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E/CN.6/2000/PC/CRP.1




27 janvier 2000
Français
Original: anglais



Commission de la condition de la femme
agissant en tant que comité préparatoire
de la session extraordinaire de l'Assemblée générale
intitulée Les femmes en l'an 2000 : égalité entre les sexes,
développement et paix pour le XXIe siècle
Troisième session
3-17 mars 2000
Point 2 de l'ordre du jour provisoire*
Préparatifs de la session extraordinaire de l'Assemblée générale intitulée
Les femmes en l'an 2000 : égalité entre les sexes, développement et paix
pour le XXIe siècle

 

Résumé des travaux des groupes de travail en ligne
sur les douze domaines critiques

du Programme d'action de Beijing

Note du Secrétaire général


  1. En 1999, WomenWatch a organisé, à l'échelle mondiale, des groupes en ligne en vue de recueillir des informations sur la mise en application des 12 domaines critiques du Programme d'action de Beijing.
  2. Les membres des groupes de travail représentaient plus de 120 pays et comprenaient notamment des organisations non gouvernementales (ONG), des représentants de gouvernements, des organisations intergouvernementales et des chercheurs.
  3. Les groupes de travail se sont tout particulièrement employés à mettre en lumière :
    1. a) Les politiques, la législation, les stratégies et les partenariats qui ont favorisé l'accession des femmes à l'égalité ;

      b) Des études de cas, les meilleures pratiques optimales, des exemples d'efforts fructueux entrepris par les pouvoirs publics, le secteur privé et la société civile, ainsi que les enseignements tirés;

      c) Les obstacles qui subsistent et les moyens de les surmonter.


  4. WomenWatch est la passerelle qu'offre l'Organisation des Nations Unies pour accéder à des informations en provenance du monde entier sur les préoccupations des femmes, l'évolution de leur situation et l'état de leur accession à l'égalité. Le site a été créé par la Division de la promotion de la femme, du Secrétariat, le Fonds de développement des Nations Unies pour la femme (UNIFEM) et l'Institut international de recherche et de formation pour la promotion de la femme. WomenWatch est un projet interorganisations auquel participent de nombreux organismes des Nations Unies.

Mise en application du Programme d'action de Beijing au cours de la période 1995-2000 : la voix des défenseurs de la condition féminine, des chercheurs, des représentants des gouvernements et des organisations de la société civile

Résumé des travaux des groupes de travail en ligne

Table des matières

I. Récapitulatif

II. Introduction

III. Les domaines critiques

    A. Les femmes et la pauvreté

    B. Éducation et formation des femmes

    C. Les femmes et la santé

    D. La violence à l'égard des femmes

    E. Les femmes et les conflits armés

    F. Les femmes et l'économie

    G. La participation des femmes à la vie politique et à la prise de décisions

    H. Mécanismes institutionnels chargés de favoriser la promotion de la femme

    I. Les droits fondamentaux des femmes

    J. Les femmes et les médias

    K. Les femmes et l'environnement

    L. La fillette

Annexe

    Pays représentés dans les groupes de travail



I. Récapitulatif

Dans le cadre des préparatifs de l'évaluation des cinq années écoulées depuis la conférence de Beijing, quelque 10 000 personnes se sont associées aux groupes de travail en ligne de WomenWatch pour analyser les progrès accomplis dans la mise en application du Programme d'action de Beijing. On a ainsi pu réunir, de toutes les régions du monde, des enseignements et des stratégies qui devraient pouvoir guider les interventions futures. Plus de 120 pays ont été représentés dans les groupes de travail qui ont échangé des informations sur les progrès accomplis, les obstacles encore en place, les enseignements tirés et les pratiques optimales. Si les résultats de ces échanges ne sont ni exhaustifs ni définitifs, ils témoignent néanmoins de la richesse des expériences qu'ont vécues tous ceux qui uvrent à promouvoir l'égalité entre les sexes. Ils constituent aussi une excellente source d'idées et de stratégies susceptibles d'être empruntées et adaptées selon que de besoin. Comme l'a fait observer un participant, Dans certains processus de l'Organisation des Nations Unies, tels que l'Évaluation de la mise en application du Programme d'action de Beijing, il nous est parfois demandé de nous prononcer formellement sur les souhaits et les aspirations des femmes - ce qui nous conduit parfois à des généralisations, au risque de marginaliser davantage encore celles qui n'ont déjà pas voix au chapitre. Nous devons veiller à ne pas parler des femmes en termes universels. (Philippines)

Pour les 12 domaines critiques, les obstacles, les enseignements et les pratiques sont tantôt communs, tantôt spécifiques. Ils laissent cependant apparaître, dans l'ensemble, un certain nombre de tendances. Quels obstacles communs s'opposent à la réalisation de progrès dans les domaines critiques et quelles mesures faudrait-il prendre à cet égard? Quels enseignements communs peut-on tirer des expériences rapportées dans ces échanges?



Obstacles communs à la réalisation de progrès

Pour l'ensemble des domaines critiques, on a, à maintes reprises, relevé un certain nombre d'obstacles qui entravent sensiblement la réalisation des objectifs convenus lors de la quatrième Conférence mondiale sur les femmes. La majorité de ces obstacles ne sont pas nouveaux mais leur élimination s'avère laborieuse.

Un certain nombre de valeurs culturelles, de normes de société et de croyances religieuses accordent une valeur moindre à l'apport, aux idées et à la vie des femmes et des filles.

Les processus de prise de décisions et d'orientation font peu de place aux femmes et à la question de l'égalité entre les sexes.

Les avantages et les retombées préjudiciables de la libéralisation des échanges, de la mondialisation et de la privatisation sont contradictoires et inégaux, les femmes beaucoup plus touchées par les conséquences négatives.

On ne dispose souvent pas de données ventilées par sexe.

La violence qui, fondée ou non sur des croyances religieuses discriminatoires, s'exerce contre les femmes et les filles au foyer, à l'école ou dans les médias, continue de s'accentuer.

Il n'existe pas de volonté politique suffisante pour engager les actions susceptibles d'induire un changement durable.



Enseignements tirés

Les enseignements qu'ont tirés et partagés les membres des groupes de travail constituent d'importants axes de référence pour les futures actions de mise en application du Programme de travail. Si la plupart de ces enseignements revêtaient un caractère spécifique, ils ont également laissé apparaître plusieurs points communs:

Il faut associer étroitement la législation visant à créer un cadre propice à l'instauration de l'égalité entre les sexes à des stratégies d'éducation et de sensibilisation.

Pour modifier les attitudes et les pratiques qui entravent la réalisation de l'égalité entre les sexes, il apparaît essentiel de sensibiliser les enfants dès leur jeune âge et d'accorder une importance particulière à la question de l'égalité dans l'enseignement formel et non formel.

Il ne suffit pas, pour assurer le changement, d'accroître la représentation des femmes au sein de l'administration ou dans d'autres sphères de prise de décisions ou encore de décréter l'égalité entre les sexes par voie de législation. De telles mesures n'ont pas d'effets automatiques sur l'évolution de la situation.

L'examen du problème de la parité entre les sexes, dans le cadre d'une réflexion à long terme, peut souvent conduire à l'adoption de stratégies intégrées et efficaces. Par exemple, l'examen de la violence liée aux armes à feu, du point de vue de la santé et de la prévention des traumatismes plutôt que sous le seul angle de la sécurité, peut élargir le cadre du plaidoyer et des interventions.

Les démarches intégrées menées sur plusieurs fronts jouent un rôle déterminant dans la dynamique du changement, qu'elles interviennent dans les domaines des soins de santé, de l'éducation, de la sensibilisation ou des droits de l'homme.

Les interventions aux échelons mondial, national et local et les stratégies définies en fonction des contextes jouent un rôle décisif dans l'instauration d'un changement durable en faveur des femmes, que ce soit dans le règlement des conflits, l'élaboration d'outils appropriés pour l'analyse des questions de parité entre les sexes ou l'animation de débats.



Quelques points saillants des échanges

des groupes de travail

Les groupes de travail ont procédé à un échange des nombreuses expériences concrètes qu'ils ont vécues et des multiples enseignements qu'ils ont tirés au cours des cinq dernières années.

Les participants ont souligné combien il importait d'orienter les efforts vers l'éducation des jeunes enfants.

L'Equal Opportunities Commission a concentré ses efforts sur l'éducation des jeunes enfants dans le cadre d'une stratégie visant à promouvoir l'égalité des chances. Il s'agit d'incorporer ces notions à la vie de l'école plutôt que d'en faire l'objet d'une autre matière d'enseignement. On a ainsi élaboré, à l'intention des enfants d'âge préscolaire, un module de formation comportant des livres d'images, des matériaux didactiques, des jeux et des chansons. Des ateliers de formation ont été organisés à l'intention de plus de 700 enseignants des écoles maternelles et des jardins d'enfants. Plus de la moitié des jardins d'enfants de Hong Kong y ont participé. (Hong Kong)

Les participants ont décrit les services de soins de santé parallèles que les femmes mettaient en place.

Nous nous efforçons de concevoir un autre système de soins de santé, qui sera géré par la fédération des associations locales de femmes. Notre organisation veille à ce que ces associations prennent en mains les processus de prise de décisions et de gestion. À quelques exceptions près, toutes les interventions en cours consistent à sensibiliser et à desservir celles qui, déjà, sont sensibilisées et ont accès à des services qui ne parviennent jamais aux villageoises pauvres et analphabètes. En termes d'équité, une telle démarche se justifie-t-elle?(Népal)

Les participants ont favorablement accueilli la législation et les politiques nouvelles concernant les droits et la représentation des femmes.

La politique de l'action positive a considérablement contribué à renforcer la participation des femmes à la vie politique et publique en Ouganda. Ici, chaque district doit élire au parlement une femme qui représente les femmes au sein de cette institution, mais de surcroît, les femmes peuvent se faire élire en fonction du mérite. L'action positive a ainsi conduit au parlement plus de 40 femmes et a permis à de nombreuses femmes d'occuper des fonctions publiques dans un certain nombre d'institutions - l'Ouganda étant le seul pays africain où une femme occupe le poste de Vice-Présidente! (Ouganda)

Les participants découvrent de nouveaux modes de gestion des conflits.

Nous nous efforçons de déplacer la question de la violence liée aux armes à feu du seul cadre de la sécurité et des conflits pour la recentrer en rapport avec la santé et la prévention des traumatismes. Au regard du conflit ou du traumatisme, il s'agit désormais d'intervenir en amont plutôt qu'en aval. Cette démarche se fonde sur la Charte d'Ottawa pour la promotion de la santé, qui stipule que toute personne a droit au bien-être mental, physique et social. (Australie)

Les participants franchissent les divisions ethniques pour instaurer la paix.

Je voudrais partager avec vous quelques-unes des stratégies et méthodes utilisées par les associations de femmes à Chypre. S'agissant de la constitution du groupe, les participants conviennent, dès le départ, qu'elles ne représentent qu'elles-mêmes et non pas, par exemple, des organisations non gouvernementales (ONG). Elles conviennent en même temps que notre objectif est de nous exprimer et de comprendre des besoins plutôt que d'affirmer des positions politiques. Initialement, les femmes, qui appartiennent à deux groupes ethniques différents, ont des attitudes complètement différentes et sont choquées par ces différences. Nous leur donnons l'occasion de décrire les périodes les plus traumatisantes de leur histoire. À ce stade, les deux groupes commencent à fusionner. Le nouveau groupe qui se forme ainsi n'a ni structure, ni responsable, ni hiérarchie et chacun s'y sent l'égale des autres. Tout au long de ce processus, les femmes mènent une quête en elles-mêmes. Le changement vient de l'intérieur et non pas de l'extérieur. (Chypre)

Les participants créent et encouragent des partenariats en vue de promouvoir l'accession des femmes à l'égalité.

Organisées et créatives, les femmes des secteurs informels (vendeuses des rues) se sont regroupées et, en association avec les hommes, ont constitué des groupes chargés d'engager la concertation et d'assurer la défense de leurs intérêts. À Cebu, des organisations populaires et des organisations non gouvernementales ont constitué, avec les collectivités locales, des organismes tripartites chargés de suivre les questions qui concernent les vendeurs des rues et le code d'administration locale. Cette stratégie de partenariat démontre qu'il est possible de créer des sociétés civiles grâce à la mise en place de réseaux, à l'organisation et à l'éducation. (Philippines)



* * *




II. Introduction



L'Organisation des Nations Unies entame l'examen quinquennal de l'application du Programme d'action de Beijing avec, à sa disposition, une grande diversité de connaissances et d'expériences, d'expérimentations et de stratégies. Nombre d'organisations non gouvernementales, de chercheurs, de particuliers, d'organisations intergouvernementales, de gouvernements, d'organismes bilatéraux et multilatéraux et d'institutions spécialisées ont apporté d'importantes contributions. De quels succès peut-on se prévaloir depuis 1995? Quels obstacles continuent d'entraver l'exécution de la série ambitieuse de tâches qui restent à accomplir? Quels enseignements peut-on retirer des cinq années écoulées et quels nouveaux défis les femmes doivent-elles relever? Quelles mesures et initiatives concrètes peut-on prendre pour surmonter les obstacles qui empêchent la pleine application du Programme d'action?

