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E/CN.6/2000/PC/CRP.1 |
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27 janvier 2000 |
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Commission de la condition de la femme
Résumé des travaux des groupes de travail en ligne Note du Secrétaire général
a) Les politiques, la législation, les stratégies et les
partenariats qui ont favorisé l'accession des femmes à
l'égalité ;
b) Des études de cas, les meilleures pratiques
optimales, des exemples d'efforts fructueux entrepris par
les pouvoirs publics, le secteur privé et la société civile,
ainsi que les enseignements tirés;
c) Les obstacles qui subsistent et les moyens de les surmonter. Mise en application du Programme d'action de Beijing
au cours de la période 1995-2000 : la voix des défenseurs
de la condition féminine, des chercheurs, des représentants
des gouvernements et des organisations de la société civile
Résumé des travaux des groupes de travail en ligne Table des matières I. Récapitulatif II. Introduction III. Les domaines critiques A. Les femmes et la pauvreté B. Éducation et formation des femmes C. Les femmes et la santé D. La violence à l'égard des femmes E. Les femmes et les conflits armés F. Les femmes et l'économie G. La participation des femmes à la vie politique et à la prise de décisions H. Mécanismes institutionnels chargés de favoriser la promotion de la femme I. Les droits fondamentaux des femmes J. Les femmes et les médias K. Les femmes et l'environnement L. La fillette Annexe Pays représentés dans les groupes de travail I. Récapitulatif Dans le cadre des préparatifs de l'évaluation des cinq
années écoulées depuis la conférence de Beijing, quelque
10 000 personnes se sont associées aux groupes de travail
en ligne de WomenWatch pour analyser les progrès
accomplis dans la mise en application du Programme
d'action de Beijing. On a ainsi pu réunir, de toutes les
régions du monde, des enseignements et des stratégies qui
devraient pouvoir guider les interventions futures. Plus de
120 pays ont été représentés dans les groupes de travail qui
ont échangé des informations sur les progrès accomplis, les
obstacles encore en place, les enseignements tirés et les
pratiques optimales. Si les résultats de ces échanges ne sont
ni exhaustifs ni définitifs, ils témoignent néanmoins de la
richesse des expériences qu'ont vécues tous ceux qui
uvrent à promouvoir l'égalité entre les sexes. Ils
constituent aussi une excellente source d'idées et de
stratégies susceptibles d'être empruntées et adaptées selon
que de besoin. Comme l'a fait observer un participant,
Dans certains processus de l'Organisation des Nations
Unies, tels que l'Évaluation de la mise en application du
Programme d'action de Beijing, il nous est parfois
demandé de nous prononcer formellement sur les souhaits
et les aspirations des femmes - ce qui nous conduit parfois
à des généralisations, au risque de marginaliser davantage
encore celles qui n'ont déjà pas voix au chapitre. Nous
devons veiller à ne pas parler des femmes en termes
universels. (Philippines)
Pour les 12 domaines critiques, les obstacles, les
enseignements et les pratiques sont tantôt communs, tantôt
spécifiques. Ils laissent cependant apparaître, dans
l'ensemble, un certain nombre de tendances. Quels
obstacles communs s'opposent à la réalisation de progrès
dans les domaines critiques et quelles mesures faudrait-il
prendre à cet égard? Quels enseignements communs peut-on tirer des expériences rapportées dans ces échanges?
Obstacles communs à la réalisation de progrès
Pour l'ensemble des domaines critiques, on a, à
maintes reprises, relevé un certain nombre d'obstacles qui
entravent sensiblement la réalisation des objectifs convenus
lors de la quatrième Conférence mondiale sur les femmes.
La majorité de ces obstacles ne sont pas nouveaux mais leur
élimination s'avère laborieuse.
Un certain nombre de valeurs culturelles, de normes de société et de croyances religieuses accordent une valeur moindre à l'apport, aux idées et à la vie des femmes et des filles. Les processus de prise de décisions et d'orientation
font peu de place aux femmes et à la question de
l'égalité entre les sexes.
Les avantages et les retombées préjudiciables de la
libéralisation des échanges, de la mondialisation et
de la privatisation sont contradictoires et inégaux, les
femmes beaucoup plus touchées par les conséquences
négatives.
On ne dispose souvent pas de données ventilées par
sexe.
La violence qui, fondée ou non sur des croyances
religieuses discriminatoires, s'exerce contre les
femmes et les filles au foyer, à l'école ou dans les
médias, continue de s'accentuer.
Il n'existe pas de volonté politique suffisante pour
engager les actions susceptibles d'induire un
changement durable.
Enseignements tirés
Les enseignements qu'ont tirés et partagés les
membres des groupes de travail constituent d'importants
axes de référence pour les futures actions de mise en
application du Programme de travail. Si la plupart de ces
enseignements revêtaient un caractère spécifique, ils ont
également laissé apparaître plusieurs points communs:
Il faut associer étroitement la législation visant à
créer un cadre propice à l'instauration de l'égalité
entre les sexes à des stratégies d'éducation et de
sensibilisation.
Pour modifier les attitudes et les pratiques qui
entravent la réalisation de l'égalité entre les sexes, il
apparaît essentiel de sensibiliser les enfants dès leur
jeune âge et d'accorder une importance particulière
à la question de l'égalité dans l'enseignement formel
et non formel.
Il ne suffit pas, pour assurer le changement,
d'accroître la représentation des femmes au sein de
l'administration ou dans d'autres sphères de prise de
décisions ou encore de décréter l'égalité entre les
sexes par voie de législation. De telles mesures n'ont
pas d'effets automatiques sur l'évolution de la
situation.
L'examen du problème de la parité entre les sexes,
dans le cadre d'une réflexion à long terme, peut
souvent conduire à l'adoption de stratégies intégrées
et efficaces. Par exemple, l'examen de la violence liée
aux armes à feu, du point de vue de la santé et de la
prévention des traumatismes plutôt que sous le seul
angle de la sécurité, peut élargir le cadre du plaidoyer
et des interventions.
Les démarches intégrées menées sur plusieurs fronts
jouent un rôle déterminant dans la dynamique du
changement, qu'elles interviennent dans les domaines
des soins de santé, de l'éducation, de la
sensibilisation ou des droits de l'homme.
Les interventions aux échelons mondial, national et
local et les stratégies définies en fonction des
contextes jouent un rôle décisif dans l'instauration
d'un changement durable en faveur des femmes, que
ce soit dans le règlement des conflits, l'élaboration
d'outils appropriés pour l'analyse des questions de
parité entre les sexes ou l'animation de débats.
Quelques points saillants des échanges des groupes de travail
Les groupes de travail ont procédé à un échange des
nombreuses expériences concrètes qu'ils ont vécues et des
multiples enseignements qu'ils ont tirés au cours des cinq
dernières années.
Les participants ont souligné combien il importait
d'orienter les efforts vers l'éducation des jeunes enfants.
L'Equal Opportunities Commission a concentré ses
efforts sur l'éducation des jeunes enfants dans le
cadre d'une stratégie visant à promouvoir l'égalité
des chances. Il s'agit d'incorporer ces notions à la
vie de l'école plutôt que d'en faire l'objet d'une autre
matière d'enseignement. On a ainsi élaboré, à
l'intention des enfants d'âge préscolaire, un module
de formation comportant des livres d'images, des
matériaux didactiques, des jeux et des chansons. Des
ateliers de formation ont été organisés à l'intention
de plus de 700 enseignants des écoles maternelles et
des jardins d'enfants. Plus de la moitié des jardins
d'enfants de Hong Kong y ont participé. (Hong Kong)
Les participants ont décrit les services de soins de
santé parallèles que les femmes mettaient en place.
Nous nous efforçons de concevoir un autre système
de soins de santé, qui sera géré par la fédération des
associations locales de femmes. Notre organisation
veille à ce que ces associations prennent en mains les
processus de prise de décisions et de gestion. À
quelques exceptions près, toutes les interventions en
cours consistent à sensibiliser et à desservir celles
qui, déjà, sont sensibilisées et ont accès à des
services qui ne parviennent jamais aux villageoises
pauvres et analphabètes. En termes d'équité, une
telle démarche se justifie-t-elle?(Népal)
Les participants ont favorablement accueilli la
législation et les politiques nouvelles concernant les droits
et la représentation des femmes.
La politique de l'action positive a considérablement
contribué à renforcer la participation des femmes à
la vie politique et publique en Ouganda. Ici, chaque
district doit élire au parlement une femme qui
représente les femmes au sein de cette institution,
mais de surcroît, les femmes peuvent se faire élire en
fonction du mérite. L'action positive a ainsi conduit
au parlement plus de 40 femmes et a permis à de
nombreuses femmes d'occuper des fonctions
publiques dans un certain nombre d'institutions -
l'Ouganda étant le seul pays africain où une femme
occupe le poste de Vice-Présidente! (Ouganda)
Les participants découvrent de nouveaux modes de
gestion des conflits.
Nous nous efforçons de déplacer la question de la
violence liée aux armes à feu du seul cadre de la
sécurité et des conflits pour la recentrer en rapport
avec la santé et la prévention des traumatismes. Au
regard du conflit ou du traumatisme, il s'agit
désormais d'intervenir en amont plutôt qu'en aval.
Cette démarche se fonde sur la Charte d'Ottawa pour
la promotion de la santé, qui stipule que toute
personne a droit au bien-être mental, physique et
social. (Australie)
Les participants franchissent les divisions ethniques
pour instaurer la paix.
Je voudrais partager avec vous quelques-unes des
stratégies et méthodes utilisées par les associations
de femmes à Chypre. S'agissant de la constitution du
groupe, les participants conviennent, dès le départ,
qu'elles ne représentent qu'elles-mêmes et non pas,
par exemple, des organisations non
gouvernementales (ONG). Elles conviennent en même
temps que notre objectif est de nous exprimer et de
comprendre des besoins plutôt que d'affirmer des
positions politiques. Initialement, les femmes, qui
appartiennent à deux groupes ethniques différents,
ont des attitudes complètement différentes et sont
choquées par ces différences. Nous leur donnons
l'occasion de décrire les périodes les plus
traumatisantes de leur histoire. À ce stade, les deux
groupes commencent à fusionner. Le nouveau groupe
qui se forme ainsi n'a ni structure, ni responsable,
ni hiérarchie et chacun s'y sent l'égale des autres.
Tout au long de ce processus, les femmes mènent une
quête en elles-mêmes. Le changement vient de
l'intérieur et non pas de l'extérieur. (Chypre)
Les participants créent et encouragent des partenariats
en vue de promouvoir l'accession des femmes à l'égalité.
Organisées et créatives, les femmes des secteurs
informels (vendeuses des rues) se sont regroupées et,
en association avec les hommes, ont constitué des
groupes chargés d'engager la concertation et
d'assurer la défense de leurs intérêts. À Cebu, des
organisations populaires et des organisations non
gouvernementales ont constitué, avec les collectivités
locales, des organismes tripartites chargés de suivre
les questions qui concernent les vendeurs des rues et
le code d'administration locale. Cette stratégie de
partenariat démontre qu'il est possible de créer des
sociétés civiles grâce à la mise en place de réseaux,
à l'organisation et à l'éducation. (Philippines)
II. Introduction
L'Organisation des Nations Unies entame l'examen
quinquennal de l'application du Programme d'action de
Beijing avec, à sa disposition, une grande diversité de
connaissances et d'expériences, d'expérimentations et de
stratégies. Nombre d'organisations non gouvernementales,
de chercheurs, de particuliers, d'organisations
intergouvernementales, de gouvernements, d'organismes
bilatéraux et multilatéraux et d'institutions spécialisées ont
apporté d'importantes contributions. De quels succès peut-on se prévaloir depuis 1995? Quels obstacles continuent
d'entraver l'exécution de la série ambitieuse de tâches qui
restent à accomplir? Quels enseignements peut-on retirer
des cinq années écoulées et quels nouveaux défis les
femmes doivent-elles relever? Quelles mesures et initiatives
concrètes peut-on prendre pour surmonter les obstacles qui
empêchent la pleine application du Programme d'action?
En 1999, le projet WomenWatch a réuni des
particuliers représentant différentes organisations,
professions et régions du monde afin qu'ils partagent leur
expérience touchant la mise en oeuvre du Programme
d'action de Beijing. Ils ont été répartis en 12 groupes de
travail en ligne recouvrant chacun un domaine critique. Ces
groupes de travail qui fonctionnaient par messagerie
électronique s'inscrivaient dans un cadre général commun
et avaient principalement pour objectif d'identifier ce qui
suit :
Les politiques, législations, stratégies et partenariats
visant à promouvoir l'égalité entre les sexes qui
avaient donné de bons résultats;
Les études de cas, meilleures pratiques et autres
exemples d'expériences réussies menées par les
pouvoirs publics, le secteur privé ou la société civile
ainsi que les enseignements à en retirer;
Les obstacles qui continuent d'entraver les progrès
et les moyens de les surmonter.
De septembre à décembre 1999(1), une dizaine de
milliers de personnes ont tenu un débat collectif, mis en
commun ce que l'expérience leur avait appris et apporté
leur contribution à Beijing+5 dans le cadre de groupes de
travail. Le résultat a été un foisonnement d'idées concrètes
appelées à orienter de façon décisive la poursuite de la
réalisation des objectifs du Programme d'action : égalité,
développement et paix.
Groupes de travail
1. Sortir les femmes de la pauvreté
2. Établir l'égalité dans l'enseignement
3 Assurer et promouvoir la santé des femmes
4. Mettre fin à la violence contre les femmes
5. Les femmes et les conflits armés
6. Mettre fin à l'inégalité économique des femmes
7. Favoriser l'accès des femmes à l'exercice du pouvoir
et à la prise de décisions
8. Mécanismes nationaux pour l'égalité des hommes et
des femmes
9. Réaliser les droits fondamentaux des femmes
10. Les femmes et les médias
11. Renforcer le rôle des femmes dans la protection de
l'environnement
12. Autonomiser les petites filles
Méthodes
Chaque groupe de travail en ligne a fonctionné
pendant six semaines; il était encadré par un groupe
consultatif d'experts de la question à l'examen(2),
comprenant notamment un animateur habitué à diriger des
forums électroniques.
Pour chaque groupe de discussion, ce groupe
consultatif comprenait, outre l'animateur, des conseillers
thématiques et un coordonnateur WomenWatch (la
composition du groupe consultatif est donnée dans une note
de bas de page au début de chaque chapitre). WomenWatch
a contacté un grand nombre d'organismes des Nations
Unies, d'organisations non gouvernementales et de
particuliers ayant une connaissance approfondie et une
grande expérience du domaine critique considéré et choisi
les membres du groupe sur la base de leurs compétences
parmi les spécialistes disposés à consacrer une partie de
leur temps au groupe de travail sur une durée de six
semaines.
Pour chacun des forums de discussion, il appartenait
au groupe consultatif d'orienter les débats. L'animateur
dirigeait les travaux du groupe par le biais de messages
hebdomadaires et s'assurait qu'ils restaient bien axés sur
les obstacles rencontrés, les enseignements tirés de
l'expérience et l'élaboration de recommandations. Chaque
animateur a établi un rapport sur les conclusions du groupe
de travail, en consultation avec les autres membres du
groupe consultatif.
Le centre de recherche pédagogique EDC-USA a
apporté un appui de fond en aidant à approfondir les sujets
à examiner; il a également contribué à la coordination et à
la campagne d'information. Il a aussi assuré l'animation des
groupes de travail au jour le jour, sauf en ce qui concerne
celui consacré aux femmes et les médias (WomenAction
2000) et celui axé sur les mécanismes nationaux (Christina
Janssen).
Les groupes de travail étaient ouverts à tous. Quelque
17 000 particuliers et organisations avaient été invités, soit
directement soit par l'intermédiaire de gestionnaires
Listserv. Les campagnes d'information avaient surtout visé
des organisations non gouvernementales féminines, des
centres d'études sur les rôles des hommes et des femmes,
des responsables d'administrations publiques et des
organisations multilatérales et bilatérales. Elles ont été
particulièrement intenses dans le Sud et environ 40 % des
invitations sont allées à des particuliers et des organisations
dans les pays en développement. L'invitation a en outre été
diffusée par l'intermédiaire de réseaux privés et affichée
sur les sites Web de WomenWatch et d'UNIFEM.
On peut consulter les archives des groupes de travail
sur le Web à l'adresse suivante : http://www.un.org/
womenwatch/forum. Le stockage des archives a été assuré
par le Programme de constitution de réseaux pour le
développement durable du Programme des Nations Unies
pour le développement.
Le présent rapport : renseignements
de caractère général
Le présent rapport a pour objet de regrouper et
diffuser les diverses idées qui ont jailli de chacun des
groupes de travail de WomenWatch. Établi par Alice
Mastrangelo, avec le concours du comité WomenWatch,
des groupes consultatifs et des animateurs de l'EDC, il
s'inspire des rapports finals présentés par les animateurs
des groupes de travail, ainsi que des résumés
hebdomadaires des travaux de chacun de ces groupes et des
messages individuels qui ont été reçus. Sans prétendre
aborder tous les sujets ou problèmes abordés, ce qui serait
impossible, il tente de mettre en lumière les questions que
les participants se sont généralement accordés à juger
fondamentales et d'en tirer des enseignements spécifiques
susceptibles d'être applicables ailleurs. Un rapport
d'activité complet sera disponible sur le site Web de
WomenWatch pour chacun des groupes de travail à
l'adresse suivante : http://www.un.org/womenwatch/forum.
Chaque chapitre comporte une rubrique
Enseignements retirés, illustrée par un cas précis ou une
citation directement empruntée à un message d'un des
participants. Comme il est impossible de citer tous les
messages reçus, les extraits ont été choisis de manière à
représenter au mieux la diversité des questions abordées et
les différentes régions du monde. On a corrigé les fautes
de grammaire et abrégé certaines citations, mais on s'est
efforcé de rester le plus fidèle possible au sens original.
Pour des raisons de confidentialité, les noms des
participants ont été omis mais le pays et l'affiliation sont
indiqués chaque fois qu'il a été possible de les déterminer.
Les groupes de travail ont été financés par la
Fondation pour les Nations Unies et le Ministère
britannique du développement international.
III. Les domaines critiques
A. Les femmes et la pauvreté
Depuis l'adoption de la Déclaration et du Programme
d'action de Beijing en 1995, freiner la progression de la
pauvreté dans un environnement économique en évolution
rapide s'impose de plus en plus comme une nécessité
impérieuse. Les participants au groupe de travail Sortir les
femmes de la pauvreté(3) ont pris note avec préoccupation des
discriminations systématiques fondées sur le sexe qui
exacerbent la pauvreté parmi les femmes, des effets négatifs
que risquait d'avoir la libéralisation des échanges et du fait
que l'absence de volonté politique continuait à faire
obstacle à l'introduction de changements durables. De
manière générale, les débats ont porté sur les causes de la
pauvreté parmi les femmes et sur les situations que celles-ci
connaissaient, sur les politiques macroéconomiques et
sociales, sur les plans de développement de nature à faire
reculer la pauvreté, sur l'accès des femmes au crédit et à
l'épargne et sur les recherches concernant la situation des
deux sexes. Promouvoir les partenariats entre les
gouvernements et les organisations non gouvernementales,
encourager l'introduction de nouveaux services propres à
améliorer l'existence des femmes pauvres et mieux cerner
les effets de l'instabilité économique et de la libéralisation
des échanges sur les femmes ont compté au nombre des
nouvelles questions examinées par les participants.
1. Obstacles rencontrés
Effets négatifs de la libéralisation des échanges et
des privatisations sur les femmes pauvres.
Persistance de discriminations fondées sur le sexe
dans les sphères culturelles, juridiques, politiques et
économiques qui restreignent les perspectives
d'avenir des femmes pauvres.
Fossé existant entre les politiques visant à instaurer
la parité entre les sexes et l'adaptation des pratiques
administratives de nature à faire reculer la pauvreté
parmi les femmes.
Mauvaise connaissance des aspects sexospécifiques
de la pauvreté et absence de volonté politique de
remédier à la situation.
Insuffisance de la représentation des femmes dans les
emplois publics.
Application de plans de microcrédit ou d'autres
programmes économiques sans aucune coordination
avec d'autres plans visant à promouvoir l'égalité des
femmes, comme les programmes d'enseignement ou
les campagnes législatives.
Manque de données ventilées par sexe et d'analyses
concernant la situation des hommes et des femmes qui
faciliteraient l'adoption de mesures efficaces dans la
lutte contre la pauvreté.
2. Idée-force
Les effets contradictoires des politiques
macroéconomiques et des politiques sociales.
Les participants se sont tout particulièrement
intéressés aux effets et à l'efficacité des macropolitiques
en matière de lutte contre la pauvreté féminine, qu'il
s'agisse de réformes économiques ou d'éducation. Un
intervenant asiatique a fait valoir que si certaines politiques
macroéconomiques avaient provoqué une hausse de la
pauvreté féminine, ces mêmes politiques - une fois
reformulées pour tenir compte des sexospécificités -
permettraient aux femmes de mieux tirer parti des
perspectives de développement et d'emploi. De même, il
est possible d'anticiper nombre de problèmes qui se posent
aux femmes en matière de développement social en mettant
en place des programmes sociaux adaptés. Un participant
a fait observer que le Gouvernement sud-africain avait mis
au point une politique d'éducation très complète afin
d'effacer les séquelles de la discrimination raciale et,
partant, d'améliorer les perspectives d'avenir des femmes
pauvres. L'Inde a, quant à elle, adopté des politiques
sociales imposant d'enregistrer au nom des femmes les
parcelles de terre octroyées aux familles pauvres et faisant
obligation aux programmes d'assistance financière
alimentés par le gouvernement - y compris les régimes
nationaux d'assurance vieillesse en faveur des femmes et
les régimes d'assurance en faveur des travailleuses - de
réserver aux femmes la moitié des fonds. Plusieurs
intervenants ont cependant fait observer que ces politiques
n'étaient pas nécessairement appliquées. Des participants
d'Europe de l'Est et de la Communauté d'États
indépendants ont souligné que, dans les pays en transition,
les femmes pauvres étaient contraintes d'assumer des tâches
supplémentaires pour faire face à la restructuration
économique. Les femmes sont les premières à être
licenciées et les dernières à être embauchées (PNUD,
Ukraine). Les participants ont également estimé que les
politiques d'ajustement structurel qui privilégiaient les
privatisations et les coupes dans les budgets sociaux avaient
des effets particulièrement négatifs sur les femmes pauvres.
3. Enseignements tirés
Les politiques et les programmes de lutte contre
la pauvreté qui sont fondés sur des analyses tenant
compte des sexospécificités de l'environnement
social, économique, juridique et politique dans
lequel ils sont appliqués et qui visent à faire
évoluer les lois, les pratiques et les croyances
discriminatoires peuvent considérablement
atténuer la pauvreté féminine.
Exemple : Il y a plus de femmes touchées à des degrés
divers par la pauvreté pour les raisons suivantes : les
femmes ont plus difficilement accès à l'éducation et
aux moyens de production, sont parfois privées du
droit à la propriété et ne jouissent pas dans certains
cas de droits égaux au sein même de la famille et de
la société. Pour être efficaces, les politiques de lutte
contre la pauvreté doivent reposer sur la
reconnaissance des droits de la femme et tenir
compte du fait que les femmes exercent des rôles
multiples et sont très présentes dans le secteur social
et économique non structuré, sans pour autant être
rémunérées. (États-Unis)
Exemple : On peut imputer le recul de la pauvreté
aux politiques sociales plus qu'à la mondialisation
et à la libéralisation de l'économie. Cela est dû à :
i) l'accroissement des investissements dans
l'éducation primaire, l'attention étant accordée à la
réduction des inégalités entre les sexes; ii) la
décentralisation au moyen du système Panchayati
Raj, avec un quota de 33 % pour les femmes;
iii) l'augmentation des investissements
d'infrastructure; iv) la meilleure prise en compte de
la situation des femmes dans le gouvernement. (Inde)
Les microcrédits peuvent réellement contribuer
à réduire la pauvreté si l'on fait abstraction du
seul critère de rentabilité économique pour donner
aux femmes les moyens d'accéder aux ressources
et de contrôler celles-ci.
Exemple : Au Nigéria, les microcrédits, aussi
modestes fussent-ils, ont non seulement renforcé la
capacité économique des femmes qui ont été
expulsées de leur foyer, mais les a aussi incitées à se
battre pour obtenir un juste dédommagement pour
leurs maisons détruites. Grâce à des campagnes
d'éducation et de sensibilisation lancées au moyen
de projets tels que des microcrédits, les femmes
s'impliqueront davantage dans la défense de leurs
propres droits. (Social and Economic Rights Action
Centre, Nigéria)
Exemple : Il importe de s'assurer que les femmes
disposent de ressources financières dont elles
assurent elles-même la gestion. À cet effet, il faut
prévoir des programmes de formation professionnelle
et de formation à la gestion des entreprises. Faire en
sorte que les femmes puissent trouver des débouchés
commerciaux et bénéficient de services de
commercialisation est un facteur important dont il
faut tenir compte. Les projets menés doivent prévoir
des activités de sensibilisation aux comportements
sexistes destinées à l'ensemble des membres de la
famille, dans la mesure où une femme exerçant une
activité économique ne se défausse pas pour autant
des responsabilités qui lui incombent en sa qualité
d'épouse et de mère. (CARE, Bangladesh)
Il importe d'intégrer une démarche soucieuse
d'équité entre les sexes dans les politiques et les
programmes de lutte contre la pauvreté.
Exemple : Au Népal, au Bangladesh et en Sri Lanka,
nos projets de lutte contre la pauvreté qui
incorporaient une démarche soucieuse d'équité entre
les sexes nous ont appris qu'il fallait : tenir compte
des besoins et des préoccupations des hommes et des
femmes dans la formulation des objectifs; identifier,
au stade de l'élaboration du projet, les principaux
éléments qui font obstacle à la participation des
femmes, quel que soit le composant considéré; définir
des stratégies permettant de surmonter les obstacles,
tous composants confondus; allouer des ressources
de sorte que les stratégies puissent être appliquées;
ne pas manquer de collecter des données ventilées
par sexe pendant l'exécution du projet; évaluer la
capacité des partenaires à exécuter des projets tenant
compte des sexospécificités et, lorsque cela était
possible, tenter de renforcer cette capacité. (Agence
australienne pour le développement international,
Australie)
De véritables partenariats entre les
gouvernements, le secteur privé et les
organisations non gouvernementales peuvent
jouer un rôle essentiel dans la réduction de la
pauvreté féminine.
