15/12/2011
Assemblée générale
AG/11196

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Assemblée générale

Soixante-sixième session

86e séance plénière - matin


L’ASSEMBLÉE ADOPTE QUATRE RÉSOLUTIONS SUR L’AIDE HUMANITAIRE ET LIMITE À 30 MILLIONS DE DOLLARS LA COMPOSANTE « PRÊTS »

DU FONDS CENTRAL POUR LES INTERVENTIONS D’URGENCE


L’Assemblée générale a adopté, ce matin, sans vote des résolutions relatives au renforcement de la coordination de l’aide humanitaire, limitant à 30 millions de dollars la composante « prêts » du Fonds central pour les interventions d’urgence.  Elle a consacré des textes spécifiques à la sécheresse dans la corne de l’Afrique, à la sécurité du personnel humanitaire de l’ONU et à l’assistance au peuple palestinien.


Dans une résolution dotée d’un dispositif de 35 paragraphes de fond, l’Assemblée se propose d’affiner la stratégie pour « renforcer la coordination de l’aide humanitaire d’urgence fournie par les organismes des Nations Unies »*.  Elle prend notedes conclusions de l’évaluation quinquennale du Fonds central pour les interventions d’urgence réalisée en 2011 et décide, par conséquent, de limiter la taille de la composante « prêts » du Fonds à 30 millions de dollars et demande que, en cas de dépassement, les montants soient réaffectés à cette composante et employés à ce titre. 


Elle autorise, « dans des circonstances exceptionnelles et pour une durée limitée », les organismes opérationnels intéressés et la Coordonnatrice des secours d’urgence à faire usage, sous l’autorité de cette dernière, de cette composante « prêts » afin de renforcer la coordination des interventions rapides pour lesquelles les moyens manquent sur le terrain.


L’Assemblée demande aussi à ces organismes de contribuer à l’amélioration de la procédure d’appel global de fonds, notamment en participant à des évaluations communes des besoins et à l’élaboration de plans communs d’action humanitaire, de façon à transformer cette procédure en instrument de planification stratégique et d’établissement des priorités.  Cette procédure d’appel, souligne le texte, doit être préparée en consultation avec les pays touchés.


En dehors des questions financières, l’Assemblée encourage l’ONU à poursuivre ses efforts pour renforcer les partenariats avec le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, les organisations non gouvernementales (ONG) humanitaires compétentes et les autres membres du Comité permanent interorganisations.


« Partisan d’une coordination efficace pour façonner la diversité des approches en une réponse adéquate », l’Observateur du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a tenu à souligner que la coordination n’est pas une fin en soi.  En raison du nombre croissant de parties prenantes, a-t-il expliqué, il est toujours plus difficile de poursuivre des efforts de coordination qui préservent la qualité de l’assistance fournie.  Le défi consiste donc à éviter toute confusion qui risquerait de nuire aux personnes que nous avons le devoir d’aider. 


La résolution engage la Présidente du Groupe des Nations Unies pour le développement (GNUD) et la Coordonnatrice des secours d’urgence à se consulter avant de recommander un coordonnateur résident pour un pays où d’importantes opérations humanitaires risquent d’être nécessaires. 


Commentant ce texte, la représentante du Costa Rica a indiqué que sa position différait quelque peu de celle du Groupe des 77 et de la Chine en ce sens que le texte ne souligne pas suffisamment l’importance qu’il y a à identifier les préoccupations des populations touchées, à protéger les civils et à assurer un accès en temps et en heure aux acteurs humanitaires. 


La résolution sur le relèvement face à la sécheresse dans la corne de l’Afrique**demandeà tous les États Membres de maintenir « l’élan et la volonté politique » manifestés lors du Sommet sur la corne de l’Afrique, tenu à Nairobi les 8 et 9 septembre 2011, en s’attaquant aux causes profondes de la vulnérabilité des zones sujettes à la sécheresse et en améliorant la résilience des membres des communautés touchées, notamment les populations pastorales et agropastorales.


Elle condamne par ailleurs fermement le fait que des groupes armés aient expulsé les organisations humanitaires de Somalie, qu’ils y interdisent les activités du personnel humanitaire, et qu’ils « ciblent, entravent ou empêchent » l’acheminement de l’aide humanitaire.


Dans son texte sur la sûreté et la sécurité du personnel humanitaire***, l’Assemblée condamne « avec force » toutes les menaces et violences dirigées contre ce personnel et prie « très instamment » tous les États de prendre les mesures nécessaires et de « respecter et faire respecter »l’inviolabilité des locaux des Nations Unies.


L’Assemblée générale engagetous les États à envisager de devenir parties au Protocole facultatif relatif à la Convention sur la sécurité du personnel des Nations Unies et du personnel associé. 


Enfin, dans la résolution consacrée à l’assistance au peuple palestinien****, l’Assemblée générale prie instamment la communauté internationale des donateurs, les organismes et institutions spécialisées des Nations Unies et les ONG d’apporter « aussi rapidement que possible » au peuple palestinien une assistance économique et une aide humanitaire d’urgence, en particulier dans la bande de Gaza, en vue de compenser les effets de la crise actuelle.


L’Assemblée générale souligne en outre qu’il faut que les deux parties appliquent intégralement l’Accord réglant les déplacements et le passage ainsi que les Principes convenus concernant le passage de Rafah.


S’étant ralliée au consensus, la représentante d’Israël a toutefois regretté qu’il ne soit fait aucune mention « des éléments néfastes » à l’acheminement de l’aide, dont les activités du Hamas qui, a-t-elle affirmé, ont une incidence négative sur la population palestinienne.