En 1999, le projet WomenWatch a réuni des particuliers représentant différentes organisations, professions et régions du monde afin qu'ils partagent leur expérience touchant la mise en oeuvre du Programme d'action de Beijing. Ils ont été répartis en 12 groupes de travail en ligne recouvrant chacun un domaine critique. Ces groupes de travail qui fonctionnaient par messagerie électronique s'inscrivaient dans un cadre général commun et avaient principalement pour objectif d'identifier ce qui suit :

Les politiques, législations, stratégies et partenariats visant à promouvoir l'égalité entre les sexes qui avaient donné de bons résultats;

Les études de cas, meilleures pratiques et autres exemples d'expériences réussies menées par les pouvoirs publics, le secteur privé ou la société civile ainsi que les enseignements à en retirer;

Les obstacles qui continuent d'entraver les progrès et les moyens de les surmonter.



Qu'est-ce que WomenWatch?
WomenWatch constitue pour l'ONU la plaque tournante des échanges d'informations à l'échelle mondiale sur les préoccupations des femmes et les progrès que celles-ci accomplissent dans leur lutte pour l'égalité. Lancé par la Division de la promotion de la femme du Secrétariat, le Fonds de développement des Nations Unies pour la femme et l'Institut international de recherche et de formation pour la promotion de la femme, WomenWatch est un projet interinstitutions qui fait appel à nombre d'organismes des Nations Unies.
On trouvera WomenWatch sur le Web à l'adresse suivante : http://www.un.org/womenwatch


De septembre à décembre 1999(1), une dizaine de milliers de personnes ont tenu un débat collectif, mis en commun ce que l'expérience leur avait appris et apporté leur contribution à Beijing+5 dans le cadre de groupes de travail. Le résultat a été un foisonnement d'idées concrètes appelées à orienter de façon décisive la poursuite de la réalisation des objectifs du Programme d'action : égalité, développement et paix.



Groupes de travail

1. Sortir les femmes de la pauvreté

2. Établir l'égalité dans l'enseignement

3 Assurer et promouvoir la santé des femmes

4. Mettre fin à la violence contre les femmes

5. Les femmes et les conflits armés

6. Mettre fin à l'inégalité économique des femmes

7. Favoriser l'accès des femmes à l'exercice du pouvoir et à la prise de décisions

8. Mécanismes nationaux pour l'égalité des hommes et des femmes

9. Réaliser les droits fondamentaux des femmes

10. Les femmes et les médias

11. Renforcer le rôle des femmes dans la protection de l'environnement

12. Autonomiser les petites filles



En bref

Qui a participé aux groupes de travail en ligne?

Les groupes de travail ont réuni une dizaine de milliers de personnes dans plus de 120 pays.
Environ 10 % d'entre elles, soit un millier de personnes, ont apporté une contribution de fond qui a été examinée par l'ensemble du groupe. Beaucoup d'autres ont eu des échanges individuels qui n'ont pas été diffusés à tous les participants mais ont néanmoins contribué à enrichir le dialogue général.
La répartition géographique moyenne des participants était la suivante :
Amérique du Nord : 35 %
Europe (pays en transition d'Europe centrale et orientale compris) : 17 %
Asie : 17 %
Afrique : 13 %
Amérique latine : 6 %
Pacifique : 4 %
Asie occidentale : 2,5 %
Caraïbes : 2 %
Bien que seuls 19 % de tous les internautes résident en dehors de l'Europe et de l'Amérique du Nord, près de la moitié des participants aux groupes de travail étaient du Sud. Le rapport Nord-Sud s'établissait à 58 % pour le Nord et 42 % pour le Sud**. Ces pourcentages variaient énormément de groupe à groupe, deux d'entre eux - celui sur l'environnement et celui sur la prise de décisions - attirant davantage de participants du Sud que du Nord.
En moyenne, la moitié des participants représentaient des organisations non gouvernementales.
Les pouvoirs publics étaient particulièrement bien représentés dans les groupes suivants : mécanismes nationaux (30 %), environnement (15 %), pouvoir et prise de décisions (13 %) et santé (13 %).
Les universitaires et les chercheurs qui formaient en moyenne 24 % des participants étaient particulièrement bien représentés dans les groupes suivants : éducation (40 %) et économie (30 %).
Les organisations intergouvernementales (à savoir l'Organisation des Nations Unies et la Banque mondiale) comptaient le moins de représentants (7 %).
** La participation du Sud a probablement été plus forte que ce chiffre ne l'indique car certains messages portaient une adresse électronique globale qui permettait difficilement de déceler le pays d'origine de l'expéditeur. L'Europe orientale a en outre été rangée dans le Nord.




Méthodes

Chaque groupe de travail en ligne a fonctionné pendant six semaines; il était encadré par un groupe consultatif d'experts de la question à l'examen(2), comprenant notamment un animateur habitué à diriger des forums électroniques.

Pour chaque groupe de discussion, ce groupe consultatif comprenait, outre l'animateur, des conseillers thématiques et un coordonnateur WomenWatch (la composition du groupe consultatif est donnée dans une note de bas de page au début de chaque chapitre). WomenWatch a contacté un grand nombre d'organismes des Nations Unies, d'organisations non gouvernementales et de particuliers ayant une connaissance approfondie et une grande expérience du domaine critique considéré et choisi les membres du groupe sur la base de leurs compétences parmi les spécialistes disposés à consacrer une partie de leur temps au groupe de travail sur une durée de six semaines.

Pour chacun des forums de discussion, il appartenait au groupe consultatif d'orienter les débats. L'animateur dirigeait les travaux du groupe par le biais de messages hebdomadaires et s'assurait qu'ils restaient bien axés sur les obstacles rencontrés, les enseignements tirés de l'expérience et l'élaboration de recommandations. Chaque animateur a établi un rapport sur les conclusions du groupe de travail, en consultation avec les autres membres du groupe consultatif.

Le centre de recherche pédagogique EDC-USA a apporté un appui de fond en aidant à approfondir les sujets à examiner; il a également contribué à la coordination et à la campagne d'information. Il a aussi assuré l'animation des groupes de travail au jour le jour, sauf en ce qui concerne celui consacré aux femmes et les médias (WomenAction 2000) et celui axé sur les mécanismes nationaux (Christina Janssen).

Les groupes de travail étaient ouverts à tous. Quelque 17 000 particuliers et organisations avaient été invités, soit directement soit par l'intermédiaire de gestionnaires Listserv. Les campagnes d'information avaient surtout visé des organisations non gouvernementales féminines, des centres d'études sur les rôles des hommes et des femmes, des responsables d'administrations publiques et des organisations multilatérales et bilatérales. Elles ont été particulièrement intenses dans le Sud et environ 40 % des invitations sont allées à des particuliers et des organisations dans les pays en développement. L'invitation a en outre été diffusée par l'intermédiaire de réseaux privés et affichée sur les sites Web de WomenWatch et d'UNIFEM.

On peut consulter les archives des groupes de travail sur le Web à l'adresse suivante : http://www.un.org/ womenwatch/forum. Le stockage des archives a été assuré par le Programme de constitution de réseaux pour le développement durable du Programme des Nations Unies pour le développement.



Le présent rapport : renseignements de caractère général

Le présent rapport a pour objet de regrouper et diffuser les diverses idées qui ont jailli de chacun des groupes de travail de WomenWatch. Établi par Alice Mastrangelo, avec le concours du comité WomenWatch, des groupes consultatifs et des animateurs de l'EDC, il s'inspire des rapports finals présentés par les animateurs des groupes de travail, ainsi que des résumés hebdomadaires des travaux de chacun de ces groupes et des messages individuels qui ont été reçus. Sans prétendre aborder tous les sujets ou problèmes abordés, ce qui serait impossible, il tente de mettre en lumière les questions que les participants se sont généralement accordés à juger fondamentales et d'en tirer des enseignements spécifiques susceptibles d'être applicables ailleurs. Un rapport d'activité complet sera disponible sur le site Web de WomenWatch pour chacun des groupes de travail à l'adresse suivante : http://www.un.org/womenwatch/forum.

Chaque chapitre comporte une rubrique Enseignements retirés, illustrée par un cas précis ou une citation directement empruntée à un message d'un des participants. Comme il est impossible de citer tous les messages reçus, les extraits ont été choisis de manière à représenter au mieux la diversité des questions abordées et les différentes régions du monde. On a corrigé les fautes de grammaire et abrégé certaines citations, mais on s'est efforcé de rester le plus fidèle possible au sens original. Pour des raisons de confidentialité, les noms des participants ont été omis mais le pays et l'affiliation sont indiqués chaque fois qu'il a été possible de les déterminer.

Les groupes de travail ont été financés par la Fondation pour les Nations Unies et le Ministère britannique du développement international.



* * *




III. Les domaines critiques



A. Les femmes et la pauvreté



Groupe de travail en ligne

Sortir les femmes de la pauvreté
12 octobre-23 novembre 1999
Nombre total de membres: 971
Des messages ont été reçus de 63 membres représentant 21 pays (61 % du Nord et 39 % du Sud) (voir annexe)**.
ONG : 54 %
Organismes publics : 1 %
Organisations intergouvernementales : 5 %
Chercheurs ou universitaires : 16 %
Autres : 24 %

Les archives de ces échanges peuvent être consultées à l'adresse suivante : http://sdnhq.undp.org/ww/women-poverty/
** Voir la note de l'encadré de la page 6.




Depuis l'adoption de la Déclaration et du Programme d'action de Beijing en 1995, freiner la progression de la pauvreté dans un environnement économique en évolution rapide s'impose de plus en plus comme une nécessité impérieuse. Les participants au groupe de travail Sortir les femmes de la pauvreté(3) ont pris note avec préoccupation des discriminations systématiques fondées sur le sexe qui exacerbent la pauvreté parmi les femmes, des effets négatifs que risquait d'avoir la libéralisation des échanges et du fait que l'absence de volonté politique continuait à faire obstacle à l'introduction de changements durables. De manière générale, les débats ont porté sur les causes de la pauvreté parmi les femmes et sur les situations que celles-ci connaissaient, sur les politiques macroéconomiques et sociales, sur les plans de développement de nature à faire reculer la pauvreté, sur l'accès des femmes au crédit et à l'épargne et sur les recherches concernant la situation des deux sexes. Promouvoir les partenariats entre les gouvernements et les organisations non gouvernementales, encourager l'introduction de nouveaux services propres à améliorer l'existence des femmes pauvres et mieux cerner les effets de l'instabilité économique et de la libéralisation des échanges sur les femmes ont compté au nombre des nouvelles questions examinées par les participants.



1. Obstacles rencontrés

Effets négatifs de la libéralisation des échanges et des privatisations sur les femmes pauvres.

Persistance de discriminations fondées sur le sexe dans les sphères culturelles, juridiques, politiques et économiques qui restreignent les perspectives d'avenir des femmes pauvres.

Fossé existant entre les politiques visant à instaurer la parité entre les sexes et l'adaptation des pratiques administratives de nature à faire reculer la pauvreté parmi les femmes.

Mauvaise connaissance des aspects sexospécifiques de la pauvreté et absence de volonté politique de remédier à la situation.

Insuffisance de la représentation des femmes dans les emplois publics.

Application de plans de microcrédit ou d'autres programmes économiques sans aucune coordination avec d'autres plans visant à promouvoir l'égalité des femmes, comme les programmes d'enseignement ou les campagnes législatives.

Manque de données ventilées par sexe et d'analyses concernant la situation des hommes et des femmes qui faciliteraient l'adoption de mesures efficaces dans la lutte contre la pauvreté.



2. Idée-force

Les effets contradictoires des politiques macroéconomiques et des politiques sociales.

Les participants se sont tout particulièrement intéressés aux effets et à l'efficacité des macropolitiques en matière de lutte contre la pauvreté féminine, qu'il s'agisse de réformes économiques ou d'éducation. Un intervenant asiatique a fait valoir que si certaines politiques macroéconomiques avaient provoqué une hausse de la pauvreté féminine, ces mêmes politiques - une fois reformulées pour tenir compte des sexospécificités - permettraient aux femmes de mieux tirer parti des perspectives de développement et d'emploi. De même, il est possible d'anticiper nombre de problèmes qui se posent aux femmes en matière de développement social en mettant en place des programmes sociaux adaptés. Un participant a fait observer que le Gouvernement sud-africain avait mis au point une politique d'éducation très complète afin d'effacer les séquelles de la discrimination raciale et, partant, d'améliorer les perspectives d'avenir des femmes pauvres. L'Inde a, quant à elle, adopté des politiques sociales imposant d'enregistrer au nom des femmes les parcelles de terre octroyées aux familles pauvres et faisant obligation aux programmes d'assistance financière alimentés par le gouvernement - y compris les régimes nationaux d'assurance vieillesse en faveur des femmes et les régimes d'assurance en faveur des travailleuses - de réserver aux femmes la moitié des fonds. Plusieurs intervenants ont cependant fait observer que ces politiques n'étaient pas nécessairement appliquées. Des participants d'Europe de l'Est et de la Communauté d'États indépendants ont souligné que, dans les pays en transition, les femmes pauvres étaient contraintes d'assumer des tâches supplémentaires pour faire face à la restructuration économique. Les femmes sont les premières à être licenciées et les dernières à être embauchées (PNUD, Ukraine). Les participants ont également estimé que les politiques d'ajustement structurel qui privilégiaient les privatisations et les coupes dans les budgets sociaux avaient des effets particulièrement négatifs sur les femmes pauvres.



