêveuses ont transformé un bureau qu'elle louait sur la route de Ngong à Nairobi où elles accueillaient vingt étudiantes en une entreprise professionnelle d'envergure internationale. 

L’une des enseignantes, Clarence Killa, estime que le programme a acquis une telle notoriété que les étudiantes sont assurées de trouver un emploi, même si certaines préfèrent s’installer à leur compte. 

“La plupart des étudiants que j’avais en 2016 travaillent ”, indique Killa, formatrice en génie logiciel. “Deux sont à l’essai dans des entreprises informatiques et quelques-uns sont en stage mais à peu près sûrs d’obtenir un contrat”. 

Marie, l’une des fondatrices, explique qu’AkiraChix a changé la vie des étudiantes en très peu de temps : “Alors qu’elles ne savaient pas allumer un ordinateur, elles sont devenues capables de concevoir des environnements graphiques incroyables, des modèles de codage et des idées d’applications pour téléphones portables.”   

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