L’Assemblée générale poursuivra ses travaux demain, vendredi 16 décembre, à partir 10 heures, entre autres, pour élire les membres du Mécanisme international appelé à exercer les fonctions résiduelles des Tribunaux pénaux internationaux pour l’ex-Yougoslavie et le Rwanda.


*A/66/L.28; **A/66/L. 29

*** A/66/L. 26; ****A/66/L.27


RENFORCEMENT DE LA COORDINATION DE L’AIDE HUMANITAIRE ET DES SECOURS EN CAS DE CATASTROPHE FOURNIS PAR LES ORGANISMES DES NATIONS UNIES, Y COMPRIS L’ASSISTANCE ÉCONOMIQUE SPÉCIALE


Rapports du Secrétaire général (A/66/345)


Assistance au peuple palestinien


Rapport du Secrétaire général (A/66/80–E/2011/111)


Assistance économique spéciale à certains pays et à certaines régions


Rapport du Secrétaire général sur l’assistance aux survivants du génocide de 1994 au Rwanda, en particulier aux orphelins, aux veuves et aux victimes de violences sexuelles (A/66/331)


Déclarations (suite et fin)


M. MARWAN JILANI, Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, a présenté les thèmes et les résultats principaux de la trente-unième Conférence de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, tenue à Genève à la fin du mois de novembre 2011.  Il a souligné la nécessité pour les acteurs humanitaires d’avoir des partenaires opérationnels et indépendants au niveau local afin de sécuriser l’accès aux populations vulnérables.  Les sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge sont les mieux placées et les mieux équipées pour fournir une assistance humanitaire efficace, au niveau local, a-t-il expliqué, en invoquant les situations récentes au Moyen-Orient et dans la corne de l’Afrique. 


Il a toutefois reconnu que ces sociétés nationales étaient à des stages divers de développement et qu’un soutien externe pour maximiser leurs capacités opérationnelles et institutionnelles était nécessaire.  La Conférence a donc appelé à une intensification des efforts des gouvernements envers ces sociétés et leur base, dans le respect de leur mandat et de leur indépendance, a-t-il dit.


M. Jilani a également rappelé le travail de la Fédération dans les domaines de la préparation aux catastrophes et de la réduction des risques, ainsi que dans la réponse d’urgence et le relèvement précoce.  Il est clair, compte tenu de la complexité et de l’ampleur croissante des catastrophes que les gouvernements doivent mettre en place un système juridique équilibré et solide, a-t-il souligné. 


L’un des défis principaux aujourd’hui consiste à combler les manques en matière de compréhension, de dialogue et de partage des connaissances entre les États touchés et la communauté internationale, a-t-il expliqué, réitérant la détermination de la Fédération à continuer de tisser des relations fortes et à long terme entre les différents partenaires de l’action humanitaire.


M. WALTER A. FÜLLEMANN, Comité international de la Croix-Rouge (CICR), a observé que le champ d’application du qualificatif « humanitaire » s’était élargi, englobant les secours d’urgence, la préparation aux catastrophes, le relèvement rapide, le renforcement des capacités, l’action judiciaire et la reconstruction institutionnelle, avec un accent plus important sur les causes et les conséquences structurelles des crises. 


Parallèlement aux organisations qui mènent des actions humanitaires, d’autres organisations existent dont la raison d’être n’est pas dictée par une action strictement humanitaire.  L’observateur a cité les acteurs privés et le déploiement de moyens de défense militaire ou civile dont l’utilisation doit impérativement être conforme aux directives convenues au niveau international et au principe de dernier recours.


Pour le CICR, a-t-il ajouté, les objectifs de l’action humanitaire dans les conflits armés doivent être distinct de tout objectif de nature militaire, politique ou judiciaire, et ne doivent pas dépendre d’autres objectifs à long terme en matière de bonne gouvernance ou de reconstruction institutionnelle, quel qu’en soit le caractère légitime ou souhaitable.


S’agissant de la coordination, M. Füllemann a estimé que loin d’être une fin en soi, elle est plutôt un moyen.  La coordination doit être adaptée au contexte et il incombe aux organisations les mieux placées en termes opérationnels de répondre aux besoins des victimes.  Dans toutes les situations, le CICR recherche un équilibre entre son engagement à l’égard du processus de coordination et la préservation de l’indépendance de son processus décisionnel. 


En raison du nombre croissant de parties prenantes, a-t-il ajouté, il est toujours plus difficile d’assurer une réponse humanitaire efficace et de poursuivre des efforts de coordination préservant la qualité de l’assistance fournie.  Pour M. Füllemann, le défi consiste donc à éviter toute confusion qui risquerait de nuire aux personnes que nous avons le devoir d’aider.  Au vu de la complexité actuelle, a-t-il enchainé, seule une coordination efficace peut façonner la diversité des approches en une réponse adéquate.


Mme MICHELE KLEIN, Organisation internationale pour les migrations (OIM), a d’emblée souligné, au regard du rapport du Secrétaire général, que l’augmentation du nombre de catastrophes naturelles entraîne l’augmentation du nombre de personnes déplacées.  L’OIM appelle à une plus grande cohérence entre les acteurs humanitaires et du développement.  Les donateurs doivent consacrer une partie de leurs fonds aux programmes de préparation aux catastrophes en faveur des collectivités locales.  Elle a adhéré aux propos du Secrétaire général sur le Fonds central pour les interventions d’urgence (CERF), en annonçant que son Directeur général interviendra à la Conférence de haut niveau du Fonds.  Elle s’est ensuite dite préoccupée de « l’érosion du respect » à l’égard des opérations humanitaires.  Elle a lancé un appel aux États pour qu’ils assurent la sécurité du personnel humanitaire et facilitent leur travail.


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