3. Enseignements tirés

Les politiques et les programmes de lutte contre la pauvreté qui sont fondés sur des analyses tenant compte des sexospécificités de l'environnement social, économique, juridique et politique dans lequel ils sont appliqués et qui visent à faire évoluer les lois, les pratiques et les croyances discriminatoires peuvent considérablement atténuer la pauvreté féminine.

Exemple : Il y a plus de femmes touchées à des degrés divers par la pauvreté pour les raisons suivantes : les femmes ont plus difficilement accès à l'éducation et aux moyens de production, sont parfois privées du droit à la propriété et ne jouissent pas dans certains cas de droits égaux au sein même de la famille et de la société. Pour être efficaces, les politiques de lutte contre la pauvreté doivent reposer sur la reconnaissance des droits de la femme et tenir compte du fait que les femmes exercent des rôles multiples et sont très présentes dans le secteur social et économique non structuré, sans pour autant être rémunérées. (États-Unis)

Exemple : On peut imputer le recul de la pauvreté aux politiques sociales plus qu'à la mondialisation et à la libéralisation de l'économie. Cela est dû à : i) l'accroissement des investissements dans l'éducation primaire, l'attention étant accordée à la réduction des inégalités entre les sexes; ii) la décentralisation au moyen du système Panchayati Raj, avec un quota de 33 % pour les femmes; iii) l'augmentation des investissements d'infrastructure; iv) la meilleure prise en compte de la situation des femmes dans le gouvernement. (Inde)

Les microcrédits peuvent réellement contribuer à réduire la pauvreté si l'on fait abstraction du seul critère de rentabilité économique pour donner aux femmes les moyens d'accéder aux ressources et de contrôler celles-ci.

Exemple : Au Nigéria, les microcrédits, aussi modestes fussent-ils, ont non seulement renforcé la capacité économique des femmes qui ont été expulsées de leur foyer, mais les a aussi incitées à se battre pour obtenir un juste dédommagement pour leurs maisons détruites. Grâce à des campagnes d'éducation et de sensibilisation lancées au moyen de projets tels que des microcrédits, les femmes s'impliqueront davantage dans la défense de leurs propres droits. (Social and Economic Rights Action Centre, Nigéria)

Exemple : Il importe de s'assurer que les femmes disposent de ressources financières dont elles assurent elles-même la gestion. À cet effet, il faut prévoir des programmes de formation professionnelle et de formation à la gestion des entreprises. Faire en sorte que les femmes puissent trouver des débouchés commerciaux et bénéficient de services de commercialisation est un facteur important dont il faut tenir compte. Les projets menés doivent prévoir des activités de sensibilisation aux comportements sexistes destinées à l'ensemble des membres de la famille, dans la mesure où une femme exerçant une activité économique ne se défausse pas pour autant des responsabilités qui lui incombent en sa qualité d'épouse et de mère. (CARE, Bangladesh)

Il importe d'intégrer une démarche soucieuse d'équité entre les sexes dans les politiques et les programmes de lutte contre la pauvreté.

Exemple : Au Népal, au Bangladesh et en Sri Lanka, nos projets de lutte contre la pauvreté qui incorporaient une démarche soucieuse d'équité entre les sexes nous ont appris qu'il fallait : tenir compte des besoins et des préoccupations des hommes et des femmes dans la formulation des objectifs; identifier, au stade de l'élaboration du projet, les principaux éléments qui font obstacle à la participation des femmes, quel que soit le composant considéré; définir des stratégies permettant de surmonter les obstacles, tous composants confondus; allouer des ressources de sorte que les stratégies puissent être appliquées; ne pas manquer de collecter des données ventilées par sexe pendant l'exécution du projet; évaluer la capacité des partenaires à exécuter des projets tenant compte des sexospécificités et, lorsque cela était possible, tenter de renforcer cette capacité. (Agence australienne pour le développement international, Australie)



De véritables partenariats entre les gouvernements, le secteur privé et les organisations non gouvernementales peuvent jouer un rôle essentiel dans la réduction de la pauvreté féminine.

Exemple : Dans les années 80, des organisations non gouvernementales et le Gouvernement du Tamil Nadu ont joué un rôle moteur dans la création de groupes d'entraide. Ce projet s'est imposé comme un modèle digne d'être reproduit à plus large échelle dans d'autres parties de l'État et dans le reste du pays. Le Fonds international de développement agricole a appuyé ce projet d'avant-garde en apportant une aide au projet de développement des femmes du Tamil Nadu. Il s'agissait essentiellement d'améliorer le statut économique et social des femmes vivant au-dessous du seuil de pauvreté grâce à la création de groupes d'entraide ouverts aux femmes pauvres de la région, les ONG étant invitées à participer activement au projet et à le superviser. Les activités de formation à l'animation de groupes d'entraide et de perfectionnement professionnel ont également grandement facilité l'émancipation des femmes pauvres. Le statut des membres des groupes d'entraide au sein de leur famille et de leur communauté a connu une amélioration notable. Il convient de saluer l'Indian Bank qui a appuyé cette entreprise colossale et octroyé des prêts aux groupes jugés solvables au fur et à mesure des besoins. (Tamil Nadu Women's Development Corporation, Inde)



4. Programme d'action pour lutter contre la pauvreté féminine

Faire campagne pour le lancement de plans de microcrédit liés à d'autres stratégies d'émancipation, telles que l'éducation.

Mieux cerner l'influence des facteurs internationaux, tels que l'instabilité économique et la libéralisation des échanges, sur l'aggravation de la pauvreté féminine.

Encourager l'établissement de véritables partenariats entre les gouvernements, les organisations multilatérales, le secteur privé et les ONG en vue d'appuyer les initiatives de lutte contre la pauvreté axées sur les femmes.

Faciliter le recours aux nouveaux services issus des progrès réalisés dans le domaine des technologies de l'information et de la communication, tels que la télémédecine, afin d'améliorer les conditions de vie des femmes pauvres.

Encourager la participation des femmes aux différentes phases des plans de lutte contre la pauvreté et de la formulation des politiques.

Formuler et appliquer des politiques de lutte contre la pauvreté qui tiennent compte de la situation particulière des hommes et des femmes.

Promouvoir l'application de plans comportant plusieurs volets en vue d'éliminer les obstacles sociaux, économiques, juridiques et politiques et de réduire les inégalités existant entre les deux sexes en matière de pauvreté.

Au vu des liens existant entre endettement et pauvreté, appuyer les initiatives visant à généraliser l'allégement de la dette et à accélérer les activités en ce sens.

Encourager les activités visant à expliquer au public les liens entre pauvreté et inégalités entre les sexes.

Aider les ONG féminines à lutter contre la pauvreté.

Appuyer les processus démocratiques qui facilitent la création d'emplois, créent une situation favorable à l'investissement et réduisent l'écart entre riches et pauvres.

Faciliter la compilation, l'analyse et l'exploitation de données sur la pauvreté ventilées par sexe, groupes d'âge, couches sociales et races, et d'indicateurs sexospécifiques en vue d'évaluer les progrès accomplis dans la lutte contre la pauvreté.



B. Éducation et formation des femmes



Groupe de travail en ligne

Établir l'égalité dans l'enseignement
11 octobre-19 novembre 1999
Nombre total de membres : 874
Des messages ont été reçus de 70 membres représentant 25 pays (62 % du Nord et 38 % du Sud) (voir annexe)**.
ONG : 28 %
Organismes publics : 1 %
Organisations intergouvernementales : 1 %
Chercheurs ou universitaires : 40 %
Autres : 30 %

Les archives de ces échanges peuvent être consultées à l'adresse suivante : http://sdnhq.undp.org/ww/women-edu/
** Voir la note de l'encadré de la page 6.




Les membres du groupe de travail en ligne sur l'établissement de l'égalité dans l'enseignement(4), dont les travaux ont duré six semaines, ont examiné les grandes questions relatives aux mesures et aux politiques en matière d'éducation concernant tous les niveaux de l'enseignement, de la maternelle au supérieur. Les avantages retirés de l'éducation de base des filles, les résultats universitaires des filles par rapport à ceux des garçons, l'éducation dans les situations de conflit armé, le harcèlement sexuel généralisé dont les filles sont victimes, les possibilités d'éducation, le matériel pédagogique et la formation des enseignants - tels étaient les principaux thèmes des travaux et des débats. Les obstacles à l'égalité dans l'enseignement tenaient surtout aux normes culturelles et aux pratiques sociales bien ancrées, ainsi qu'à l'environnement éducatif défavorable ou hostile aux filles. Bien que l'on ait généralement convenu de la modestie des progrès réalisés depuis 1995 dans les domaines centraux que sont la formation des enseignants ou les changements d'attitude, il a également été reconnu que les ONG dirigées par des femmes avaient mis en uvre avec succès de nombreuses pratiques éducatives innovantes. Se tournant vers l'avenir, les participants ont lancé un appel à l'action quant aux nouvelles questions qui se posaient, par exemple l'éducation des enfants des rues et la nécessité d'une démarche soucieuse de l'équité entre les sexes s'agissant de l'éducation en situation de conflit armé.



1. Obstacles rencontrés

La persistance des attitudes culturelles et des pratiques sociales empêchant les filles d'aller à l'école, par exemple la faible priorité qui est donnée à l'éducation des filles, les mariages précoces et l'importance des tâches domestiques incombant aux femmes et aux filles.

Le fait que les systèmes éducatifs formels et les gouvernements nationaux n'ont pas suffisamment réformé les programmes, formé les enseignants ou cherché à modifier les perceptions sociales qui perpétuent les inégalités en matière d'éducation.

L'hostilité aux filles des environnements d'apprentissage, caractérisée par le harcèlement sexuel et l'utilisation de matériels pédagogiques à caractère discriminatoire, entre autres.

La sensibilisation insuffisante des enseignants aux sexospécificités.

Les conséquences de la pauvreté et les problèmes qui l'accompagnent : chômage, criminalité et réduction de l'accès à l'éducation et du niveau d'instruction, en particulier dans les zones rurales et dans les zones isolées.

La diminution des ressources allouées à l'éducation durant les périodes de crise financière ou de pénurie nationales.

Les contraintes imposées aux femmes et aux filles, qui rendent difficile l'assiduité de leur présence à l'école ou de leur participation aux programmes d'alphabétisation.



2. Idée-force

Le harcèlement et la violence à caractère sexuel dans les écoles sont un sérieux obstacle à l'égalité dans l'enseignement.

L'un des principaux problèmes communs à tous les pays est celui du harcèlement sexuel dont sont victimes les filles. De la Suède au Zaïre en passant par la Belgique et l'Afrique du Sud, le harcèlement est un motif majeur d'abandon scolaire. Dans certains cas, ce sont les enseignants qui harcèlent sexuellement les élèves; celles-ci se retrouvent même parfois enceintes et sont forcées de quitter l'école, généralement sans que cela ait de conséquences pour les responsables. Les organisations de femmes ont élaboré différents programmes d'éducation sexuelle et de prévention des MST, mais la plupart sont axés sur les besoins des femmes adultes plutôt que sur ceux des filles d'âge scolaire. En Afrique du Sud, un programme visant à promouvoir la culture et les services pédagogiques [Culture of Learning and Teaching Services (COLTS)] fait appel à des moyens créatifs d'explorer les stratégies qui permettraient de mettre fin à la violence et au harcèlement sexuels dans les écoles.



3. Enseignements tirés

Les approches pluridimensionnelles sont essentielles à la réalisation de l'égalité dans l'enseignement - de la révision des manuels à l'ouverture de garderies pour les frères et les surs des enfants scolarisés.