Exemple : Dans les années 80, des organisations non
gouvernementales et le Gouvernement du Tamil Nadu
ont joué un rôle moteur dans la création de groupes
d'entraide. Ce projet s'est imposé comme un modèle
digne d'être reproduit à plus large échelle dans
d'autres parties de l'État et dans le reste du pays. Le
Fonds international de développement agricole a
appuyé ce projet d'avant-garde en apportant une
aide au projet de développement des femmes du Tamil
Nadu. Il s'agissait essentiellement d'améliorer le
statut économique et social des femmes vivant au-dessous du seuil de pauvreté grâce à la création de
groupes d'entraide ouverts aux femmes pauvres de
la région, les ONG étant invitées à participer
activement au projet et à le superviser. Les activités
de formation à l'animation de groupes d'entraide et
de perfectionnement professionnel ont également
grandement facilité l'émancipation des femmes
pauvres. Le statut des membres des groupes
d'entraide au sein de leur famille et de leur
communauté a connu une amélioration notable. Il
convient de saluer l'Indian Bank qui a appuyé cette
entreprise colossale et octroyé des prêts aux groupes
jugés solvables au fur et à mesure des besoins. (Tamil
Nadu Women's Development Corporation, Inde)
4. Programme d'action pour lutter
contre la pauvreté féminine
Faire campagne pour le lancement de plans de
microcrédit liés à d'autres stratégies d'émancipation,
telles que l'éducation.
Mieux cerner l'influence des facteurs internationaux,
tels que l'instabilité économique et la libéralisation
des échanges, sur l'aggravation de la pauvreté
féminine.
Encourager l'établissement de véritables partenariats
entre les gouvernements, les organisations
multilatérales, le secteur privé et les ONG en vue
d'appuyer les initiatives de lutte contre la pauvreté
axées sur les femmes.
Faciliter le recours aux nouveaux services issus des
progrès réalisés dans le domaine des technologies de
l'information et de la communication, tels que la
télémédecine, afin d'améliorer les conditions de vie
des femmes pauvres.
Encourager la participation des femmes aux
différentes phases des plans de lutte contre la
pauvreté et de la formulation des politiques.
Formuler et appliquer des politiques de lutte contre
la pauvreté qui tiennent compte de la situation
particulière des hommes et des femmes.
Promouvoir l'application de plans comportant
plusieurs volets en vue d'éliminer les obstacles
sociaux, économiques, juridiques et politiques et de
réduire les inégalités existant entre les deux sexes en
matière de pauvreté.
Au vu des liens existant entre endettement et
pauvreté, appuyer les initiatives visant à généraliser
l'allégement de la dette et à accélérer les activités en
ce sens.
Encourager les activités visant à expliquer au public
les liens entre pauvreté et inégalités entre les sexes.
Aider les ONG féminines à lutter contre la pauvreté.
Appuyer les processus démocratiques qui facilitent
la création d'emplois, créent une situation favorable
à l'investissement et réduisent l'écart entre riches et
pauvres.
Faciliter la compilation, l'analyse et l'exploitation de
données sur la pauvreté ventilées par sexe, groupes
d'âge, couches sociales et races, et d'indicateurs
sexospécifiques en vue d'évaluer les progrès
accomplis dans la lutte contre la pauvreté.
B. Éducation et formation des femmes
Les membres du groupe de travail en ligne sur
l'établissement de l'égalité dans l'enseignement(4), dont les
travaux ont duré six semaines, ont examiné les grandes
questions relatives aux mesures et aux politiques en matière
d'éducation concernant tous les niveaux de l'enseignement,
de la maternelle au supérieur. Les avantages retirés de
l'éducation de base des filles, les résultats universitaires des
filles par rapport à ceux des garçons, l'éducation dans les
situations de conflit armé, le harcèlement sexuel généralisé
dont les filles sont victimes, les possibilités d'éducation,
le matériel pédagogique et la formation des enseignants
- tels étaient les principaux thèmes des travaux et des
débats. Les obstacles à l'égalité dans l'enseignement
tenaient surtout aux normes culturelles et aux pratiques
sociales bien ancrées, ainsi qu'à l'environnement éducatif
défavorable ou hostile aux filles. Bien que l'on ait
généralement convenu de la modestie des progrès réalisés
depuis 1995 dans les domaines centraux que sont la
formation des enseignants ou les changements d'attitude,
il a également été reconnu que les ONG dirigées par des
femmes avaient mis en uvre avec succès de nombreuses
pratiques éducatives innovantes. Se tournant vers l'avenir,
les participants ont lancé un appel à l'action quant aux
nouvelles questions qui se posaient, par exemple
l'éducation des enfants des rues et la nécessité d'une
démarche soucieuse de l'équité entre les sexes s'agissant
de l'éducation en situation de conflit armé.
1. Obstacles rencontrés
La persistance des attitudes culturelles et des
pratiques sociales empêchant les filles d'aller à
l'école, par exemple la faible priorité qui est donnée
à l'éducation des filles, les mariages précoces et
l'importance des tâches domestiques incombant aux
femmes et aux filles.
Le fait que les systèmes éducatifs formels et les
gouvernements nationaux n'ont pas suffisamment
réformé les programmes, formé les enseignants ou
cherché à modifier les perceptions sociales qui
perpétuent les inégalités en matière d'éducation.
L'hostilité aux filles des environnements
d'apprentissage, caractérisée par le harcèlement
sexuel et l'utilisation de matériels pédagogiques à
caractère discriminatoire, entre autres.
La sensibilisation insuffisante des enseignants aux
sexospécificités.
Les conséquences de la pauvreté et les problèmes qui
l'accompagnent : chômage, criminalité et réduction
de l'accès à l'éducation et du niveau d'instruction, en
particulier dans les zones rurales et dans les zones
isolées.
La diminution des ressources allouées à l'éducation
durant les périodes de crise financière ou de pénurie
nationales.
Les contraintes imposées aux femmes et aux filles,
qui rendent difficile l'assiduité de leur présence à
l'école ou de leur participation aux programmes
d'alphabétisation.
2. Idée-force
Le harcèlement et la violence à caractère sexuel
dans les écoles sont un sérieux obstacle à l'égalité
dans l'enseignement.
L'un des principaux problèmes communs à tous les
pays est celui du harcèlement sexuel dont sont victimes les
filles. De la Suède au Zaïre en passant par la Belgique et
l'Afrique du Sud, le harcèlement est un motif majeur
d'abandon scolaire. Dans certains cas, ce sont les
enseignants qui harcèlent sexuellement les élèves; celles-ci
se retrouvent même parfois enceintes et sont forcées de
quitter l'école, généralement sans que cela ait de
conséquences pour les responsables. Les organisations de
femmes ont élaboré différents programmes d'éducation
sexuelle et de prévention des MST, mais la plupart sont
axés sur les besoins des femmes adultes plutôt que sur ceux
des filles d'âge scolaire. En Afrique du Sud, un programme
visant à promouvoir la culture et les services pédagogiques
[Culture of Learning and Teaching Services (COLTS)] fait
appel à des moyens créatifs d'explorer les stratégies qui
permettraient de mettre fin à la violence et au harcèlement
sexuels dans les écoles.
3. Enseignements tirés
Les approches pluridimensionnelles sont
essentielles à la réalisation de l'égalité dans
l'enseignement - de la révision des manuels à
l'ouverture de garderies pour les frères et les
surs des enfants scolarisés.
Exemple : Je m'occupe de l'éducation en Inde depuis
près de 20 ans. Le Programme relatif à
l'enseignement primaire à l'échelon du district a été
lancé en 1994, concrétisant les engagements pris
dans la Constitution indienne en faveur de
l'enseignement primaire universel, dans la politique
nationale de l'éducation adoptée en 1986 et à
l'occasion de la Conférence de Jomtien. L'objectif
de ce programme est essentiellement de renforcer les
capacités des écoles publiques rurales gratuites, et
son cadre conceptuel met l'accent sur le fait que
l'enseignement primaire universel s'inscrit dans un
contexte qui varie d'un état à l'autre à l'intérieur
même du pays. Alors que certains états qui ont déjà
atteint le niveau de scolarisation quasi totale devront
privilégier la qualité de l'enseignement dispensé et
les résultats obtenus, d'autres devront mettre l'accent
sur la participation et la scolarisation minimales. Il
est évident que chaque district définit ses priorités
particulières et énonce ses propres plans annuels.
Une place très importante est accordée aux femmes
et l'on a observé que les plans énoncés par les
districts avaient certaines caractéristiques
communes, notamment :
La constitution de comités de mères ou
d'associations de parents d'élèves, qui
permettent d'établir un dialogue avec les
parents sur la nécessité d'envoyer leurs
filles à l'école.
La distribution gratuite de matériels
d'apprentissage de l'écriture et de la
lecture destinés aux filles et aux enfants
appartenant à des groupes marginalisés.
La fourniture d'un déjeuner quotidien à
tous les enfants afin que les petites filles
reçoivent leur part à l'école.
L'assurance que les femmes et les mères
sont représentées dans les comités
villageois sur l'éducation qui supervisent
le fonctionnement des écoles.
La nomination de nouvelles enseignantes et les efforts déployés pour qu'il y ait au moins une enseignante dans chaque école.
La création de centres de soins et d'éducation pour la petite enfance, qui accueillent les frères et les surs des enfants scolarisés.
Le démarrage du programme
d'autonomisation des femmes (Mahila
Samakhya) dans les habitations et les
villages où vivent essentiellement des
femmes appartenant aux castes pauvres
inférieures, l'objectif étant de créer des
conditions propices au changement. Après
la mise en train du programme
d'autonomisation, ces femmes ont demandé
qu'une instruction élémentaire leur soit
dispensée ainsi qu'à leurs enfants, en
particulier à leurs filles.
La mise en place de systèmes
d'enseignement informels adaptés à la
situation particulière des filles (emploi du
temps, lieu où l'enseignement est dispensé,
etc.).
Le contrôle des taux de scolarisation et d'abandon scolaire des filles.
L'organisation régulière d'examens destinés à contrôler les résultats scolaires des filles.
La suppression des stéréotypes sexistes
contenus dans les manuels scolaires et les
mesures prises pour éviter que les manuels
présentent de tels clichés (en veillant par
exemple à ce que les filles soient aussi bien
représentées que les garçons dans les
illustrations, les discussions et les
exemples, à ce que les filles et les femmes
ne soient pas systématiquement présentées
comme occupant des positions
subordonnées et à intégrer ces sujets dans
les manuels pour en discuter avec les
élèves).
Les efforts faits pour assurer aux femmes
une représentation égale à tous les niveaux
dans les équipes de projets et le corps
enseignant. (Inde)
Étant donné le rôle crucial des enseignants, il est
impératif d'institutionnaliser l'éducation
sexospécifique dans la formation et la
spécialisation des enseignants et des
fonctionnaires.
Exemple : La Commission de l'égalité des chances a fait de l'éducation dès le plus jeune âge un instrument de sa stratégie de promotion de l'égalité des chances. Elle entend intégrer ce concept dans les écoles plutôt que créer une nouvelle discipline à enseigner. Un module de formation a notamment été élaboré avec l'aide d'une organisation spécialiste de l'éducation des enfants d'âge préscolaire, qui propose des livres d'images, des supports pédagogiques, des jeux et des chansons que les enseignants peuvent utiliser pour leurs cours. Des stages de formation ont été organisés à l'intention de 700 jardiniers d'enfants et maîtres d'écoles maternelles. À Hong Kong, plus de 50% des jardins d'enfants ont bénéficié de ce programme et ont reçu chacun, à titre gracieux, un exemplaire du module de formation. En ce qui concerne les élèves des écoles primaires, la Commission de l'égalité des chances et le Ministère de l'éducation ont parrainé en collaboration un spectacle de marionnettes venu des États-Unis d'Amérique qui avait pour thème Les enfants du quartier (Kids on the Block) et visait à sensibiliser les enfants à la notion d'égalité des chances. La Commission a également diffusé auprès des écoles et des enseignants, à titre d'information, des publications gratuites traitant des concepts d'égalité des chances, de discrimination, de harcèlement sexuel, etc. Les élèves des établissements secondaires et les étudiants ont été nombreux à contacter la Commission ou à s'y rendre pour y obtenir les informations dont ils avaient besoin dans le cadre de projets scolaires sur la parité entre les sexes ou d'autres questions touchant à l'égalité des chances. (Hong Kong)
Il est indispensable de combattre l'illétrisme pour donner davantage de chances aux femmes.
Exemple : L'Organisation pour l'alphabétisation des adultes du Zimbabwe n'a jamais considéré l'alphabétisation comme une fin en soi, mais la conçoit comme un moyen de lutter contre la pauvreté et de démarginaliser les femmes en leur donnant accès au savoir et en leur permettant d'acquérir des compétences rémunératrices. À l'issue du troisième niveau d'enseignement, les élèves sont capables de lire n'importe quel texte écrit dans leur langue maternelle, d'effectuer des calculs (additions, soustractions à quatre chiffres, multiplications et divisions) et d'écrire des lettres, de remplir des formulaires et de lire et d'écrire dans un anglais élémentaire, et ont le niveau requis pour réussir l'examen d'admission en septième année du système scolaire traditionnel. (Zimbabwe)
Ce sont les parents qui influencent le plus les choix que peuvent faire et que font les filles en matière d'éducation.
Exemple : Il convient de noter qu'en dépit des efforts
faits pour encourager l'éducation des filles, les
milieux culturels dont viennent ces dernières
devraient être pris en considération. Dans de
nombreuses sociétés africaines (en particulier au
Soudan), les garçons sont de loin préférés aux filles,
qui sont considérées comme des membres
temporaires de la famille dans laquelle elles sont
nées, du fait qu'une fois mariées elles seront plus
utiles à la famille de leur mari qu'à celle de leur
père. Cette mentalité et d'autres comportements
comptent parmi les facteurs préjudiciables à
l'éducation des filles. Modifier ces attitudes exige une
démarche révolutionnaire axée sur les parents,
auxquels il faut faire prendre conscience, par
l'intermédiaire de l'enseignement et de
l'alphabétisation, que l'éducation des filles peut être
dans leur intérêt autant que celle des garçons. Les
parents devraient savoir qu'il est plus honorable de
marier une fille bien éduquée qu'une fille ignorante.
(Soudan/Finlande)
Dispenser une formation aux femmes ayant de
faibles revenus afin qu'elles puissent assurer les
premiers apprentissages peut augmenter leurs
chances en matière d'éducation et leur permettre
de trouver une source de revenus.
Exemple : Le Gouvernement a mis en train un projet
national consacré aux jeunes enfants (Impilo). Il
finance des organisations non gouvernementales qui
s'occupent de former des femmes, dans des
communautés pauvres, à assurer les premiers
apprentissages. Un grand nombre de ces femmes
étaient analphabètes ou illettrées et ont pu être
alphabétisées grâce à ce programme de formation
(leur niveau d'éducation atteint celui de la neuvième
année d'enseignement). Je viens d'achever
l'évaluation de l'un des centres pilotes et les résultats
positifs du programme sont déjà visibles. Beaucoup
de femmes ont commencé à ouvrir des centres dont
elles tirent un modeste revenu en faisant payer une
somme modique aux parents des élèves. (Afrique du
Sud)
Les enseignants, les parents et les étudiants
doivent promouvoir, afin qu'elles prennent effet,
les mesures juridiques visant à éliminer des
manuels les images et les messages à caractère
sexiste qu'ils contiennent.
Exemple : Pour modifier le contenu des manuels
scolaires, l'Argentine a adopté deux mesures
juridiques, l'une en 1984 et l'autre, de portée
municipale, en 1997. Dans l'un et l'autre cas, le
parlement local (établit à Buenos Aires) a voté une
loi recommandant la suppression des images et des
messages sexistes contenus dans les manuels. Ces
lois n'ont eu aucun effet réel en ce qui concerne les
maisons d'éditions et n'ont pas non plus suscité
l'adhésion du corps enseignant. Il faut lancer une
campagne plus déterminée et durable, avec l'aide des
enseignants, des parents, des étudiants et même des
médias, afin de pouvoir identifier les expressions du
sexisme dans les manuels avant et pendant
l'élaboration des nouveaux matériels pédagogiques.
(Argentine)
Mettre en parallèle les possibilités en matière
d'enseignement et de formation et les perspectives
économiques est un élément majeur dans la
définition d'approches globales de l'éducation.
Exemple : En tant que représentant d'ACTEW
- Advocates for Community-based Training and
Education for Women - je m'intéresse tout
particulièrement au débat. Notre organisme
s'emploie à assurer et à promouvoir une formation
communautaire accessible aux femmes de l'Ontario
(Canada). Les femmes avec lesquelles nous
travaillons, dont beaucoup sont âgées, viennent
d'immigrer, sont handicapées, mères célibataires ou
femmes de couleur, ou les deux, se heurtent à une
discrimination systématique et continuent de subir
les conséquences de longues années de récession
économique et de migrations économiques massives.
Nous sommes convaincus que l'éducation et la
formation peuvent conduire de la pauvreté à
l'indépendance économique. Nos membres ont une
perception unique des problèmes rencontrés par les
femmes en terme d'accès, qui leur permet d'offrir des
services intégrés et complets dans les domaines de
l'emploi et de la formation et de donner ainsi aux
femmes les moyens de trouver et de conserver des
emplois de qualité. Il est je pense plus important que
jamais que ceux d'entre nous qui sont déterminés à
offrir une formation globale, communautaire et
conçue pour les femmes, mettent en commun leurs
programmes, leurs pratiques les plus performantes
et leurs ressources. (Canada)
Le sport peut être un instrument de
développement essentiel dans l'éducation des
femmes et des filles.
Exemple : Il ressort d'études menées aux États-Unis
d'Amérique que les femmes occupant des postes
élevés au gouvernement, dans les entreprises et
l'enseignement pratiquaient durant leur enfance et
leur adolescence un sport ou une forme d'activité
physique de loisir auquel elles étaient attachées. Ces
femmes attribuent en outre à ces moment importants
de leur jeunesse une partie de leur succès à l'âge
adulte. Women Sport International, organisation que
je représente, s'emploie à faire considérer le sport et
les activités physiques de loisir comme un droit
fondamental qui doit être reconnu aux filles et aux
femmes. Ces activités sont non seulement étroitement
liées à la santé des femmes mais encore essentielles
à leur éducation et à celle des filles. Le terme sport
est souvent associé uniquement aux hommes ou à
l'entraînement olympique des élites. Le mouvement
mondial des femmes en faveur du sport rassemble des
femmes, et quelques hommes partageant leurs idéaux,
qui veulent promouvoir auprès des organisations
communautaires l'idée du sport comme moyen de
développement. (États-Unis d'Amérique)
Les arts plastiques et le théâtre peuvent être des moyens efficaces de modifier les comportements discriminatoires et de lutter contre la violence ou d'autres problèmes rencontrés dans les milieux scolaires.
Exemple : Le projet de promotion de la culture et des
services pédagogiques [Culture of Learning and
Teaching Services (COLTS)] vise à encourager les
enseignants du niveau primaire et du niveau
secondaire à se demander pourquoi la culture de
l'apprentissage et de l'enseignement n'existe pas
dans leur établissement, et fait souvent appel à des
moyens créatifs comme le théâtre et les arts
plastiques. Ce projet rencontre un tel succès qu'il est
devenu une initiative nationale et est en cours de mise
en uvre dans cinq des sept provinces. Je demande
à des étudiants des universités d'aider les élèves à
monter leurs pièces de théâtre, je donne des conseils,
je conçois des matériels d'information, j'organise des
ateliers de formation à l'intention des enseignants et
je supervise mes étudiants. Les élèves participent aux
festivals à l'échelle des districts, des régions et des
provinces, puis à un festival national final à
l'occasion duquel des livres et d'autres matériels
d'information sont remis à l'école gagnante pour la
récompenser. Le festival de théâtre est dirigé par un
jury de professionnels. Cette année, plus de 500
écoles du pays ont participé au projet, auquel le
gouvernement et le secteur privé commencent à
s'intéresser vivement. En ce qui concerne les pièces
de théâtre elles-mêmes, un certain nombre d'entre
elles traitent des problèmes de la violence et du
harcèlement sexuel à la maison et à l'école; elles
abordent également les questions des viols collectifs,
de la grossesse et des maladies sexuellement
transmissibles. Le projet vise notamment à la mise
en place de mécanismes d'aide dans les écoles et à
encourager le recours aux associations d'étudiants
et leur promotion. (Afrique du Sud)
Les taux élevés de scolarisation des filles sont
souvent le résultat de politiques favorables à
l'enseignement universel.
Exemple : À Hong Kong, depuis les années 70,
l'enseignement de base est gratuit et obligatoire pour
tous les enfants âgés de 9 à 14 ans. Il en est résulté
des changements considérables en termes de
scolarisation et l'on observe désormais une parité
entre les sexes dans les écoles primaires et les écoles
secondaires. Concrètement, les femmes
représentaient ces trois dernières années plus de
50 % de l'ensemble des étudiants des universités et
leur taux d'analphabétisme était tombé à environ 9 %
au début des années 90. (Hong Kong)
Exemple : Au début de l'année 1974, le
Gouvernement indonésien a mis en uvre une mesure
présidentielle spéciale (SD Inpres) concernant les
écoles élémentaires, qui visait à assurer
l'enseignement universel de la population scolarisée.
Depuis lors, la scolarisation des filles dans les écoles
élémentaires (7-12 ans) est passée de 58 % en 1971
à 83 % en 1980 pour atteindre 92 % en 1990 (les
années correspondent aux recensements
démographiques) et 95 % en 1995 (Intercensal
Population Survey). La taux de scolarisation des
garçons de la même tranche d'âge était de 62 %,
84 %, 91 % et 95 % respectivement aux mêmes dates.
L'un des éléments fondamentaux du processus de
développement en Indonésie est l'expansion
économique rapide, tout au moins jusqu'à l'arrivée
de la crise. Des emplois ont été créés pour les
hommes et, de plus en plus, pour les femmes, dans le
secteur public formel et dans le secteur privé. Les
parents ont pris conscience qu'il était important
d'investir dans l'éducation non seulement de leurs
fils mais aussi de leurs filles. (Indonésie)
4. Programme d'action pour la réalisation
de l'égalité dans l'enseignement
Établir un lien entre l'éducation et l'emploi en incitant les entreprises (par des mesures financières ou autres) à recruter des femmes et des filles à des postes ou dans des secteurs qui ne leur sont traditionnellement pas réservés.
Créer des liens concrets entre l'éducation et les
débouchés économiques, qu'il s'agisse de former les
femmes pour qu'elles se spécialisent dans
l'enseignement ou d'informer les filles sur les
professions qu'elles peuvent exercer.
Établir un lien entre la formation professionnelle et l'information sur les possibilités d'emploi dans les secteurs non traditionnels.
Créer des cadres d'examen des questions liées aux différences entre les sexes et d'autres facteurs qui contribuent aux inégalités entre les filles et les garçons et les femmes et les hommes en ce qui concerne le niveau d'éducation atteint.
Énoncer et faire appliquer des mesures
gouvernementales aux fins de l'éducation obligatoire
des filles, et instaurer un système de quota pour
garantir que les filles puissent poursuivre leur
scolarité au-delà du niveau élémentaire.
Mener des campagnes de sensibilisation préconisant
un degré zéro de tolérance pour les violences à
caractère sexuel et intellectuel dans le cadre de
l'école.
Institutionnaliser la sensibilisation aux disparités
entre les sexes dans les programmes de formation et
de spécialisation des enseignants et des
fonctionnaires.
Familiariser les enseignants avec les méthodes
d'enseignement non sexistes et antisexistes.
Mettre en relation l'enseignement théorique et les
compétences pratiques nécessaires pour trouver un
emploi et s'assurer un revenu.
Promouvoir la formation continue afin que les femmes ne se laissent pas dépasser par les avancées technologiques et les autres progrès.
Offrir une aide financière aux familles pauvres qui
envoient leurs filles à l'école.
Utiliser les technologies nouvelles et faire appel à
l'enseignement à distance pour pouvoir contacter les
femmes chez elles.
S'efforcer de changer l'attitude des parents et des
collectivités envers l'éducation des filles.
C. Les femmes et la santé
Les participants aux travaux du groupe de travail en
ligne Assurer et promouvoir la santé des femmes(5) ont
considéré que la pauvreté et la mondialisation, les traditions
culturelles et religieuses et l'absence de volonté politique
étaient les principaux obstacles à la réalisation des objectifs
stratégiques énoncés au chapitre C du Programme d'action.
Le dialogue a été axé essentiellement sur les principaux
obstacles à la promotion de la santé des femmes, les moyens
d'améliorer les conditions de vie et de travail des femmes,
la santé mentale des femmes et la prise en compte des
problèmes de santé des femmes dans les services de santé.
Les participants se sont déclarés particulièrement
préoccupés par les incidences de la multiplication des
conflits et du passage de certains pays à une économie de
marché sur la santé des femmes et le fait que certaines
croyances et certains comportements culturels freinaient les
progrès dans ce domaine. Mettre au point des programmes
types globaux en faveur de la santé des femmes, donner aux
femmes les moyens d'avoir davantage de prise sur leur vie
et leur santé, et défendre la santé des femmes en s'appuyant
sur une approche fondée sur leurs droits ont été considérés
comme les trois éléments essentiels d'une stratégie de
changement.
1. Obstacles rencontrés
Effets désastreux de la mondialisation et de
l'accroissement de la pauvreté sur les femmes, et
notamment du manque d'indépendance de ces
dernières sur le plan économique.
Effets directs et indirects de pratiques culturelles et
religieuses persistantes (infections dues aux
mutilations génitales féminines et aux maladies
sexuellement transmissibles, accès des femmes à la
nourriture et aux soins de santé au niveau des
ménages, etc.).
Manque de volonté politique, qui fait que les
gouvernements ne prennent pas les mesures voulues
au niveau national, et priorité insuffisante accordée
aux problèmes de santé des femmes.
Effets de la multiplication des conflits armés et de
l'accroissement de la violence.
Non-participation des femmes à la prise de décisions
concernant les politiques de santé.
Adaptation insuffisante des services de santé aux
différentes catégories de patients.
