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Comment les médias peuvent amplifier le développement durable en Afrique

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Comment les médias peuvent amplifier le développement durable en Afrique

Siddharth Chatterjee
13 Juillet 2020
La Secrétaire-Générale adjointe Amina Mohammed (à gauche, sur l'écran) lors d'une interview à la Med
La Secrétaire-Générale adjointe Amina Mohammed (à gauche, sur l'écran) lors d'une interview à la Media Zone du SDG.

Lorsque Darnella Fraizer, une lycéenne de 17 ans, filmait les derniers instants de la vie de George Floyd sous les genoux de l'agent de police Derek Chauvin, elle ne pouvait imaginer que ses images relanceraient le débat explosif de l'inégalité raciale dans le monde et la clameur qui s'en est suivie pour des réformes de la police.

Cet action de filmer confirme la force des médias au niveau mondial. Nous avons besoin d'un élan similaire pour une action urgente en Afrique. Nous avons besoin des médias du continent pour contribuer à la réalisation des objectifs de développement durable (SDG) et pour que la vie de chaque Africain ait la chance qu'il mérite.

"Partout dans le monde, la réalisation des objectifs de développement durable apaisera les craintes, offrira une vie meilleure aux femmes et aux hommes et établira une base solide pour la stabilité et la paix dans toutes les sociétés, partout", a déclaré la Vice-Secrétaire-Générale des Nations Unies, Amina J. Mohammed. 

Avant même la pandémie de COVID-19, une vague de manifestations, du Liban au Chili, de l'Iran au Liberia, balayait les pays. C'était un signe clair que, malgré tous nos progrès, quelque chose est brisé dans notre société mondialisée.

La pandémie de COVID-19 a frappé le monde comme un éclair, révélant les contours de profondes inégalités. Les rapports des médias ont contribué à révéler les fils entrelacés de l'inégalité et de la santé, les personnes les plus pauvres subissant une part disproportionnée des retombées du virus, soit par l'infection, soit par la perte de leurs moyens de subsistance. 

La vague de protestation mondiale due à des années de privation de droits et de racisme a montré clairement que le monde doit changer pour offrir un traitement égal à tous.  

Réaliser les SDG

Les médias peuvent faire de même pour les objectifs de développement durable (SDG). La réalisation de ces objectifs, et donc l'amélioration des conditions de vie de millions d'Africains, dépend fortement de la sensibilisation du public, ainsi que de l'action ciblée et du financement que cette sensibilisation suscite. 

L'une des principales lacunes des progrès en matière de développement est le manque de connaissance générale des SDG et de l'Agenda 2030. Nous devons nous tourner vers les médias pour promouvoir le discours sur les SDG ; ce qui est rapporté et la manière dont cela est rapporté aide à façonner la politique et a des implications pour les millions de personnes dont la vie est affectée. La connaissance est synonyme de pouvoir et si les citoyens sont conscients des problèmes, ils sont en mesure d'aider à déterminer la réponse nationale.

Traditionnellement, les experts en développement n'ont pas réussi à expliquer le concept relativement nouveau de développement durable aux personnes influentes telles que les éducateurs, les politiciens et les médias. Il est essentiel de le faire, afin que des récits faciles à comprendre soient élaborés pour obtenir le soutien du public.

Nous sommes déjà à un tiers de l'échéance de l'Agenda 2030, à laquelle 193 États membres des Nations unies se sont engagés. Mais au rythme actuel du changement - malgré la pandémie mondiale - l'Afrique risque de ne pas atteindre les objectifs fixés dans des secteurs clés - notamment la santé, l'éducation, l'emploi, l'énergie, les infrastructures et l'environnement.  

Il est essentiel de mieux sensibiliser le public aux SDG eux-mêmes, ainsi qu'aux actions nécessaires et aux organismes responsables de ces actions. En s'attaquant à la quête mondiale de justice sociale et d'égalité que représentent les SDG et en l'expliquant, les médias peuvent contribuer à galvaniser la société civile, les entreprises, les organismes internationaux, les organisations régionales et les particuliers.

La pression exercée par un public informé conduit les décideurs politiques à agir, offrant ainsi de l'espoir à des millions de personnes démunies.

Le développement n'est jamais loin de l'agenda des médias en Afrique, donc l'opportunité de faire comprendre la durabilité est là. Les experts en développement durable doivent expliquer pourquoi les SDG sont importants et pourquoi le "business as usual" du développement n'est plus viable face à l'augmentation des populations et au changement climatique. Ensuite, les organes d'information, qui seraient alors en mesure d'élaborer des récits convaincants pour rendre le concept compréhensible par tous, peuvent contribuer à faire connaître les SDG, ce qui permettrait d'obtenir le soutien du public.

Nous devons "renverser l'orthodoxie".

Ce qui est rapporté, comment cela est rapporté et sur quels canaux aide à façonner la politique et a des implications pour les millions de personnes dont la vie est affectée. 

En ce sens, les médias doivent être associés à la conversation et être amenés à comprendre le rôle qu'ils peuvent jouer pour le plus grand bien. 

Les SDG s'engagent à ce que "personne ne soit laissé pour compte" et à "s'efforcer d'atteindre en premier lieu les plus éloignés". Dans la pratique, cela signifie qu'il faut prendre des mesures explicites pour mettre fin à la pauvreté extrême, réduire les inégalités, lutter contre la discrimination et accélérer les progrès pour les plus éloignés.

UN Deputy Secretary General, Amina J. Mohammed
Partout dans le monde, le succès de la réalisation des SDG permettra d'apaiser les inquiétudes mondiales, d'offrir une vie meilleure aux femmes et aux hommes et de construire une base solide pour la stabilité et la paix dans toutes les sociétés, partout
Amina J. Mohammed
Secrétaire général adjoint de l'ONU

Ne laisser personne derrière

Les médias peuvent braquer les projecteurs sur les laissés-pour-compte, par exemple en utilisant la COVID-19 pour examiner la question plus large de la couverture sanitaire universelle, objet du SDG 3. 

Il joue également un rôle essentiel en obligeant les gouvernements à rendre compte de leurs engagements dans le cadre de l'Agenda 2030. Bien que ces engagements exigent des pays qu'ils disposent de mécanismes clairs de notification et de responsabilité, la plupart des nations ne disposent toujours pas de données fiables sur leurs progrès vers des objectifs spécifiques. Cela est important, car les pays ne peuvent débloquer le financement des SDG qu'en désagrégeant les données pour comprendre où les ressources sont nécessaires. En Afrique, où les engagements nationaux sont rarement soutenus par des investissements adéquats, cela est particulièrement important. 

La pénétration rapide de la téléphonie mobile en Afrique offre des possibilités inégalées de partage de contenu sur des plateformes numériques telles que Facebook, Twitter et YouTube. Bien que le manque de connexions internet abordables et la mauvaise connectivité restent un défi, la technologie mobile est un puissant catalyseur dans de nombreux secteurs.

Une personne sur six sur Terre vit en Afrique ; ses problèmes sont ceux du monde entier et leur résolution relève de la responsabilité du globe. Si l'Afrique ne parvient pas à réaliser l'Agenda 2030, les conséquences se feront sentir dans toute la planète par le biais de conflits, de migrations, de la croissance démographique et d'une catastrophe climatique. 

Les médias en Afrique sont partie prenante des réalisations des SDG. Soutenons les médias et sollicitons leur aide dans la quête de la justice économique, environnementale et sociale dans le monde entier.

Siddharth Chatterjee est le coordinateur résident des Nations Unies au Kenya.