Exemple : Je m'occupe de l'éducation en Inde depuis près de 20 ans. Le Programme relatif à l'enseignement primaire à l'échelon du district a été lancé en 1994, concrétisant les engagements pris dans la Constitution indienne en faveur de l'enseignement primaire universel, dans la politique nationale de l'éducation adoptée en 1986 et à l'occasion de la Conférence de Jomtien. L'objectif de ce programme est essentiellement de renforcer les capacités des écoles publiques rurales gratuites, et son cadre conceptuel met l'accent sur le fait que l'enseignement primaire universel s'inscrit dans un contexte qui varie d'un état à l'autre à l'intérieur même du pays. Alors que certains états qui ont déjà atteint le niveau de scolarisation quasi totale devront privilégier la qualité de l'enseignement dispensé et les résultats obtenus, d'autres devront mettre l'accent sur la participation et la scolarisation minimales. Il est évident que chaque district définit ses priorités particulières et énonce ses propres plans annuels. Une place très importante est accordée aux femmes et l'on a observé que les plans énoncés par les districts avaient certaines caractéristiques communes, notamment :

La constitution de comités de mères ou d'associations de parents d'élèves, qui permettent d'établir un dialogue avec les parents sur la nécessité d'envoyer leurs filles à l'école.

La distribution gratuite de matériels d'apprentissage de l'écriture et de la lecture destinés aux filles et aux enfants appartenant à des groupes marginalisés.

La fourniture d'un déjeuner quotidien à tous les enfants afin que les petites filles reçoivent leur part à l'école.

L'assurance que les femmes et les mères sont représentées dans les comités villageois sur l'éducation qui supervisent le fonctionnement des écoles.

La nomination de nouvelles enseignantes et les efforts déployés pour qu'il y ait au moins une enseignante dans chaque école.

La création de centres de soins et d'éducation pour la petite enfance, qui accueillent les frères et les surs des enfants scolarisés.

Le démarrage du programme d'autonomisation des femmes (Mahila Samakhya) dans les habitations et les villages où vivent essentiellement des femmes appartenant aux castes pauvres inférieures, l'objectif étant de créer des conditions propices au changement. Après la mise en train du programme d'autonomisation, ces femmes ont demandé qu'une instruction élémentaire leur soit dispensée ainsi qu'à leurs enfants, en particulier à leurs filles.

La mise en place de systèmes d'enseignement informels adaptés à la situation particulière des filles (emploi du temps, lieu où l'enseignement est dispensé, etc.).

Le contrôle des taux de scolarisation et d'abandon scolaire des filles.

L'organisation régulière d'examens destinés à contrôler les résultats scolaires des filles.

La suppression des stéréotypes sexistes contenus dans les manuels scolaires et les mesures prises pour éviter que les manuels présentent de tels clichés (en veillant par exemple à ce que les filles soient aussi bien représentées que les garçons dans les illustrations, les discussions et les exemples, à ce que les filles et les femmes ne soient pas systématiquement présentées comme occupant des positions subordonnées et à intégrer ces sujets dans les manuels pour en discuter avec les élèves).

Les efforts faits pour assurer aux femmes une représentation égale à tous les niveaux dans les équipes de projets et le corps enseignant. (Inde)

Étant donné le rôle crucial des enseignants, il est impératif d'institutionnaliser l'éducation sexospécifique dans la formation et la spécialisation des enseignants et des fonctionnaires.

Exemple : La Commission de l'égalité des chances a fait de l'éducation dès le plus jeune âge un instrument de sa stratégie de promotion de l'égalité des chances. Elle entend intégrer ce concept dans les écoles plutôt que créer une nouvelle discipline à enseigner. Un module de formation a notamment été élaboré avec l'aide d'une organisation spécialiste de l'éducation des enfants d'âge préscolaire, qui propose des livres d'images, des supports pédagogiques, des jeux et des chansons que les enseignants peuvent utiliser pour leurs cours. Des stages de formation ont été organisés à l'intention de 700 jardiniers d'enfants et maîtres d'écoles maternelles. À Hong Kong, plus de 50% des jardins d'enfants ont bénéficié de ce programme et ont reçu chacun, à titre gracieux, un exemplaire du module de formation. En ce qui concerne les élèves des écoles primaires, la Commission de l'égalité des chances et le Ministère de l'éducation ont parrainé en collaboration un spectacle de marionnettes venu des États-Unis d'Amérique qui avait pour thème Les enfants du quartier (Kids on the Block) et visait à sensibiliser les enfants à la notion d'égalité des chances. La Commission a également diffusé auprès des écoles et des enseignants, à titre d'information, des publications gratuites traitant des concepts d'égalité des chances, de discrimination, de harcèlement sexuel, etc. Les élèves des établissements secondaires et les étudiants ont été nombreux à contacter la Commission ou à s'y rendre pour y obtenir les informations dont ils avaient besoin dans le cadre de projets scolaires sur la parité entre les sexes ou d'autres questions touchant à l'égalité des chances. (Hong Kong)

Il est indispensable de combattre l'illétrisme pour donner davantage de chances aux femmes.

Exemple : L'Organisation pour l'alphabétisation des adultes du Zimbabwe n'a jamais considéré l'alphabétisation comme une fin en soi, mais la conçoit comme un moyen de lutter contre la pauvreté et de démarginaliser les femmes en leur donnant accès au savoir et en leur permettant d'acquérir des compétences rémunératrices. À l'issue du troisième niveau d'enseignement, les élèves sont capables de lire n'importe quel texte écrit dans leur langue maternelle, d'effectuer des calculs (additions, soustractions à quatre chiffres, multiplications et divisions) et d'écrire des lettres, de remplir des formulaires et de lire et d'écrire dans un anglais élémentaire, et ont le niveau requis pour réussir l'examen d'admission en septième année du système scolaire traditionnel. (Zimbabwe)

Ce sont les parents qui influencent le plus les choix que peuvent faire et que font les filles en matière d'éducation.

Exemple : Il convient de noter qu'en dépit des efforts faits pour encourager l'éducation des filles, les milieux culturels dont viennent ces dernières devraient être pris en considération. Dans de nombreuses sociétés africaines (en particulier au Soudan), les garçons sont de loin préférés aux filles, qui sont considérées comme des membres temporaires de la famille dans laquelle elles sont nées, du fait qu'une fois mariées elles seront plus utiles à la famille de leur mari qu'à celle de leur père. Cette mentalité et d'autres comportements comptent parmi les facteurs préjudiciables à l'éducation des filles. Modifier ces attitudes exige une démarche révolutionnaire axée sur les parents, auxquels il faut faire prendre conscience, par l'intermédiaire de l'enseignement et de l'alphabétisation, que l'éducation des filles peut être dans leur intérêt autant que celle des garçons. Les parents devraient savoir qu'il est plus honorable de marier une fille bien éduquée qu'une fille ignorante. (Soudan/Finlande)

Dispenser une formation aux femmes ayant de faibles revenus afin qu'elles puissent assurer les premiers apprentissages peut augmenter leurs chances en matière d'éducation et leur permettre de trouver une source de revenus.

Exemple : Le Gouvernement a mis en train un projet national consacré aux jeunes enfants (Impilo). Il finance des organisations non gouvernementales qui s'occupent de former des femmes, dans des communautés pauvres, à assurer les premiers apprentissages. Un grand nombre de ces femmes étaient analphabètes ou illettrées et ont pu être alphabétisées grâce à ce programme de formation (leur niveau d'éducation atteint celui de la neuvième année d'enseignement). Je viens d'achever l'évaluation de l'un des centres pilotes et les résultats positifs du programme sont déjà visibles. Beaucoup de femmes ont commencé à ouvrir des centres dont elles tirent un modeste revenu en faisant payer une somme modique aux parents des élèves. (Afrique du Sud)



Les enseignants, les parents et les étudiants doivent promouvoir, afin qu'elles prennent effet, les mesures juridiques visant à éliminer des manuels les images et les messages à caractère sexiste qu'ils contiennent.

Exemple : Pour modifier le contenu des manuels scolaires, l'Argentine a adopté deux mesures juridiques, l'une en 1984 et l'autre, de portée municipale, en 1997. Dans l'un et l'autre cas, le parlement local (établit à Buenos Aires) a voté une loi recommandant la suppression des images et des messages sexistes contenus dans les manuels. Ces lois n'ont eu aucun effet réel en ce qui concerne les maisons d'éditions et n'ont pas non plus suscité l'adhésion du corps enseignant. Il faut lancer une campagne plus déterminée et durable, avec l'aide des enseignants, des parents, des étudiants et même des médias, afin de pouvoir identifier les expressions du sexisme dans les manuels avant et pendant l'élaboration des nouveaux matériels pédagogiques. (Argentine)

Mettre en parallèle les possibilités en matière d'enseignement et de formation et les perspectives économiques est un élément majeur dans la définition d'approches globales de l'éducation.

Exemple : En tant que représentant d'ACTEW - Advocates for Community-based Training and Education for Women - je m'intéresse tout particulièrement au débat. Notre organisme s'emploie à assurer et à promouvoir une formation communautaire accessible aux femmes de l'Ontario (Canada). Les femmes avec lesquelles nous travaillons, dont beaucoup sont âgées, viennent d'immigrer, sont handicapées, mères célibataires ou femmes de couleur, ou les deux, se heurtent à une discrimination systématique et continuent de subir les conséquences de longues années de récession économique et de migrations économiques massives. Nous sommes convaincus que l'éducation et la formation peuvent conduire de la pauvreté à l'indépendance économique. Nos membres ont une perception unique des problèmes rencontrés par les femmes en terme d'accès, qui leur permet d'offrir des services intégrés et complets dans les domaines de l'emploi et de la formation et de donner ainsi aux femmes les moyens de trouver et de conserver des emplois de qualité. Il est je pense plus important que jamais que ceux d'entre nous qui sont déterminés à offrir une formation globale, communautaire et conçue pour les femmes, mettent en commun leurs programmes, leurs pratiques les plus performantes et leurs ressources. (Canada)

Le sport peut être un instrument de développement essentiel dans l'éducation des femmes et des filles.

Exemple : Il ressort d'études menées aux États-Unis d'Amérique que les femmes occupant des postes élevés au gouvernement, dans les entreprises et l'enseignement pratiquaient durant leur enfance et leur adolescence un sport ou une forme d'activité physique de loisir auquel elles étaient attachées. Ces femmes attribuent en outre à ces moment importants de leur jeunesse une partie de leur succès à l'âge adulte. Women Sport International, organisation que je représente, s'emploie à faire considérer le sport et les activités physiques de loisir comme un droit fondamental qui doit être reconnu aux filles et aux femmes. Ces activités sont non seulement étroitement liées à la santé des femmes mais encore essentielles à leur éducation et à celle des filles. Le terme sport est souvent associé uniquement aux hommes ou à l'entraînement olympique des élites. Le mouvement mondial des femmes en faveur du sport rassemble des femmes, et quelques hommes partageant leurs idéaux, qui veulent promouvoir auprès des organisations communautaires l'idée du sport comme moyen de développement. (États-Unis d'Amérique)

Les arts plastiques et le théâtre peuvent être des moyens efficaces de modifier les comportements discriminatoires et de lutter contre la violence ou d'autres problèmes rencontrés dans les milieux scolaires.

Exemple : Le projet de promotion de la culture et des services pédagogiques [Culture of Learning and Teaching Services (COLTS)] vise à encourager les enseignants du niveau primaire et du niveau secondaire à se demander pourquoi la culture de l'apprentissage et de l'enseignement n'existe pas dans leur établissement, et fait souvent appel à des moyens créatifs comme le théâtre et les arts plastiques. Ce projet rencontre un tel succès qu'il est devenu une initiative nationale et est en cours de mise en uvre dans cinq des sept provinces. Je demande à des étudiants des universités d'aider les élèves à monter leurs pièces de théâtre, je donne des conseils, je conçois des matériels d'information, j'organise des ateliers de formation à l'intention des enseignants et je supervise mes étudiants. Les élèves participent aux festivals à l'échelle des districts, des régions et des provinces, puis à un festival national final à l'occasion duquel des livres et d'autres matériels d'information sont remis à l'école gagnante pour la récompenser. Le festival de théâtre est dirigé par un jury de professionnels. Cette année, plus de 500 écoles du pays ont participé au projet, auquel le gouvernement et le secteur privé commencent à s'intéresser vivement. En ce qui concerne les pièces de théâtre elles-mêmes, un certain nombre d'entre elles traitent des problèmes de la violence et du harcèlement sexuel à la maison et à l'école; elles abordent également les questions des viols collectifs, de la grossesse et des maladies sexuellement transmissibles. Le projet vise notamment à la mise en place de mécanismes d'aide dans les écoles et à encourager le recours aux associations d'étudiants et leur promotion. (Afrique du Sud)

Les taux élevés de scolarisation des filles sont souvent le résultat de politiques favorables à l'enseignement universel.

