Obtenez les applications mobiles gratuites

Recevez les dernières nouvelles de nous sur nos applications.

Download app from Android Download app from Apple
Information

Combattre la "pandémie fantôme" de violence contre les femmes et les enfants lors du COVID-19

Get monthly
e-newsletter

Combattre la "pandémie fantôme" de violence contre les femmes et les enfants lors du COVID-19

27 Avril 2020
Staff at the Lodwar Hospital Wellness Centre make a 'stop violence against children' hand sign in February 2020 (before the outbreak of COVID-19 in Kenya). The centre supports child survivors of violence and abuse.
UNICEF
Le personnel du centre de bien-être de l'hôpital de Lodwar fait un signe de la main "stop à la violence contre les enfants" en février 2020 (avant l'épidémie de COVID-19 au Kenya). Le centre soutient les enfants qui ont survécu à la violence et aux abus.

Par Anna Mutavati, Maniza Zaman and Demola Olajide

Outre ses effets sur la santé, la pandémie mondiale de COVID-19 a entraîné une perte de libertés. Les restrictions de mouvement ont affecté les emplois et les moyens de subsistance des personnes.

Malgré les nombreuses difficultés rencontrées, on ne peut en aucun cas renoncer à la liberté de vivre à l'abri de la violence - le droit de vivre à l'abri de la violence est un droit humain fondamental. Pourtant, les membres les plus vulnérables de la société - notamment les enfants, les femmes, les personnes handicapées, les personnes âgées - souffrent de leur isolement.

De nombreux pays font état d'une augmentation des cas de violence domestique et sexuelle, également connue sous le nom de violence fondée sur le sexe (VFG), ainsi que de la violence contre les enfants. Le Kenya suit cette tendance : un tiers de tous les crimes signalés depuis l'arrivée du COVID-19 étaient liés à la violence sexuelle. Pour arrêter cette "pandémie fantôme", nous devons agir maintenant.

Les Nations unies et le gouvernement du Kenya ont lancé un appel éclair ce mois-ci, demandant 267 millions de dollars pour répondre aux besoins les plus immédiats de plus de 10 millions de personnes pendant la pandémie. Sur ce montant, 4,2 millions de dollars sont nécessaires pour fournir des traitements médicaux vitaux, un soutien psychosocial et une représentation juridique en rapport avec la violence contre les enfants et la GBV. Les lacunes en matière de prévention et de réponse à la violence existaient au Kenya avant le COVID-19. La crise actuelle accentue ces lacunes, car les ressources et l'accès aux services sont de plus en plus limités.

Comment un virus peut-il répandre la violence ?

L'augmentation du nombre de cas signalés de VBG et de violence contre les enfants depuis le début de la pandémie de COVID-19 est due à plusieurs facteurs. Les difficultés financières dues à la restriction des déplacements et au couvre-feu affectent les moyens de subsistance, en particulier pour ceux qui travaillent dans le secteur informel. L'enfermement à la maison dans des conditions de stress, d'incertitude et de peur accrues peut créer des environnements stressants qui précipitent la violence.

À l'heure actuelle, les enfants sont davantage exposés à toutes les formes de violence, y compris la discipline violente de la part des membres de la famille et la violence psychologique. Les familles en situation de forte pression peuvent également avoir recours au travail des enfants, au sexe transactionnel, aux mutilations génitales féminines et au mariage des enfants. Le fait de retirer les enfants d'un environnement protecteur tel que l'école, exacerbe ces risques.

Que fait l'ONU au Kenya à ce sujet ?

La réponse des Nations unies au COVID-19, fondée sur les droits, comprend le renforcement et l'augmentation de la disponibilité des services essentiels de lutte contre la violence liée au sexe. Pour remédier à l'accès restreint aux services pendant l'isolement, le Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP) a collaboré avec la Croix-Rouge du Kenya pour soutenir la gestion clinique des fournitures et des équipements de protection individuelle (EPI) contre les violences sexuelles dans tous les centres humanitaires du pays.

L'UNICEF travaille avec le Département des services de l'enfance du Kenya pour continuer à fournir des services de gestion de cas pour les filles et les garçons survivants à la violence contre les enfants.

ONU Femmes, le FNUAP et l'UNICEF travaillent en étroite collaboration avec les services nationaux d'assistance téléphonique pour les enfants et les victimes de violences sexuelles au Kenya, afin d'accroître le soutien psychosocial par le biais de services de conseil par téléphone et par chat. Ces services sont souvent les premiers à intervenir auprès des survivants des violences domestiques ou des violences contre les enfants et leur rôle ne peut être sous-estimé. Les données de ces lignes d'assistance fournissent déjà des éléments d'information pour la réponse nationale du gouvernement. Une aide est également apportée au ministère de la santé pour l'élaboration de directives sur la violence à l'égard des femmes lors du COVID-19.

La sensibilisation du public, en particulier des personnes les plus à risque, sera étendue pour promouvoir les droits et les services. L'engagement du public est également crucial pour la prévention, c'est pourquoi les agences des Nations Unies identifieront des champions masculins pour promouvoir des relations respectueuses et encourager les autres à s'abstenir de toute violence.

Où allons-nous à partir de là ?

En temps de crise, l'obtention des produits d'hygiène les plus élémentaires devient également un défi pour les femmes et les jeunes filles. Au niveau des comtés, des "kits de dignité" seront distribués dans les zones les plus touchées. Ces kits contiennent des serviettes hygiéniques, du savon, des sifflets et des lampes de poche, afin que les femmes et les filles puissent se protéger contre la violence et conserver un certain niveau de dignité pendant la crise.

L'accès aux moyens de subsistance est une priorité urgente pour les femmes et les enfants vivant dans des établissements informels, car les sources de revenus sont réduites. Des transferts d'argent liquide ou des bons seront versés pour éviter les contacts sociaux et minimiser l'infection.

Les services de santé mentale et de soutien psychosocial, notamment les espaces sécurisés et les services de conseil en ligne, restent insuffisants. Les prestataires de services de santé ont besoin d'une orientation et d'un équipement pour un soutien centré sur les survivants qui n'augmente pas le risque d'infection.

L'UNICEF demande que les travailleurs de la protection de l'enfance soient considérés comme un service essentiel, afin qu'ils puissent intervenir dans les cas de violences contre les enfants et de violences liées au sexe après le couvre-feu, et que le programme des volontaires de la protection de l'enfance soit réactivé, afin d'atteindre les familles vulnérables pour la prévention, l'identification précoce et le renvoi des cas de violence.

La seule façon de protéger le droit à la liberté contre la violence est d'agir ensemble. Nous appelons la communauté internationale à prendre note de l'augmentation de la violence contre les femmes et les enfants et à soutenir la mobilisation des ressources, les gouvernements à renforcer les mécanismes de protection et les citoyens à prendre des mesures pour réduire les violations des droits de l'homme dans leurs communautés.

Ensemble, nous pouvons empêcher que cette pandémie sanitaire ne devienne une épidémie violations des de droits de l'homme.

 

Anna Mutavati est la représentante des Nations unies pour les femmes au Kenya : @annamutavati ; @unwomenkenya

Maniza Zaman est la représentante de l'UNICEF au Kenya : @maniza_zaman ; @UNICEFKenya

Demola Olajide est le représentant du FNUAP au Kenya : @OlajideDemola ; @UNFPAKen

Annonce