Non-reconnaissance du rapport direct qui existe entre
les questions sociales et environnementales et la santé
des femmes.
Absence de choix concernant la santé en matière de
procréation, qui fait obstacle à la promotion de la
santé des femmes.
Augmentation chez les femmes des problèmes de
santé mentale, en particulier dans les pays en proie
à des conflits armés et dans les pays en transition.
Influence croissante de certaines coalitions politico-religieuses, qui ont réussi à empêcher l'adoption de
lois visant à permettre aux femmes de contrôler leurs
fonctions procréatrices.
2. Idée-force
La santé des femmes est négligée parce qu'on ne
lui accorde pas un rang élevé de priorité au niveau
national.
La domination des hommes aux postes de décision a
été considérée comme un obstacle majeur à l'adoption de
lois de nature à permettre une véritable amélioration de la
santé des femmes. La faible priorité accordée à celle-ci est
manifeste en Inde, au Tadjikistan, au Bangladesh, au
Ghana, au Kenya, en Ouganda et aux Philippines, où le
nombre des services de santé et des soignants s'occupant
des problèmes de santé des femmes est des plus
insuffisants. Les participants ont fait valoir que
l'insuffisance des ressources nationales n'expliquait pas
tout et que si la santé des femmes continuait à être négligée
par rapport à celle des hommes, c'était parce qu'on ne s'en
préoccupait pas suffisamment.
3. Enseignements tirés
Les participants au groupe de travail ont échangé de
nombreuses informations sur l'expérience acquise dans la
poursuite des objectifs du Programme d'action concernant
la santé des femmes et sur les stratégies à adopter pour
réussir à les atteindre (élaboration d'approches globales,
utilisation d'une approche qui mette l'accent sur les droits
des femmes, etc.).
Il est urgent de dépasser le modèle médical pour
mettre au point des approches globales en matière
de santé.
Exemple : Le groupe de femmes de Ntyang se
compose de 170 femmes rurales. Son bureau
comprend neuf membres, en poste depuis plus de
trois ans. Les membres du bureau ont été élus à
l'issue d'une formation à la direction de groupe.
Cette formation a porté sur la manière de diriger un
groupe démocratiquement et de prendre des décisions
collectives, de régler les conflits, etc. Le groupe se
réunit une fois par mois pour suivre des cours sur la
santé en matière de procréation, aborder certains
problèmes de santé et participer à diverses activités
(tissage, tricotage, confection de pommades et de
pots de terre, etc.). La vente des produits de ces
activités permet au groupe de se procurer des
recettes. Le groupe a élaboré un programme de santé
en matière de procréation qui est exécuté par des
volontaires et il fournit des médicaments essentiels
pour le traitement de problèmes de santé en matière
de procréation et des problèmes de santé mineurs
ainsi que du matériel de planification familiale non
clinique qui est utilisé dans le cadre de soins de santé
primaires. Il dispense ses services aux membres de
la communauté par l'intermédiaire de la pharmacie
locale, qui est particulièrement bien située
puisqu'elle se trouve dans un quartier aisément
accessible. (WHON, Nigéria)
Exemple : De nationalité américaine, artiste et
thérapeute utilisant l'expression artistique, agréée,
j'exerce depuis huit ans dans un service local de
santé mentale. En travaillant en groupe ou avec des
clients individuels, je me suis rendu compte qu'un
grand nombre des clientes du service avaient souffert
de mauvais traitements qui n'avaient pas été pris en
charge. Souvent, il n'était pas fait mention de ces
mauvais traitements dans leurs dossiers médicaux et,
lorsque c'était le cas, ils n'avaient que rarement
donné lieu à un traitement thérapeutique. Il y a
beaucoup de raisons à cela. Je suis d'accord pour
penser que la meilleure façon d'appréhender le
traitement thérapeutique et la formation est de le
faire de manière globale. Je crois aussi que le
meilleur moyen d'y parvenir consiste à s'occuper à
la fois du corps et de l'esprit et à dispenser la
formation nécessaire à l'échelle des collectivités pour
que les femmes travaillent ensemble, c'est-à-dire
s'entraident et aident d'autres femmes à s'entraider.
Après huit ans de travail en groupe avec des femmes
en qualité de participante et d'animatrice, je
considère que plus la formation et l'éducation
dispensées sont globales et concrètes, plus la
guérison est complète. Apprendre aux femmes à
s'occuper d'elles-mêmes et à faire face à leurs
problèmes en s'appuyant à la fois sur l'art, le
mouvement, la musique et l'écriture donne beaucoup
de confiance en soi. Apprendre concrètement à des
femmes à s'occuper de leur santé et de leur
alimentation en leur enseignant des techniques de
relaxation et d'examen de leur corps, le jardinage,
la cuisine et les traditions médicinales locales a des
effets plus durables que des cours traditionnels
donnés dans des salles de classe. (États-Unis)
L'organisation, les conseils entre pairs et les
activités de plaidoyer sont indispensables pour
améliorer la santé des femmes; aider les femmes
à avoir davantage confiance en elles également.
Exemple : La santé des femmes pose de gros
problèmes au Venezuela à cause de la pauvreté, qui
est endémique. De nombreuses femmes n'ont pas les
moyens de se faire soigner et d'acheter des
médicaments et n'ont pas accès aux hôpitaux ni aux
dispensaires. Notre organisation a organisé des
séminaires sur la prévention parce qu'elle considère
que la prévention, c'est-à-dire l'éducation, est
indispensable pour résoudre de nombreux problèmes.
Dans le cadre de ces séminaires, nous enseignons
dans les écoles, les universités et les collectivités
locales les moyens d'éviter les grossesses précoces,
de se protéger contre le VIH/sida et d'éviter de
commencer à fumer. Nous dispensons également une
aide psychiatrique et apprenons aux femmes à avoir
davantage confiance en elles. (Venezuela)
Permettre aux femmes de prendre leur santé en
main et d'affirmer leur droit de participer à la
conception des services de santé est un facteur de
réussite important.
Exemple : Nous essayons de mettre au point un
système de soins de santé alternatif dont la gestion
sera confiée à une fédération de groupes de femmes
locaux. Il s'agit d'une entreprise difficile et de longue
haleine car il n'est guère aisé de donner confiance
en soi et de redonner confiance dans les autres aux
femmes désavantagées, partout soumises à la
violence, à l'oppression et à l'exploitation. Par
ailleurs, notre organisation milite pour que les
groupes de femmes participent à la prise de décisions
et au contrôle de gestion. Elle est fermement
convaincue en effet qu'il n'est pas acceptable de
priver les femmes de leurs droits sous prétexte
qu'elles ne sont pas en mesure de les exercer et qu'il
faut au contraire leur permettre de les affirmer. Tous
ces efforts, à quelques exceptions près, visent à
sensibiliser les esprits et à fournir des services aux
personnes qui sont déjà quelque peu conscientes de
leurs problèmes et ont accès à ces services. (Népal)
Exemple : L'OMS ayant averti que l'Inde avait
atteint un stade endémique en ce qui concerne le
VIH/sida, de nombreux programmes ont été élaborés
à l'intention des travailleurs sexuels. Pour diverses
raisons, la plupart de ces programmes n'ont pas été
très probants mais là où les travailleurs sexuels eux-mêmes ont été étroitement associés aux travaux, les
résultats ont été nettement meilleurs. Il est
intéressant de noter que le programme concernant
le VIH/sida s'intéresse maintenant de près à
l'autonomisation des femmes. Celles-ci ont leurs
propres organisations, qui recrutent des adhérentes
un peu partout dans le pays et dont les représentantes
ont participé à des conférences internationales. Elles
ont leurs propres coopératives, qui leur permettent
d'acheter moins cher que chez les commerçants, et
elles ont organisé par leurs propres moyens, à
l'échelle nationale, des conférences à l'occasion
desquelles elles ont exigé que leurs problèmes soient
pris en compte dans le Code du travail. (Inde)
L'intérêt manifesté par les gouvernements pour
la santé des femmes et l'importance du
financement des mesures arrêtées dans ce domaine
constituent un indicateur important - mais non
unique - de l'accès des femmes aux services de
santé et de la qualité de ces services.
Exemple : Au Cambodge, le plan stratégique
quinquennal fait de la santé en matière de
procréation une priorité. Mais le secteur de la santé
doit actuellement faire face à plusieurs problèmes.
Les crédits budgétaires alloués au Ministère de la
santé, au Ministère des affaires des femmes (0,095
% en 1999) et au Ministère du développement rural
sont très faibles comparés à ceux alloués au
Ministère de la défense nationale (22,07 % en 1999)
et ne constituent qu'une part infime de l'enveloppe
totale. Il y a davantage de travailleurs médicaux dans
les villes que dans les campagnes. La plupart des
services sanitaires fonctionnent au niveau des
provinces et des districts, mais les dispensaires des
communes et des villages manquent des moyens
matériels et financiers suffisants pour se développer.
Grâce à des services mobiles de formation à la santé
en matière de procréation, un certain nombre de
villageoises savent désormais qu'il faut qu'elles
consultent dans les centres sanitaires et se fassent
examiner par des travailleurs médicaux, mais les
soigner pose de gros problèmes dans la mesure où
les centres sanitaires manquent de fournitures
médicales. Enfin, il y a davantage de travailleurs
médicaux masculins que féminins dans le pays (dans
la société cambodgienne, les familles privilégient
l'éducation des garçons par rapport à celle des filles,
les femmes étant censées s'occuper de la maison et
les hommes des activités sociales). (Agence australienne de développement international, Cambodge)
Une approche fondée sur les droits peut être
efficace en ce qui concerne non seulement la santé
des femmes en matière de procréation et l'hygiène
sexuelle mais aussi leur santé en général.
Exemple : La plupart des gouvernements n'ont pas
de politiques spécifiques pour protéger les droits des
travailleurs migrants en matière de santé. La législation sur le travail n'est pas appliquée, les accords
internationaux pertinents sont violés et aucune
initiative, telle qu'une campagne de prévention des
maladies sexuellement transmissibles, par exemple,
n'est prise pour apprendre aux populations
migrantes à protéger leur santé. De plus, un grand
nombre de politiques gouvernementales nuisent à la
santé et au bien-être des migrants. En Malaisie, par
exemple dans les hôpitaux publics, les travailleurs
migrants versent des honoraires très élevés mais ne
bénéficient que d'un traitement de troisième classe
et ils ne sont couverts par aucune assurance maladie,
sauf en cas d'accident, notamment du travail.
CARAM (Coordination of Action Research on AIDS
and Mobility)-Asie est un réseau d'ONG présentes
dans sept pays d'Asie. Ces ONG utilisent la méthode
de la recherche par l'action pour réunir les
informations dont elles ont besoin afin de réduire la
vulnérabilité des migrants concernant le VIH/sida en
concevant des interventions appropriées et protéger
leurs droits fondamentaux et leurs droits en matière
de santé en élaborant des instruments de plaidoyer
en leur faveur. (CARAM, Malaisie)
4. Programme d'action permettant d'assurer
et de promouvoir la santé des femmes
Améliorer et développer l'éducation et la formation
des soignants de manière à accroître leurs connaissances et leurs compétences.
Lutter contre la pauvreté et favoriser l'indépendance
économique des femmes, condition indispensable à
l'amélioration de leur santé.
Demander aux gouvernements d'adopter des
politiques qui garantissent le droit à la maternité et
obligent les pères à prendre leurs responsabilités.
Faciliter l'accès aux soins de santé de ceux qu'il est
difficile d'atteindre en mettant en place des services,
des cours et des formations qui tiennent compte des
différences culturelles.
Dépasser le modèle médical en vue d'adopter des
approches globales en matière de soins de santé.
Les conseils et la formation entre pairs constituent un
élément indispensable de l'action sanitaire, en
particulier dans les zones reculées.
Regrouper les activités d'organisation, de mise en
réseau et de plaidoyer dans des programmes de santé
qui permettent aux femmes de prendre leur santé en
main et d'affirmer leurs droits.
Redoubler d'efforts pour que les gouvernements
s'engagent à prendre et à financer les mesures
nécessaires pour assurer la santé des femmes (volonté
politique).
Adopter une approche fondée sur les droits (en
s'appuyant sur la Convention sur l'élimination de
toutes les formes de discrimination envers les
femmes, notamment) lorsqu'il s'agit de promouvoir
non seulement la santé des femmes en matière de
procréation et l'hygiène sexuelle mais aussi leur santé
en général.
Engager aussi bien les groupes d'hommes que les
groupes de femmes dans l'action entreprise; faire en
sorte que les messages de base soient clairs, simples
et concrets; travailler non seulement au niveau des
collectivités mais aussi des organes de décision, sans
laisser de côté les cadres moyens, qui devraient être
encouragés à prendre des responsabilités pour
appliquer les mesures arrêtées.
Évaluer les progrès réalisés concernant l'égalité entre
les sexes dans le domaine de la santé en se servant
d'indicateurs de base tels que les taux d'utilisation
des moyens de contraception, les taux d'utilisation
des différentes méthodes de contraception et les taux
de maladies sexuellement transmissibles, notamment.
Expliquer et faire reconnaître le rapport direct qui
existe entre les questions sociales et
environnementales et la santé des femmes.
D. La violence à l'égard des femmes
Il est précisé à la section D du Programme d'action
que la violence à l'égard des femmes et des petites filles fait
obstacle à la réalisation des objectifs de développement,
d'égalité et de paix, et qu'elle entrave la vie des femmes
dans toutes ses dimensions. À l'instar de la Déclaration de
1993 sur la violence à l'égard des femmes, le Programme
d'action donne à la notion de violence une acception très
large, qui recouvre tout acte ou menace d'acte causant un
préjudice physique, sexuel ou psychologique. Le droit de
ne pas subir de violence fait partie des droits fondamentaux.
Le débat qui s'est engagé a révélé l'ampleur du phénomène
dans toutes les sociétés et suscite une prise de conscience
croissante. Grâce en grande partie au dynamisme des
associations et aux victoires déjà remportées, on commence
à s'apercevoir que cette violence n'est pas une fatalité. De
nombreuses stratégies ont été proposées lors des
discussions du groupe de travail pour l'élimination de la
violence à l'égard des femmes(6). Elles concernent
notamment les changements législatifs, la formation,
l'amélioration des statistiques et la nouvelle orientation des
services.
1. Obstacles rencontrés
Absence de statistiques sur la prévalence, la nature
et le coût de la violence.
Caractère ouvertement discriminatoire des lois.
Non-application des lois en vigueur.
Absence de protection des femmes et des petites filles
victimes de violences.
Impunité des agresseurs.
Refus persistant de faire de la violence à l'égard des
femmes et des petites filles une priorité nationale,
même dans les pays où les lois sont très strictes dans
ce domaine.
Subordination économique, sociale et politique des
femmes, d'où une méconnaissance par ces dernières
de leurs droits et des aides auxquelles elles peuvent
prétendre.
2. Idée-force
Changer les lois ne suffit pas.
Le thème de la réforme législative, de l'action
militante devant les tribunaux et autres stratégies d'ordre
juridique a donné lieu à des débats passionnés. Les
membres du groupe de travail ont fait remarquer que, dans
beaucoup de pays, la violence à l'égard des femmes était
encore tolérée par la loi. À cet égard, l'introduction dans
le droit interne de dispositions réprimant le viol conjugal,
la violence familiale, le crime dit d'honneur et autres
sévices a été saluée comme un immense pas dans la bonne
direction.
Pourtant, le débat sur les voies de recours légales a
également révélé que la réforme législative était une
question complexe dont l'analyse devait s'inscrire dans une
démarche plus large et plus systématique. De nombreux
membres ont fait remarquer qu'en règle générale il ne
suffisait pas de changer la loi pour éliminer la violence à
l'égard des femmes, car la loi ne fait pas disparaître les
idées fausses qui entourent le phénomène et le fait que de
nombreuses femmes ne connaissent même pas leurs droits
fondamentaux au titre des lois en vigueur. En Inde, on a
légiféré à qui mieux mieux, mais on n'a pas réussi pour
autant à faire cesser les violences contre les femmes, a
écrit un membre indien. De plus, certains membres se sont
inquiétés des nombreux dysfonctionnements de la justice
(en raison le plus souvent d'un manque de ressources), qui
font que les affaires de viol et de mauvais traitements sont
traitées de manière très inégale par les tribunaux
(Campagne multimédias sur la violence à l'égard des
femmes et des enfants). D'autres ont noté que la corruption
qui sévissait dans de nombreux pays entravait la bonne
administration de la justice. Il a par ailleurs été signalé que
certaines réformes législatives avaient fait reculer la cause
des femmes, et qu'elles devaient donc être combattues.
L'un des exemples cités a été celui de l'Orégon, où la
plupart des actes de violence conjugale sont considérés
comme de simples délits, et ne deviennent des infractions
pénales que s'ils sont commis sous les yeux d'un enfant.
Le message n'est malheureusement que trop clair : frapper
une femme n'est pas une grande affaire, mais le faire devant
un enfant devient gravissime. (Coordonnateur de SOS
femmes battues, County de Multnomah, États-Unis)
De nombreux membres ont considéré que les
stratégies polydirectionnelles restaient les plus efficaces
: application des conventions internationales et des lois en
vigueur, réforme législative, action militante en faveur
d'une application plus stricte des lois, formation de la
police, campagnes de sensibilisation et d'information
destinées à montrer que la violence à l'égard des femmes,
sous quelque forme que ce soit, était une atteinte aux droits
fondamentaux de la personne.
3. Enseignements tirés
La lutte contre la violence passe par l'application
stricte de la loi, la répression systématique des
infractions, la formation, le suivi, et la mise à
disposition de moyens suffisants.
Exemple : L'Afrique du Sud a promulgué en 1998 une
loi très progressiste appelée Loi sur la violence
familiale. Malheureusement, les services de police
jurent leurs grands dieux qu'ils ne peuvent pas la
faire respecter. Absence de formation, manquent
d'infrastructures, etc. - tous les prétextes leur sont
bons. L'application de notre magnifique législation
va donc exiger un changement complet de mentalité!
(Women's Support Centre de Masimanyane et KZN
Network on Violence against Women, Afrique du Sud)
Exemple : Le Gouvernement tadjik a adopté un plan
d'action national d'amélioration de la condition de
la femme. Ce plan de sept ans (1998-2005) prévoit
l'interdiction de la violence dans tous les domaines,
l'établissement de statistiques précises sur la
question, une action de concertation avec les centres
d'aide aux femmes battues et la définition de
sanctions pénales réprimant la violence. Mais il n'y
a aucun budget pour ouvrir des centres d'aide et
d'hébergement pouvant recevoir les victimes de
violence, pour former des travailleurs sociaux et pour
équiper les hôpitaux publics. (Khujand Women's
Center, Tadjikistan)
La justice, les services sociaux et les organisations
non gouvernementales doivent collaborer pour
intensifier la lutte contre la violence.
Exemple : À Maurice, nous avons pris des mesures
judiciaires, administratives et sociales contre la
violence. La loi sur à la protection contre les
violences familiales a été adoptée en 1997 et nous
avons créé un service d'aide ouvert 24 heures sur 24,
des permanences téléphoniques et des antennes
décentralisées. La police, les hôpitaux et les services
de probation travaillent en coordination. Les centres
de consultation familiale s'efforcent de venir en aide
aux couples en difficulté. Des campagnes
d'information sur les droits de l'homme ont été
lancées, y compris sur les lieux de travail. Les médias
se sont largement mobilisés pour faire passer notre
message. Nous préparons une vaste enquête sur la
violence familiale, ce qui nous permettra de mieux
connaître le profil des conjoints violents et de lancer
des campagnes à leur intention. (Ministère de la
condition de la femme, Maurice)
Exemple : Nous collaborons actuellement avec les
pouvoirs publics, qui viennent de mettre en place un
comité national de prévention de la violence
familiale. C'est pour nous une grande victoire, car
cela signifie que le Gouvernement reconnaît et
soutient notre action, qu'il va nous aider à consolider
notre réseau et à travailler plus efficacement. Après
des années d'indifférence de la part des autorités
mexicaines, nous allons enfin pouvoir vraiment aller
de l'avant. (Alternativas Pacificas, ONG de Nuevo
Leone, Mexique)
Exemple : Les comités locaux de coordination qui se
sont créés en Colombie-Britannique s'avèrent
extrêmement utiles et efficaces : ils appuient l'effort
de sensibilisation, renforcent la confiance entre
prestataires de service, militants et les institutions,
se mobilisent pour faire tomber les barrières qui
entravent l'action contre la violence, et trouvent des
solutions et des initiatives novatrices qui se
traduisent par de véritables changements dans les
collectivités locales. (Victims Services Division,
Ministère de la justice de Colombie-Britannique,
Canada)
Il faut définir des indicateurs communs et faire les
études statistiques correspondantes pour
déterminer la prévalence réelle de la violence et les
montants que l'État consacre à la lutte contre ce
fléau.
Exemple : En Afrique du Sud, les plaintes des femmes
battues sont classées par la police dans la même
catégorie que toutes les autres affaires d'agression,
sauf s'il agit d'un acte à caractère sexuel. Il est donc
impossible d'obtenir des statistiques sur le nombre
total de violences commises contre des femmes. La
police prétend que les formulaires de déclaration et
d'enregistrement des plaintes sont standard et qu'il
est difficile de les modifier. (South African Medical
Research Council, Afrique du Sud)
Exemple : Le Canada a mis au point une grille
applicable à tous les actes de violence familiale, qu'il
s'agisse de violation de domicile, de harcèlement,
etc. Il a fallu plusieurs années de rodage du système
pour que les données statistiques puissent être
considérées comme fiables, mais avec l'habitude et
à force de persévérance, c'est aujourd'hui chose
faite. (Victim Services Division, Ministère de la
justice de Colombie-Britannique, Canada)
Les mesures et programmes doivent refléter le fait
que la violence pose toute une série d'autres
problèmes, notamment ceux qui ont trait à la santé
et au statut économique des femmes.
Exemple : Nous avons constaté que l'impossibilité de
trouver des garderies peu onéreuses constitue
souvent un obstacle majeur pour la plupart des ex-femmes battues qui essaient de trouver un emploi et
de le conserver. De plus, beaucoup de ces femmes
continuent à être poursuivies et harcelées sans
relâche par leur agresseur, ce qui les oblige parfois
à quitter leur emploi. La rigidité des horaires de
travail les empêche de trouver le temps nécessaire
pour témoigner devant les juges, de consulter les
services d'aide sociale ou de chercher un logement.
Et pourtant, ces facteurs ne sont pas pris en compte
dans les législations et les politiques nationales et
locales. (Center for Effective Public Policy, États-Unis)
Exemple : Si les victimes de violences conjugales
bénéficient en général de soins physiques adéquats,
les équipes soignantes n'ont pas toujours conscience
des nombreuses autres séquelles laissées par les
mauvais traitements - complications obstétriques,
désordres gastro-intestinaux, dépression, etc. En
1998, le département de la santé du Queensland a
reçu un budget de 1 million de dollars pour des
programmes d'aide psychosociale en faveur des
femmes victimes de violences familiales. Nous avons
laissé des questionnaires dans les centres de
consultation prénatale et les services d'urgence de
cinq hôpitaux pour déterminer la prévalence de la
violence. Les femmes ont répondu massivement à
notre appel. Douze mois après le début de notre
enquête, 97 pour cent des 1 174 femmes qui avaient
répondu au questionnaire (et dont 8 à 12 pour cent
avaient déclaré avoir subi des violences) nous ont dit
que le projet était une excellente initiative.
(Département de la santé du Queensland, Australie)
La violence coûte cher aux employeurs; la
formation peut être un facteur d'économie.
Exemple : L'État du Maryland (États-Unis) exige
maintenant que ses 60 000 fonctionnaires suivent des
séminaires consacrés aux effets de la violence
familiale sur la productivité. Le gouverneur a signé
le décret instituant ces cours de formation après
qu'une enquête du Bureau des affaires nationales eut
révélé que l'absentéisme, les soins médicaux
supplémentaires et la baisse de productivité liés à la
violence familiale représentaient une perte d'environ
5 milliards de dollars par an pour les employeurs. Le
cadre de la fonction publique qui découvre que tel ou
tel membre de son service subit des violences dans
son milieu familial peut désormais le référer à la
cellule gouvernementale d'aide aux fonctionnaires.
La victime elle-même peut appeler la police en cas
de menace immédiate, prendre un congé, ou faire
déposer son chèque de paie sur un autre compte
bancaire. L'État encourage par ailleurs les
employeurs du secteur privé à avoir des programmes
similaires. (Community Well, Research and
Evaluation Inc., États-Unis)
La démarginalisation et la promotion des femmes
exigent une meilleure diffusion de l'information
sur les droits des femmes et des modèles législatifs
les plus favorables.
Exemple : Les Nigérianes qui perdent leur mari
doivent se plier à toute une série de rites
déshumanisants et dangereux - boire l'eau qui a
servi à laver le cadavre du défunt, s'isoler du monde,
etc. De plus, elles n'ont droit à aucun héritage. Nous
avons organisé plusieurs ateliers et des débats à la
radio et à la télévision, édité des livres et des affiches
sur cette question. Cet effort n'a pas été inutile,
puisque les veuves sont maintenant plus nombreuses
à s'adresser aux centres d'assistance judiciaire et
qu'elles commencent à créer des associations.
(Fédération internationale des avocates, Nigéria)
Exemple : L'information juridique consultable sur
Internet intéresse essentiellement les pays développés
et les exposés (par exemple de lois types) sont
souvent trop peu détaillés pour être utiles au
législateur. Nous avons découvert que signaler des
précédents judiciaires précis en provenance d'autres
pays en développement était un excellent outil de
mobilisation. Il serait utile de faire l'inventaire de
toutes les lois promulguées dans les différents pays
pour réprimer le viol et la violence familiale, en
indiquant dans chaque cas leur degré d'application.
Ces données pourraient peut-être être centralisées
par l'ONU. (Windhoek Legal Assistance Center,
Namibie)
4. Programme d'action
Adopter la Déclaration de Beijing et la définition de
la violence à l'égard des femmes qui figure dans le
programme d'action; élaborer des politiques
nationales prohibant la violence sous toutes ses
formes et où qu'elle se produise - dans la famille, au
travail ou dans la collectivité.
Mieux sensibiliser l'ensemble du personnel judiciaire
au phénomène de la violence à l'égard des femmes
afin de favoriser une action plus concertée face à ce
phénomène.
