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La note d’orientation de la CEA met en lumière les systèmes de bien-être et de santé des femmes au milieu de la pandémie de COVID-19

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La note d’orientation de la CEA met en lumière les systèmes de bien-être et de santé des femmes au milieu de la pandémie de COVID-19

13 Avril 2020
Auteur: 
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WHO
Le Benin passe à l’offensive numérique contre le COVID-19

Les pays africains doivent faire davantage pour améliorer les systèmes de santé fragiles du continent s’ils veulent faire face à des pandémies telles que le coronavirus qui, en quelques semaines, a infecté 10 662 personnes dans 52 pays, tué 533 et enregistré 1 174 guérisons, à ce jour.

La Commission économique pour l’Afrique (CEA), dans une nouvelle note d’orientation intitulée, « Les effets sexospécifiques des urgences sanitaires : Les effets de l’épidémie de COVID-19 sur le bien-être des femmes », affirme que la disponibilité de bons systèmes de soins de santé réduit le fardeau des soins pour les ménages, en particulier les femmes qui assument la majorité des activités non rémunérées à la maison, y compris les soins aux malades.

L’incidence du nouveau coronavirus a été relativement faible en Afrique. Beaucoup craignent qu’une épidémie généralisée ne brise les systèmes de santé extrêmement vulnérables du continent.

« Les pays africains doivent également considérer les mérites de la décentralisation de leurs services de santé pour améliorer la capacité de riposte sanitaire au niveau local ; tirer des leçons de la crise d’Ébola ; et maintenir les services de soins de santé, y compris les services de santé sexuelle et génésique », déclare la Directrice, Thoko Ruzvidzo, de la Division du genre, de la pauvreté et des politiques sociales, de la CEA qui a rédigé la note.

Mme Ruzvidzo ajoute que les infrastructures sont vitales pour lutter contre les effets des chocs sanitaires et de la pandémie de COVID-19 sur les ménages et les communautés et les minimiser. Les effets négatifs sur la santé, le temps et le bien-être des femmes sont accentués en raison du faible niveau d’accès à l’électricité et de l’amélioration des sources d’eau potable. Cela conduit les femmes et les enfants à consacrer un temps de travail non rémunéré important (Bénin 25%, Ghana 16%) à la collecte de bois et d’eau, et, ce faisant, augmente probablement les autres effets néfastes sur la santé associés au Covid-19.

Les femmes sont plus susceptibles de devoir renoncer à leurs activités économiques en raison des fermetures d’écoles pour s’occuper des jeunes enfants et aussi des malades à domicile, ce qui contribue aux inégalités financières. L’augmentation des responsabilités professionnelles non rémunérées des femmes alourdit leur fardeau actuel - en Afrique, les femmes consacrent entre 2 et 11 fois plus de temps à un travail non rémunéré que les hommes, ce qui a des effets néfastes sur leur bien-être physique et mental.

La note souligne que si les femmes renoncent de manière disproportionnée aux activités économiques et augmentent le travail non rémunéré, l’impact sur la croissance économique à plus long terme pour les économies sera pire que prévu. L’importance d’une planification et d’une prise de décision sensibles au genre, avec Mme Ruzvidzo soulignant la nécessité est d’assurer une utilisation accrue des données ventilées par sexe pour analyser les effets différentiels du COVID-19 sur les hommes et les femmes.

« Nous avons besoin de politiques soucieuses de l’égalité des sexes pour garantir que les futures urgences de santé publique tiennent compte des besoins différents des hommes et des femmes », déclare-t-elle, ajoutant que nous devons fournir une approche de l’espace budgétaire basé sur le genre, combinée à une planification budgétaire également basé sur le genre pour garantir que suffisamment de ressources soient canalisées vers les secteurs sanitaire et social afin de compenser le citoyen ordinaire dans les moments difficiles.

La note d’orientation souligne qu’une plus grande participation des femmes aux postes de décision dans les domaines de la santé publique et des interventions d’urgence est importante pour garantir que les besoins des femmes et des filles soient correctement pris en compte.

La CEA propose que les gouvernements procèdent également à des versements anticipés pour les programmes de pensions et de transferts monétaires afin d’aider les personnes âgées, qui bénéficient d’une couverture globale de 30% dans les programmes de protection sociale en Afrique. L’extension de la couverture aux plus vulnérables garantira également l’accès à la santé dans tous les domaines.

« Les gouvernements doivent également offrir une aide au revenu des ménages pauvres ; maintenir des programmes d’alimentation et de santé réguliers ; des liens et un système de référence pour cette urgence doivent être mis en place pour tous les ressortissants et les personnes âgées et les plus vulnérables dans les zones urbaines doivent être prioritaires, en premier lieu », affirme Mme Ruzvidzo.

La note appelle également les gouvernements à soutenir les programmes sociaux pour les personnes âgées et les personnes vulnérables en utilisant des systèmes basés sur la technologie pour les virements bancaires virtuels, entre autres.

 

Note aux rédacteurs.

Cette note politique est l’aboutissement d’un travail approfondi de la Commission économique pour l’Afrique sur les conséquences économiques du COVID-19, présenté aux ministres africains des finances lors de deux récentes visioconférences. Pour en savoir plus sur l’analyse, cliquez ici : (https://www.uneca.org/fr/vc-covid19-impact-africa)

La note politique se concentre sur les inégalités entre les sexes conduisant à des résultats de santé et de richesse inégaux ; au travail de soins rémunéré et non rémunéré ; au temps consacré à différents types d’activités en Afrique par âge et sexe ; au COVID-19 et à la pauvreté temporelle selon le sexe ; au COVID-19 et aux soins non rémunérés à domicile ; aux interventions en matière de protection sociale ; et à la planification et à la prise de décision sensibles au genre.

D’autres problèmes incluent la protection des agents de santé en donnant la priorité à leur accès aux masques filtrants jetables, étant donné que ceux-ci sont en nombre limité.

En outre, la nécessité de soutenir les mesures de distanciation sociale par le biais d’une assistance sociale temporaire pour garantir que les travailleurs puissent conserver leur emploi même s’ils sont mis en quarantaine ou contraints de rester à la maison pour s’occuper des personnes à charge, ainsi que la nécessité d’augmenter l’offre de produits d’hygiène et d’eau potable et de désinfectants accessibles, entre autres.