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L'avenir de l'ONU : il est temps de voir grand, exhorte Guterres

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L'avenir de l'ONU : il est temps de voir grand, exhorte Guterres

Le Secrétaire général de l'ONU expose sa vision de l'avenir de la coopération mondiale dans un nouveau rapport qui fera date.
UN News
10 Septembre 2021
Auteur: 
En Ouganda et dans le monde entier, les gens utilisent des outils numériques pendant la pandémie de COVID-19.
Banque mondiale/Arne Hoel
En Ouganda et dans le monde entier, les gens utilisent des outils numériques pendant la pandémie de COVID-19.

La célébration du 75e anniversaire de l'ONU l'année dernière a suscité une discussion interne majeure sur son avenir et une nouvelle direction s'éloignant du consensus de ses débuts après la Seconde Guerre mondiale.

Ces réflexions ont abouti à Notre programme commun, un nouveau rapport historique publié vendredi par le Secrétaire général de l'ONU, exposant sa vision pour l'avenir de la coopération mondiale.

António Guterres a présenté ce rapport lors d'une réunion de l'Assemblée générale des Nations Unies vendredi, décrivant l'état précaire d'un monde soumis à un stress énorme et menacé de « grave instabilité et de chaos climatique ».

« De la crise climatique à notre guerre suicidaire contre la nature et à l'effondrement de la biodiversité, notre réponse mondiale est trop faible, trop tardive », a déclaré le Secrétaire général. « Les inégalités incontrôlées sapent la cohésion sociale, créant des fragilités qui nous affectent tous. La technologie avance sans garde-fous pour nous protéger de ses conséquences imprévues ».

Le chef de l'ONU a décrit les consultations approfondies qui ont contribué à ce rapport, un exercice d'écoute qui a conduit l'ONU à conclure qu'un multilatéralisme renforcé est le moyen de faire face aux crises mondiales (voir l'encadré ci-dessous).

Sommet du futur

Afin d'atteindre ces objectifs, le Secrétaire général recommande un Sommet du futur, qui « forgerait un nouveau consensus mondial sur ce à quoi devrait ressembler notre avenir et comment nous pouvons le garantir ».

Le Sommet aborderait les questions pérennes de la paix et de la sécurité, en établissant un « nouvel agenda pour la paix », avec davantage d'investissements pour la consolidation de la paix, un soutien à la prévention des conflits régionaux, une réduction des risques stratégiques tels que les armes nucléaires et la cyberguerre - et un dialogue sur l'espace extra-atmosphérique pour s'assurer qu'il est utilisé de manière pacifique et durable.

L'application des droits de l'homme en ligne serait également couverte lors du Sommet, dans un Pacte numérique mondial, afin de garantir que les nouvelles technologies soient une force pour le bien. D'autres pistes incluraient l'utilisation pacifique et durable de l'espace extra-atmosphérique et la gestion des futurs chocs et crises.

Le Sommet, a déclaré M. Guterres, devrait tenir compte du contexte plus complexe d'aujourd'hui pour la gouvernance mondiale… l’objectif devant être un multilatéralisme plus inclusif et en réseau, pour naviguer dans ce paysage complexe et fournir des solutions efficaces.

En plus du Sommet du futur, le rapport propose des réunions biennales de haut niveau au niveau des chefs d'État et de gouvernement, entre le G20, l'ECOSOC, les chefs d'institutions financières internationales et le Secrétaire général de l'ONU, visant à créer une économie mondiale plus durable, inclusive et résiliente.

Le rapport appelle également à de meilleurs partenariats entre les gouvernements, les organisations multilatérales, le secteur privé et la société civile ; et une plateforme d'urgence pour mieux se préparer aux crises mondiales, avec une sécurité sanitaire mondiale renforcée.

Un exemple est la création d'un Laboratoire du Futur, qui travaillerait avec des partenaires tels que les gouvernements, les universités, la société civile et le secteur privé, pour publier des rapports réguliers sur les mégatendances et les risques de catastrophes.