Exemple : À Hong Kong, depuis les années 70, l'enseignement de base est gratuit et obligatoire pour tous les enfants âgés de 9 à 14 ans. Il en est résulté des changements considérables en termes de scolarisation et l'on observe désormais une parité entre les sexes dans les écoles primaires et les écoles secondaires. Concrètement, les femmes représentaient ces trois dernières années plus de 50 % de l'ensemble des étudiants des universités et leur taux d'analphabétisme était tombé à environ 9 % au début des années 90. (Hong Kong)

Exemple : Au début de l'année 1974, le Gouvernement indonésien a mis en uvre une mesure présidentielle spéciale (SD Inpres) concernant les écoles élémentaires, qui visait à assurer l'enseignement universel de la population scolarisée. Depuis lors, la scolarisation des filles dans les écoles élémentaires (7-12 ans) est passée de 58 % en 1971 à 83 % en 1980 pour atteindre 92 % en 1990 (les années correspondent aux recensements démographiques) et 95 % en 1995 (Intercensal Population Survey). La taux de scolarisation des garçons de la même tranche d'âge était de 62 %, 84 %, 91 % et 95 % respectivement aux mêmes dates. L'un des éléments fondamentaux du processus de développement en Indonésie est l'expansion économique rapide, tout au moins jusqu'à l'arrivée de la crise. Des emplois ont été créés pour les hommes et, de plus en plus, pour les femmes, dans le secteur public formel et dans le secteur privé. Les parents ont pris conscience qu'il était important d'investir dans l'éducation non seulement de leurs fils mais aussi de leurs filles. (Indonésie)





4. Programme d'action pour la réalisation de l'égalité dans l'enseignement

Établir un lien entre l'éducation et l'emploi en incitant les entreprises (par des mesures financières ou autres) à recruter des femmes et des filles à des postes ou dans des secteurs qui ne leur sont traditionnellement pas réservés.

Créer des liens concrets entre l'éducation et les débouchés économiques, qu'il s'agisse de former les femmes pour qu'elles se spécialisent dans l'enseignement ou d'informer les filles sur les professions qu'elles peuvent exercer.

Établir un lien entre la formation professionnelle et l'information sur les possibilités d'emploi dans les secteurs non traditionnels.

Créer des cadres d'examen des questions liées aux différences entre les sexes et d'autres facteurs qui contribuent aux inégalités entre les filles et les garçons et les femmes et les hommes en ce qui concerne le niveau d'éducation atteint.

Énoncer et faire appliquer des mesures gouvernementales aux fins de l'éducation obligatoire des filles, et instaurer un système de quota pour garantir que les filles puissent poursuivre leur scolarité au-delà du niveau élémentaire.

Mener des campagnes de sensibilisation préconisant un degré zéro de tolérance pour les violences à caractère sexuel et intellectuel dans le cadre de l'école.

Institutionnaliser la sensibilisation aux disparités entre les sexes dans les programmes de formation et de spécialisation des enseignants et des fonctionnaires.

Familiariser les enseignants avec les méthodes d'enseignement non sexistes et antisexistes.

Mettre en relation l'enseignement théorique et les compétences pratiques nécessaires pour trouver un emploi et s'assurer un revenu.

Promouvoir la formation continue afin que les femmes ne se laissent pas dépasser par les avancées technologiques et les autres progrès.

Offrir une aide financière aux familles pauvres qui envoient leurs filles à l'école.

Utiliser les technologies nouvelles et faire appel à l'enseignement à distance pour pouvoir contacter les femmes chez elles.

S'efforcer de changer l'attitude des parents et des collectivités envers l'éducation des filles.

C. Les femmes et la santé



Groupe de travail en ligne

Assurer et promouvoir la santé des femmes
6 septembre-15 octobre 1999
Nombre de membres : 844
Des messages ont été reçus de 64 membres représentant 20 pays (57 % du Nord et 43 % du Sud) (voir annexe)**.
ONG : 50 %
Organismes publics : 13 %
Organisations intergouvernementales : 2 %
Chercheurs ou universitaires : 26 %
Autres : 9 %

Les archives de ces échanges peuvent être consultées à l'adresse suivante : http://sdnhq.undp.org/ww/women-health1/
** Voir la note de l'encadré de la page 6.




Les participants aux travaux du groupe de travail en ligne Assurer et promouvoir la santé des femmes(5) ont considéré que la pauvreté et la mondialisation, les traditions culturelles et religieuses et l'absence de volonté politique étaient les principaux obstacles à la réalisation des objectifs stratégiques énoncés au chapitre C du Programme d'action. Le dialogue a été axé essentiellement sur les principaux obstacles à la promotion de la santé des femmes, les moyens d'améliorer les conditions de vie et de travail des femmes, la santé mentale des femmes et la prise en compte des problèmes de santé des femmes dans les services de santé. Les participants se sont déclarés particulièrement préoccupés par les incidences de la multiplication des conflits et du passage de certains pays à une économie de marché sur la santé des femmes et le fait que certaines croyances et certains comportements culturels freinaient les progrès dans ce domaine. Mettre au point des programmes types globaux en faveur de la santé des femmes, donner aux femmes les moyens d'avoir davantage de prise sur leur vie et leur santé, et défendre la santé des femmes en s'appuyant sur une approche fondée sur leurs droits ont été considérés comme les trois éléments essentiels d'une stratégie de changement.



1. Obstacles rencontrés

Effets désastreux de la mondialisation et de l'accroissement de la pauvreté sur les femmes, et notamment du manque d'indépendance de ces dernières sur le plan économique.

Effets directs et indirects de pratiques culturelles et religieuses persistantes (infections dues aux mutilations génitales féminines et aux maladies sexuellement transmissibles, accès des femmes à la nourriture et aux soins de santé au niveau des ménages, etc.).

Manque de volonté politique, qui fait que les gouvernements ne prennent pas les mesures voulues au niveau national, et priorité insuffisante accordée aux problèmes de santé des femmes.

Effets de la multiplication des conflits armés et de l'accroissement de la violence.

Non-participation des femmes à la prise de décisions concernant les politiques de santé.

Adaptation insuffisante des services de santé aux différentes catégories de patients.

Non-reconnaissance du rapport direct qui existe entre les questions sociales et environnementales et la santé des femmes.

Absence de choix concernant la santé en matière de procréation, qui fait obstacle à la promotion de la santé des femmes.

Augmentation chez les femmes des problèmes de santé mentale, en particulier dans les pays en proie à des conflits armés et dans les pays en transition.

Influence croissante de certaines coalitions politico-religieuses, qui ont réussi à empêcher l'adoption de lois visant à permettre aux femmes de contrôler leurs fonctions procréatrices.



2. Idée-force

La santé des femmes est négligée parce qu'on ne lui accorde pas un rang élevé de priorité au niveau national.

La domination des hommes aux postes de décision a été considérée comme un obstacle majeur à l'adoption de lois de nature à permettre une véritable amélioration de la santé des femmes. La faible priorité accordée à celle-ci est manifeste en Inde, au Tadjikistan, au Bangladesh, au Ghana, au Kenya, en Ouganda et aux Philippines, où le nombre des services de santé et des soignants s'occupant des problèmes de santé des femmes est des plus insuffisants. Les participants ont fait valoir que l'insuffisance des ressources nationales n'expliquait pas tout et que si la santé des femmes continuait à être négligée par rapport à celle des hommes, c'était parce qu'on ne s'en préoccupait pas suffisamment.



3. Enseignements tirés

Les participants au groupe de travail ont échangé de nombreuses informations sur l'expérience acquise dans la poursuite des objectifs du Programme d'action concernant la santé des femmes et sur les stratégies à adopter pour réussir à les atteindre (élaboration d'approches globales, utilisation d'une approche qui mette l'accent sur les droits des femmes, etc.).

Il est urgent de dépasser le modèle médical pour mettre au point des approches globales en matière de santé.

Exemple : Le groupe de femmes de Ntyang se compose de 170 femmes rurales. Son bureau comprend neuf membres, en poste depuis plus de trois ans. Les membres du bureau ont été élus à l'issue d'une formation à la direction de groupe. Cette formation a porté sur la manière de diriger un groupe démocratiquement et de prendre des décisions collectives, de régler les conflits, etc. Le groupe se réunit une fois par mois pour suivre des cours sur la santé en matière de procréation, aborder certains problèmes de santé et participer à diverses activités (tissage, tricotage, confection de pommades et de pots de terre, etc.). La vente des produits de ces activités permet au groupe de se procurer des recettes. Le groupe a élaboré un programme de santé en matière de procréation qui est exécuté par des volontaires et il fournit des médicaments essentiels pour le traitement de problèmes de santé en matière de procréation et des problèmes de santé mineurs ainsi que du matériel de planification familiale non clinique qui est utilisé dans le cadre de soins de santé primaires. Il dispense ses services aux membres de la communauté par l'intermédiaire de la pharmacie locale, qui est particulièrement bien située puisqu'elle se trouve dans un quartier aisément accessible. (WHON, Nigéria)

Exemple : De nationalité américaine, artiste et thérapeute utilisant l'expression artistique, agréée, j'exerce depuis huit ans dans un service local de santé mentale. En travaillant en groupe ou avec des clients individuels, je me suis rendu compte qu'un grand nombre des clientes du service avaient souffert de mauvais traitements qui n'avaient pas été pris en charge. Souvent, il n'était pas fait mention de ces mauvais traitements dans leurs dossiers médicaux et, lorsque c'était le cas, ils n'avaient que rarement donné lieu à un traitement thérapeutique. Il y a beaucoup de raisons à cela. Je suis d'accord pour penser que la meilleure façon d'appréhender le traitement thérapeutique et la formation est de le faire de manière globale. Je crois aussi que le meilleur moyen d'y parvenir consiste à s'occuper à la fois du corps et de l'esprit et à dispenser la formation nécessaire à l'échelle des collectivités pour que les femmes travaillent ensemble, c'est-à-dire s'entraident et aident d'autres femmes à s'entraider. Après huit ans de travail en groupe avec des femmes en qualité de participante et d'animatrice, je considère que plus la formation et l'éducation dispensées sont globales et concrètes, plus la guérison est complète. Apprendre aux femmes à s'occuper d'elles-mêmes et à faire face à leurs problèmes en s'appuyant à la fois sur l'art, le mouvement, la musique et l'écriture donne beaucoup de confiance en soi. Apprendre concrètement à des femmes à s'occuper de leur santé et de leur alimentation en leur enseignant des techniques de relaxation et d'examen de leur corps, le jardinage, la cuisine et les traditions médicinales locales a des effets plus durables que des cours traditionnels donnés dans des salles de classe. (États-Unis)

L'organisation, les conseils entre pairs et les activités de plaidoyer sont indispensables pour améliorer la santé des femmes; aider les femmes à avoir davantage confiance en elles également.

Exemple : La santé des femmes pose de gros problèmes au Venezuela à cause de la pauvreté, qui est endémique. De nombreuses femmes n'ont pas les moyens de se faire soigner et d'acheter des médicaments et n'ont pas accès aux hôpitaux ni aux dispensaires. Notre organisation a organisé des séminaires sur la prévention parce qu'elle considère que la prévention, c'est-à-dire l'éducation, est indispensable pour résoudre de nombreux problèmes. Dans le cadre de ces séminaires, nous enseignons dans les écoles, les universités et les collectivités locales les moyens d'éviter les grossesses précoces, de se protéger contre le VIH/sida et d'éviter de commencer à fumer. Nous dispensons également une aide psychiatrique et apprenons aux femmes à avoir davantage confiance en elles. (Venezuela)

Permettre aux femmes de prendre leur santé en main et d'affirmer leur droit de participer à la conception des services de santé est un facteur de réussite important.

Exemple : Nous essayons de mettre au point un système de soins de santé alternatif dont la gestion sera confiée à une fédération de groupes de femmes locaux. Il s'agit d'une entreprise difficile et de longue haleine car il n'est guère aisé de donner confiance en soi et de redonner confiance dans les autres aux femmes désavantagées, partout soumises à la violence, à l'oppression et à l'exploitation. Par ailleurs, notre organisation milite pour que les groupes de femmes participent à la prise de décisions et au contrôle de gestion. Elle est fermement convaincue en effet qu'il n'est pas acceptable de priver les femmes de leurs droits sous prétexte qu'elles ne sont pas en mesure de les exercer et qu'il faut au contraire leur permettre de les affirmer. Tous ces efforts, à quelques exceptions près, visent à sensibiliser les esprits et à fournir des services aux personnes qui sont déjà quelque peu conscientes de leurs problèmes et ont accès à ces services. (Népal)

Exemple : L'OMS ayant averti que l'Inde avait atteint un stade endémique en ce qui concerne le VIH/sida, de nombreux programmes ont été élaborés à l'intention des travailleurs sexuels. Pour diverses raisons, la plupart de ces programmes n'ont pas été très probants mais là où les travailleurs sexuels eux-mêmes ont été étroitement associés aux travaux, les résultats ont été nettement meilleurs. Il est intéressant de noter que le programme concernant le VIH/sida s'intéresse maintenant de près à l'autonomisation des femmes. Celles-ci ont leurs propres organisations, qui recrutent des adhérentes un peu partout dans le pays et dont les représentantes ont participé à des conférences internationales. Elles ont leurs propres coopératives, qui leur permettent d'acheter moins cher que chez les commerçants, et elles ont organisé par leurs propres moyens, à l'échelle nationale, des conférences à l'occasion desquelles elles ont exigé que leurs problèmes soient pris en compte dans le Code du travail. (Inde)

L'intérêt manifesté par les gouvernements pour la santé des femmes et l'importance du financement des mesures arrêtées dans ce domaine constituent un indicateur important - mais non unique - de l'accès des femmes aux services de santé et de la qualité de ces services.