Encourager les hommes à se mobiliser et à s'engager
dans la lutte contre la violence.
Améliorer les services médico-sociaux d'aide aux
victimes de la violence et nouer des liens plus étroits
avec des services sociaux essentiels tels que les
services d'aide à l'enfance et la formation
professionnelle.
Ouvrir des centres d'urgence à guichet unique où
les victimes trouveront sous un même toit tous les
services coordonnés nécessaires, l'aide d'autres
grands acteurs de la lutte contre la violence comme
la police, et pourront bénéficier de services de
recherche de témoignages, puis évaluer l'efficacité
de ces dispositifs.
Rallier les administrations, la société civile, les
institutions de recherche et le secteur privé autour des
stratégies d'élimination de la violence les plus
efficaces.
Ratifier la Convention sur l'élimination de toutes les
formes de violence à l'égard des femmes et son
Protocole facultatif, ou y accéder; encourager
l'application de cet instrument dans les juridictions
nationales et locales.
Mettre au point des indicateurs communs et établir les
statistiques de la violence à l'égard des femmes afin
de déterminer avec précision l'ampleur du phénomène
et notamment d'en calculer le coût; ces données
serviront à définir les politiques gouvernementales,
à mobiliser les ressources nécessaires et à stimuler le
débat public.
Exiger que les policiers et les personnels judiciaires
rendent compte de ce qu'ils font pour lutter contre la
violence à l'égard des femmes, et assortir cette
exigence de mesures incitatives (promotions) ou
dissuasives (blâmes).
S'attaquer plus résolument dans les politiques, les
lois et les programmes à l'une des causes profondes
de la traite des femmes et des petites filles, à savoir
la pauvreté.
Soutenir les associations de femmes et autres groupes
de la société civile qui mènent une action novatrice
contre la violence et/ou qui réparent une lacune
importante dans les services aux victimes.
Trouver une solution pour associer les hommes à
l'action contre la violence sans pour autant priver les
femmes des ressources dont elles disposent.
Soutenir la recherche sur les causes profondes de la
violence masculine.
Mettre au point des programmes pédagogiques pour
mettre en exergue le caractère intolérable de la
violence à l'égard des femmes et promouvoir une
action efficace d'élimination du fléau, et les diffuser
par l'intermédiaire des médias et des écoles et par
d'autres voies.
Bâtir une base de données documentaires
universellement accessibles sur l'élimination de la
violence à l'égard des femmes, et y inclure les
directives, lois-type, modules de formation,
procédures de documentation, et autres matériels
importants.
Améliorer l'application et le suivi des nouvelles lois,
des législations en vigueur et des conventions
internationales afin d'éliminer la violence à l'égard
des femmes.
Traiter toutes les formes de violence à l'égard des
femmes (dont le viol, le crime d'honneur, etc.)
comme des infractions pénales.
E. Les femmes et les conflits armés
Le groupe de travail en ligne sur les femmes et les
conflits armés(7) s'est proposé de réfléchir aux moyens de
mieux protéger les femmes et les filles en situation de
conflit armé ainsi qu'au rôle joué par les femmes dans la
prévention des conflits, la reconstruction après les conflits
et la consolidation de la paix. Il a axé ses travaux sur les
trois thèmes suivants : l'impunité qui couvre les crimes
commis à l'encontre des femmes et les moyens d'y mettre
fin, la protection et la participation des réfugiés et des
personnes déplacées, et le rôle des femmes dans la
démilitarisation et la réduction du commerce des armes. Les
participants se sont tout particulièrement intéressés à la
question des viols perpétrés en temps de guerre et aux
stratégies garantissant que les responsables seront
poursuivis. La prévention des conflits a également suscité
beaucoup d'intérêt. Les participants ont débattu des
dimensions sexospécifiques de la violence, du militarisme
et de la paix. Ils ont également estimé qu'il fallait définir
la sécurité en termes de santé, ou en termes humains, et non
plus en termes militaires.
1. Obstacles rencontrés
Le recours de plus en plus fréquent à des stratégies
de viol et d'imprégnation dans des situations de
conflit armé.
Les difficultés qui continuent de s'opposer à ce que
les responsables de viols et crimes de guerre à
l'encontre des femmes soient poursuivis en justice.
La persistance des préjugés, de l'opprobre et de la
honte qui entourent le viol, même en situation de
conflit, empêche les efforts menés pour recenser ces
crimes et en poursuivre les responsables d'aboutir.
Le fait que l'État entérine dans bien des cas les
violences commises par la police et d'autres forces
de sécurité à l'encontre de certains groupes ethniques
et des femmes.
L'absence de femmes dotées de pouvoirs dans les
négociations pour la paix.
La persistance d'une culture militariste qui privilégie
les conflits et exclut les femmes de la consolidation
de la paix et de l'action politique.
L'absence d'accompagnement psychologique ou
émotionnel dans les méthodes utilisées par les
organisations internationales ou les médias pour
recenser ou enregistrer les crimes sexuels.
Les représailles exercées à l'encontre des femmes
dans lesquelles l'État voit des avocates des droits de
l'homme.
La négligence à l'égard des besoins des femmes
déplacées et les inégalités dans la distribution de
l'aide, les femmes se voyant attribuer une part plus
réduite.
Le fait que l'environnement physique des camps de
réfugiés et les situations de logement temporaire
suscitent des conflits.
2. Idée-force
La contribution des femmes à la violence et à la
paix.
La question de savoir si les femmes sont
intrinsèquement douées pour la paix a suscité un débat au
sein du groupe de travail. La majorité a estimé qu'il était
dangereux d'en rester aux stéréotypes de la femme
pacifique ou de la femme victime. Il est apparu clairement
que dans le domaine de la consolidation de la paix, les
priorités des femmes ne sont pas les mêmes que celles des
hommes, les femmes s'attachant plus à des questions de
survie. Certains participants ont noté qu'en matière de
consolidation de la paix, les femmes ont de gros points
forts : elles sont particulièrement compatissantes parce
qu'elles ont souvent été elles-mêmes victimes de
discriminations. De même, parce que leur place dans le
système politique est moins solide que celle des hommes,
elles ont plus souvent tendance à rechercher la paix.
Souvent les premières victimes des conflits, elles en
ressentent directement les effets sur leur famille, ce qui leur
donne tendance à oeuvrer pour la paix, ou au contraire à
communiquer la haine que leur inspirent les atrocités
perpétrées.
Par ailleurs, les femmes sont souvent impliquées dans
des situations de conflit et de violence, avec des résultats
divers. Un membre du groupe a noté qu'en Érythrée, 35 %
des combattants avaient été des femmes, ce qui avait
contribué à émanciper beaucoup d'entre elles après le
conflit. D'après ce membre : Le rôle [joué par les femmes]
pendant les 30 ans qu'a duré la guerre d'indépendance, [...]
a rendu la société plus équitable. Un autre membre a
signalé que les hypothèses des milieux de l'aide
humanitaire, qui voyaient dans les femmes des victimes
innocentes - et non les auteurs d'éventuelles d'atrocités -
avaient prolongé le conflit dans les camps de réfugiés
rwandais. Dans l'ensemble, les membres du groupe ont
souligné, d'une part, l'importance du concept de virilité
dans la création de cultures militaristes et, d'autre part, la
logique sexospécifique des conflits et de la violence. L'un
d'entre eux a résumé le débat en ces termes : Comment
nous, militants et théoriciens des aspects sexospécifiques
des conflits, pouvons-nous influencer ceux qui
interviennent dans des situations de conflit armé de façon
à ce que leurs programmes reflètent une vision plus nuancée
des rôles respectifs des hommes et des femmes, et qu'ils ne
se contentent pas de plaquer un schéma préconçu sur les
femmes?
3. Enseignements tirés
On peut accomplir des progrès significatifs en
élargissant les définitions des crimes de guerre aux
violences sexuelles commises à l'encontre des
femmes, ce qui permet de poursuivre plus
facilement les personnes présumées responsables
de ces crimes.
Exemple : Le Tribunal international pour
l'ex-Yougoslavie et le Tribunal pénal international
pour le Rwanda ont considérablement avancé, non
seulement parce qu'ils ont instruit ces crimes, mais
aussi parce qu'ils en ont élargi la qualification,
faisant du viol et des autres formes de violence
sexuelle des instruments de génocide, des crimes
contre l'humanité, une violation de l'article 3
commun [aux Conventions de Genève], des violations
des lois ou coutumes de la guerre, des actes de
torture et des infractions graves. Il faut espérer que
ces violences seront également bientôt associées à
une réduction en esclavage. Le Statut de la Cour
pénale internationale permet également de
poursuivre plus facilement les personnes présumées
responsables de crimes commis exclusivement à
l'encontre des femmes, ou dont ces dernières sont les
principales victimes, puisqu'il prévoit des poursuites
à l'encontre des personnes présumées responsables
de viol, d'esclavage sexuel, de prostitution forcée, de
grossesse forcée, de stérilisation forcée ou de toute
autre forme de violence sexuelle de gravité
comparable. Il reste certes beaucoup à faire, mais les
progrès accomplis depuis 1993 sont extraordinaires.
(États-Unis)
Le viol a une incidence destructive et diffuse qui
touche plusieurs générations, surtout lorsque les
conflits sont déguisés ou non avoués.
Exemple : Tout d'abord, lorsque le conflit lui-même
est déguisé ou non avoué, il est rare que le viol soit
présenté comme une arme politique. Ensuite, les
victimes ne peuvent attendre ni soulagement ni
amélioration des choses : elles ne peuvent que se
débattre indéfiniment dans une situation dont tout le
monde craint qu'elle n'empire. En dernier lieu, les
victimes doivent adopter un masque de normalité
pour faire face des années durant à un conflit dans
le cadre duquel, leur viol étant juste une atrocité
parmi d'autres, elles ne peuvent le vivre comme
quelque chose de normal. Et bien entendu aucun
recours, aucune réadaptation et aucun traitement ne
sont disponibles. (Inde)
Redéfinir la violence en termes de santé publique
et de prévention des blessures, plutôt qu'en
termes policiers peut ouvrir de nouvelles
possibilités d'action juridique ou législative.
Exemple : En Australie, l'organisation pour laquelle
je travaille axe ses activités concernant les violences
infligées avec des armes à feu, non plus sur le
maintien de l'ordre conçu uniquement en termes de
conflits, mais sur la prévention des blessures,
envisagée dans le contexte général de la santé. Ainsi,
l'attention qui était accordée à la période
d'après-guerre ou d'après-conflit est-elle reportée
sur la période d'avant-guerre, ou sur la prévention
des blessures. Cette démarche se fonde sur la Charte
d'Ottawa, selon laquelle tous les êtres humains ont
droit au bien-être physique, mental et social.
Appliquée à la question du contrôle des armes à feu,
elle met l'accent sur les transferts d'armes, les lois
nationales concernant les armes à feu, la fabrication
d'armes, les moyens de faire évoluer les mentalités,
etc. (Australie)
Les femmes réagissent souvent différemment des
hommes aux situations de conflit et de
consolidation de la paix.
Exemple : Paradoxalement, en situation de guerre ou
de conflit, les femmes nourrissent parfois plus de
haine que les hommes car elles voient leurs enfants
et les êtres dont elles s'occupent se faire blesser ou
tuer. Il arrive hélas souvent qu'en réprimant cette
colère par acculturation, elles la transmettent à la
génération suivante par leur attitude et par
l'éducation qu'elles donnent. Je pense qu'il est temps
que nous réfléchissions sérieusement à la façon dont
les femmes réagissent vraiment en cas de conflits, à
ce que nous devons faire pour nous-mêmes, et au fait
que le mouvement féministe a repris certaines
agressions patriarcales sous prétexte de parvenir à
l'égalité entre les sexes. A Manipur, les femmes sont
utilisées pour symboliser les initiatives pacifiques et
l'on a souvent recours à elles au stade des
négociations, mais cela a des conséquences
complexes. Tout d'abord, elles deviennent des cibles
en raison de leur rôle. Ensuite, les femmes sont certes
très majoritaires dans les activités concernant les
problèmes de survie et dans le mouvement de défense
des droits fondamentaux, mais elles ne peuvent
probablement influencer les décisions politiques,
voire même y participer, que de manière minime.
(Inde)
Exemple : Parce que les femmes ont souvent la
responsabilité de la survie au jour le jour, que ce soit
en temps de guerre ou en temps de paix, elles sont
sensibles à ce que l'on appelle parfois la violence
structurelle, c'est à dire la violence liée à
l'exploitation, à l'inégalité et à la pauvreté, et pas
seulement à la violence physique évidente de la
guerre. Elles établissent souvent un lien entre les
deux dans des projets pratiques axés sur la survie.
Par exemple, les remarquables activités
intercommunautaires des centres de femmes de
Belfast sont possibles parce que les femmes des
quartiers défavorisés des deux parties au conflit ont
les mêmes besoins. (Royaume-Uni)
Apporter une aide humanitaire aux femmes en
situation de crise ne suffit pas; il faut dispenser
une formation à la défense des droits
fondamentaux des femmes.
Exemple : Après le tremblement de terre de 1988 en
Arménie, j'ai commencé à travailler avec la Croix-Rouge géorgienne. En avril 1989, nous avons créé le
Centre de sauvetage Santeli et participé à de
nombreuses actions dont le but était de sauver des
vies dans la région transcaucasienne. Toutefois,
lorsque les sauveteurs de Santeli se sont mis à
travailler en situation de crise (1991-1994), ils ne
connaissaient rien au processus de défense des droits
fondamentaux des femmes. Il fallait certes apporter
une aide humanitaire mais aussi mener des enquêtes,
rassembler des preuves (procéder à des entretiens),
analyser les faits, et faire des recommandations en
vue de la création d'une stratégie de protection des
droits fondamentaux des femmes. Nous voulons
apprendre aux femmes appartenant à des groupes à
risques (personnes déplacées et population vivant
aux frontières de l'Abkhazie) à défendre leurs droits,
les préparer au comportement à adopter dans des
situations extraordinaires et étudier la situation de
la région de Gali en menant des enquêtes et en
rassemblant des preuves. (Géorgie)
Les activités communautaires de consolidation de
la paix peuvent réussir là où des négociations
officielles ont échoué, et elles peuvent servir de
modèle pour les processus officiels.
Exemple : Bien que l'environnement n'ait pas été
propice à une participation plus active des
Angolaises au processus de paix, des organisations
féminines populaires ont proposé un certain nombre
d'initiatives de consolidation de la paix qui ont
bénéficié de l'appui du Gouvernement angolais, par
le biais du Ministère de la famille et de la promotion
de la femme ainsi que des chefs d'Églises. Notre
organisation est le fruit de certaines de ces initiatives
et elle a les buts suivants : i) créer un réseau de
communication pour l'échange d'informations et
d'expériences sur les aspects sexospécifiques du
développement; ii) exercer des pressions sur le
Gouvernement pour faire progresser la cause des
femmes; iii) donner aux femmes les moyens de faire
face au problème de l'inégalité des sexes; et
iv) dispenser une formation aux organismes
membres. Notre organisation a été créée surtout
parce que les femmes réalisent qu'il faut agir pour
faire évoluer les mentalités et les comportements
masculins tout autant que féminins face à la
reconstruction et au développement du pays.
(Angola)
Exemple : Les activités auxquelles participent les deux
communautés chypriotes datent des années 1990.
Lorsque nous avons commencé, nous étions 10
membres de la communauté chypriote grecque et 10
membres de la communauté chypriote turque à nous
réunir à la frontière, dans un no man's land appelé la
ligne verte qui divise Chypre en deux. Trois mille
personnes en sont vite venues à assister à nos
réunions, ce qui a alarmé les autorités. Nous
apportions en effet la preuve que les Chypriotes turcs
et les Chypriotes grecs pouvaient se rencontrer et se
comprendre. Or, la doctrine officielle était que nous
ne pourrions jamais revivre ensemble. Dès le début,
les femmes ont beaucoup participé aux groupes
pacifistes bicommunautaires. J'ai créé le groupe des
femmes des deux communautés. Il s'est réuni pendant
plus d'une année, jusqu'au moment où il en a été
empêché. Les réunions des groupes de femmes ont été
arrêtées avant celles des autres. Pourquoi cela? Je
pense que les femmes étaient plus inquiétantes pour les
autorités que les groupes mixtes. (Chypre)
Venir à la table des négociations en tant
qu'individus, éviter les positions politiques
rigides, constituer des réseaux et des comités
populaires de femmes sont autant de bonnes
stratégies de consolidation de la paix au niveau des
communautés.
Exemple : Je voudrais vous parler de certaines
méthodes et stratégies utilisées par les groupes de
femmes à Chypre. En ce qui concerne la constitution
des groupes, nous obtenons d'emblée des
participantes qu'elles acceptent de ne représenter
qu'elles-mêmes, à titre individuel, et non des ONG
ou tout autre organisme. Elles doivent également
s'engager à éviter les généralisations et à ne parler
qu'en leur nom, à la première personne du singulier
(Je) plutôt qu'à la première personne du pluriel
(Nous). Nous demandons également d'emblée aux
participantes d'adhérer au principe selon lequel nous
sommes là pour exprimer et comprendre des
besoins plutôt que pour imposer des positions
politiques. Au début, les femmes ont des attitudes
complètement opposées, en fonction de leur
appartenance ethnique, et elles sont choquées
d'entendre les femmes de l'autre groupe parler si
différemment. Nous leur donnons l'occasion de
raconter les moments les plus traumatiques de leur
vécu. À ce moment, deux groupes séparés
commencent à se fondre. Le groupe n'a pas de
structure, pas de chef, pas de hiérarchie, et tout le
monde se sent traité sur un pied d'égalité. Tout au
long de ce processus, les femmes regardent au fond
d'elles. Le changement vient de l'intérieur, et non de
l'extérieur. (Chypre)
Il est indispensable d'offrir aux femmes des
opportunités économiques pendant les périodes de
reconstruction qui suivent les conflits.
Exemple : Au Rwanda, les Comités de femmes sont
des structures populaires composées de 10 membres
élus lors d'élections exclusivement féminines pour
représenter les femmes à tous les échelons de l'État.
Les bailleurs de fonds et les ONG en ont déjà fait un
canal de transmission de leur aide au développement.
Le Gouvernement a chargé chaque comité de créer,
d'alimenter et de gérer des Fonds communaux pour
les femmes, qui en sont toujours à l'état
embryonnaire. Ils ont pour but d'aider à démarrer
des activités économiques communales et sectorielles
tout en permettant à des femmes du peuple de se
prononcer sur des financements qui peuvent changer
leurs vies. Ceci est possible en partie grâce à des
activités de microcrédit pour lesquelles les Fonds
communaux prêtent moyennant des taux d'intérêt
minimaux de petites sommes à des femmes qui ne
pourraient obtenir de crédit par d'autres moyens. Le
programme sur les femmes et la transition a recentré
beaucoup de ses activités de façon à collaborer avec
les Comités de femmes au niveau des communes. Il
finance ainsi leurs activités et en forme et conseille
les responsables chargées des Fonds communaux.
(Rwanda)
Les organisations féminines doivent avoir une
place officielle à la table des négociations, dans le
cadre de la diplomatie préventive, des pourparlers
pour la paix et de la gestion des affaires publiques
après les conflits.
Exemple : Un groupe extraordinaire de femmes
libériennes a fondé l'Initiative des Libériennes, dans
le but d'exercer une pression populaire sur les
politiciens et les chefs de guerre. À la suite d'un
débat consacré à l'échec du processus de paix, ces
femmes ont décidé de joindre leurs voix à celles des
partisans du désarmement et de la paix. Elles
n'imaginaient pas au départ que leur organisation
avait un avenir à long terme, mais elles se sont
beaucoup impliquées dans le processus de paix au
Libéria et elles ont assuré une présence à haut niveau
dans toutes les conférences pour la paix. C'est ainsi
qu'elles ont commencé à participer au processus de
paix. Les décideurs étaient en effet impressionnés par
la ténacité et la détermination avec laquelle elles
présentaient les vues des femmes sur le processus de
paix, les femmes ayant été les premières victimes des
violences qui ont déferlé sur le Libéria. (Royaume-Uni)
Exemple : Les Burundaises ont décidé de s'organiser
et de créer des associations pour la paix et la
réconciliation. Elles ont malheureusement été exclues
de toutes les réunions convoquées par le
Gouvernement pour trouver une solution au
problème. Même les femmes qui appartenaient à des
partis ont été ignorées. Voyant qu'elles étaient
exclues de toute initiative, elles ont décidé de ne plus
compter que sur leurs propres forces. Elles ont
participé à un forum international qui leur a permis
de rencontrer d'autres femmes et de discuter avec
elles. Avec l'aide de Mme Speciose Kazibwe,
Vice-Présidente de l'Ouganda et de Mme Perry,
ex-Présidente du Libéria, elles ont pu organiser une
conférence en Ouganda, après laquelle elles ont
rencontré le Président de l'Ouganda. Celui-ci a
accepté de négocier la participation des Burundaises
aux négociations pour la paix au Burundi qui se
tiennent à Arusha. (Burundi)
Le renforcement des capacités, la formation et les
groupements de femmes sont indispensables pour
faciliter la participation des femmes à la
reconstruction de pays sortant de conflits.
Exemple : Il est crucial que les femmes participent
à la reconstruction des pays sortant de conflits si leur
voix doit nourrir le dialogue communautaire.
Lorsque nous commençons à apporter une aide à des
communautés qui sortent de conflits, nous veillons à
donner un rôle aux institutions féminines, qu'elles
soient ou non officielles. Dans le cas de la Sierra
Leone, par exemple, nous sommes en train de mettre
sur pied une formation destinée aux organismes qui
veillent à l'application de la Charte africaine des
droits de l'homme et des peuples. Elle sera dispensée
du 28 février au 10 mars 2000 et sera axée sur le
rassemblement de preuves concernant les violations
des droits fondamentaux des femmes ainsi que sur
l'action à mener sur la base de telles preuves.
(Royaume Uni)
Donner aux femmes l'occasion de partager leur
vécu aide à comprendre de vieux conflits, à
envisager une réconciliation et à demander
réparation, mais cela doit se faire de façon
respectueuse, avec l'accompagnement nécessaire.
Exemple : Des réfugiés du Timor oriental sont en
train d'arriver en Australie et la section australienne
de la Commission internationale de juristes cherche
des avocats bénévoles pour prendre les témoignages
des réfugiés et rassembler des preuves récentes en
vue de la création d'un tribunal chargé de juger des
crimes de guerre ou d'une commission interne pour
la paix et la réconciliation. Comme nous le savons
tous, c'est l'Assemblée générale des Nations Unies
qui décidera ou non de créer pour le Timor oriental
un tribunal pénal du même type que ceux qui ont été
mis en place pour l'ex-Yougoslavie et le Rwanda.
Cette décision sera donc soumise à toutes sortes
d'aléas politiques. Quoi qu'il en soit, je trouve très
intéressant de consigner l'histoire de ces femmes, du
moment que cela se fait avec délicatesse, et qu'en
sont chargés des spécialistes responsables, et non des
médias exploiteurs, l'accompagnement nécessaire
étant fourni à toutes les personnes concernées.
(Australie)
4. Programme d'action concernant les femmes et les conflits armés
Réfléchir à la création d'une assemblée permanente
chargée de la prévention des conflits, véritable
Conseil de sécurité au féminin.
Réfléchir à la question de savoir si les viols commis
à l'encontre des femmes doivent être traités
séparément des autres crimes de guerre ou entrer dans
le cadre des traités internationaux concernant ces
crimes.
Faire participer les hommes à l'action menée après
les conflits dans le domaine de la santé en matière de
procréation.
Redéfinir la sécurité en termes humains plutôt qu'en
termes militaires et la question du contrôle des armes
à feu en termes de santé publique plutôt qu'en termes
policiers.
Créer pour les personnes déplacées des zones
préventives (censées prévenir l'apparition de
conflits) dont seraient chargés des contingents de
maintien de la paix des Nations Unies.
Dépassant les stéréotypes, affiner la vision des rôles
masculins et féminins en situation de conflit armé,
aux fins de la programmation des activités.
Faire campagne contre le recours à des armes telles
que la terreur, le viol ou la torture.
Avec l'accompagnement médical et psychologique
voulu, rassembler de façon holistique et détaillée des
preuves concernant les violences sexuelles.
Élaborer un instrument international consacré aux
femmes en situation de conflit armé qui interdise le
viol et qualifie explicitement de crime toute forme de
violence sexuelle.
Nommer un rapporteur spécial des Nations Unies sur
les femmes et les conflits armés.
Effacer l'opprobre et la honte qui frappent les
victimes de viol ou d'autres crimes sexuels en
sensibilisant les femmes, les hommes, les médecins,
la société au sens large, le système judiciaire, les
familles, la police, etc.
Sensibiliser davantage aux problèmes des femmes les
soldats chargés du maintien de la paix, y compris au
sein de l'OTAN.
Faire participer plus de femmes à des missions de
sécurité et de contrôle.
F. Les femmes et l'économie
Au cours des cinq années écoulées depuis la
Conférence de Beijing, on a assisté à une évolution rapide
de l'économie, tant au niveau mondial qu'au niveau local.
La mondialisation, la transition économique, la
libéralisation des échanges et le microfinancement font
maintenant partie du débat comme de la vie quotidienne des
femmes. C'est dans ce nouveau contexte, et compte tenu
des différentes situations régionales, nationales et locales
que les participants au groupe de travail en ligne sur
l'élimination des inégalités économiques(8) ont examiné les
progrès accomplis depuis 1995, les obstacles qui restent à
surmonter et les mesures à prendre. De manière générale,
le dialogue a essentiellement porté sur les moyens de mettre
fin aux inégalités économiques entre hommes et femmes
et de concilier la vie professionnelle et les responsabilités
familiales ainsi que sur l'élaboration des politiques
économiques.
1. Obstacles rencontrés
Les préjugés tenaces que partagent hommes et
femmes concernant les métiers appropriés aux uns et
aux autres (répartition du travail entre les sexes),
stéréotypes qui cantonnent les femmes dans les
emplois mal payés et peu considérés et fait reposer
sur leurs épaules le plus gros du travail non rémunéré
qui consiste à s'occuper de la famille.
Le manque de reconnaissance du travail à domicile
des femmes, en particulier des femmes d'un certain
âge, et ses incidences sur la sécurité sociale et la
retraite.
Certaines formes de restructuration et de
libéralisation économique, qui créent de nouveaux
problèmes pour les femmes.