En outre, des mesures sur l'éducation, la formation professionnelle et l'apprentissage tout au long de la vie sont proposées, notamment un sommet sur la transformation de l'éducation prévu pour 2022, pour faire face à la crise de l'apprentissage et élargir les opportunités et les espoirs de 1,8 milliard de jeunes dans le monde, et un sommet social mondial, organisé en 2025, qui coordonnerait les efforts internationaux pour créer des sociétés pacifiques et sûres fondées sur les droits humains et la dignité pour tous.

Ces réunions coordonneraient les efforts pour mettre en place des politiques inclusives et durables permettant aux pays d'offrir des services de base et une protection sociale à leurs citoyens. « Les gouvernements ne devraient plus jamais avoir à choisir entre servir leur peuple ou rembourser leur dette », a déclaré M. Guterres.

MINUSMA
Des casques bleus du contingent ivoirien de la MINUSMA en patrouille dans la région de Tombouctou au Mali

Façonner notre avenir ensemble

  • Le fait que le 75e anniversaire soit intervenu pendant une urgence sanitaire mondiale, met en évidence l'importance de la réflexion multilatérale : 2020 a vu l'émergence de la pandémie de Covid-19, qui est survenue dans un contexte d'inquiétude croissante face à la crise climatique, un autre problème urgent qui ne respecte pas les frontières nationales.
  • Début 2020, 1,5 million de personnes ont participé à une initiative mondiale des Nations Unies pendant un an pour écouter les priorités des gens et leurs attentes quant à l'impact de la coopération internationale sur l'avenir.
  • Ils ont partagé leurs espoirs et leurs craintes, réclamant une ONU plus transparente et inclusive, et identifiant le changement climatique et les problèmes environnementaux comme le défi mondial numéro un à long terme.
  • Notre programme commun s'appuie sur les conclusions de cette initiative, ainsi que sur les contributions de leaders d'opinion, d'éminents groupes tels que les Anciens, les diplomates et d'autres partenaires, offrant des suggestions et des solutions, des idées d'action et envisageant les 25 prochaines années de l’ONU.
  • Le rapport appelle à réaffirmer les valeurs fondamentales de l'ONU, tout en reconnaissant que les fondements de l'Organisation doivent être remodelés pour mieux refléter le monde d'aujourd'hui.
  • Il reconnaît également le besoin urgent d'agir : la crise climatique pose une crise existentielle à toute vie humaine, et ne peut être résolue que si la communauté internationale travaille efficacement ensemble, au-delà des frontières, pour mettre fin au réchauffement accéléré de la planète causé par l'activité humaine, et s'adapter aux dommages qu'il a déjà causés.

Mise à niveau de l'ONU

L'une de ces institutions est, bien sûr, l'ONU elle-même, qui, selon le rapport, doit être mise à niveau, avec une approche plus participative et consultative, la parité des sexes d'ici 2028, le rétablissement du Conseil consultatif scientifique du Secrétaire général, et une politique qui place les personnes au centre du système des Nations Unies, en tenant compte de l'âge, du sexe et de la diversité.

D'autres propositions concernent l'amélioration de la participation des jeunes au processus politique et les efforts pour réduire le chômage des jeunes. Le rapport recommande la nomination d'un Envoyé spécial pour les générations futures, afin de donner du poids aux intérêts de ceux qui naîtront au cours du siècle à venir, et d'un nouveau Bureau des Nations Unies pour la jeunesse pour renforcer l'engagement avec les jeunes dans l'ensemble du travail de l'Organisation.

Alors que l'ONU s'embarque dans la Décennie d'action - 10 ans pour faire de réels progrès pour tenir la promesse d'un avenir durable et plus juste d'ici 2030 - il y a une opportunité de remodeler le monde pour le mieux, avec le multilatéralisme au cœur du processus.

Cependant, comme le montre le « scénario d’effondrement », le fait de ne pas travailler efficacement ensemble risque de causer des dommages importants et irréversibles à la planète et même à la vie elle-même.

Dans son discours à l'Assemblée générale, M. Guterres a souligné que Notre programme commun est animé par la solidarité, « le principe de travailler ensemble, en reconnaissant que nous sommes liés les uns aux autres et qu'aucune communauté ou pays, aussi puissant soit-il, ne peut résoudre seul ses défis ».

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