9/07/2013
Communiqué de presse
SG/SM/15162

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

LE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL LANCE UN VIBRANT APPEL EN FAVEUR D’UNE TRÊVE

EN SYRIE PENDANT LE RAMADAN


Le Secrétaire général des Nations Unies, M. Ban Ki-moon, a fait hier soir la déclaration suivante:


Le mois sacré du Ramadan est sur le point de commencer.  Les fidèles musulmans du monde attendent cette période religieuse pour jouir de moments qui leur sont bénéfiques à la fois à titre individuel et collectif sur les plans physique, spirituel et social.  C’est un mois de patience, de charité et de pardon.  Il est particulièrement important de joindre des amis, des voisins et des personnes dans le besoin au sein de sa propre communauté et au-delà.  Alors que j’adresse mes félicitations et mes meilleurs vœux aux musulmans du monde entier, j’ai une pensée spéciale pour la Syrie et pour son peuple.


Le peuple syrien, pour la troisième année consécutive, entame ce mois de Ramadan pendant que son pays est déchiré par une guerre civile qui ne fait qu’empirer.  Cent mille Syriens ont déjà péri et presque 2 millions de personnes ont trouvé refuge dans les pays voisins, tandis que 4 millions ont été déplacées à l’intérieur du pays après avoir quitté leurs villes et villages.  Chaque jour apporte son lot de morts et de destructions.


La famille tout entière des Nations Unies est mobilisée pour aider à mettre un terme à la violence et pour atténuer les souffrances du peuple syrien.  Plus tôt au cours de cette année, j’ai présidé une Conférence internationale des donateurs au Koweït pour lever des fonds afin d’aider le peuple syrien.  La réponse à cet appel a été très généreuse mais les promesses de dons n’ont pas toutes été honorées.  Je suis profondément conscient qu’il faut en faire plus, beaucoup plus, pour fournir du pain et de l’eau à ceux qui ont faim et soif, des soins médicaux aux malades et aux blessés, et un abri pour les personnes déplacées et pour les réfugiés.


Je peux vous assurer que nous allons continuer à faire de notre mieux pour aider et pour améliorer notre performance.  Mais je sais également que, aussi efficace que soit notre réponse humanitaire, elle ne mettra pas un terme à la violence.  La solution des problèmes de la Syrie ne réside pas là.  Ce qu’il nous faut c’est une solution politique, pacifique, menée par les Syriens eux-mêmes en vue d’assurer un avenir démocratique qui permettra à tous les Syriens de vivre en sécurité, dans l’égalité et dans la dignité.


Les Nations Unies travaillent avec la Fédération de Russie et les États-Unis sur la base de l’accord auquel sont parvenus le Ministre russe des affaires étrangères, M. Sergey Lavrov, et le Secrétaire d’État américain, M. John Kerry, lors de leur rencontre à Moscou, le 7 mai dernier.  D’autres se joignent à ces efforts, par différents moyens, et j’espère beaucoup que la Conférence de Genève sur la Syrie se tiendra dans un avenir assez proche, avec la participation des deux délégations syriennes qui représentent le Gouvernement et l’opposition.


Mais devons-nous attendre que cette Conférence commence et aboutisse avec succès, avant que le peuple syrien ne puisse entrevoir la fin des meurtres, des destructions et de la tragédie humanitaire?


J’ai appris que le mois du Ramadan fait partie de « Al-Ashhour Al-Hurum », les quatre mois au cours desquels les guerres sont censées s’arrêter.  Dès lors, par égard pour le peuple syrien, je voudrais en appeler à toutes les parties en Syrie pour qu’elles respectent cette obligation religieuse pendant au moins, au minimum, un mois.  Je n’appelle pas à un cessez-le-feu agréé ou à une trêve négociée.  Je ne recommande pas non plus une mesure limitée à une zone particulière.  Je lance un appel à toute unité militaire de l’armée régulière et à l’Armée syrienne libre pour que chaque personne qui porte une arme à feu cesse le combat et offre un mois de paix, comme cadeau collectif à son peuple, et je demande de le faire à travers toute la Syrie.


Je sais que, pour certains, cet appel est irréaliste.  La paix durable ne sera atteinte que par le biais de négociations sérieuses.  Mais je suis convaincu que le peuple syrien a le droit de faire cette demande à tous ceux qui déclarent se battre en son nom.  Ce genre de geste peut susciter de l’espoir et donner un élan en faveur de la paix.  Cela peut être exigé.  Cela peut être fait.  Je compte par conséquent que toutes les parties prendront en considération avec le plus grand sérieux cet appel en faveur d’un arrêt de la violence partout dans le pays pendant le Ramadan.


Je voudrais ajouter à cet appel un autre appel en faveur de la libération des prisonniers.  Je sais que quelques contacts ont été établis entre des officiers et des dirigeants de groupes de l’opposition.  Je sais que, de temps à autre, des personnalités éminentes de la société civile ont joué le rôle de médiateur dans la libération de prisonniers ou de personnes enlevées et, même parfois, pour obtenir une trêve au niveau local.  Est-ce que cela ne pourrait pas être à nouveau réalisé durant le mois sacré du Ramadan?


En outre, selon des informations fiables, des centaines, si ce n’est des milliers, de femmes et d’enfants sont détenus dans différents centres de détention officiels ou non officiels, à travers le pays.  Les groupes armés de l’opposition maintiennent aussi en détention de nombreuses personnes qui ne sont pas des prisonniers de guerre.  Je lance un appel à toutes les parties pour que tous ces détenus soient immédiatement libérés.  J’appelle le Président Bashar Al-Assad à intervenir personnellement afin de mettre fin à ce traitement et de relâcher tous les prisonniers.


Mes pensées se tournent aussi vers les deux évêques chrétiens orthodoxes, Yohanna Ibrahim et Boulos Yazigi, qui ont été enlevés dans le nord de la Syrie le 22 avril dernier, alors qu’ils accomplissaient une mission humanitaire de paix.  Rien dans la foi ou la culture de l’Islam ne tolère l’enlèvement des personnes, encore moins des chefs religieux respectés.  Ces deux hommes de paix ont été injustement détenus pendant trop longtemps.  Le mois sacré du Ramadan offre une occasion appropriée pour les libérer.


Alors que les Nations Unies et d’autres travaillent activement à la préparation de conditions propices au succès de la Conférence de paix sur la Syrie, les Syriens eux-mêmes devraient utiliser le mois du Ramadan de l’année 1434 du calendrier islamique pour faire une contribution symbolique mais forte, afin d’ouvrir la voie vers une solution à la crise qui sévit dans leur pays.


En lançant cet appel pour un Ramadan pacifique en Syrie, je voudrais inviter tous ceux de la communauté internationale qui expriment leur inquiétude pour le peuple de la Syrie –les gouvernements, les organisations internationales et non gouvernementales, la communauté humanitaire, les chefs religieux et d’autres– à s’y joindre publiquement pour signifier leur soutien.  Un message clair doit être envoyé pour dire que le recours à plus de violence n’est pas la voie à suivre.  Le peuple syrien ne mérite pas moins.


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