Le manque de données et d'informations pertinentes
et ventilées par sexes sur l'emploi, qui permettraient
de mieux cibler les politiques.
Le manque de participation des femmes à la prise de
décisions sur les politiques économiques, tant au
niveau national qu'au niveau international.
La complexité des programmes bien conçus de
microfinancement, qui pose un problème si ceux-ci
doivent permettre de réduire les inégalités
économiques entre hommes et femmes.
2. Idée-force
Les restructurations économiques et les grosses
entreprises sont-elles toujours mauvaises pour les
femmes?
Dans chaque région, les participants se sont dits
préoccupés par les effets négatifs potentiels et réels de la
privatisation et de la transition économique. Avec la
privatisation des services publics, les femmes perdent leurs
emplois et leur protection contre la discrimination. Dans
de nombreux pays, les inégalités entre hommes et femmes
se creusent à mesure que l'économie se privatise. Ailleurs,
c'est lors de la privatisation que des politiques de non-discrimination ont été mises en place. Les participants se
sont félicités que de grandes entreprises élaborent des codes
de conduite et respectent les règles de la concurrence loyale
et ont souligné qu'il fallait encourager ces pratiques.
3. Enseignements tirés
Il est essentiel d'accompagner les programmes
économiques et les réformes législatives de
campagnes d'information et de sensibilisation et
de programmes d'éducation qui visent à changer
les mentalités et les comportements.
Exemple : Dans nos programmes, nous nous sommes
attachés à vérifier comment les profits avaient été
utilisés par le ménage. Je m'inquiète de voir que les
femmes ne sont souvent pas maîtres de l'argent du
ménage et qu'il arrive que les hommes décident seuls
de l'usage du crédit. Les programmes de microcrédit
peuvent apporter beaucoup aux femmes s'ils
s'accompagnent de mesures d'autonomisation qui
leur permettent d'utiliser et de gérer l'argent du
ménage et de prendre des décisions en consultation
avec leur mari. (UNIFEM/PNUD/Volontaires des
Nations Unies Viet Nam)
Exemple : Je voudrais faire part de mon expérience.
J'ai créé la Commission de l'égalité des chances de
Hong Kong en 1996. Elle est chargée de faire
appliquer l'arrêté sur la discrimination fondée sur
le sexe, l'arrêté sur la discrimination fondée sur le
handicap et l'arrêté sur la discrimination fondée sur
la situation familiale. La législation est importante
pour garantir l'égalité des chances, mais elle doit
s'accompagner de campagnes d'information et d'une
éducation sur le long terme. La Commission de
l'égalité des chances a lancé une campagne destinée
à sensibiliser le public et à mieux faire comprendre
les principes de l'égalité des chances et de la non-discrimination. À Hong Kong, en 1996, 35 % des
personnes interrogées disaient savoir ce qu'était la
Commission de l'égalité des chances. En 1998, ils
étaient 87 %.(Université chinoise de Hong Kong,
Chine)
Exemple : Les femmes sont souvent perçues comme
des ménagères ou des reines de beauté alors que les
hommes ont une image d'homme d'affaire sérieux.
La Commission sud-africaine sur l'égalité entre les
sexes a tenté de mettre fin à ces stéréotypes en
organisant chaque année des colloques avec les
médias et en encourageant une approche novatrice
et créative des questions relatives aux femmes. Elle
espère aussi être à même d'influer sur les
programmes des organismes de formation des
journalistes. (Commission de l'égalité entre les sexes,
Afrique du Sud)
Les politiques nationales instaurant le principe de
non-discrimination peuvent favoriser (mais ne
garantissent pas) l'instauration d'un
environnement propice à une plus grande équité
économique. Elles peuvent aussi avoir des effets
négatifs si elles ne tiennent pas compte du travail
non rémunéré des femmes.
Exemple : L'exemple de l'Ouganda montre à quel
point la discrimination positive peut contribuer à
autonomiser les femmes. L'Ouganda a élaboré des
politiques spécialement destinées à encourager les
femmes à occuper des postes techniques et à
travailler dans l'armée, la police, les organismes
publics, les commissions, etc. Le Gouvernement a
obligé les entreprises de tous les secteurs à nommer
au moins une femme parmi les cadres. La politique
de discrimination positive est essentielle pour donner
du courage aux femmes. Elles sont de plus en plus
nombreuses dans l'armée, la police, les métiers
techniques et autres activités économiques qui étaient
autrefois l'apanage des hommes. Aujourd'hui, le
secteur des affaires s'est beaucoup féminisé grâce
à la politique du Gouvernement. Les femmes ouvrent
des écoles privées, des sociétés de financement, des
supermarchés, etc. (Organisation panafricaine de
libération de la femme, Ouganda)
Exemple : Je viens de terminer une étude de cas sur
les pratiques en matière d'emploi d'une grosse
multinationale agroalimentaire, Cargill, qui a
racheté 20 % de l'entreprise publique zimbabwéenne
Cotton Board quand elle a été privatisée en 1996.
J'ai été frappé par le fait que Cargill ait embauché
des femmes, ce que n'avait pas fait l'entreprise
publique. Les femmes sont légèrement plus
nombreuses en bas de l'échelle, mais elles sont aussi
très présentes aux échelons les plus élevés. Des
emplois viennent d'être créés dans le domaine
informatique, et ils sont tous attribués à de jeunes
femmes. Il s'agit de bons emplois à durée
indéterminée, avec prestations sociales et logement.
Lorsque j'ai demandé à Cargill pourquoi l'entreprise
avait recruté des femmes, on m'a répondu que
Cargill était un employeur qui respectait l'égalité des
chances, que son code de conduite stipulait que
l'entreprise devait se conformer aux lois des pays
dans lesquels elle était installée et que la législation
zimbabwéenne interdisait la discrimination dans
l'emploi. (Gender and Agribusiness Project,
University of Illinois, États-Unis)
Par opposition
Une analyse des points forts, points faibles, chances
et risques du contexte économique de l'Afrique du Sud a
montré que, si la législation instaurait l'égalité entre
hommes et femmes, les grandes entreprises rechignaient à
acheter des services ou des produits à des femmes micro-entrepreneurs. (Afrique du Sud)
Exemple : Même si le droit japonais du travail
instaure l'égalité entre hommes et femmes, la réalité
veut que si le chef d'entreprise demande à ses
salariées travaillant à plein temps et touchant un
salaire élevé (comme il peut le demander, et le
demande, aux hommes) de travailler plus ou de faire
plus d'heures, les femmes quittent souvent leur
emploi pour un emploi moins bien rémunéré, à durée
limitée et à temps partiel. Les salaires sont très bas
pour les emplois à temps partiel. (Japon)
La ratification des conventions internationales
peut inciter les gouvernements à s'engager et
catalyser l'action nationale.
Exemple : Il importe que la Convention de l'OIT, qui
prévoit l'égalité de traitement pour tous les
travailleurs à domicile, soit ratifiée. En Irlande, le
Gouvernement va lancer une campagne
d'information à l'intention des travailleurs à
domicile. En Inde, le Gouvernement met en place un
comité qui sera chargé d'examiner la possibilité
d'adopter une politique spécifique sur le travail à
domicile, qui aurait notamment pour conséquence de
créer des administrations de sécurité sociale pour les
travailleurs à domicile. Au Royaume-Uni, le
Gouvernement a récemment introduit un salaire
minimal national qui concerne aussi les travailleurs
à domicile. À Madère (Portugal), le gouvernement
régional a, sous la pression des syndicats, adopté une
réglementation concernant les brodeuses à domicile.
(HomeNet, Royaume-Uni)
La mise au point d'outils permettant d'analyser
les budgets des gouvernements dans une
perspective d'égalité entre les sexes facilite la
redistribution des ressources au profit de
l'autonomisation économique des femmes.
Exemple : Les budgets sexospécifiques ont pour but
de faciliter l'évaluation de l'impact des budgets
gouvernementaux sur les femmes. Ils s'efforcent de
décomposer les budgets des gouvernements en
fonction de leur impact sur les femmes et les hommes
et sur différents groupes de femmes et d'hommes.
Jusqu'à présent, ces initiatives mettent l'accent sur
la redéfinition des priorités plutôt que sur une
augmentation des dépenses globales. On préconise
aussi une réorientation des activités du gouvernement
plutôt que des changements dans les montants alloués
à certains secteurs. (International Center for
Research on Women, États-Unis)
Les partenariats entre la société civile et le
gouvernement peuvent aider les femmes à
s'organiser au niveau local pour faire respecter
leurs droits économiques et leurs droits en matière
de travail.
Exemple : Organisées et créatives, les femmes du
secteur informel (vendeuses des rues) se sont liées et
ont créé, avec les hommes, des groupes de dialogue
et de défense de leurs droits. À Cebu, les
organisations populaires et les organisations non
gouvernementales ont formé des organismes
tripartites avec les autorités locales pour débattre
des questions concernant les vendeurs des rues et le
code d'administration locale. Cette collaboration aux
étapes de la planification, de l'exécution et de
l'évaluation, de plus en plus courante et appréciée,
montre qu'il est possible de créer des sociétés civiles
par la coopération, l'organisation et l'éducation.
(RSCJ, Philippines)
4. Programme d'action destiné à mettre fin
aux inégalités économiques entre hommes
et femmes
Compte tenu des obstacles persistants mis en
évidence, des grandes questions discutées dans le cadre du
forum et des enseignements tirés de l'expérience, on
pourrait élaborer un programme d'action qui aurait pour but
de :
Généraliser les initiatives visant à analyser la collecte
et la répartition des ressources par les gouvernements
dans une perspective d'équité entre les sexes.
Favoriser l'adoption de codes de conduite et de
pratiques de concurrence loyale par les entreprises
privées, codes et pratiques qui seraient surveillés de
manière indépendante.
Encourager le débat sur la sécurité économique des
femmes âgées et prendre des mesures pour garantir
leur sécurité économique.
Reconnaître le travail à domicile des femmes et des
filles, modifier en conséquence les programmes
publics de retraite et renforcer la réglementation du
travail pour empêcher l'exploitation des femmes et
des filles.
Promouvoir l'intégration, dans les politiques
économiques, d'une perspective sexospécifique, par
exemple en rendant les plans d'égalité entre les sexes
obligatoires dans les transactions des banques
internationales de développement.
Envisager de lancer des programmes d'auto-assistance et de microfinancement communautaires,
qui constituent une solution souple pour suppléer aux
initiatives conduites par les banques.
Encourager les partenariats entre les organismes
publics et les organisations non gouvernementales
pour défendre les droits économiques des femmes.
Reconnaître le travail non rémunéré des femmes et
offrir des services (garde d'enfants, etc.) pour aider
les familles qui doivent concilier travail et
responsabilités familiales.
Compiler et analyser des données et informations sur
la situation économique et l'emploi des hommes et
des femmes.
Dans le cadre de la législation et des programmes
d'autonomisation économique, faire des efforts
concertés pour mettre fin à la discrimination et aux
stéréotypes.
Adopter et faire appliquer des lois et politiques
garantissant la non-discrimination et l'égalité des
chances.
S'appuyer sur les conventions relatives aux droits de
l'homme et au travail, entre autres, pour faire en sorte
que les gouvernements s'engagent et agissent
conformément à ces instruments.
Recourir à des stratégies à volets multiples visant à
surmonter les obstacles culturels, légaux et structurels
à la réalisation des droits économiques de la femme
et adopter une approche du cycle de vie qui tienne
compte des multiples rôles de la femme.
Rendre les plans d'égalité entre les sexes obligatoires
dans les transactions des banques internationales de
développement.
Encourager l'instauration de partenariats entre les
gouvernements et les organisations non
gouvernementales pour défendre les droits
économiques des femmes.
G. La participation des femmes à la vie
politique et à la prise de décisions
Qu'en est-il de la représentation politique des
femmes? Comment les femmes exerçant des fonctions
politiques ou se trouvant à des postes de responsabilité
s'occupent-elles de la problématique hommes-femmes?
Quel est l'impact des mesures de discrimination positive
et des quotas? Comment faire une plus large place aux
femmes dans la prise de décisions? Tels sont quelques-uns
des principaux thèmes abordés par le groupe de travail en
ligne Promouvoir la participation des femmes à la vie
politique et à la prise de décisions(9). Les participants au
dialogue ont fait part d'expériences nationales très
différentes concernant la représentation des femmes dans
les gouvernements et dans le corps législatif. Certains ont
signalé que d'importants progrès avaient été accomplis
depuis 1995, d'autres au contraire qu'aucun véritable
changement n'avait été constaté ces dernières années.
L'impact des mesures de discrimination positive et des
quotas et les moyens de renforcer la participation des
femmes dans les organes de décision ont été longuement
examinés.
1. Obstacles rencontrés
Le fait que les femmes occupant des charges électives
ne peuvent ou ne souhaitent pas s'exprimer en leur
propre nom, à cause de la pression qu'exercent sur
elles les hommes de leur famille, du fait qu'il est
difficile sur le plan politique de prendre fermement
position au sujet des questions sexospécifiques et de
la peur de perdre leur poste.
L'insuffisance de la formation et de la préparation des
femmes qui comptent se lancer ou se sont déjà
lancées dans la vie politique.
Les réactions hostiles à l'égard des femmes qui font
carrière dans l'administration, sont plus exposées que
les hommes au risque d'être rétrogradées ou de perdre
leur poste en cas de compression budgétaire.
Le fait que le milieu du travail ne soit pas favorable
aux femmes (harcèlement sexuel, manque de crèches,
rigidité des horaires de travail, etc.).
Le fait que les valeurs socioculturelles figent le rôle
des femmes et la perception qu'on en a et perpétuent
les stéréotypes négatifs des femmes qui briguent ou
détiennent une charge élective.
Le manque d'accès à l'information sur la vie publique
et l'ignorance de ses règles.
Le coût élevé des campagnes politiques.
La tendance persistante à confier aux femmes des
ministères traditionnellement considérés comme
féminins - ceux de l'éducation, de la santé, de la
sécurité sociale et des services publics, par exemple.
Les menaces physiques contre les femmes qui
briguent une charge élective et contre leur famille.
Le fait que les gouvernements ne sont pas obligés de
rendre compte des résultats obtenus dans le domaine
de l'égalité entre les sexes.
La multiplicité des responsabilités incombant aux
femmes, qui rendent leur carrière politique difficile.
2. Idée-force
Le fait que les femmes sont de plus en plus
nombreuses à occuper des postes de responsabilité
ou à exercer des fonctions politiques a-t-il une
influence positive?
Les participants ont noté que les politiques des
gouvernements ne devenaient pas automatiquement
meilleures parce que les femmes devenaient plus
nombreuses à occuper des postes de responsabilité et ont
examiné les moyens d'appuyer les femmes politiques pour
qu'elles puissent faire progresser la cause féminine.
Certains ont demandé que les femmes, en particulier celles
qui militent au sein d'associations, leur fournissent les
informations et l'appui dont elles ont besoin pour
promouvoir l'égalité entre les sexes. Tous ont souligné la
nécessité de créer un environnement où les décideurs
partageraient les responsabilités et seraient davantage
comptables de leur action en faveur de l'égalité entre les
sexes.
3. Enseignements tirés
Les réseaux et les échanges d'idées officieux sont
importants parce qu'ils permettent d'appuyer les
femmes politiques et de faire connaître les
problèmes des femmes aux décideurs.
Exemple : Dans le cadre de notre programme,
intitulé Femmes représentantes et femmes
représentées, nous organisons tous les mois des
petits déjeuners au cours desquels nous débattons de
questions politiques et mettons au point des activités
de mobilisation. Ces petits déjeuners sont l'un des
moyens dont se servent des organisations de femmes
comme la nôtre pour nouer le dialogue avec les élues,
de quelque bord qu'elles soient. Nous invitons en
effet, TOUTES les femmes parlementaires et TOUTES
les magistrates de la ville de Buenos Aires à chacun
de ces petits déjeuners. (Fundación Mujeres en
Igualdad, Argentine)
La participation des femmes à la prise de décisions
et à la vie politique a une influence positive sur la
prise en compte des questions sexospécifiques et
sur les politiques y relatives.
Exemple : En Ouganda, la participation des femmes
à la prise de décisions a une incidence sur la nature
des politiques adoptées. Pour ce qui est de la
politique de santé, par exemple, un des secrétaires
d'État qui en ont la charge, - une femme - a insisté
pour qu'elle tienne systématiquement compte des
problèmes des femmes. Un séminaire a été organisé
et une consultante recrutée pour faciliter cette prise
en compte, ce qui a eu un impact positif. Pour la
première fois, la politique de santé traite de la
violence à l'égard des femmes et propose de ventiler
les données par sexe. Le problème maintenant est de
la mettre en pratique, ce qui risque de susciter bien
des résistances. (Ministère de la santé, Ouganda)
Les quotas et les mesures de discrimination
positive en faveur des femmes ont permis
d'accroître leur participation à la vie publique
mais se heurtent encore à des résistances.
Exemple : Des mesures de discrimination positive ont
été prises en Érythrée où 30 % des sièges des
assemblées nationales et régionales sont réservés aux
femmes. À l'heure actuelle, les assemblées nationales
comprennent 22 % de femmes et les assemblées
régionales de 27 à 37,8 %. (Érythrée)
Exemple : Les articles 32 et 33 de la Constitution
ougandaise de 1995 établissent le droit des femmes
de participer à égalité avec les hommes à la vie
politique et publique; et d'autres articles prévoient
l'adoption de mesures de discrimination positive.
Ce type de mesures a fait beaucoup pour accroître
la participation des femmes à la vie publique en
Ouganda où chaque district doit désormais élire une
femme à un siège de député au Parlement et où les
femmes ont la possibilité de se présenter à des
élections dans certaines circonscriptions. À ce jour,
les mesures de discrimination positive ont permis à
une quarantaine de femmes de siéger au Parlement.
La Constitution de 1995 prévoit aussi que des femmes
doivent siéger dans tous les organismes publics et
parapublics et toutes les autres institutions afin
qu'elles puissent faire part de leurs préoccupations
et exigences, politique qui permet à beaucoup de
femmes d'occuper des postes dans de nombreuses
institutions et qui fait que l'Ouganda est actuellement
le seul pays d'Afrique à avoir une femme pour Vice-Président. (PAWLO, Ouganda)
Exemple : Le Parlement colombien a adopté
récemment une loi prévoyant que 30 % des plus
hautes fonctions publiques doivent être exercées par
des femmes et, notamment, l'inscription d'au moins
une femme sur chaque terna (liste de trois
candidats parmi lesquels le Président ou d'autres
dignitaires, à qui cette liste est présentée, peuvent
désigner les titulaires de hautes fonctions). Cette loi
n'est pas encore en vigueur et nombreux sont ceux
qui pensent qu'elle ne sera pas adoptée ou qu'elle
sera déclarée inconstitutionnelle avant même d'être
appliquée. (Colombie)
Le développement des capacités de diriger des
jeunes femmes sera à l'avenir tout aussi
indispensable que celui des hommes.
Exemple : Le programme Sexospécificités et
développement a coparrainé avec des organisations
non gouvernementales lituaniennes un camp de
formation à l'intention d'adolescentes. Ce camp
intitulé Les femmes prennent les choses en main,
a été adapté d'un camp de formation analogue (Les
filles dirigent le monde), mis en place en Roumanie
par des volontaires du Peace Corps. Outre qu'il
offrait une formation commerciale à ses participants,
il visait à développer non seulement leurs capacités
de dirigeantes mais aussi leurs capacités
personnelles, en particulier leur confiance en soi.
Nous pensons que, pour que les femmes puissent
devenir des femmes d'affaires avisées, il faut d'abord
qu'elles acquièrent les qualités de base nécessaires.
(US Peace Corps : Corps de volontaires des États-Unis pour la paix, Lituanie)
Les activités d'organisation et de promotion
menées par les ONG de femmes réussissent à
sensibiliser les esprits et à donner aux femmes
l'élan dont elles ont besoin pour se lancer dans la
vie politique.
Exemple : Il n'y a pas, au Nigéria, de loi électorale
qui garantisse aux femmes l'égalité en matière de
représentation mais les activités de mobilisation ont
sensibilisé les Nigérianes à ce problème. Elles ont
ainsi établi, pour la première fois, un plan d'action
politique, qu'elles ont publié, organisé un sommet de
femmes et réclamé des mesures de discrimination
positive. Elles ont même formé un parti politique qui
n'a malheureusement pas pu être enregistré mais qui
est devenu une association politique.
Au niveau local, dans l'État des Rivières, la
Fédération des avocates a lancé toute une série de
campagnes qui ont pris la forme de visites sur le
terrain, de cours sur le système électoral et de
causeries radiophoniques. Elle a réussi non
seulement à sensibiliser davantage les femmes à la
question de la représentation politique, mais
également les hommes. Comme suite à une visite que
ses représentantes ont rendue au Président de
l'Assemblée nationale, elle est actuellement en train
de soumettre à l'Assemblée deux projets de loi
résolument favorables aux femmes. (Fédération des
avocates. (FIDA), Nigéria)
Le volet Formation et développement des
capacités des femmes de diriger occupe une place
centrale dans les stratégies des ONG visant à
préparer les femmes à exercer des responsabilités,
aussi bien au niveau associatif qu'au niveau
politique.
Exemple : Le PNUD coopère avec le Comité national
vietnamien pour la promotion de la femme à
l'exécution d'un projet visant à développer au
Viet Nam les capacités nécessaires pour appliquer
le plan d'action national pour la promotion de la
femme.
Ce projet a donné lieu à un stage de formation de
formateurs de quatre jours, axé sur le développement
des capacités de diriger, qui a été suivi de six cours
de formation organisés à l'échelon local, à
l'intention de 144 candidates aux élections à la
dixième Assemblée nationale de juillet 1997. Ces
cours ont porté essentiellement sur l'organisation
d'une campagne électorale et la manière de présenter
un programme électoral et ont permis d'élaborer des
propositions d'action.
Ils ont notamment donné l'occasion à une
travailleuse sociale de 27 ans de s'exprimer pour la
première fois de sa vie en public. Lors des premières
tentatives qu'elles a faites pour présenter ses idées,
elle n'a pas réussi à dire un mot, mais le dernier jour,
avec l'appui et les conseils des autres participantes,
elle a réussi à faire une déclaration de cinq minutes.
Elle est actuellement l'un des plus jeunes députés de
l'Assemblée nationale.
Les responsables du projet ont organisé une
conférence de presse avant les élections afin de
promouvoir une image positive des femmes en tant
que dirigeantes et de faire en sorte que les femmes
soient mieux représentées au Gouvernement. Ces
objectifs ont été atteints puisque le taux de
représentation des femmes est passé de 18 % à plus
de 26 % (Spécialiste des questions sexospécifiques
pour les Volontaires des Nations Unies, le PNUD et
UNIFEM au Viet Nam)
Mettre en place au sein des diverses entités, des
structures qui encouragent les femmes à
s'organiser peut les aider à prendre une part plus
active à la prise de décisions.
Exemple : Au début des années 70, un petit groupe
de femmes du Parti travailliste néo-zélandais a
décidé qu'elles en avaient assez. Elles ont commencé
à réorganiser la section Femmes du Parti de manière
qu'elles puissent être un facteur de changement,
c'est-à-dire qu'elles puissent encourager les femmes
à jouer un rôle plus important , plus déterminant,
dans la vie politique et les former à cette fin. Le fait
que le Premier Ministre néo-zélandais et le Chef de
l'opposition néo-zélandaise soient actuellement des
femmes n'est pas un hasard. (Nouvelle-Zélande)
L'examen du budget consacré aux femmes (ou aux
questions sexospécifiques) est un bon moyen de se
renseigner sur le processus des prise de décisions
et sur l'ordre des priorités, de faire pression sur
les pouvoirs publics et d'organiser des activités de
plaidoyer.
Exemple : En Afrique du Sud, le budget consacré aux
femmes permet à tous ceux que cela intéresse de
savoir quelle part du budget le Gouvernement
consacre à la défense, à la santé, à l'éducation, etc.,
et comment les crédits budgétaires sont utilisés
(traitements, activités, infrastructures, etc.) et, si l'on
pousse l'analyse, de répondre à d'autres questions :
quel est le pourcentage de femmes travaillant au
Ministère de la santé? Quel pourcentage de
programmes, ce ministère consacre-t-il aux filles et
aux femmes? Les contrats passés par le
Gouvernement aux fins de la construction de
dispensaires sont-ils conclus avec des sociétés dont
des femmes sont propriétaires?
Ce budget est aussi un bon moyen de faire pression
sur les pouvoirs publics et d'organiser des activités
de plaidoyer. On élabore actuellement des matériaux
de formation destinés à le faire connaître et à
apprendre aux ONG à s'en servir de manière qu'elles
puissent à leur tour apprendre aux collectivités à
défendre leurs programmes auprès des pouvoirs
publics. (African Gender Institute, Afrique du Sud)
4. Programme d'action permettant de promouvoir
la participation des femmes à la vie politique et
à la prise de décisions
Étudier les moyens d'instaurer et de maintenir un
dialogue régulier entre les collectivités et les hommes
et les femmes occupant des postes de responsabilité,
dans le cadre de réunions, de projections de cassettes
vidéo, etc., de manière qu'il y ait partage des
responsabilités au service du changement.
Créer, dans les municipalités, des commissions
permanentes de femmes qui puissent faire état des
préoccupations des femmes et en débattre.
Faire mieux comprendre l'importance et l'efficacité
des politiques de discrimination positive.
Apporter aux candidates à des charges publiques, non
seulement des informations et des données sur les
problèmes des femmes, mais aussi un appui financier
et moral.
Obtenir des municipalités qu'elles alimentent en
permanence des fonds Femmes et développement
qui permettent de financer des programmes et projets
de nature à favoriser l'égalité entre les sexes.
Établir des stratégies et mettre en place des
mécanismes qui permettent de suivre l'action menée
par les gouvernements et d'autres institutions en
faveur de l'égalité entre les sexes.
Créer des coalitions pour appuyer des mesures
législatives importantes.
Développer les capacités des jeunes femmes de
diriger et apprendre à celles-ci à avoir confiance en
elles.
Apprendre aux décideurs à intégrer les problèmes
sexospécifiques dans leurs plans de travail.
Développer les capacités des femmes d'établir des
stratégies de mobilisation et de les appliquer, de
traiter avec les médias et d'établir des textes
législatifs qui favorisent leur participation à la vie
publique.