Exemple : Au Cambodge, le plan stratégique quinquennal fait de la santé en matière de procréation une priorité. Mais le secteur de la santé doit actuellement faire face à plusieurs problèmes. Les crédits budgétaires alloués au Ministère de la santé, au Ministère des affaires des femmes (0,095 % en 1999) et au Ministère du développement rural sont très faibles comparés à ceux alloués au Ministère de la défense nationale (22,07 % en 1999) et ne constituent qu'une part infime de l'enveloppe totale. Il y a davantage de travailleurs médicaux dans les villes que dans les campagnes. La plupart des services sanitaires fonctionnent au niveau des provinces et des districts, mais les dispensaires des communes et des villages manquent des moyens matériels et financiers suffisants pour se développer. Grâce à des services mobiles de formation à la santé en matière de procréation, un certain nombre de villageoises savent désormais qu'il faut qu'elles consultent dans les centres sanitaires et se fassent examiner par des travailleurs médicaux, mais les soigner pose de gros problèmes dans la mesure où les centres sanitaires manquent de fournitures médicales. Enfin, il y a davantage de travailleurs médicaux masculins que féminins dans le pays (dans la société cambodgienne, les familles privilégient l'éducation des garçons par rapport à celle des filles, les femmes étant censées s'occuper de la maison et les hommes des activités sociales). (Agence australienne de développement international, Cambodge)

Une approche fondée sur les droits peut être efficace en ce qui concerne non seulement la santé des femmes en matière de procréation et l'hygiène sexuelle mais aussi leur santé en général.

Exemple : La plupart des gouvernements n'ont pas de politiques spécifiques pour protéger les droits des travailleurs migrants en matière de santé. La législation sur le travail n'est pas appliquée, les accords internationaux pertinents sont violés et aucune initiative, telle qu'une campagne de prévention des maladies sexuellement transmissibles, par exemple, n'est prise pour apprendre aux populations migrantes à protéger leur santé. De plus, un grand nombre de politiques gouvernementales nuisent à la santé et au bien-être des migrants. En Malaisie, par exemple dans les hôpitaux publics, les travailleurs migrants versent des honoraires très élevés mais ne bénéficient que d'un traitement de troisième classe et ils ne sont couverts par aucune assurance maladie, sauf en cas d'accident, notamment du travail. CARAM (Coordination of Action Research on AIDS and Mobility)-Asie est un réseau d'ONG présentes dans sept pays d'Asie. Ces ONG utilisent la méthode de la recherche par l'action pour réunir les informations dont elles ont besoin afin de réduire la vulnérabilité des migrants concernant le VIH/sida en concevant des interventions appropriées et protéger leurs droits fondamentaux et leurs droits en matière de santé en élaborant des instruments de plaidoyer en leur faveur. (CARAM, Malaisie)



4. Programme d'action permettant d'assurer et de promouvoir la santé des femmes

Améliorer et développer l'éducation et la formation des soignants de manière à accroître leurs connaissances et leurs compétences.

Lutter contre la pauvreté et favoriser l'indépendance économique des femmes, condition indispensable à l'amélioration de leur santé.

Demander aux gouvernements d'adopter des politiques qui garantissent le droit à la maternité et obligent les pères à prendre leurs responsabilités.

Faciliter l'accès aux soins de santé de ceux qu'il est difficile d'atteindre en mettant en place des services, des cours et des formations qui tiennent compte des différences culturelles.

Dépasser le modèle médical en vue d'adopter des approches globales en matière de soins de santé.

Les conseils et la formation entre pairs constituent un élément indispensable de l'action sanitaire, en particulier dans les zones reculées.

Regrouper les activités d'organisation, de mise en réseau et de plaidoyer dans des programmes de santé qui permettent aux femmes de prendre leur santé en main et d'affirmer leurs droits.

Redoubler d'efforts pour que les gouvernements s'engagent à prendre et à financer les mesures nécessaires pour assurer la santé des femmes (volonté politique).

Adopter une approche fondée sur les droits (en s'appuyant sur la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination envers les femmes, notamment) lorsqu'il s'agit de promouvoir non seulement la santé des femmes en matière de procréation et l'hygiène sexuelle mais aussi leur santé en général.

Engager aussi bien les groupes d'hommes que les groupes de femmes dans l'action entreprise; faire en sorte que les messages de base soient clairs, simples et concrets; travailler non seulement au niveau des collectivités mais aussi des organes de décision, sans laisser de côté les cadres moyens, qui devraient être encouragés à prendre des responsabilités pour appliquer les mesures arrêtées.

Évaluer les progrès réalisés concernant l'égalité entre les sexes dans le domaine de la santé en se servant d'indicateurs de base tels que les taux d'utilisation des moyens de contraception, les taux d'utilisation des différentes méthodes de contraception et les taux de maladies sexuellement transmissibles, notamment.

Expliquer et faire reconnaître le rapport direct qui existe entre les questions sociales et environnementales et la santé des femmes.





D. La violence à l'égard des femmes



Groupe de travail en ligne pour l'élimination

de la violence à l'égard des femmes
Novembre 1999-janvier 2000
Nombre total de membres : 2 304
Des messages ont été reçus de 190 membres représentant 49 pays (64 % du Nord et 36 % du Sud) (voir annexe)**.
ONG : 51 %
Organismes publics : 5 %
Organisations intergouvernementales : 3 %
Chercheurs et universitaires : 26 %
Autres : 15 %

Les archives de ces échanges peuvent être consultées à l'adresse suivante : http://www.globalknowledge.org/english/archives/ mailarchives/endviolence/home.html
** Voir la note de l'encadré de la page 6.




Il est précisé à la section D du Programme d'action que la violence à l'égard des femmes et des petites filles fait obstacle à la réalisation des objectifs de développement, d'égalité et de paix, et qu'elle entrave la vie des femmes dans toutes ses dimensions. À l'instar de la Déclaration de 1993 sur la violence à l'égard des femmes, le Programme d'action donne à la notion de violence une acception très large, qui recouvre tout acte ou menace d'acte causant un préjudice physique, sexuel ou psychologique. Le droit de ne pas subir de violence fait partie des droits fondamentaux. Le débat qui s'est engagé a révélé l'ampleur du phénomène dans toutes les sociétés et suscite une prise de conscience croissante. Grâce en grande partie au dynamisme des associations et aux victoires déjà remportées, on commence à s'apercevoir que cette violence n'est pas une fatalité. De nombreuses stratégies ont été proposées lors des discussions du groupe de travail pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes(6). Elles concernent notamment les changements législatifs, la formation, l'amélioration des statistiques et la nouvelle orientation des services.



1. Obstacles rencontrés

Absence de statistiques sur la prévalence, la nature et le coût de la violence.

Caractère ouvertement discriminatoire des lois.

Non-application des lois en vigueur.

Absence de protection des femmes et des petites filles victimes de violences.

Impunité des agresseurs.

Refus persistant de faire de la violence à l'égard des femmes et des petites filles une priorité nationale, même dans les pays où les lois sont très strictes dans ce domaine.

Subordination économique, sociale et politique des femmes, d'où une méconnaissance par ces dernières de leurs droits et des aides auxquelles elles peuvent prétendre.



2. Idée-force

Changer les lois ne suffit pas.

Le thème de la réforme législative, de l'action militante devant les tribunaux et autres stratégies d'ordre juridique a donné lieu à des débats passionnés. Les membres du groupe de travail ont fait remarquer que, dans beaucoup de pays, la violence à l'égard des femmes était encore tolérée par la loi. À cet égard, l'introduction dans le droit interne de dispositions réprimant le viol conjugal, la violence familiale, le crime dit d'honneur et autres sévices a été saluée comme un immense pas dans la bonne direction.

Pourtant, le débat sur les voies de recours légales a également révélé que la réforme législative était une question complexe dont l'analyse devait s'inscrire dans une démarche plus large et plus systématique. De nombreux membres ont fait remarquer qu'en règle générale il ne suffisait pas de changer la loi pour éliminer la violence à l'égard des femmes, car la loi ne fait pas disparaître les idées fausses qui entourent le phénomène et le fait que de nombreuses femmes ne connaissent même pas leurs droits fondamentaux au titre des lois en vigueur. En Inde, on a légiféré à qui mieux mieux, mais on n'a pas réussi pour autant à faire cesser les violences contre les femmes, a écrit un membre indien. De plus, certains membres se sont inquiétés des nombreux dysfonctionnements de la justice (en raison le plus souvent d'un manque de ressources), qui font que les affaires de viol et de mauvais traitements sont traitées de manière très inégale par les tribunaux (Campagne multimédias sur la violence à l'égard des femmes et des enfants). D'autres ont noté que la corruption qui sévissait dans de nombreux pays entravait la bonne administration de la justice. Il a par ailleurs été signalé que certaines réformes législatives avaient fait reculer la cause des femmes, et qu'elles devaient donc être combattues. L'un des exemples cités a été celui de l'Orégon, où la plupart des actes de violence conjugale sont considérés comme de simples délits, et ne deviennent des infractions pénales que s'ils sont commis sous les yeux d'un enfant. Le message n'est malheureusement que trop clair : frapper une femme n'est pas une grande affaire, mais le faire devant un enfant devient gravissime. (Coordonnateur de SOS femmes battues, County de Multnomah, États-Unis)

De nombreux membres ont considéré que les stratégies polydirectionnelles restaient les plus efficaces : application des conventions internationales et des lois en vigueur, réforme législative, action militante en faveur d'une application plus stricte des lois, formation de la police, campagnes de sensibilisation et d'information destinées à montrer que la violence à l'égard des femmes, sous quelque forme que ce soit, était une atteinte aux droits fondamentaux de la personne.



3. Enseignements tirés

La lutte contre la violence passe par l'application stricte de la loi, la répression systématique des infractions, la formation, le suivi, et la mise à disposition de moyens suffisants.

Exemple : L'Afrique du Sud a promulgué en 1998 une loi très progressiste appelée Loi sur la violence familiale. Malheureusement, les services de police jurent leurs grands dieux qu'ils ne peuvent pas la faire respecter. Absence de formation, manquent d'infrastructures, etc. - tous les prétextes leur sont bons. L'application de notre magnifique législation va donc exiger un changement complet de mentalité! (Women's Support Centre de Masimanyane et KZN Network on Violence against Women, Afrique du Sud)

Exemple : Le Gouvernement tadjik a adopté un plan d'action national d'amélioration de la condition de la femme. Ce plan de sept ans (1998-2005) prévoit l'interdiction de la violence dans tous les domaines, l'établissement de statistiques précises sur la question, une action de concertation avec les centres d'aide aux femmes battues et la définition de sanctions pénales réprimant la violence. Mais il n'y a aucun budget pour ouvrir des centres d'aide et d'hébergement pouvant recevoir les victimes de violence, pour former des travailleurs sociaux et pour équiper les hôpitaux publics. (Khujand Women's Center, Tadjikistan)

La justice, les services sociaux et les organisations non gouvernementales doivent collaborer pour intensifier la lutte contre la violence.

Exemple : À Maurice, nous avons pris des mesures judiciaires, administratives et sociales contre la violence. La loi sur à la protection contre les violences familiales a été adoptée en 1997 et nous avons créé un service d'aide ouvert 24 heures sur 24, des permanences téléphoniques et des antennes décentralisées. La police, les hôpitaux et les services de probation travaillent en coordination. Les centres de consultation familiale s'efforcent de venir en aide aux couples en difficulté. Des campagnes d'information sur les droits de l'homme ont été lancées, y compris sur les lieux de travail. Les médias se sont largement mobilisés pour faire passer notre message. Nous préparons une vaste enquête sur la violence familiale, ce qui nous permettra de mieux connaître le profil des conjoints violents et de lancer des campagnes à leur intention. (Ministère de la condition de la femme, Maurice)

Exemple : Nous collaborons actuellement avec les pouvoirs publics, qui viennent de mettre en place un comité national de prévention de la violence familiale. C'est pour nous une grande victoire, car cela signifie que le Gouvernement reconnaît et soutient notre action, qu'il va nous aider à consolider notre réseau et à travailler plus efficacement. Après des années d'indifférence de la part des autorités mexicaines, nous allons enfin pouvoir vraiment aller de l'avant. (Alternativas Pacificas, ONG de Nuevo Leone, Mexique)

Exemple : Les comités locaux de coordination qui se sont créés en Colombie-Britannique s'avèrent extrêmement utiles et efficaces : ils appuient l'effort de sensibilisation, renforcent la confiance entre prestataires de service, militants et les institutions, se mobilisent pour faire tomber les barrières qui entravent l'action contre la violence, et trouvent des solutions et des initiatives novatrices qui se traduisent par de véritables changements dans les collectivités locales. (Victims Services Division, Ministère de la justice de Colombie-Britannique, Canada)

Il faut définir des indicateurs communs et faire les études statistiques correspondantes pour déterminer la prévalence réelle de la violence et les montants que l'État consacre à la lutte contre ce fléau.

