L’éducation, point d’entrée de la croissance en Tanzanie

Août - Novembre 2019

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L’éducation, point d’entrée de la croissance en Tanzanie

Dialogue communautaire de jeunes sur l'agenda du développement post-2015 en Tanzanie. Photo: UNFPA
Dialogue communautaire de jeunes sur l'agenda du développement post-2015 en Tanzanie. Photo: UNFPA

C’est une histoire remarquable que celle de la Tanzanie dans sa longue marche vers la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). Avec un revenu par habitant d’à peine 310 dollars en 2000, ce pays très pauvre a fait tant d’efforts dans tant de domaines différents !

On peut citer en particulier l’OMD 2 : l’éducation primaire pour tous en 2015. En abolissant les frais scolaires et en augmentant le nombre de classes et de nouveaux enseignants, la Tanzanie a fait passer le taux d’inscription net à l’école primaire de 54,2 % en 1990 à 95,4 %  en 2010.

Même si la Tanzanie n’a pas atteint l’objectif 2 proprement dit, ou 100 % du taux net d’inscription, cette nation située tout au bas de l’échelle du développement a fait des efforts remarquables et doit maintenant être encouragée à prendre de nouvelles mesures pour accroître le taux de réussite scolaire et améliorer la qualité de l’éducation.

Si la population a réagi favorablement à l’abolition des frais de scolarité, trop de tanzaniens ne perçoivent pas d’avantage particulier à envoyer leurs enfants à l’école (à savoir leur assurer un meilleur emploi à l’âge adulte).  La mauvaise qualité de l’enseignement prodigué ne fait qu’exacerber cet état de choses. Si les parents voient que leurs enfants ne sont pas capables de lire à leurs niveaux respectifs, cela peut avoir un effet négatif sur la façon dont ils perçoivent l’éducation.

La qualité de l’enseignement repose sur les enseignants. Les maigres salaires n’attirent que ceux qui ne trouvent pas d’emploi ailleurs. Beaucoup ne choisissent cette profession qu’en dernier recours. En classe, les élèves ne reçoivent généralement que deux heures de cours au lieu des 5 obligatoires parce que les instituteurs ne se trouvent pas à l’école.

L’absence d’un milieu propice à l’apprentissage pose aussi problème. Avec des classes surpeuplées, des salles de classe en nombre insuffisant, un manque de matériel et d’autres installations essentielles comme les toilettes, l’eau et l’électricité, non seulement la qualité de l’enseignement s’en ressent, mais cela décourage les enfants de fréquenter l’école.

La Tanzanie ne peut s’en tenir aux méthodes traditionnelles pour améliorer ses écoles. Les revenus familiaux jouent un rôle essentiel dans l’éducation des enfants. Même si depuis plus de dix ans, la Tanzanie a connu une période de croissance importante, le taux de pauvreté reste élevé, car cette croissance n’a pas été inclusive. On n’a guère fait attention au rôle que le secteur privé peut jouer en matière d’éducation pour soulager le fardeau fiscal.

Il est temps que la Tanzanie entame un nouveau chapitre au calendrier du développement de l’après-2015 afin que l’éducation constitue une porte d’entrée pour l’édification du pays.