Se servir des médias pour faire mieux connaître les
problèmes des femmes et les questions
sexospécifiques et la participation des femmes au
processus de prise de décisions.
H. Mécanismes institutionnels chargés
de favoriser la promotion de la femme
Chargés par le Programme d'action d'être les
principales entités de coordination des politiques
nationales, ayant pour tâche essentielle d'appuyer
l'intégration de la problématique hommes-femmes dans
tous les secteurs et dans toutes les entités de l'État (par.
201), les mécanismes nationaux servent de moyens
institutionnels pour la mise en oeuvre des domaines
critiques du Programme. Compte tenu de cette
responsabilité supplémentaire, les mécanismes nationaux
formulent des stratégies efficaces de coordination des
politiques, d'intégration des sexospécificités et de
promotion de mesures politiques favorisant l'objectif de
l'équité entre les sexes. L'ordre du jour du groupe de travail
sur les mécanismes nationaux(10) était conçu en fonction de
ces tâches nouvelles : assurer l'intégration de la
problématique hommes-femmes, coordonner les politiques
au sein du gouvernement, offrir une assistance technique
aux fins de l'intégration des questions d'équité entre les
sexes et proposer et guider des modifications
institutionnelles. Le dialogue a aussi porté sur des stratégies
permettant de renforcer la volonté politique et la
responsabilisation, sur la mise au point d'instruments
nouveaux tels que l'intégration des sexospécificités dans
le processus budgétaire, et la coopération avec les ONG.
1. Obstacles rencontrés
Le dialogue a porté essentiellement sur les stratégies
et les enseignements, mais les participants ont aussi noté
avec préoccupation les obstacles et problèmes ci-après :
Absence de mécanismes nationaux dans de nombreux
pays, et faiblesse des ressources humaines financières
affectées aux mécanismes existants.
Fortes variations dans la volonté d'intégrer les
questions d'équité entre les sexes et dans
l'importance des mesures prises à cette fin.
Absence de liens directs entre les politiques
formulées pour l'utilisation de l'aide des donateurs
et les politiques et pratiques d'autres ministères
(santé, agriculture, etc.); il se peut en effet que
l'intérêt soit de plus en plus axé sur les négociations
internationales, les conseils stratégiques ou
l'exécution de projets dans des pays en
développement.
Nécessité de faire de l'intégration des
sexospécificités un élément essentiel de la
gouvernance.
2. Idée-force
Quel est le rôle joué actuellement par les
mécanismes nationaux et comment évolue-t-il?
Les participants ont convenu dans l'ensemble que le
rôle principal des mécanismes nationaux est un rôle de
catalyse et d'observation - avant tout de dynamisation.
L'idée qu'ils devaient servir à gérer les réformes
institutionnelles, en employant pour ce faire des
instruments nouveaux et novateurs, a été soulignée
fréquemment. Des questions ont été posées concernant la
façon dont les mécanismes nationaux doivent être dirigés
et concernant l'emplacement qui convient le mieux. Vaut-il
mieux qu'ils soient dirigés par un ministre ou par une
personnalité en vue du mouvement féministe? En ce qui
concerne leur emplacement, une participante de l'Inde a
noté que, dans certains systèmes politiques, il valait sans
doute mieux qu'ils soient situés en dehors du gouvernement
et fonctionnent en tant qu'organismes autonomes, car le fait
d'appartenir au gouvernement risquait de réduire leur
prestige auprès des organisations de la société civile.
D'autres participants n'étaient pas du même avis, faisant
valoir qu'un mécanisme national situé en dehors du
gouvernement n'aurait pas la même responsabilisation et
notant qu'il n'y avait pas lieu d'assumer, à la place du
gouvernement, l'obligation d'assurer un niveau de vie
décent aux citoyens et de faire profiter ceux-ci
équitablement des avantages de l'économie.
3. Enseignements tirés
L'incorporation des questions d'équité entre les
sexes dans les plans sectoriels ne peut être efficace
que si des efforts concertés sont faits pour inciter
d'autres ministères et institutions à formuler des
programmes et des politiques en fonction de cette
préoccupation.
Exemple : Le 6 avril 1993, une commission
interdépartementale a été créée pour coordonner le
plan d'action positif pour les femmes dans le Pays
basque, afin de susciter une participation et un
intérêt accrus dans les différents services du
Gouvernement basque, ainsi que d'établir un moyen
évident de communication entre ces services et
l'Institut Emakunde, chargé de suivre, de coordonner
et d'évaluer l'action. Cette commission, dirigée par
le Président du Gouvernement basque, est composée
d'un représentant de chaque département, nommé au
niveau du vice-ministre de façon qu'il soit en mesure
d'assurer la coordination des autres domaines de
compétence de son département et de servir
d'interlocuteur permanent pour toutes les questions
qui relèvent de lui dans le Plan d'action positif.
(Emakunde, Institut basque pour les femmes,
Espagne)
L'intégration des questions d'équité entre les sexes
dans les organisations a deux dimensions : interne
- l'organisation devant promouvoir le rôle des
femmes et leur égalité de traitement au sein de son
personnel - et externe - l'organisation devant
veiller à ce que les femmes participent pleinement
aux programmes et services et en bénéficient
équitablement.
Exemple : Le rôle de la Commission pour la
promotion de la femme à Interaction, une ONG, est
analogue à celui d'un mécanisme national, dans la
mesure où il met nos organisations membres en
mesure de tenir compte des questions d'équité entre
les sexes dans leurs structures, leurs procédures et
leurs activités. La volonté politique est essentielle et
suppose que les dirigeants fassent savoir
publiquement qu'ils soutiennent l'intégration des
questions d'équité entre les sexes, qu'ils allouent à
cette question des ressources humaines et financières
et qu'ils instituent les politiques et procédures
nécessaires. Ces conditions peuvent favoriser
l'instauration d'une culture institutionnelle propice
à la mise en place d'une structure dotée d'un
personnel composé également d'hommes et de
femmes et appliquant une bonne gouvernance. À
mesure que la culture institutionnelle se transforme,
les moyens techniques doivent se développer :
aptitudes du personnel en matière d'analyse des
spécificités sexuelles et mise en place de systèmes
permettant de dissocier les données selon les sexes.
Des systèmes de responsabilisation sont essentiels
aussi. (Interaction, États-Unis d'Amérique)
Exemple : Comment avons-nous lancé notre réforme
organisationnelle? Nous nous sommes adressés à des
experts en matière de développement organisationnel
pour qu'ils nous aident à nous tourner vers
l'extérieur, vers l'intérieur, puis vers l'extérieur de
nouveau. Tout d'abord, nous avons précisé ce que
nous voulions réaliser, décidé des entités avec
lesquelles nous devions travailler, décidé du rôle
stratégique que ces entités devaient avoir par rapport
à nous et arrêté des stratégies qui nous garantiraient
leur concours. En deuxième lieu, nous avons analysé
notre structure organisationnelle en fonction de ce
que nous devions faire pour atteindre notre objectif :
1) nous avons fait le bilan de nos points forts et de
nos faiblesses; 2) nous avons modifié notre mandat,
notre mission, notre vision, nos objectifs, nos
programmes et notre structure budgétaire; 3) nous
avons modifié les descriptions d'emploi types qui
provenaient de la Commission de la fonction
publique internationale, de façon qu'elles concordent
avec les textes ainsi révisés; 4) nous avons évalué les
compétences de notre personnel pour savoir quelles
activités de formation seraient nécessaires; et 5) nous
avons lancé un programme de perfectionnement du
personnel et de renforcement de la Commission
nationale sur le rôle des femmes philippines. Le
programme destiné au personnel consistait à
renforcer les valeurs fondamentales - honnêteté,
capacité d'action, égalité, professionnalisme,
attachement à l'objectif de l'égalité et capacité à
travailler en équipe. Le programme destiné à la
Commission portait sur les systèmes, les outils
(analyse de politiques et évaluation des résultats
obtenus) et la faculté d'utiliser ces systèmes et outils.
(Commission nationale sur le rôle des femmes
philippines, Philippines)
Les mécanismes nationaux ont la possibilité de
mobiliser la volonté politique des membres du
gouvernement et ils doivent constamment
formuler de nouvelles stratégies pour veiller à ce
que le gouvernement honore son engagement de
faire respecter l'égalité entre les sexes (voir
encadré intitulé Stratégies de renforcement de la
volonté politique).
Exemple : Nous fondant sur les résultats obtenus à
Beijing, nous avons décidé de ratifier notre propre
programme d'action : il s'agit d'une série
d'Amendements en vue de l'équité entre les sexes,
portant sur la gouvernance, la gestion et les
programmes, apportés aux normes éthiques et
opérationnelles de notre organisation. Ces
amendements constituent pour nous un ensemble de
normes minimales publiquement ratifié. De ce fait,
le rôle de notre commission s'est élargi et couvre
l'assistance technique offerte aux membres pour leur
permettre de respecter les normes et pour continuer
à renforcer la volonté politique (ce qui demeure notre
souci constant). Les amendements ont permis un
renforcement spectaculaire de la volonté politique,
encore qu'à des degrés très divers selon les
organisations membres. (Interaction, États-Unis
d'Amérique)
Des études d'impact et l'application de la loi
peuvent servir à empêcher que ne soient
promulguées des politiques discriminatoires.
Exemple : Je voudrais dire comment nous avons
bloqué une politique qui aurait eu des conséquences
négatives pour les femmes, en effectuant une étude
d'impact. La Commission de l'Irlande du Nord pour
des chances égales a décidé d'invoquer l'ordonnance
de 1976 sur la discrimination sexiste pour effectuer
une enquête officielle sur des appels à la concurrence
visant la privatisation de services publics. L'enquête
a porté sur les secteurs de la santé et de
l'enseignement et a permis de constater que les
femmes étaient plus défavorisées que les hommes. Les
conclusions ont été communiquées au Gouvernement
et au Secrétaire d'État. Il n'a pas été annoncé
publiquement que la politique était annulée, mais il
n'y a pas eu de nouveaux appels d'offres et le
Gouvernement a accepté les directives que nous
avions proposées. (Commission de l'Irlande du Nord
pour des chances égales, Royaume-Uni)
La gestion du changement et le développement
organisationnel deviennent des fonctions majeures
des mécanismes nationaux. Les instruments
décrits ci-après aident à interpréter les données
d'expérience et à mieux comprendre les
partenaires avec lesquels les mécanismes
nationaux doivent collaborer.
Exemple : Le Système de gestion des questions
d'équité entre les sexes peut être défini comme un
réseau de structures, de mécanismes et de processus
mis en place dans le cadre d'une structure
organisationnelle existante, afin d'orienter, de
planifier, de suivre et d'évaluer le processus
d'incorporation des questions d'équité entre les sexes
dans tous les domaines des travaux de l'organisation
(élaboration des politiques, planification, exécution,
suivi et évaluation). Un tel système peut être mis en
place à n'importe quel niveau de l'administration
publique, afin de coordonner l'action de tous ceux
qui s'occupent d'égalité et d'équité entre les sexes
(secteur public et secteur privé), le mécanisme
national servant pour ce faire de chef de file. Le
Système permet de concilier les notions et méthodes
relatives aux questions d'équité entre les sexes mises
au point au cours des 25 dernières années et celles
du développement organisationnel et de la gestion.
Il doit aussi être souple et pouvoir s'adapter au
contexte national. Les directives utilisées couvrent
l'incorporation des questions d'équité entre les sexes
dans toute une gamme de secteurs - agriculture,
enseignement, environnement, finances, santé,
information et communications, affaires juridiques
et constitutionnelles, planification, fonction publique,
science et technique et commerce et industrie - et
contiennent d'autres éléments destinés aux pays ou
institutions souhaitant agir dans ce domaine.
(Secrétariat du Commonwealth, Royaume-Uni)
Les mécanismes nationaux doivent recevoir des
allocations de crédit régulières et adéquates en
fonction de plans concrets.
Exemple : Aux Philippines, le budget du secteur femmes et développement relève de la loi de finances qui
donne pour instructions à toutes les institutions de
l'État de consacrer un MINIMUM de 5 % du budget
annuel total à des programmes et projets destinés aux
femmes et aux questions d'équité entre les sexes. Au
départ, il y a quatre ans, c'était une phrase brève à
l'air anodin dans la loi de finances, et c'est
maintenant un mandat de trois paragraphes. Les
institutions sont tenues de soumettre un plan relatif
aux femmes et au développement, qui est examiné par
la Commission nationale sur le rôle des femmes
philippines. Cet examen nous permet de donner des
conseils aux institutions sur la façon d'améliorer leur
action. En deuxième lieu, les services nationaux de
planification et de budget ont pour tâche de mettre
au point des directives de mise en oeuvre, en
partenariat avec la Commission nationale sur le rôle
des femmes philippines. Troisièmement, la
Commission et le Département du budget suivent les
ouvertures de crédit, mettant en relief les problèmes
et faisant des recommandations. Cette politique nous
garantit que les institutions n'ont aucune excuse
commode (manque de fonds) pour ne pas appliquer
les consignes. (Commission nationale sur le rôle des
femmes philippines, Philippines)
Des liens solides avec les organisations de la
société civile peuvent créer une base légitime pour
les mécanismes nationaux vis-à-vis du
gouvernement national et contribuer au choix des
priorités.
Exemple : Après la Conférence de Beijing, le
secrétariat du Réseau du tiers monde-Afrique a lancé
un projet visant à renforcer les mécanismes
nationaux pour les femmes en Afrique, qui avait les
principaux éléments suivants : premièrement,
recherche sur la situation actuelle des mécanismes
nationaux dans un certain nombre de pays d'Afrique;
et deuxièmement, colloque permettant d'examiner les
conclusions de ces travaux de recherche et
d'organiser les étapes ultérieures du projet
- diffusion et promotion. La première partie, la phase
de recherche, a commencé en 1995 par la
préparation d'une proposition de recherche, qui a
ensuite été examinée avec un certain nombre d'ONG
et d'organisations féminines qui avaient manifesté
leur intérêt. Après ces consultations, nous avons
chargé les ONG et les organisations féminines de six
pays d'Afrique (Ghana, Nigéria, Ouganda, Maroc,
Zimbabwe et Zambie) d'effectuer des recherches au
sujet de leurs mécanismes nationaux : les problèmes
que ceux-ci posent, leurs rapports avec les
organisations de la société civile, le contexte
politique et socioéconomique dans lequel ils opèrent,
leur mandat, leur structure, leurs programmes et leur
aptitude à appliquer le Programme d'action. Les
conclusions de ces études ont été présentées à un
colloque régional que nous avons organisé à Accra
(Ghana) du 1er au 3 décembre, afin non seulement
d'étudier les résultats obtenus, mais aussi de
préparer les phases suivantes du projet - diffusion
et promotion. Les participants au colloque ont aussi
rédigé une déclaration contenant des
recommandations adressées aux mécanismes
nationaux, aux gouvernements et aux organisations
de la société civile en vue du renforcement des
mécanismes, et ils ont décidé d'utiliser cette
déclaration pour mener des actions de promotion aux
niveau national, régional et international. [Réseau
du tiers monde-Afrique (Ghana)]
4. Programme d'action pour le renforcement
des mécanismes nationaux chargés
de promouvoir l'équité entre les sexes
Compte tenu des obstacles constatés, des questions
clefs examinées et des enseignements tirés au cours du
dialogue, un programme d'action pour le renforcement des
mécanismes nationaux pourrait notamment comprendre les
mesures suivantes :
Utiliser l'analyse budgétaire, tant à l'intérieur du
gouvernement qu'à l'extérieur, pour déterminer si
les ouvertures de crédit touchent différemment les
hommes et les femmes, ce qui permettrait de donner
des conseils aux différents services gouvernementaux
sur la façon de formuler des programmes tenant
davantage compte des sexospécificités.
Renforcer la capacité qu'ont les mécanismes
nationaux en matière de gestion des changements et
de développement organisationnel.
Examiner soigneusement l'emplacement qui convient
le mieux pour les mécanismes nationaux, y compris,
s'il s'agit d'un service gouvernemental, le niveau le
plus adapté, ainsi que les avantages que
présenteraient des mécanismes nationaux autonomes.
Utiliser des études d'impact pour empêcher que des
politiques discriminatoires ne soient promulguées.
Faire participer activement d'autres ministères et
services sectoriels à l'élaboration de programmes et
de politiques tenant compte des questions d'équité
entre les sexes, et créer aux niveaux régional et local
un groupe interdépartemental chargé de faciliter la
communication sur les questions féminines entre tous
les services du gouvernement.
Promouvoir les dimensions internes (permettre aux
femmes de jouer un rôle directeur et de bénéficier de
chances égales au sein de l'organisation) et externes
(garantir la pleine participation des femmes aux
programmes et services et permettre aux femmes de
tirer pleinement parti de ceux-ci) de l'incorporation
des questions d'équité entre les sexes dans toutes les
activités.
Promouvoir, chez les membres du gouvernement et
les chefs des services gouvernementaux, la volonté
politique d'assurer l'équité entre les sexes, condition
préalable au renforcement d'autres facteurs
essentiels : capacité technique, responsabilisation et
existence d'une culture institutionnelle positive.
Utiliser des approches diverses pour renforcer la
capacité : cours formels de formation, mise au point
de manuels de formation, programmes d'encadrement
et création de groupes de travail.
Veiller à ce que des ressources soient fournies
régulièrement aux mécanismes nationaux.
Formuler des plans concrets sur lesquels appuyer les
demandes budgétaires des services intéressant les
femmes.
Formuler des stratégies durables pour renforcer les
efforts de communication et de coordination entre les
organisations de la société civile et les mécanismes
nationaux.
I. Les droits fondamentaux des femmes
Les débats du groupe de travail en ligne sur la
réalisation des droits fondamentaux des femmes(11) ont porté
sur la conquête des droits politiques, sociaux, culturels et
économiques des femmes et sur l'aide que les conventions
internationales peuvent apporter à la réalisation de cet
objectif. Les intervenantes ont exprimé une préoccupation
particulière face à la persistance des valeurs culturelles et
sociales qui introduisent une discrimination à l'égard des
femmes à la maison, au travail, dans la vie politique et
ailleurs. Elles ont signalé d'autres obstacles à la réalisation
des droits des femmes, parmi lesquels les effets de la
mondialisation, les croyances religieuses discriminatoires,
le fossé existant entre les lois sur le papier et dans la
pratique, et le fait que dans certains pays les femmes sont
privées de certains droits fondamentaux attachés à la
citoyenneté et au suffrage universel. Les stratégies de
promotion et de consolidation des droits économiques,
sociaux, politiques et culturels qu'elles ont proposées
étaient centrées sur une meilleure utilisation de la
Convention sur l'élimination de toutes les formes de
discrimination à l'égard des femmes et des autres
instruments internationaux afin d'introduire des
changements sur le plan national, ainsi que sur des efforts
de sensibilisation à tous les niveaux, des audits des lois et
de leur application visant à s'assurer de leur caractère non
discriminatoire, et une plus grande mobilisation des
hommes et des jeunes dès le jardin d'enfants. Parmi les
nouveaux domaines critiques apparus depuis 1995 et
méritant une plus grande attention figurent la nécessité de
mettre l'accent sur les veuves et les femmes âgées et
l'importance d'adopter des méthodes de promotion des
droits des femmes plus acceptables sur le plan local et
mieux appropriées à chaque contexte particulier.
1. Obstacles rencontrés
Les valeurs, normes culturelles, convictions
religieuses et pratiques sociales intrinsèquement
discriminatoires à l'égard des femmes et qui
continuent d'entrer en conflit avec la pleine
réalisation des droits fondamentaux de ces dernières.
L'inégale représentation des femmes dans les
gouvernements, les organes décisionnels et la vie
politique en général attribuable à la tradition, au
manque d'accès à l'éducation et aux responsabilités
des femmes vis-à-vis de leur famille et de leur foyer;
et la méfiance ou la déception éprouvée par les
femmes à l'égard des systèmes politiques.
Les réserves dont certains États parties ont assorti
leur adhésion à la Convention internationale sur
l'élimination de toutes les formes de discrimination
à l'égard des femmes et qui empêchent d'adopter des
mesures significatives sur le plan national.
Les dispositions expressément discriminatoires à
l'égard des femmes contenues dans le droit coutumier
et le fait que dans certains pays - y compris parmi les
signataires de la Convention - les femmes ne
jouissent pas de l'intégralité des droits prévus par la
loi.
Les effets contradictoires induits par les économies
en transition, qui font que les femmes, tout en se
voyant reconnaître de nouveaux droits, perdent
souvent des avantages sur le plan de l'éducation et de
l'emploi dont elles jouissaient sous le régime
économique antérieur.
Les retombées défavorables de la mondialisation et
des accords et arrangements en matière de commerce
international sur les droits des femmes dans le
domaine de la santé, de la procréation et du droit du
travail, y compris les écarts de salaire entre les sexes
et la discrimination à l'embauche (avec par exemple
les tests de grossesse obligatoires).
La puissance croissante des multinationales, qui leur
permet de déterminer les conditions de travail des
femmes, leur salaire, leurs perspectives et leur accès
aux soins de santé.
La persistance du harcèlement sexuel sur les lieux de
travail et la politique de protection de l'identité des
auteurs de harcèlement.
Le vaste et persistant problème de la violence à
l'égard des femmes résultant de valeurs sociales qui
le rendent invisible, de l'absence de législation en la
matière ou de l'insuffisante application des lois en
vigueur.
La menace que la montée de l'intégrisme religieux
fait peser sur les droits en matière de procréation en
poussant à l'abrogation des politiques progressistes
en vigueur dans ce domaine, particulièrement dans les
pays d'Europe orientale.
2. Idée-force
Le travail de promotion des droits fondamentaux
des femmes doit s'appuyer sur une approche
adaptée au milieu et à la culture considérée.
S'il s'est dégagé parmi les participantes un consensus
fort sur le caractère universel des droits fondamentaux des
femmes et sur l'effet significatif obtenu par la
mondialisation des efforts d'organisation et de
sensibilisation dans ce domaine, un certain nombre d'entre
elles ont préconisé une approche des droits fondamentaux
mieux adaptée à chaque contexte et à chaque culture. Une
participante a fait observer qu'étant donné la diversité
ethnique, socioculturelle et socioéconomique existant au
sein de chaque pays,celles d'entre nous qui travaillent sur
le terrain savent que bien souvent ni la théorie ni la
méthodologie n'y sont applicables. Une autre participante
nigériane préconise des programmes et plans d'action
établis pour chaque pays et couvrant les violations
spécifiques des droits des femmes commises dans ses
différentes régions, mais prévient que ces approches n'en
doivent pas moins rester globales dans leur conception.
Beaucoup de participantes estiment que l'éducation et la
sensibilisation sont le meilleur moyen de remédier au
manque d'intérêt, d'information et d'action dans le domaine
des droits des femmes. Un exemple en a été donné avec
l'évocation de réunions informelles organisées dans les
Philippines, dans le cadre desquelles les femmes discutent
des soucis de leur vie quotidienne parce que la plupart des
femmes, et même des hommes, ne comprennent pas
vraiment ce que c'est que les droits fondamentaux.
3. Enseignements tirés
Les pressions exercées par des organisations
féminines permettent d'enregistrer des progrès
dans le domaine des mesures antidiscriminatoires
et de l'accès à l'égalité.
Exemple : Le Centre d'action féminine a été créé en
1994. C'est un groupe de pression et d'information
spécialisé dans les droits des femmes. Il y a en
Albanie plus de 80 organisations féminines non
gouvernementales. Cinquante-quatre d'entre elles
ont pour principaux centres d'intérêt les droits des
femmes et la législation en la matière; la
participation à la prise de décisions; la
démarginalisation économique des femmes; la
violence à l'égard des femmes et la santé féminine;
l'éducation et la formation. Ces organisations
s'efforcent d'améliorer le statut juridique des
femmes. Même si le droit albanais est exempt de
discrimination à l'égard des femmes, dans la
pratique la discrimination affecte de multiples
aspects de la vie. Les ONG féminines ont contribué
à améliorer la législation dans les domaines du droit
de propriété, de la protection de l'enfance, de la
violence au foyer, des droits relatifs à la procréation,
etc. (Albanie)
Exemple : Au Venezuela, des lois tendant à protéger
les femmes contre la violence et les sévices sexuels
ont été adoptées en janvier 1999 pour donner suite
à l'engagement de mettre en oeuvre le Programme
d'action de Beijing. Le Conseil national de la femme,
qui relève du Gouvernement, et les ONG ont noué une
alliance et des liens de coopération étroits. Le
Gouvernement s'efforce d'éduquer la police, les
magistrats du parquet, etc. Mais nous avons encore
beaucoup de travail à faire pour que les nouvelles
lois soient effectivement appliquées. Il faudra
notamment donner aux policiers une formation qui
leur apprenne à respecter les citoyens, et notamment
les femmes lorsqu'elles signalent un problème de
violence. Des renseignements sur les lois réprimant
la violence sexiste sont en train d'être diffusés auprès
des femmes. Nous publions des brochures et nous
organisons des séminaires, des émissions télévisées
et des séances d'information. (Venezuela)
La ratification de la Convention et le Programme
d'action ont souvent eu pour effet de déclencher
l'adoption d'une législation nationale contre la
discrimination.
Exemple : Depuis 1991 une loi de notre pays garantit
une représentation minimale des femmes (30 % des
sièges de l'Assemblée législative leur sont réservés).
En 1994, la Convention a été incorporée dans la
Constitution. La capitale, Buenos Aires, dispose
maintenant de sa propre constitution, qui va plus
loin que le droit national dans la promotion de
l'égalité. L'Argentine envisage aussi d'adopter une
loi qui ferait une infraction du harcèlement sexuel sur
le lieu de travail. (Argentine)
Une législation qui se contente d'être
antidiscriminatoire sans affirmer les droits des
femmes risque de ne pas suffire à assurer la
jouissance de ces droits.