Exemple : En Afrique du Sud, les plaintes des femmes battues sont classées par la police dans la même catégorie que toutes les autres affaires d'agression, sauf s'il agit d'un acte à caractère sexuel. Il est donc impossible d'obtenir des statistiques sur le nombre total de violences commises contre des femmes. La police prétend que les formulaires de déclaration et d'enregistrement des plaintes sont standard et qu'il est difficile de les modifier. (South African Medical Research Council, Afrique du Sud)

Exemple : Le Canada a mis au point une grille applicable à tous les actes de violence familiale, qu'il s'agisse de violation de domicile, de harcèlement, etc. Il a fallu plusieurs années de rodage du système pour que les données statistiques puissent être considérées comme fiables, mais avec l'habitude et à force de persévérance, c'est aujourd'hui chose faite. (Victim Services Division, Ministère de la justice de Colombie-Britannique, Canada)

Les mesures et programmes doivent refléter le fait que la violence pose toute une série d'autres problèmes, notamment ceux qui ont trait à la santé et au statut économique des femmes.

Exemple : Nous avons constaté que l'impossibilité de trouver des garderies peu onéreuses constitue souvent un obstacle majeur pour la plupart des ex-femmes battues qui essaient de trouver un emploi et de le conserver. De plus, beaucoup de ces femmes continuent à être poursuivies et harcelées sans relâche par leur agresseur, ce qui les oblige parfois à quitter leur emploi. La rigidité des horaires de travail les empêche de trouver le temps nécessaire pour témoigner devant les juges, de consulter les services d'aide sociale ou de chercher un logement. Et pourtant, ces facteurs ne sont pas pris en compte dans les législations et les politiques nationales et locales. (Center for Effective Public Policy, États-Unis)

Exemple : Si les victimes de violences conjugales bénéficient en général de soins physiques adéquats, les équipes soignantes n'ont pas toujours conscience des nombreuses autres séquelles laissées par les mauvais traitements - complications obstétriques, désordres gastro-intestinaux, dépression, etc. En 1998, le département de la santé du Queensland a reçu un budget de 1 million de dollars pour des programmes d'aide psychosociale en faveur des femmes victimes de violences familiales. Nous avons laissé des questionnaires dans les centres de consultation prénatale et les services d'urgence de cinq hôpitaux pour déterminer la prévalence de la violence. Les femmes ont répondu massivement à notre appel. Douze mois après le début de notre enquête, 97 pour cent des 1 174 femmes qui avaient répondu au questionnaire (et dont 8 à 12 pour cent avaient déclaré avoir subi des violences) nous ont dit que le projet était une excellente initiative. (Département de la santé du Queensland, Australie)

La violence coûte cher aux employeurs; la formation peut être un facteur d'économie.

Exemple : L'État du Maryland (États-Unis) exige maintenant que ses 60 000 fonctionnaires suivent des séminaires consacrés aux effets de la violence familiale sur la productivité. Le gouverneur a signé le décret instituant ces cours de formation après qu'une enquête du Bureau des affaires nationales eut révélé que l'absentéisme, les soins médicaux supplémentaires et la baisse de productivité liés à la violence familiale représentaient une perte d'environ 5 milliards de dollars par an pour les employeurs. Le cadre de la fonction publique qui découvre que tel ou tel membre de son service subit des violences dans son milieu familial peut désormais le référer à la cellule gouvernementale d'aide aux fonctionnaires. La victime elle-même peut appeler la police en cas de menace immédiate, prendre un congé, ou faire déposer son chèque de paie sur un autre compte bancaire. L'État encourage par ailleurs les employeurs du secteur privé à avoir des programmes similaires. (Community Well, Research and Evaluation Inc., États-Unis)



La démarginalisation et la promotion des femmes exigent une meilleure diffusion de l'information sur les droits des femmes et des modèles législatifs les plus favorables.

Exemple : Les Nigérianes qui perdent leur mari doivent se plier à toute une série de rites déshumanisants et dangereux - boire l'eau qui a servi à laver le cadavre du défunt, s'isoler du monde, etc. De plus, elles n'ont droit à aucun héritage. Nous avons organisé plusieurs ateliers et des débats à la radio et à la télévision, édité des livres et des affiches sur cette question. Cet effort n'a pas été inutile, puisque les veuves sont maintenant plus nombreuses à s'adresser aux centres d'assistance judiciaire et qu'elles commencent à créer des associations. (Fédération internationale des avocates, Nigéria)

Exemple : L'information juridique consultable sur Internet intéresse essentiellement les pays développés et les exposés (par exemple de lois types) sont souvent trop peu détaillés pour être utiles au législateur. Nous avons découvert que signaler des précédents judiciaires précis en provenance d'autres pays en développement était un excellent outil de mobilisation. Il serait utile de faire l'inventaire de toutes les lois promulguées dans les différents pays pour réprimer le viol et la violence familiale, en indiquant dans chaque cas leur degré d'application. Ces données pourraient peut-être être centralisées par l'ONU. (Windhoek Legal Assistance Center, Namibie)



4. Programme d'action

Adopter la Déclaration de Beijing et la définition de la violence à l'égard des femmes qui figure dans le programme d'action; élaborer des politiques nationales prohibant la violence sous toutes ses formes et où qu'elle se produise - dans la famille, au travail ou dans la collectivité.

Mieux sensibiliser l'ensemble du personnel judiciaire au phénomène de la violence à l'égard des femmes afin de favoriser une action plus concertée face à ce phénomène.

Encourager les hommes à se mobiliser et à s'engager dans la lutte contre la violence.

Améliorer les services médico-sociaux d'aide aux victimes de la violence et nouer des liens plus étroits avec des services sociaux essentiels tels que les services d'aide à l'enfance et la formation professionnelle.

Ouvrir des centres d'urgence à guichet unique où les victimes trouveront sous un même toit tous les services coordonnés nécessaires, l'aide d'autres grands acteurs de la lutte contre la violence comme la police, et pourront bénéficier de services de recherche de témoignages, puis évaluer l'efficacité de ces dispositifs.

Rallier les administrations, la société civile, les institutions de recherche et le secteur privé autour des stratégies d'élimination de la violence les plus efficaces.

Ratifier la Convention sur l'élimination de toutes les formes de violence à l'égard des femmes et son Protocole facultatif, ou y accéder; encourager l'application de cet instrument dans les juridictions nationales et locales.

Mettre au point des indicateurs communs et établir les statistiques de la violence à l'égard des femmes afin de déterminer avec précision l'ampleur du phénomène et notamment d'en calculer le coût; ces données serviront à définir les politiques gouvernementales, à mobiliser les ressources nécessaires et à stimuler le débat public.

Exiger que les policiers et les personnels judiciaires rendent compte de ce qu'ils font pour lutter contre la violence à l'égard des femmes, et assortir cette exigence de mesures incitatives (promotions) ou dissuasives (blâmes).

S'attaquer plus résolument dans les politiques, les lois et les programmes à l'une des causes profondes de la traite des femmes et des petites filles, à savoir la pauvreté.

Soutenir les associations de femmes et autres groupes de la société civile qui mènent une action novatrice contre la violence et/ou qui réparent une lacune importante dans les services aux victimes.

Trouver une solution pour associer les hommes à l'action contre la violence sans pour autant priver les femmes des ressources dont elles disposent.

Soutenir la recherche sur les causes profondes de la violence masculine.

Mettre au point des programmes pédagogiques pour mettre en exergue le caractère intolérable de la violence à l'égard des femmes et promouvoir une action efficace d'élimination du fléau, et les diffuser par l'intermédiaire des médias et des écoles et par d'autres voies.

Bâtir une base de données documentaires universellement accessibles sur l'élimination de la violence à l'égard des femmes, et y inclure les directives, lois-type, modules de formation, procédures de documentation, et autres matériels importants.

Améliorer l'application et le suivi des nouvelles lois, des législations en vigueur et des conventions internationales afin d'éliminer la violence à l'égard des femmes.

Traiter toutes les formes de violence à l'égard des femmes (dont le viol, le crime d'honneur, etc.) comme des infractions pénales.





E. Les femmes et les conflits armés



Groupe de travail sur les femmes et les conflits armés
11 octobre-19 novembre 1999
Nombre total de membres : 614
Des messages ont été reçus de 68 membres représentant 25 pays (75 % du Nord et 25 % du Sud) (voir annexe)**.
ONG : 50 %
Organismes publics : 8 %
Organisations intergouvernementales : 3 %
Chercheurs ou universitaires : 16 %
Autres : 23 %

Les archives de ces échanges peuvent être consultées à l'adresse suivante : http:www.sdnhq.undp.org/ww/women-armdconf/
** Voir la note de l'encadré de la page 6.




Le groupe de travail en ligne sur les femmes et les conflits armés(7) s'est proposé de réfléchir aux moyens de mieux protéger les femmes et les filles en situation de conflit armé ainsi qu'au rôle joué par les femmes dans la prévention des conflits, la reconstruction après les conflits et la consolidation de la paix. Il a axé ses travaux sur les trois thèmes suivants : l'impunité qui couvre les crimes commis à l'encontre des femmes et les moyens d'y mettre fin, la protection et la participation des réfugiés et des personnes déplacées, et le rôle des femmes dans la démilitarisation et la réduction du commerce des armes. Les participants se sont tout particulièrement intéressés à la question des viols perpétrés en temps de guerre et aux stratégies garantissant que les responsables seront poursuivis. La prévention des conflits a également suscité beaucoup d'intérêt. Les participants ont débattu des dimensions sexospécifiques de la violence, du militarisme et de la paix. Ils ont également estimé qu'il fallait définir la sécurité en termes de santé, ou en termes humains, et non plus en termes militaires.



1. Obstacles rencontrés

Le recours de plus en plus fréquent à des stratégies de viol et d'imprégnation dans des situations de conflit armé.

Les difficultés qui continuent de s'opposer à ce que les responsables de viols et crimes de guerre à l'encontre des femmes soient poursuivis en justice.

La persistance des préjugés, de l'opprobre et de la honte qui entourent le viol, même en situation de conflit, empêche les efforts menés pour recenser ces crimes et en poursuivre les responsables d'aboutir.

Le fait que l'État entérine dans bien des cas les violences commises par la police et d'autres forces de sécurité à l'encontre de certains groupes ethniques et des femmes.

L'absence de femmes dotées de pouvoirs dans les négociations pour la paix.

La persistance d'une culture militariste qui privilégie les conflits et exclut les femmes de la consolidation de la paix et de l'action politique.

L'absence d'accompagnement psychologique ou émotionnel dans les méthodes utilisées par les organisations internationales ou les médias pour recenser ou enregistrer les crimes sexuels.

Les représailles exercées à l'encontre des femmes dans lesquelles l'État voit des avocates des droits de l'homme.

La négligence à l'égard des besoins des femmes déplacées et les inégalités dans la distribution de l'aide, les femmes se voyant attribuer une part plus réduite.

Le fait que l'environnement physique des camps de réfugiés et les situations de logement temporaire suscitent des conflits.





2. Idée-force

La contribution des femmes à la violence et à la paix.

La question de savoir si les femmes sont intrinsèquement douées pour la paix a suscité un débat au sein du groupe de travail. La majorité a estimé qu'il était dangereux d'en rester aux stéréotypes de la femme pacifique ou de la femme victime. Il est apparu clairement que dans le domaine de la consolidation de la paix, les priorités des femmes ne sont pas les mêmes que celles des hommes, les femmes s'attachant plus à des questions de survie. Certains participants ont noté qu'en matière de consolidation de la paix, les femmes ont de gros points forts : elles sont particulièrement compatissantes parce qu'elles ont souvent été elles-mêmes victimes de discriminations. De même, parce que leur place dans le système politique est moins solide que celle des hommes, elles ont plus souvent tendance à rechercher la paix. Souvent les premières victimes des conflits, elles en ressentent directement les effets sur leur famille, ce qui leur donne tendance à oeuvrer pour la paix, ou au contraire à communiquer la haine que leur inspirent les atrocités perpétrées.

