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Une nouvelle étude sur les migrants éthiopiens dans le Golfe révèle que beaucoup d'entre eux ne sont pas conscients des dangers

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Une nouvelle étude sur les migrants éthiopiens dans le Golfe révèle que beaucoup d'entre eux ne sont pas conscients des dangers

22 Mai 2020
Auteur: 
The lack of access to clean water, or money to buy it, is among the major risk factors for migrants transiting through Djibouti.
IOM/Alexander Bee
Le manque d'accès à l'eau potable, ou d'argent pour l'acheter, est l'un des principaux facteurs de risque pour les migrants qui transitent par Djibouti.

Seuls 30 % des migrants éthiopiens qui cherchent du travail en Arabie Saoudite savent que le Yémen - le seul pays qu'ils doivent traverser - en est à sa sixième année de conflit, tandis que moins de 50 % connaissent les dangers de chavirement des bateaux en mer.  

C'est ce qui ressort d'une nouvelle étude intitulée "The Desire to Thrive Independant of Risk" (Le désir de s'épanouir indépendamment du risque), réalisée par le centre régional de données de l'Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) et largement financée par l'initiative conjointe UE-OIM pour la protection et la réintégration des migrants dans la Corne de l'Afrique.  

L'étude a révélé que de nombreux jeunes migrants éthiopiens sur la route de l'Est vers le Moyen-Orient n'étaient pas conscients des risques du voyage. Parmi ces risques figurent la forte probabilité de souffrir de la faim, de la déshydratation ou de contracter des maladies hydriques et gastro-intestinales en transit, ainsi que la possibilité d'être maltraité.  

L'étude est basée sur des entretiens avec plus de 2 000 jeunes éthiopiens à Obock, à Djibouti, qui tentent de rejoindre l'Arabie saoudite.  

Depuis 2017, au moins 400 000 Éthiopiens sont passés par la péninsule arabe, où l'OIM a mis en place un programme de sensibilisation pour informer les jeunes migrants des dangers qui les attendent. L'année dernière, plus de 120 000 migrants ont été renvoyés d'Arabie saoudite à Addis-Abeba.   

La plupart des migrants se déplaçaient pour des raisons socio-économiques. Beaucoup s'attendaient à gagner sept fois plus en Arabie saoudite qu'en Éthiopie. Cinquante pour cent des migrants ont déclaré gagner environ 61 dollars par mois dans leur pays d'origine, alors que le revenu mensuel médian escompté en Arabie saoudite serait de 453 dollars.  

Les chercheurs ont parlé à Bourhan, 18 ans, qui cherchait à gagner beaucoup d'argent en Arabie saoudite.  Il lui a fallu une semaine pour se rendre de son village en Éthiopie à Obock.  Il devait encore payer 150 dollars aux passeurs pour lui faire traverser le golfe d'Aden, et 200 dollars supplémentaires pour atteindre l'Arabie saoudite.  

"J'ai des amis qui ont gagné de l'argent en Arabie Saoudite et qui ont maintenant une belle vie en Éthiopie. Nous voulons avoir ce qu'ils ont", a déclaré Bourhan.  

Son histoire est typique. Les jeunes Ethiopiens sont poussés par une forte culture de la migration.  Les candidats à l'émigration peuvent facilement identifier les courtiers et les rapatriés dans leurs communautés. De nombreux migrants connaissent des familles au sein de leur communauté qui ont amélioré leur niveau de vie grâce aux envois de fonds en provenance d'Arabie Saoudite.   

Les chercheurs ont constaté que les familles étaient davantage impliquées dans les voyages des femmes (36 % d'entre elles reçoivent un soutien de leur famille pour couvrir les frais, contre 21 % des hommes), tandis que 64 % des migrants ont déjà tenté le voyage au moins deux fois auparavant.  

Cinquante-neuf pour cent des nouveaux migrants n'ont pas informé leur famille avant la migration. La décision d'émigrer est généralement prise rapidement : 83 % des primo-arrivants ont pris cette décision moins d'un mois avant leur départ.

Le directeur régional de l'OIM pour l'Afrique de l'Est et la Corne de l'Afrique, Mohammed Abdiker, a déclaré : "Ce rapport nous montre à quel point de nombreux jeunes Ethiopiens qui s'embarquent dans ces voyages dangereux sont mal informés. Ils sont mal préparés, mal équipés et mettent souvent leur vie en danger, s'exposant ainsi aux abus et à l'exploitation. Le rapport permettra à l'OIM de mieux cibler son travail avec cette communauté afin de dissiper certains des mythes de la migration clandestine".

Cette recherche fait suite au lancement en 2019 d'un projet de recherche en plusieurs étapes visant à mieux comprendre les expériences, les prises de décision, les perceptions et les attentes des jeunes Ethiopiens (15-29 ans) le long de la route orientale vers l'Arabie Saoudite.