Exemple : La Constitution nigériane de 1999 contient
des dispositions qui interdisent toute discrimination
en raison de l'appartenance ethnique, du lieu
d'origine, du sexe, de la religion, etc., mais elle ne
contient pas de déclaration positive qui affirme le
statut des femmes. Pire encore, il existe une
disposition selon laquelle seuls les traités
internationaux qui ont été intégrés par l'Assemblée
nationale dans le droit national ont force de loi, ce
qui constitue une réserve implicite quant à
l'application de ces traités. Il en résulte que l'entrée
en vigueur de la Convention et d'autres traités est
reportée à plus tard, alors pourtant que le Nigéria a
ratifié la Convention depuis plusieurs années. Une
révision de la Constitution, engagée par le pouvoir
exécutif et le Parlement, est en cours. C'est une
initiative dont se félicitent la communauté des droits
de l'homme et la société civile, qui s'en sont fait les
avocats depuis que la Constitution a été promulguée
en mai par le dernier chef d'État militaire. Comme
c'est souvent le cas, la situation de fait est en
contradiction avec le droit. Il n'en reste pas moins
que les efforts susmentionnés de réforme juridique
en faveur des droits fondamentaux des femmes, même
s'ils sont loin d'être exhaustifs ou d'avoir abouti,
donnent aux militantes quelques indications sur la
direction à suivre dans la nouvelle démocratie
nigériane. (Nigéria)
Il faut faire un travail de sensibilisation et de
mobilisation en faveur des droits des femmes tant
au niveau des communautés locales que sur le plan
national.
Exemple : L'Afghanistan s'est retrouvé parmi les
pays oubliés après la fin de la guerre froide, une
guerre qui a engendré l'intégrisme religieux et le
terrorisme en Afghanistan. Les voix des innocents et
des innocentes abandonnés et oubliés là-bas ne sont
plus entendues. Il y a eu d'innombrables articles de
journaux, reportages, photos et missions d'agences
internationales, mais qu'a-t-on fait après qu'on les
a lus ou entendus? Rien, à part de vaines paroles?
Des Afghanes instruites et possédant un métier, qui
ont fui une culture qui les opprimait, se retrouvent à
l'étranger, laissées pour compte et sans possibilité
d'emploi, et certaines sont forcées à mendier pour
nourrir leurs enfants malgré leurs diplômes. Les
Afghanes de la base devraient se voir donner une
chance de participer activement aux événements
internationaux de façon à ce qu'elles puissent faire
entendre leur voix et apporter leur propre
témoignage, qui n'a pas encore été entendu. Les
Afghanes de l'élite ne sauraient à elles seules
représenter les Afghanes de la base. (Afghanistan)
4. Programme d'action pour réaliser les droits
fondamentaux des femmes
Mettre l'accent sur l'élimination de la violence contre
les veuves et les femmes âgées, deux groupes qui sont
souvent négligés dans le combat contre la violence à
l'égard des femmes.
Mieux sensibiliser et mobiliser les hommes en faveur
des droits de leurs épouses et de leurs filles.
Mettre au point des projets par pays qui tiennent
compte du contexte politique et social des
communautés locales.
Manifester une meilleure compréhension et un plus
grand respect des différences culturelles dans les
débats sur les droits fondamentaux.
Faire pression sur les entreprises pour qu'elles
adoptent des pratiques favorisant la jouissance par les
femmes de leurs droits économiques et de leurs droits
du travail.
Introduire l'équité entre les sexes, les droits de
l'homme et les systèmes de gouvernement dans
l'éducation formelle et informelle des enfants et des
jeunes.
Évaluer la pratique des ministères en matière d'équité
entre les sexes et soumettre tous les textes législatifs,
avant leur adoption, à un examen visant à s'assurer
qu'ils sont exempts de mesures discriminatoires ou
de préjugé sexiste.
Faire enquête sur les violations éventuelles des droits
des femmes au sein des administrations, du point de
vue des pratiques en matière d'égalité entre les sexes,
du recrutement du personnel et de l'élaboration de
programmes de gestion de carrière.
Continuer de faire valoir que tous les droits des
femmes sont des droits fondamentaux
inextricablement liés aux droits des hommes.
Passer en revue les droits des femmes qui travaillent
dans le secteur agricole et les droits des immigrantes
et des migrantes.
Inclure des références à la Convention sur
l'élimination de toutes les formes de discrimination
à l'égard des femmes dans les programmes éducatifs
formels et informels, y compris dans les programmes
de formation des immigrants et des demandeurs
d'asile.
Adopter à l'égard des droits des femmes une
approche globalisante qui tienne compte des liens
entre les droits économiques, les droits en matière de
procréation et de santé et le droit du travail.
Faire adopter des lois contre l'inégalité des salaires
entre les sexes et d'autres pratiques discriminatoires
à l'embauche.
J. Les femmes et les médias
Le groupe en ligne sur les femmes et les médias(12) a
examiné des thèmes très divers allant des possibilités
d'accès aux technologies de l'information et des
communications (TIC) à la situation de la femme dans les
médias et le journalisme. Il s'est également penché sur le
rôle crucial des réseaux d'information féminins, les
possibilités qu'offraient les technologies de l'information
et des communications de diffuser plus largement le
message des femmes, les conséquences de la mondialisation
et la concentration croissante des médias aux mains de
quelques-uns. Les participants se sont déclarés préoccupés
par l'image constamment négative que les médias donnent
des femmes et ont échangé de nombreuses stratégies
relatives à la surveillance et à la remise en question des
messages sexistes ou violents ou des stéréotypes
sexospécifiques que véhiculent les médias.
1. Obstacles rencontrés
L'image constamment négative ou stéréotypée que les
médias classiques donnent de la femme et que
reprennent et accentuent les nouveaux médias tels
que, par exemple, les jeux vidéo, l'Internet et les
vidéos musicales.
L'absence d'images dans les médias consacrées aux
minorités ou aux personnes handicapées.
L'absence des femmes aux postes de responsabilité
et l'absence d'une sensibilisation aux sexospécificités
chez les responsables des médias et chez les
personnes chargées de la formulation des politiques.
L'absence de modèles identificatoires et de guides
pour les femmes journalistes.
Le caractère limité de l'appui fourni par les agences
donatrices aux nouveaux médias produits par les
femmes, d'où l'impossibilité d'atteindre le public.
L'accès limité à l'information électronique en raison
du coût élevé des équipements des technologies de
l'information et des communications et de la
connectivité.
L'inaccessibilité de l'information électronique qui est
disponible pour l'essentiel en anglais.
Le sentiment que l'usage de l'ordinateur et la
formation en informatique sont des préoccupations
masculines, bien que de nombreuses femmes se
servent de l'ordinateur au travail.
Le contrôle accru ou le travail à domicile des
travailleurs du secteur de l'information, ce qui s'est
traduit par une baisse des rémunérations et des
avantages, et souvent confine à nouveau les femmes
à leur domicile.
L'exportation du travail des femmes du Nord vers le
Sud où les salaires sont nettement inférieurs, en
raison de la mondialisation et de la disponibilité des
réseaux informatiques.
2. Idée-force
Analyse de l'image de la femme dans les
médias.
Dans la plupart des régions et des pays, les groupes
de travail sont généralement convenus que, depuis 1995,
l'image de la femme avait très peu évolué dans les médias,
que ce soit en matière de publicité ou d'informations. Les
images négatives, stéréotypées, inexactes et violentes sont
omniprésentes. Certains groupes de femmes sont tout
simplement ignorés, notamment les femmes des minorités,
les femmes et les filles de couleur dans certains pays ou les
femmes handicapées. Les questions relatives aux femmes
se limitent à des articles sur le foyer ou les soins de beauté.
En outre, la commercialisation accrue des médias a
accentué les images négatives de la femme, qu'elles aient
comme supports les affiches, la télévision ou les journaux.
Les nouveaux médias tels que l'Internet perpétuent et
accentuent ces images négatives, malgré le nombre
croissant de femmes qui interviennent dans le monde des
affaires ou exercent des fonctions de parlementaires et de
journalistes.
Les groupes de travail d'Afrique du Sud et du Sri
Lanka ont estimé que la société et les médias contribuaient
à maintenir les images négatives des femmes. De
nombreuses questions demeurent sans réponse.
Qu'attendons-nous des médias? Des images plus exactes?
Quelles en sont les conséquences en matière de liberté
d'expression et de censure? Quel rôle doivent jouer les
pouvoirs publics en matière de réglementation des médias
et de publicité? Qu'en est-il des codes de déontologie des
médias?
3. Enseignements tirés
Les médias classiques et les nouvelles technologies
d'information ne sont pas incompatibles.
Exemple : En ce moment, nous créons, entre autres
choses, peut-être la première radio féministe sur
Internet. Hier, à la huitième rencontre féministe de
l'Amérique latine et des Caraïbes, qui se tient en
République dominicaine, nous avons effectué la
première émission en direct sur Internet de notre
radio, qui est gérée par des femmes.
Avantages : 1. Les stations de radio peuvent
retransmettre l'émission en direct ou la rediffuser
plus tard. 2. Le langage oral des femmes sur
l'Internet comporte une dimension émotionnelle qui
se perd souvent dans le langage écrit. 3. Des femmes
de la radio ont enregistré les programmes et les ont
envoyés à leurs stations. 4. Économique! Pas de
communications téléphoniques internationales.
(FIRE, Costa Rica)
Exemple : En communiquant les unes avec les autres,
en partageant des informations et en établissant des
réseaux, les femmes ne se posent pas la question de
savoir si elles doivent recourir à des médias et à des
technologies classiques ou nouveaux. Elles utilisent
les médias qui leur paraissent le plus indiqués pour
échanger des informations en un lieu ou à un moment
donné : chansons, courrier électronique, affiches,
Internet, poèmes, vidéo, pièces de théâtre, magazines,
radio, dessins. Les médias dits classiques, qui sont
souvent les plus répandus, peuvent être utilisés par
les femmes en vue de leur propre démarginalisation
et de l'émancipation d'autres personnes. Ces médias
sont également utilisés pour désinformer, déformer
la réalité et démarginaliser les femmes. Le contenu
est l'élément essentiel, que la technologie utilisée soit
ancienne ou nouvelle. (Isis International, Manille,
Philippines)
Les organisations de la société civile, telles que les
ONG de femmes, peuvent intervenir et faire office
d'intermédiaires pour améliorer l'accès des
femmes aux technologies de l'information et des
communications et pour les aider à mieux
maîtriser ces technologies.
Exemple : Un domaine qu'il convient de promouvoir
est celui du plaidoyer aux différents niveaux du
secteur des technologies de l'information et des
communications. L'essentiel est que la société civile
et les organisations de femmes collaborent avec le
gouvernement pour veiller à ce que les politiques
relatives aux sexospécificités reflètent les besoins des
femmes. Ce mouvement est déjà engagé mais n'évolue
pas assez vite compte tenu du rythme de mise en place
des nouvelles technologies. (Afrique du Sud)
Exemple : Nous avons un petit cybercafé dans
l'atelier permanent des femmes et nous nous rendons
compte que la plupart des femmes viennent à nous
parce qu'elles se sentent plus à l'aise du fait qu'elles
sont formées ou guidées par d'autres femmes. En
règle générale, les femmes de plus de 40 ans qui
apprennent à utiliser l'ordinateur sont mal à l'aise
lorsque la formation pratique est assurée par un
jeune garçon. (Argentine)
Les médias féminins et les réseaux d'information
féminins ont joué un rôle primordial
dans le renforcement des organisations de femmes
et la promotion des échanges et des débats.
Exemple : Une association du domaine des médias
- la Zambia Media Women Association - uvre à
promouvoir la condition des femmes à tous les
niveaux en favorisant leur accès aux médias et aux
informations relatives au développement.
L'Association encourage donc le recours aux médias
pour sensibiliser la société aux questions de parité
entre les sexes et collabore avec d'autres
organisations de défense des droits fondamentaux de
la femme pour recommander des changements
juridiques en faveur des droits des femmes et des
enfants. (Zambie)
Les systèmes de communication, notamment
les nouvelles technologies, jouent un rôle essentiel
dans le renforcement de la participation des
femmes aux processus démocratiques
et aux délibérations gouvernementales
internationales et dans l'organisation des femmes
à l'échelon mondial.
Exemple : La Women's Ad Hoc Coalition est un
groupe de 28 ONG de femmes présentes dans toute
la Croatie, qui s'est fixé comme objectif de suivre et
d'infléchir les élections croates de 1999. Nous
cherchons à sensibiliser le plus de femmes possible
afin qu'elles puissent voter en toute connaissance de
cause, et pour ce faire, nous utilisons tous les types
de médias disponibles. Les activités entreprises
comprennent des manifestations de rue, l'envoi de
courrier électronique, l'affichage de documents et de
calendriers de manifestations sur la page Web. Nous
souhaitions également faire connaître la coalition à
la communauté internationale, raison pour laquelle
toutes les informations sont affichées en anglais et
en croate. L'Internet est l'un des médias les plus
libres en Croatie, le seul type de média qui ne soit
pas détenu et contrôlé par le parti au pouvoir.
Notre dernière campagne de courrier électronique
a consisté en une pétition réclamant la démission du
Ministre de la justice et l'instauration d'une Journée
nationale contre la violence à l'égard des femmes, à
la suite du triple meurtre perpétré au tribunal
municipal lors d'une procédure de divorce. Les
retentissements de cette campagne ont été
exceptionnels. La plupart des pétitions signées sont
venues de Bosnie où quelqu'un a imprimé la pétition,
en a fait des photocopies, les a fait signer par les
femmes avant de nous les faire parvenir. Tout le
processus entourant cette pétition a été remarquable.
Tous les types de médias ont été utilisés. (Croatie)
Lorsque les femmes interviennent plus activement
dans l'industrie des médias, l'image de la femme
dans les médias peut évoluer considérablement.
Exemple : L'image des femmes dans les médias a
considérablement évolué, notamment parce que
davantage de femmes ont obtenu des diplômes
universitaires en matière de communications et
exercent maintenant dans les principaux types de
médias : presse écrite, presse électronique, télévision
et radio. Avant les années 90, il était rare qu'une
femme journaliste signe un article traitant de
questions internationales, de la politique ou de
questions économiques. Nombreuses sont à présent
les femmes qui signent de tels articles, ce qui signifie
qu'elles ont acquis suffisamment d'autorité pour
analyser et apprécier des questions qui, auparavant,
étaient considérées comme relevant du seul domaine
des hommes. Certaines femmes se sont fait une place
dans les cercles de prise de décisions des grands
journaux et des services d'information de la
télévision et de la radio. (Argentine)
Les organisations de femmes élaborent des
campagnes novatrices pour combattre les images
négatives de la femme dans les médias et la
publicité.
Exemple : À la Conférence de Beijing, j'ai pris
connaissance d'une initiative intéressante de femmes
kényennes faisant appel à la radio et à la composition
de chansons, de deux manières. D'abord, elles
lancent un concours de composition de chansons
ouvert aux hommes et aux femmes, afin de primer la
meilleure chanson dédiée au rôle constructif des
femmes dans la vie de tous les jours. Puis, par le
biais de la radio, elles annoncent le concours, les
manifestations qui l'accompagnent et les chansons
qui ont été écrites. L'objectif est de contrebalancer
les stéréotypes négatifs que la chanson populaire
véhicule sur la femme (qualifiée de bourreau des
curs, d'infidèle, etc.) par une image constructive (la
femme en tant qu'amie, mère, pourvoyeuse, etc.).
(États-Unis)
Exemple : J'ai pris part à une manifestation
réellement constructive sur la publicité. J'ai fait
partie d'un jury parrainé par UNIFEM et chargé de
décerner un prix à une publicité non sexiste lors du
Festival ibéro-américain de la publicité qui se tient
chaque année à Buenos Aires. Plus de 5 000
publicités de la radio, de la télévision et de l'affiche
ont pris part à cette grande manifestation. Le prix a
connu un retentissement certain et nous avons pu
entamer un dialogue avec les propriétaires des
agences de publicité et les personnes chargées de
concevoir et de créer les publicités. Ce domaine étant
presque totalement dominé par les hommes dans cette
région du monde, la mise en route d'un dialogue
constitue un important pas en avant. (Argentine)
4. Un programme d'action concernant les femmes
et la société de l'information
Promouvoir un débat élargi, par le biais de
l'Organisation des Nations Unies, sur la
communication et la démocratie, en veillant à une
participation active des femmes.
Étudier les voies et moyens d'élaborer, en
collaboration avec l'UNESCO, un rapport sur l'état
d'avancement des questions soulevées en 1995 dans
le cadre de l'étude sur les femmes et les médias, y
compris les liens entre les systèmes économiques et
l'image des femmes dans les médias.
Encourager les femmes à utiliser les nouvelles
technologies qui rendent les médias audiovisuels plus
accessibles et plus participatifs, telles que les
microémetteurs, la télévision communautaire ou les
centres de télévision mobiles.
Élaborer des programmes de formation à l'intention
des organisations de femmes dans les domaines de
l'informatique, de la gestion de l'information et de
la stratégie des médias.
Appuyer et lancer des initiatives qui donnent à
l'Internet un contenu qui tienne compte de la situation
des femmes et des sexospécificités.
Assurer, à l'échelon des médias, un suivi permanent
des partis pris sexistes et des questions de
sexospécificité et en partager les résultats avec les
décideurs des médias et de la société en général.
Instituer des normes de publicité volontaires ou régies
par la loi pour les panneaux d'affichage et autres
formes de publicité.
Traduire, reproduire et reconditionner l'information
en se servant des divers médias et en utilisant les
communications électroniques, les bulletins
d'information, la radio, le théâtre populaire, etc.
K. Les femmes et l'environnement
Le renforcement du rôle joué par les femmes dans la
protection de l'environnement, s'agissant notamment de la
participation des femmes autochtones et de la prise en
compte de leurs savoirs, les incidences sur l'un et l'autre
sexe de la détérioration de l'environnement, les partenariats
au service de la protection de l'environnement et le recours
à l'analyse par sexe dans la gestion des ressources
naturelles figurent parmi les principaux thèmes examinés
lors des échanges sur le renforcement du rôle des femmes
dans la préservation de l'environnement(13). Les participants
se sont inquiétés de l'existence de plusieurs obstacles
s'opposant aux progrès, comme le faible nombre de femmes
associées à la prise de décisions, les difficultés rencontrées
pour appliquer les méthodes actuelles d'analyse par sexe
aux projets relatifs à la protection de l'environnement et les
limites imposées à la participation des femmes. Les autres
thèmes abordés allaient de l'impact des essais d'armes sur
l'environnement et sur les femmes aux incidences que peut
avoir la participation des femmes aux programmes relatifs
aux ressources naturelles et à l'environnement. Les
participants ont échangé de nombreuses données
d'expérience et stratégies sur, notamment, la promotion de
nouveaux partenariats, l'utilisation plus systématique de
l'analyse par sexe dans les secteurs de l'environnement et
la participation des femmes autochtones aux débats.
1. Obstacles rencontrés
Il n'est pas suffisamment tenu compte des croyances
traditionnelles, des modes d'organisation sociale et
des réalités économiques qui empêchent les femmes
de participer pleinement à la gestion des ressources
naturelles et de l'environnement. En règle générale,
on ne juge nécessaire d'associer les femmes à l'action
menée que lorsqu'on constate une lacune, un manque
de connaissances, que seules les femmes peuvent
combler en leur qualité d'utilisatrices des ressources.
(WWF, Zimbabwe)
Les femmes sont trop peu nombreuses à exercer les
fonctions d'agents de vulgarisation.
La course aux armements et la fabrication d'armes
biologiques, atomiques et autres, constituent une
menace qui a des conséquences particulières pour les
femmes.
On a peu recours à l'analyse par sexe dans la
planification et l'élaboration de nombreux projets de
gestion de l'environnement et des ressources
naturelles malgré les impératifs de parité imposés au
niveau des donateurs ou du siège.
2. Idée-force
Faut-il recourir à des outils d'analyse par sexe
particuliers à un lieu ou à un écosystème donnés
pour la gestion de l'environnement et de la gestion
des ressources naturelles?
Les participants se sont demandé si les méthodes en
vigueur d'analyse par sexe et de prise en compte des
sexospécificités pouvaient être adaptées à la programmation
de la gestion de l'environnement et des ressources
naturelles. Certains ont noté que traiter les problèmes
d'égalité entre les sexes et faire participer les femmes à la
gestion de l'environnement constituaient deux types
d'intervention qui n'allaient pas nécessairement de pair.
Dans certains cas, il semblait y avoir un décalage entre la
prise en compte de la problématique hommes-femmes et
celle des problèmes écologiques, soit parce qu'il n'existait
pas d'approche intégrée, soit parce que ceux qui élaboraient
les politiques tenant compte des sexospécificités ne
s'intéressaient pas aux programmes relatifs à
l'environnement ou ne possédaient pas les compétences
nécessaires. La planification soucieuse des sexospécificités
dans le domaine de l'environnement continuait de poser le
problème des méthodes retenues, lesquelles avaient
tendance à englober les femmes en un tout homogène, ou
se révélaient inutilisables dans les groupes ethniques pour
lesquels les hypothèses concernant les relations patriarcales
ne s'appliquaient pas toujours.
3. Enseignements tirés
Lorsque les femmes sont plus étroitement
associées à la planification de la gestion des
ressources naturelles, elles apportent une masse
de savoirs traditionnels qui, chaque fois qu'ils sont
mis en pratique, favorisent le développement
durable.
Exemple : L'expérience montre que chaque fois que
des femmes lancent des initiatives de conservation et
de protection de leurs richesses naturelles, elles font
systématiquement intervenir leurs connaissances
traditionnelles, leurs expériences pratiques, leur
sensibilité religieuse, leur code de conduite social,
leurs pratiques culturelles et des procédures de leur
cru. C'est pourquoi les femmes ont toujours su
conserver leurs richesses naturelles de façon plus
constructive. C'est le besoin urgent de préserver les
richesses forestières qui a fait jaillir l'idée de la
Forêt Maliti. Maliti signifie le foyer de la mère.
À l'occasion du mariage d'une jeune fille Maliti, ses
camarades sont chargées de planter de jeunes arbres.
Le Mouvement Maliti s'est étendu à 500 villages. Les
femmes d'Uttrakhand ont pris la direction de ce
mouvement culturel afin de préserver la diversité et
le patrimoine culturel de l'Himalaya. (Inde)
Les mécanismes nationaux et les ministères qui
s'intéressent aux questions de parité sont souvent
peu au fait des problèmes écologiques, d'où le
manque de cadres analytiques effectivement
applicables dans les programmes et les politiques
de protection de l'environnement.
Exemple : Pour ce qui est du relais des
préoccupations et des expériences locales par les
politiques nationales, j'ai constaté qu'en Amérique
latine, les nouveaux ministères négligeaient les
politiques de l'environnement ou s'en
désintéressaient. Ils traitent les questions de parité
dans un cadre purement sectoriel. Ils font donc peu
de cas de la féminisation de la pauvreté qui, dans les
économies pauvres, est essentiellement due à
l'épuisement des ressources, ou aux nombreux
problèmes écologiques auxquels les femmes doivent
faire face au quotidien. Il faudrait en conséquence
s'efforcer de mieux faire comprendre les problèmes
écologiques aux fonctionnaires chargés des questions
de parité. Les politiques nationales relatives à la
promotion de la femme devraient aussi prévoir un
volet intégré relatif à l'environnement.
Bien que les politiques nationales tiennent parfois
compte des questions d'égalité entre les sexes, elles
ne se traduisent pas automatiquement par une
participation effective des femmes. De même, le
fait que des femmes siègent dans des comités et des
conseils ne veut pas nécessairement dire que leur
participation a un sens, qu'elles continueront d'y
siéger à long terme ou que la parité sera assurée.
Exemple : La plupart des documents de politique
générale et d'orientation du Bangladesh contiennent
ou appuient des démarches soucieuses d'égalité entre
les sexes. Toutefois, les femmes n'occupent toujours
pas suffisamment de postes de responsabilité et de
décision. Elles interviennent en général à titre
d'éducatrices et d'animatrices aux niveaux familial
et communautaire. On attend le plus souvent d'elles
qu'elles participent à titre gracieux ou à titre
volontaire. Il arrive souvent que des femmes
présentant les qualifications et les compétences
voulues ne soient pas invitées à siéger dans les
instances directrices. Nous l'avons observé dans les
comités chargés de l'approvisionnement en eau et de
l'hygiène publique ainsi que dans les comités des
collectivités locales. (Centre international de
recherche sur les maladies diarrhéiques au
Bangladesh)
Exemple : La Convention sur la lutte contre la
désertification a été ratifiée par plus de 150 pays qui
se sont engagés à prévoir la participation effective
aux niveaux local, national et régional, en faisant une
place aussi large aux femmes qu'aux hommes, à la
planification des politiques, à la prise des décisions
ainsi qu'à l'exécution et à l'examen des programmes
d'action nationaux. Plus de 60 pays ont établi des
programmes d'action nationaux faisant appel à la
participation. Des actions de sensibilisation mettant
l'accent sur la participation des femmes ont été
lancées avec de bons résultats et de nombreux pays
ont fait en sorte que des femmes soient représentées
dans les organes de décision. Depuis peu, toutefois,
les femmes font valoir que siéger dans un comité ne
veut pas nécessairement dire participer dans des
conditions égales et beaucoup sont convaincus qu'il
ne faut plus se contenter d'appliquer de simples
mesures quantitatives. (UNSO/PNUD)
On peut déduire de la manière dont les hommes
considèrent et traitent les femmes au quotidien
leur façon d'envisager la participation des femmes
à la prise de décisions relatives à l'environnement.
Exemple : La majorité des programmes portant sur
la parité dans le domaine de la gestion de
l'environnement ont choisi la voie de la participation
et de l'émancipation des femmes. J'ai toujours
défendu cette approche et continuerai de le faire.
Dernièrement, toutefois, j'ai commencé à examiner
les moyens par lesquels je pourrais aider les hommes
à changer leur perception des femmes afin qu'ils
aillent VOLONTAIREMENT à leur rencontre et les
associent à leurs efforts. Selon moi, le plus efficace,
c'est de partir de l'idée même que les hommes se font
du traitement à réserver aux femmes, de la manière
dont les hommes traitent les femmes quand ils parlent
entre eux, dans les conversations familiales, dans les
films et dans les livres, dans la rue, dans les soirées
- dans la vie de tous les jours. Il faut s'attendre à ce
que les hommes réagissent à la présence d'une femme
à une réunion sur la gestion des ressources de la
même manière que dans les autres sphères du
quotidien. Si nous voulons faire évoluer les
mentalités, il faut le faire dans l'un comme dans
l'autre cadre. (États-Unis)
Les femmes doivent impérativement se regrouper
au sein de collectifs pour pouvoir lutter contre la
détérioration de l'environnement et accéder plus
largement aux ressources naturelles.
