‘Je voulais entrer dans cette carrière importante et excitante’

Avril - juillet 2019

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‘Je voulais entrer dans cette carrière importante et excitante’

– Mme Dimakatso Maila, serving in DR Congo
Ms. Dimakatso Maila
Mme Dimakatso Maila

Parlez-nous un peu de vous.

Je m’appelle Dimakatso Raisibe Margaret Maila et je viens d’Afrique du Sud, plus précisément de la Province de Limpopo. Et je me suis engagée dans les forces armées de mon pays en 2010.

Depuis combien de temps êtes-vous Casque bleu ?

J’ai commencé cette aventure l’an dernier, en juin 2018. Je suis actuellement chef d’un peloton de 38 personnes que je dirige, contrôle et commande. Je suis responsable de leur préparation au combat, de leur bien-être et de leur comportement. Je m’assure qu’ils sont toujours prêts au combat pendant les patrouilles.

Comment êtes-vous devenue Casque bleu ?

J’ai choisi ce métier parce que j’ai été inspirée par d’autres femmes en uniforme dans notre société et je voulais entrer dans cette carrière importante et excitante. J’ai intégré le maintien de la paix quand mon unité du Bataillon sud-africain d’infanterie a reçu l’instruction de se préparer à un déploiement en République démocratique du Congo pour un an sous la bannière des Nations Unies. Nous nous sommes alors entrainés intensément pour nous préparer à cette mission. C’est lors de cette préparation que j’ai reçu le grade de Chef de peloton, pour commander ces 38 femmes et hommes dans une mission de maintien de la paix en RDC.

A quoi ressemble une journée typique ?

Après mon petit-déjeuner, je prépare mon peloton, je m’assure que tous sont présents et prêts à partir en patrouille. ON conduit des patrouilles dans les villages de Mayimoya, on interagit avec les communautés et on récolte du renseignement sur les activités de l’ennemi que je compile et consolide à l’attention de mon commandant de compagnie et de notre officier renseignement. Une patrouille de jour peut durer de 4 à 6 heures. Nous menons aussi des patrouilles de nuit qui durent entre 3 et 4 heures.

Quelles sont les trois choses que vous aimez à propos du pays où vous êtes déployées ?

Un de mes meilleurs souvenirs reste quand on m’a demandé de conduire avec mon peloton des patrouilles longue distance dans certains points chauds de notre zone de responsabilité dans le but de localiser des rassemblement armés potentiels. Ensuite, j’aime aussi le fait qu’en tant que femme, je supervise des soldats. J’aime aussi interagir avec les communautés locales, principalement les femmes et les enfants, de mon point de vue de mère.

Ce que vous aimez dans ce pays ?

Les fruits et les légumes sont à ne pas rater. Je me suis régalée à chacun des repas que les Congolais m’ont offerts. Je ne pourrai jamais oublier ce pays.Les Congolais resteront à jamais dans mon coeur.

Quelles sont les parties de votre travail que vous trouvez les plus difficiles ?

Les soldats avec qui je travaille me facilitent le travail quotidien. Je pensais que comme je suis jeune, les plus anciens de mon peloton saperaient mon autorité mais ce n’est pas arrivé. Ils respectent tous mes ordres et les exécutent parfaitement, ce qui facilite mon travail. Toutefois, voir ces femmes et ces enfants congolais sans abri du fait de la guerre me brise le cœur et me rappelle la raison pour laquelle mon pays a décidé de me déployer ici.

Que pensent votre famille et vos amis de votre décision de quitter votre pays pour travailler dans une mission de maintien de la paix de l’ONU ?

Cela n’a pas été facile pour la famille et les amis d’accepter de me voir partir pour un an, parce que c’était le premier déploiement international de ma carrière de militaire, Un an loin des vôtres, c’est long et cela demande un engagement, un dévouement et une certaine force. Travailler dans une mission de maintien de la paix est une des meilleures expériences que j’ai eues en tant que femme et en tant que militaires des Forces armées sud-africaines. J’aime interagir avec les gens de différents pays, de différents contingents et j’ai beaucoup appris. C’est toujours admirable de voir différents pays unis dans un seul but : la paix en RDC.

Que-faites-vous de votre temps libre ?

Je fais du sport pour me maintenir à niveau et en forme et pour m’aérer l’esprit. J’appelle aussi ma famille et mes amis.

Où vous voyez-vous dans cinq ans ?

Je me vois comme un jeune commandant dans une des missions de maintien de la paix.

Que conseilleriez-vous aux jeunes qui pensent à une carrière dans le maintien de la paix ?

Nelson Mandela a dit un jour : « Cela parait impossible jusqu’à ce que ce soit fait ». Quand je suis entré dans cette carrière et que j’ai été déployée dans une mission de maintien de la paix, je me suis dit que cela serait impossible à faire mais c’est devenu une routine quotidienne. Vous avez besoin d’engagement, de dévouement, de force et de passion pour faire ce que vous devez faire. Si vous êtes une femme intègre et que vous aimez ce que vous faites, vous surpasserez toujours vos craintes. En tant que femme et leaders servant en dehors de mon pays, j’encourage tous les jeunes à embrasser la carrière militaire et de faire partie du maintien de la paix.