Exemple : Un surcroît d'efforts est nécessaire pour
renforcer et promouvoir les groupes de femmes au
niveau local. Les femmes ont les moyens potentiels
de prendre la direction des opérations, aussi faut-il
accroître leurs capacités en leur fournissant une
éducation, une formation, l'accès à tous les types
d'information, etc. L'Himalayan Action Research
Centre a également mis en place un groupe
d'animatrices qui aident les femmes à utiliser,
protéger, conserver et gérer leurs ressources
naturelles. (Inde)
Lorsque les femmes participent activement aux
projets de protection de l'environnement, elles
deviennent chefs communautaires et diversifient
les activités menées au titre des programmes.
Exemple : Je travaille pour le Ministère sud-africain
de l'environnement et du tourisme. Je fais partie de
l'organe de coordination de l'application de la
Convention pour la lutte contre la désertification et
des questions de parité. Je suis chargé du programme
d'action national établi pour ce projet. L'un des
enseignements que j'ai tirés de mon expérience des
questions relatives aux femmes et à l'environnement,
c'est que dans les collectivités locales pauvres où
elles doivent assurer la subsistance de leurs familles,
les femmes finissent par prendre les rênes. Elles
gagnent le respect de la communauté qui leur confie
la responsabilité du groupe lorsqu'elles arrivent à
trouver de nouveaux moyens de dégager des revenus
et de produire ne serait-ce que des quantités minimes
de produits alimentaires à partir de terres stériles.
Une fois organisées, les femmes se trouvant dans
cette situation sont à même de planifier le
développement communautaire, et peuvent même
parfois abandonner leurs fonctions de production
alimentaire pour s'attacher au développement
économique et à la gestion de l'environnement.
(Afrique du Sud)
Il est capital que les femmes disposent
d'informations pour participer effectivement à la
gestion des ressources naturelles, mais les efforts
de sensibilisation ne suffisent pas toujours à faire
avancer les choses.
Exemple : NetWise est un exemple de projet de
création de réseau en faveur du renforcement des
capacités dans la Communauté de développement de
l'Afrique australe, qui s'adresse plus
particulièrement aux décideurs, aux chercheurs et
aux étudiants dans le domaine de la gestion des
ressources naturelles. Le projet NetWise s'appuie sur
un répertoire accessible sur le Web à l'adresse
www.netwise.drfn.org.na et sur CD-ROM, ainsi que
sur un autre site Internet utilisé pour les échanges et
les ateliers virtuels. Les femmes associées à la prise
de décisions sur les ressources naturelles ne sont pas
nécessairement celles-là mêmes qui participent à des
ateliers, des cours de formation, etc. La formation à
l'utilisation du réseau s'adressera en priorité aux
femmes. (Namibie)
Il est capital de fournir des informations et des
ressources en langue locale et selon le mode de
présentation le plus adapté si l'on veut que les
femmes des organisations locales puissent
contribuer pleinement aux programmes de gestion
de l'environnement et des ressources et participer
aux débats sur ces thèmes.
Exemple : Les femmes des organisations locales
devraient être pleinement informées des politiques,
des programmes, ainsi que des déclarations et
documents publiés aux niveaux national et
international concernant les questions écologiques.
Ces documents devraient être traduits dans les
langues locales. Le Centre HARC s'y attache en
créant des centres d'information de village et de
quartier, qui ont permis aux femmes d'avoir
facilement accès à tous types d'informations. Ces
centres d'information devraient être créés à tous les
échelons régionaux (district, État, nation). (Inde)
De nouveaux partenariats et collaborations,
notamment aux niveaux local, national et
international, et des partenariats entre les groupes
de femmes et les groupes écologiques améliorent
l'efficacité des programmes, des projets et des
efforts de vulgarisation dans le domaine de la
protection de l'environnement.
Exemple : Je travaille pour le Rainforest Action
Network (RAN) aux États-Unis. En 1996,
l'Organisation nationale pour les femmes a appelé
l'attention du pays sur la société Mitsubishi qui
s'était rendue coupable de violations massives en
matière de harcèlement sexuel. Les responsables de
mon organisation ont déclaré en conséquence que
nous devions boycotter Mitsubishi non seulement
pour ce motif, mais aussi parce que la Division des
produits ligneux de la société Mitsubishi est l'une des
sociétés qui détériorent le plus l'environnement dans
le monde. Les activités de Mitsubishi contribuent à
la destruction des forêts tropicales humides et
menacent la survie des populations autochtones qui
y vivent. NOW et RAN militent pour que la
communauté internationale maintienne les pressions
exercées sur Mitsubishi et démontre que pour une
société, devenir un paria de l'environnement ou
fermer les yeux sur le harcèlement sexuel n'est pas
bon pour les affaires. (RAN, États-Unis)
4. Programme d'action
visant à renforcer le rôle des femmes
dans la préservation de l'environnement
Redéfinir et étendre la portée des activités de gestion
des ressources afin d'inclure les domaines où les
femmes sont déjà très actives.
Créer des centres d'information villageois qui
diffuseront des informations sur les préoccupations
mondiales et locales selon le mode de présentation le
plus adapté.
Créer des liens entre les groupes communautaires du
monde entier, et entre les organisations de femmes et
les organisations écologiques qui s'efforcent de
protéger leur environnement local, afin de lancer des
campagnes plus puissantes et plus efficaces.
Faire participer les hommes aux débats et aux
discussions concernant les préoccupations des
femmes en matière d'environnement.
Mettre au point des outils d'analyse par sexe
adaptés/adaptables aux divers écosystèmes.
Éduquer les femmes qui travaillent dans des secteurs
comme l'industrie minière, la santé ou l'éducation
aux questions relatives à la durabilité et à la
détérioration de l'environnement afin de s'assurer de
nouveaux concours.
Renforcer les organisations de femmes existantes et
appuyer celles qui se créent en vue de la défense de
l'environnement.
S'appuyer sur les connaissances des femmes en
matière de gestion des ressources naturelles.
Mettre au point des systèmes d'information
sur l'environnement et la gestion des ressources
naturelles.
Avoir recours à la Convention sur la lutte contre la
désertification, nouvel outil de développement faisant
appel à la participation, pour mieux appliquer le
Programme d'action de Beijing.
Former des animatrices à la programmation, à la
planification et à la gestion en matière
d'environnement et les associer à ces activités.
Recruter et former un plus grand nombre d'agents de
vulgarisation de sexe féminin.
S'assurer que les particuliers et les groupes
autochtones prennent part aux débats et aux
décisions.
Accélérer les efforts déployés pour accroître la
participation des femmes à la prise de décisions au
niveau politique ainsi qu'à l'éducation et au
militantisme écologiques au niveau local.
L. La fillette
L'organisation et le contenu du groupe de travail en
ligne sur l'autonomisation de la fillette(14) reflétaient les
multiples questions examinées à la section L du Programme
d'action (La petite fille). Le débat était centré sur cinq
domaines principaux : éducation, violence, exploitation
économique, hygiène sexuelle et santé en matière de
reproduction. L'une des préoccupations majeures des
participants était la persistance de normes culturelles
dévalorisant la fillette et exacerbant une vaste gamme de
problèmes, de la pauvreté à la violence et au travail des
enfants. L'exploitation économique, l'inégalité en matière
d'éducation, la violence généralisée et les sévices sexuels
constituaient d'autres obstacles entravant le progrès. Un
domaine particulièrement important pour les participants
était la question du travail des enfants et les contextes
nationaux spécifiques où existe cette pratique. Les
participants ont souligné qu'il était essentiel d'obtenir la
participation des parents et de la communauté et d'adopter
des approches globales des problèmes auxquels étaient
confrontées les fillettes et les jeunes femmes, et qu'il était
indispensable de mieux comprendre les facteurs complexes
contribuant à l'inégalité des fillettes.
1. Obstacles rencontrés
Persistance de valeurs culturelles et d'attitudes
négatives à l'égard de la fillette, aussi bien chez les
femmes que chez les hommes.
Intégration continue de la violence et des
comportements violents dans la socialisation des
garçons.
Absence de données ventilées par âge.
Manque de compréhension des obstacles et attitudes
spécifiques à l'égard des fillettes entravant leurs
possibilités de développement.
Éducation :
Harcèlement et violence sexuels dans les écoles.
Manuels scolaires et enseignement à tendance sexiste
présentant des stéréotypes masculin-féminin.
Faible taux de scolarisation des fillettes.
Sous-représentation des filles dans les disciplines
scientifiques et technologiques.
Exploitation économique :
Pressions exercées sur les fillettes pour qu'elles
apportent des revenus (travail), ce qui les empêche de
fréquenter l'école et les oriente vers des activités
domestiques et autres emplois peu rémunérés.
Milieu de travail dangereux ou favorisant
l'exploitation des fillettes.
Invisibilité de l'exploitation du travail des fillettes au
sein de la famille.
Violence :
Faible valeur sociale accordée aux fillettes, entraînant
le déni, l'acceptation ou la tolérance de la violence
à leur égard.
Non-déclaration des cas d'inceste et de violences
sexuelles dont sont victimes les préadolescentes.
Graves conséquences à long terme de la non-déclaration des violences sexuelles dont les fillettes
sont victimes et de l'absence de mesures à cet égard
(dévalorisation de soi-même, problèmes
psychologiques et comportement à haut risque
pouvant entraîner une contamination par le VIH/sida).
2. Idée-force
Est-il possible d'éliminer le travail des enfants,
compte tenu des réalités économiques de
nombreuses fillettes et de leur famille?
Les participants ont souligné la complexité de la
question, mentionnant les liens entre l'éducation, le travail
des enfants et la violence, ainsi que les contradictions entre
la dévalorisation des fillettes et la grande importance
accordée à leur travail. D'aucuns ont fait observer que les
conditions de pauvreté existant dans de nombreux pays en
développement exigeaient que les enfants travaillent à un
jeune âge et d'autres ont donné des exemples indiquant que
les fillettes considéraient le travail comme favorisant leur
émancipation. Les participants ont reconnu qu'il était
nécessaire de définir plus précisément les notions de
travail ou d'exploitation, de mieux comprendre des
variables comme l'âge, les différences ethniques, la culture
et les normes sociales en ce qui concerne l'élaboration de
programmes et de politiques relatifs au travail des enfants.
3. Enseignements tirés
L'adoption d'approches globales de l'éducation
et de l'autonomisation des fillettes constitue le
meilleur moyen de surmonter les problèmes
interdépendants très graves auxquels elles sont
confrontées, notamment la violence, l'exploitation
et les sévices sexuels, l'exploitation dans le travail,
la pauvreté et la discrimination.
Exemple : Lorsque nous sommes arrivées ici, nous
ne savions ni écrire ni lire, nous étions assises en
cercle, comme des pierres et pouvions à peine
répondre aux questions. Sept mois plus tard, nous
savons lire et écrire des lettres, et nous sommes
conscientes de nos droits et de nos besoins, nous
avons pris connaissance de nombreuses lois sur la
violence contre les enfants et les femmes, et avons
appris beaucoup sur la calamité de la dot, l'hygiène
personnelle, la parité entre les sexes et les risques de
grossesse précoce. Auparavant, nous étions liées par
les superstitions et n'avions pas notre mot à dire
dans nos familles. Maintenant nous prenons nos
propres décisions; nous avons empêché le mariage
précoce d'un membre de notre groupe, ayant
convaincu ses parents qu'un tel mariage était illégal
et que la santé de leur fille était menacée. (Action-Aid, Bangladesh)
Exemple : La Women's Health Organization of
Nigeria : le projet Youth Action (YAP), lancé en
octobre 1996, a pour but d'autonomiser les fillettes,
notamment en application des instruments dont le
Nigéria est signataire. Les mesures prises à cet effet
sont les suivantes : 1) diffuser des informations qui
aideront les adolescentes à comprendre leur sexualité
et les protégeront des grossesses non désirées, des
maladies sexuellement transmissibles et des risques
subséquents de stérilité et de décès résultant d'une
infection par le VIH; 2) permettre aux adolescentes
d'accroître leur confiance en elles et d'acquérir les
moyens de mener une vie sexuelle et reproductive
plus satisfaisante; 3) fournir aux jeunes des services
de santé en matière de reproduction en assurant la
confidentialité et la qualité des soins dispensés;
4) organiser des activités professionnelles et de cours
de perfectionnement à l'intention des jeunes filles,
afin de leur permettre de choisir en connaissance de
cause entre les différentes options offertes au cours
de leur vie; et 5) associer les adolescentes à
l'élaboration, la planification et la mise en oeuvre de
projets visant à répondre à leurs besoins. Le projet
YAP donne à la fillette les moyens d'acquérir la force
intérieure lui permettant de faire valoir et de
défendre ses droits, de prendre confiance en elle, de
prendre conscience de son identité, d'avoir une
meilleure image d'elle-même et d'exercer un contrôle
sur sa vie et ses relations personnelles et sociales ,
et de prendre des décisions en connaissance de
cause. (WHON, Nigéria)
Il est essentiel d'associer les parents et les
communautés et de renforcer leur appui à
l'éducation et à l'autonomisation des filles.
Exemple : Je travaille avec un programme de Rozan,
appelé Aangan, qui s'occupe depuis cinq ans des
enfants et des adolescents. Le programme est centré
sur la santé émotionnelle des enfants, en général, et
les violences sexuelles dont ils sont victimes, en
particulier. Notre équipe comprend notamment des
psychiatres, des psychologues, des enseignants, des
responsables communautaires, des chercheurs et de
jeunes volontaires. L'équipe Aangan, qui travaille
depuis un certain temps avec la communauté, a
estimé que traiter séparément la question des
violences sexuelles contre les enfants n'était pas le
meilleur moyen d'aborder le problème; il fallait aider
les enfants et les adolescents à prendre confiance en
eux, à acquérir des compétences en matière de
communication et de relations interpersonnelles, à
prendre conscience des systèmes de soutien existant
autour d'eux et à établir des liens avec ces systèmes.
Ce problème touchait en particulier les filles qui sont
souvent incapables de s'exprimer ou de parler
d'elles-mêmes. Compte tenu de cet aspect, Aangan
a mis au point un système permettant de parler des
questions personnelles dans un contexte de confiance.
Des séries de 8 à 10 sessions portant sur le respect
de soi, les émotions, les sentiments, la
communication, les sexospécificités et les violences
sexuelles contre les enfants sont organisées dans le
cadre du programme. Un succès majeur pour Aangan
à ce sujet a été la publication d'une série d'articles
sur les sévices sexuels exercés contre les enfants dans
la section d'un journal local en anglais réservé aux
enfants. En réponse à ces articles, intitulés Notre
corps, nous-mêmes, qui portaient également sur
l'image que les enfants ont de leur corps, Aangan a
reçu environ 450 lettres, non seulement de victimes
et de survivants de sévices sexuels mais également
d'enfants qui exposaient leurs préoccupations en
matière d'hygiène sexuelle. Compte tenu du nombre
considérable de réponses qu'ils ont reçues, la
publication et le programme Aangan ont établi des
relations de collaboration et lancé une page
mensuelle où les enfants nous écrivaient pour nous
exposer leurs problèmes et nous demander de les
aider. (Pakistan)
Exemple : (TADO) a mis en place un programme
d'appui à l'éducation des filles dans la région nord
du Ghana, où le taux de scolarisation des fillettes est
le plus faible de tout le pays; les taux d'abandon
scolaire y sont aussi extrêmement élevés. Notre
programme s'efforce d'encourager les fillettes des
zones rurales à fréquenter l'école. Nous avons
entrepris de dispenser une formation en cours
d'emploi à la plupart de nos agents dans le domaine
de l'éducation (enseignants, chefs d'établissement,
administrateurs locaux, etc.) sur les questions liées
aux sexospécificités - reflétant principalement leurs
incidences sur l'éducation des filles. Nous avons
également organisé des sessions à l'intention des
élèves chargés de la discipline dans les écoles
primaires et les écoles secondaires du premier cycle,
afin de leur fournir des informations utiles qui les
maintiendront à l'école. (Ghana)
Exemple : Nous avons constaté que le meilleur moyen
d'améliorer la condition des fillettes était l'éducation
des mères en tant que ressources humaines. Si les
mères sont alphabétisées, leurs filles seront
instruites, même si elles ne sont pas envoyées à
l'école. Si les mères ont le sentiment d'être
intelligentes et se sentent appréciées, elles
communiqueront ce sentiment à leurs filles. Conférer
à la mère un rôle dans lequel elle est respectée et où
on attend qu'elle contribue au processus de prise de
décisions est un aspect essentiel de la valorisation de
la fillette. Tous nos cours de formation ont un
caractère global, comprenant l'alphabétisation,
l'acquisition de compétences techniques, la culture
de plantes médicinales, etc. Nous avons également
noté que, lorsque les parents participent à la
préparation à la vie familiale et se familiarisent avec
les principes de consultation et d'unité, ils prennent
bien plus conscience de l'importance et de la valeur
de la fillette en tant qu'être humain. Le fait qu'ils
participent ensemble à la formation permet
également aux hommes de voir les femmes comme des
égales et de tenir compte de leurs avis et de leurs
décisions. (Inde)
L'organisation de stages réservés aux fillettes,
visant à démystifier la science et la technologie et
à faire prendre conscience aux filles des
possibilités de carrière, permet d'attirer et de
retenir un plus grand nombre de femmes et de
jeunes filles dans les domaines des sciences et de
la technologie.
Exemple : Je fais partie d'un réseau
multidisciplinaire pour MAWHN (Multi-Disciplinary
African Women's Health Network). L'expérience du
Ghana en ce qui concerne l'éducation des filles
mérite d'être racontée. Depuis plus de cinq ans, le
Ministère de l'éducation s'inquiétait du faible
nombre de filles étudiant les sciences et les
mathématiques aux niveaux supérieurs. Il a donc
organisé un stage sur les sciences et les
mathématiques à leur intention, d'une journée pour
commencer, mais qui s'est poursuivi sur plusieurs
jours. L'objectif était de démystifier les sciences et
les mathématiques, de faire connaître aux
participantes les possibilités de carrière et de
promotion, et de les mettre en contact avec des
modèles identificatoires dans le pays - des femmes
ayant eu des expériences analogues. Le projet ayant
tenu des résultats qui ont dépassé les espérances, il
existe maintenant une unité complète pour
l'enseignement des sciences et des mathématiques.
En fait, le nombre de filles demandant à suivre des
études scientifiques et de mathématiques dans les
établissements d'enseignement supérieur a augmenté.
(Ghana)
Les principaux aspects de la programmation
visant à réduire la violence contre les fillettes
portent sur leurs droits, leur protection et leur
autonomisation, et associent aussi les garçons.
Exemple : Notre projet intitulé Développement du
potentiel par l'éducation - égalité des droits et des
chances pour les filles et les garçons a pour objectif
de réduire la violence contre les filles et les femmes
en dispensant une formation antisexiste aux filles et
aux garçons. Cette méthode donne de très bons
résultats lorsque les adolescents sont associés au
processus. Notre programme a été lancé il y a
environ quatre ans et nous pouvons citer de
nombreux exemples de bonnes pratiques; il comprend
quatre parties : établissement d'une bonne
communication (transformation des situations de
conflit), dialogue sur la diversité (éducation
concernant l'égalité des sexes et droits de l'homme),
le fait d'être autonome favorise l'interaction avec
autrui (gestion, direction et création d'équipes), la
voie vers la non-violence (prévention de la violence,
en particulier du trafic d'êtres humains). (Ukraine)
L'exploitation du travail des fillettes dans la
famille limite pour une large part leurs possibilités
en matière d'éducation et est étroitement liée aux
attitudes sur la valeur du travail et la contribution
des femmes et des filles, lesquelles perpétuent les
inégalités.
Exemple : ROSHNI travaille avec les femmes et les
fillettes, centrant son attention sur la fillette
musulmane car les femmes de cette communauté ont
pris, pour la plupart, un retard important par rapport
aux autres femmes dans les domaines éducationnel,
social et économique. Nous concentrons nos efforts
sur les taudis de Chennai et nous efforçons d'éduquer
les femmes illettrées et les élèves qui ont abandonné
leurs études. Nous mettons également en oeuvre des
programmes de formation professionnelle et
fournissons une aide à l'emploi dans la mesure du
possible. ROSHNI administre également une école
informelle pour les filles, afin qu'elles cessent de
travailler. Dans mon État, les filles travaillent dans
des fabriques de cigarettes (beedies). Nous
dispensons une formation professionnelle pour des
emplois de bureau et de secrétariat, et dans la
confection. Il existe des cours d'anglais parlé visant
à améliorer l'aptitude des élèves à communiquer.
Tous ces services sont dispensés gratuitement aux
jeunes filles, dans leur propre quartier car elles ne
sont pas autorisées par leur famille à aller travailler
ou à apprendre un métier. Nous avons formé
500 jeunes filles en cinq ans et leur avons trouvé un
emploi. Nous leur avons fourni des machines, afin
qu'elles puissent continuer à travailler dans la
confection et, le cas échéant, nous les avons mêmes
nourries. Nous avons également organisé des cours
pour les informer de leurs droits, et fournissons des
services d'orientation et une assistance juridique
gratuite, si besoin est. (Inde)
4. Programme d'action pour autonomiser
les fillettes
Associer directement et activement les garçons à
l'élimination de la discrimination fondée sur le sexe
et à la promotion du respect mutuel.
Accorder plus d'attention à l'élimination de l'inceste
et des violences sexuelles dont sont victimes les
préadolescentes.
Associer les fillettes à l'élaboration, à la mise en
oeuvre et à l'évaluation de toutes les interventions.
Accorder plus d'attention au travail des fillettes dans
le cadre familial.
Établir un réseau d'organisations en faveur des
fillettes, y compris les instituts de valorisation des
ressources et les centres de formation à leur intention.
Élaborer des programmes globaux et intégrés à
l'intention des fillettes, comprenant les aspects
suivants : éducation, autonomisation, acquisition de
compétences en matière de négociation et de
direction, santé, etc.
Associer les parents et les communautés à l'exécution
des programmes, encourager leur appui à l'éducation
et à la formation des fillettes, et fournir un soutien
aux mères en particulier.
Réduire la violence à l'égard des fillettes et leur
exploitation en mettant l'accent sur leurs droits,
l'acquisition d'un potentiel et la participation.
Collecter et analyser les données ventilées par âge
pour la programmation, les activités de plaidoyer et
l'élaboration des politiques.
Effectuer des recherches plus nombreuses et de meilleure qualité sur la situation des fillettes et sur l'influence des mères, des familles et des communautés sur les possibilités et les choix qui leur sont offerts. |
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Annexe Pays représentés dans les groupes de travail
Note : La liste représente les pays des membres actifs (c'est-à-dire ceux qui ont affiché un message indiquant leur pays d'origine). Il est impossible d'identifier les pays des membres qui n'ont pas affiché de messages, car un pourcentage important des adresses électroniques est global et n'indique pas le pays d'origine du possesseur.
1. 1 Deux des groupes de travail ont dérogé à ce calendrier. Le groupe sur la violence a fonctionné d'octobre 1998 à janvier 2000 et le groupe sur les mécanismes nationaux du 8 février au 19 mars 1999. 2. 2 À l'exception du groupe sur la violence, dont les débats ont duré 16 mois et étaient encadrés par UNIFEM. 3. 3 Le groupe consultatif pour les débats consacrés au thème Sortir les femmes de la pauvreté était composé de Savitri Bisnath (Université Cornell), Natalia Zakharova (Division de la promotion de la femme) et de Marisa Kohan (UNIFEM). 4. 4 Le groupe consultatif pour les débats consacrés à l'égalité dans l'enseignement était composé de Nelly Stromquist (University of South California), Aicha Bah-Diallo (UNESCO), de représentantes de la Fédération africaine des femmes entrepreneurs, Maria Hartl (Division de la promotion de la femme) et Dong Wu (Division de la promotion de la femme). 5. 5 Le groupe consultatif pour les débats sur la promotion de la santé des femmes se composait de Lesley Doyal (Université de Bristol), de représentants d'ARROW, de Marie Hartl et Dong Wu (Division de la promotion de la femme). 6. 6 Le débat sur la violence a été inauguré pour UNIFEM en octobre 1998 et s'est poursuivi jusqu'en janvier 2000. Un grand nombre de fonctionnaires d'UNIFEM ont fourni des avis en vue de ce débat et y ont contribué. 7. 7 Le groupe consultatif pour les débats sur les femmes et les conflits armés était composé de Gita Raj et Eugenia Piza-Lopez (International Alert), Valerie Oosterveldt (Université de Toronto), Comfort Lamptey (UNIFEM), Jane Connors (Division de la promotion de la femme) et Kerri Power (Division de la promotion de la femme). 8. 8 Le groupe consultatif pour les débats sur l'élimination des inégalités économiques était composé de Diane Elson et Nazneen Damji (UNIFEM), de Semia Guermas de Tapia (Division de la promotion de la femme) et de Marisa Kohan (UNIFEM). 9. 9 Le groupe consultatif pour les débats sur la participation des femmes à la vie politique et à la prise de décisions était composé de Zonni Woods, Laufitu Taylor (UNIFEM-Fidji), Natalia Zakharova et Kerri Power (Division de la promotion de la femme). 10. 10 Le groupe consultatif pour les débats sur les mécanismes nationaux comprenait Christina Janssen et les membres de WomenWatch. 11. Le groupe consultatif pour les débats sur la réalisation des droits fondamentaux des femmes était composé de membres du Centre for Women's Global Leadership et de Marisa Kohan (UNIFEM). 12. 12 Le débat sur les femmes et les médias a été dirigé par WomenAction 2000. Le groupe consultatif comprenait des représentantes de WomenAction 2000, Daphne Plou (APC Women's Networking Support Program), Young-Lan Kim et Jin-Sook Doo (Research Institute for Asian Women, Université Sook-Myung) et Marisa Kohan (UNIFEM). 13. 13 Le groupe consultatif pour les débats sur le renforcement du rôle des femmes dans la préservation de l'environnement était composé de Lene Poulsen et Heather Denbow (UNSO/PNUD) et de Mac Hengari et Kerri Power (Division de la promotion de la femme). 14. 14 Le groupe consultatif pour les débats sur l'autonomisation de la fillette était composé des membres du groupe de travail de l'UNICEF sur les fillettes, de Koh Miyaoi (Division de la promotion de la femme) et de Dong Wu (Division de la promotion de la femme). |