Par ailleurs, les femmes sont souvent impliquées dans des situations de conflit et de violence, avec des résultats divers. Un membre du groupe a noté qu'en Érythrée, 35 % des combattants avaient été des femmes, ce qui avait contribué à émanciper beaucoup d'entre elles après le conflit. D'après ce membre : Le rôle [joué par les femmes] pendant les 30 ans qu'a duré la guerre d'indépendance, [...] a rendu la société plus équitable. Un autre membre a signalé que les hypothèses des milieux de l'aide humanitaire, qui voyaient dans les femmes des victimes innocentes - et non les auteurs d'éventuelles d'atrocités - avaient prolongé le conflit dans les camps de réfugiés rwandais. Dans l'ensemble, les membres du groupe ont souligné, d'une part, l'importance du concept de virilité dans la création de cultures militaristes et, d'autre part, la logique sexospécifique des conflits et de la violence. L'un d'entre eux a résumé le débat en ces termes : Comment nous, militants et théoriciens des aspects sexospécifiques des conflits, pouvons-nous influencer ceux qui interviennent dans des situations de conflit armé de façon à ce que leurs programmes reflètent une vision plus nuancée des rôles respectifs des hommes et des femmes, et qu'ils ne se contentent pas de plaquer un schéma préconçu sur les femmes?





3. Enseignements tirés

On peut accomplir des progrès significatifs en élargissant les définitions des crimes de guerre aux violences sexuelles commises à l'encontre des femmes, ce qui permet de poursuivre plus facilement les personnes présumées responsables de ces crimes.

Exemple : Le Tribunal international pour l'ex-Yougoslavie et le Tribunal pénal international pour le Rwanda ont considérablement avancé, non seulement parce qu'ils ont instruit ces crimes, mais aussi parce qu'ils en ont élargi la qualification, faisant du viol et des autres formes de violence sexuelle des instruments de génocide, des crimes contre l'humanité, une violation de l'article 3 commun [aux Conventions de Genève], des violations des lois ou coutumes de la guerre, des actes de torture et des infractions graves. Il faut espérer que ces violences seront également bientôt associées à une réduction en esclavage. Le Statut de la Cour pénale internationale permet également de poursuivre plus facilement les personnes présumées responsables de crimes commis exclusivement à l'encontre des femmes, ou dont ces dernières sont les principales victimes, puisqu'il prévoit des poursuites à l'encontre des personnes présumées responsables de viol, d'esclavage sexuel, de prostitution forcée, de grossesse forcée, de stérilisation forcée ou de toute autre forme de violence sexuelle de gravité comparable. Il reste certes beaucoup à faire, mais les progrès accomplis depuis 1993 sont extraordinaires. (États-Unis)

Le viol a une incidence destructive et diffuse qui touche plusieurs générations, surtout lorsque les conflits sont déguisés ou non avoués.

Exemple : Tout d'abord, lorsque le conflit lui-même est déguisé ou non avoué, il est rare que le viol soit présenté comme une arme politique. Ensuite, les victimes ne peuvent attendre ni soulagement ni amélioration des choses : elles ne peuvent que se débattre indéfiniment dans une situation dont tout le monde craint qu'elle n'empire. En dernier lieu, les victimes doivent adopter un masque de normalité pour faire face des années durant à un conflit dans le cadre duquel, leur viol étant juste une atrocité parmi d'autres, elles ne peuvent le vivre comme quelque chose de normal. Et bien entendu aucun recours, aucune réadaptation et aucun traitement ne sont disponibles. (Inde)

Redéfinir la violence en termes de santé publique et de prévention des blessures, plutôt qu'en termes policiers peut ouvrir de nouvelles possibilités d'action juridique ou législative.

Exemple : En Australie, l'organisation pour laquelle je travaille axe ses activités concernant les violences infligées avec des armes à feu, non plus sur le maintien de l'ordre conçu uniquement en termes de conflits, mais sur la prévention des blessures, envisagée dans le contexte général de la santé. Ainsi, l'attention qui était accordée à la période d'après-guerre ou d'après-conflit est-elle reportée sur la période d'avant-guerre, ou sur la prévention des blessures. Cette démarche se fonde sur la Charte d'Ottawa, selon laquelle tous les êtres humains ont droit au bien-être physique, mental et social. Appliquée à la question du contrôle des armes à feu, elle met l'accent sur les transferts d'armes, les lois nationales concernant les armes à feu, la fabrication d'armes, les moyens de faire évoluer les mentalités, etc. (Australie)

Les femmes réagissent souvent différemment des hommes aux situations de conflit et de consolidation de la paix.

Exemple : Paradoxalement, en situation de guerre ou de conflit, les femmes nourrissent parfois plus de haine que les hommes car elles voient leurs enfants et les êtres dont elles s'occupent se faire blesser ou tuer. Il arrive hélas souvent qu'en réprimant cette colère par acculturation, elles la transmettent à la génération suivante par leur attitude et par l'éducation qu'elles donnent. Je pense qu'il est temps que nous réfléchissions sérieusement à la façon dont les femmes réagissent vraiment en cas de conflits, à ce que nous devons faire pour nous-mêmes, et au fait que le mouvement féministe a repris certaines agressions patriarcales sous prétexte de parvenir à l'égalité entre les sexes. A Manipur, les femmes sont utilisées pour symboliser les initiatives pacifiques et l'on a souvent recours à elles au stade des négociations, mais cela a des conséquences complexes. Tout d'abord, elles deviennent des cibles en raison de leur rôle. Ensuite, les femmes sont certes très majoritaires dans les activités concernant les problèmes de survie et dans le mouvement de défense des droits fondamentaux, mais elles ne peuvent probablement influencer les décisions politiques, voire même y participer, que de manière minime. (Inde)

Exemple : Parce que les femmes ont souvent la responsabilité de la survie au jour le jour, que ce soit en temps de guerre ou en temps de paix, elles sont sensibles à ce que l'on appelle parfois la violence structurelle, c'est à dire la violence liée à l'exploitation, à l'inégalité et à la pauvreté, et pas seulement à la violence physique évidente de la guerre. Elles établissent souvent un lien entre les deux dans des projets pratiques axés sur la survie. Par exemple, les remarquables activités intercommunautaires des centres de femmes de Belfast sont possibles parce que les femmes des quartiers défavorisés des deux parties au conflit ont les mêmes besoins. (Royaume-Uni)

Apporter une aide humanitaire aux femmes en situation de crise ne suffit pas; il faut dispenser une formation à la défense des droits fondamentaux des femmes.

Exemple : Après le tremblement de terre de 1988 en Arménie, j'ai commencé à travailler avec la Croix-Rouge géorgienne. En avril 1989, nous avons créé le Centre de sauvetage Santeli et participé à de nombreuses actions dont le but était de sauver des vies dans la région transcaucasienne. Toutefois, lorsque les sauveteurs de Santeli se sont mis à travailler en situation de crise (1991-1994), ils ne connaissaient rien au processus de défense des droits fondamentaux des femmes. Il fallait certes apporter une aide humanitaire mais aussi mener des enquêtes, rassembler des preuves (procéder à des entretiens), analyser les faits, et faire des recommandations en vue de la création d'une stratégie de protection des droits fondamentaux des femmes. Nous voulons apprendre aux femmes appartenant à des groupes à risques (personnes déplacées et population vivant aux frontières de l'Abkhazie) à défendre leurs droits, les préparer au comportement à adopter dans des situations extraordinaires et étudier la situation de la région de Gali en menant des enquêtes et en rassemblant des preuves. (Géorgie)

Les activités communautaires de consolidation de la paix peuvent réussir là où des négociations officielles ont échoué, et elles peuvent servir de modèle pour les processus officiels.

Exemple : Bien que l'environnement n'ait pas été propice à une participation plus active des Angolaises au processus de paix, des organisations féminines populaires ont proposé un certain nombre d'initiatives de consolidation de la paix qui ont bénéficié de l'appui du Gouvernement angolais, par le biais du Ministère de la famille et de la promotion de la femme ainsi que des chefs d'Églises. Notre organisation est le fruit de certaines de ces initiatives et elle a les buts suivants : i) créer un réseau de communication pour l'échange d'informations et d'expériences sur les aspects sexospécifiques du développement; ii) exercer des pressions sur le Gouvernement pour faire progresser la cause des femmes; iii) donner aux femmes les moyens de faire face au problème de l'inégalité des sexes; et iv) dispenser une formation aux organismes membres. Notre organisation a été créée surtout parce que les femmes réalisent qu'il faut agir pour faire évoluer les mentalités et les comportements masculins tout autant que féminins face à la reconstruction et au développement du pays. (Angola)



Stratégies de consolidation de la paix
Appuyer les initiatives nationales, locales et populaires de consolidation de la paix dans le cadre d'un plan d'action coordonné.
Renforcer les capacités institutionnelles des femmes et d'autres acteurs clefs d'activités de renforcement de la paix en dispensant une formation à la sensibilisation des adultes aux problèmes des femmes.
Atténuer les aspects négatifs des régionalismes, de la méfiance ethnique et du fossé qui sépare le monde rural du monde urbain.
Mettre au point des mécanismes appropriés de dialogue intercommunautaire, de réconciliation et de résolution des conflits, avec la participation des chefs traditionnels et des autorités religieuses.
Contribuer à la recherche d'un consensus sur la paix auquel adhèrent les organisations populaires (création d'une culture de paix).


Exemple : Les activités auxquelles participent les deux communautés chypriotes datent des années 1990. Lorsque nous avons commencé, nous étions 10 membres de la communauté chypriote grecque et 10 membres de la communauté chypriote turque à nous réunir à la frontière, dans un no man's land appelé la ligne verte qui divise Chypre en deux. Trois mille personnes en sont vite venues à assister à nos réunions, ce qui a alarmé les autorités. Nous apportions en effet la preuve que les Chypriotes turcs et les Chypriotes grecs pouvaient se rencontrer et se comprendre. Or, la doctrine officielle était que nous ne pourrions jamais revivre ensemble. Dès le début, les femmes ont beaucoup participé aux groupes pacifistes bicommunautaires. J'ai créé le groupe des femmes des deux communautés. Il s'est réuni pendant plus d'une année, jusqu'au moment où il en a été empêché. Les réunions des groupes de femmes ont été arrêtées avant celles des autres. Pourquoi cela? Je pense que les femmes étaient plus inquiétantes pour les autorités que les groupes mixtes. (Chypre)

Venir à la table des négociations en tant qu'individus, éviter les positions politiques rigides, constituer des réseaux et des comités populaires de femmes sont autant de bonnes stratégies de consolidation de la paix au niveau des communautés.

Exemple : Je voudrais vous parler de certaines méthodes et stratégies utilisées par les groupes de femmes à Chypre. En ce qui concerne la constitution des groupes, nous obtenons d'emblée des participantes qu'elles acceptent de ne représenter qu'elles-mêmes, à titre individuel, et non des ONG ou tout autre organisme. Elles doivent également s'engager à éviter les généralisations et à ne parler qu'en leur nom, à la première personne du singulier (Je) plutôt qu'à la première personne du pluriel (Nous). Nous demandons également d'emblée aux participantes d'adhérer au principe selon lequel nous sommes là pour exprimer et comprendre des besoins plutôt que pour imposer des positions politiques. Au début, les femmes ont des attitudes complètement opposées, en fonction de leur appartenance ethnique, et elles sont choquées d'entendre les femmes de l'autre groupe parler si différemment. Nous leur donnons l'occasion de raconter les moments les plus traumatiques de leur vécu. À ce moment, deux groupes séparés commencent à se fondre. Le groupe n'a pas de structure, pas de chef, pas de hiérarchie, et tout le monde se sent traité sur un pied d'égalité. Tout au long de ce processus, les femmes regardent au fond d'elles. Le changement vient de l'intérieur, et non de l'extérieur. (Chypre)

Il est indispensable d'offrir aux femmes des opportunités économiques pendant les périodes de reconstruction qui suivent les conflits.

Exemple : Au Rwanda, les Comités de femmes sont des structures populaires composées de 10 membres élus lors d'élections exclusivement féminines pour représenter les femmes à tous les échelons de l'État. Les bailleurs de fonds et les ONG en ont déjà fait un canal de transmission de leur aide au développement. Le Gouvernement a chargé chaque comité de créer, d'alimenter et de gérer des Fonds communaux pour les femmes, qui en sont toujours à l'état embryonnaire. Ils ont pour but d'aider à démarrer des activités économiques communales et sectorielles tout en permettant à des femmes du peuple de se prononcer sur des financements qui peuvent changer leurs vies. Ceci est possible en partie grâce à des activités de microcrédit pour lesquelles les Fonds communaux prêtent moyennant des taux d'intérêt minimaux de petites sommes à des femmes qui ne pourraient obtenir de crédit par d'autres moyens. Le programme sur les femmes et la transition a recentré beaucoup de ses activités de façon à collaborer avec les Comités de femmes au niveau des communes. Il finance ainsi leurs activités et en forme et conseille les responsables chargées des Fonds communaux. (Rwanda)

Les organisations féminines doivent avoir une place officielle à la table des négociations, dans le cadre de la diplomatie préventive, des pourparlers pour la paix et de la gestion des affaires publiques après les conflits.

Exemple : Un groupe extraordinaire de femmes libériennes a fondé l'Initiative des Libériennes, dans le but d'exercer une pression populaire sur les politiciens et les chefs de guerre. À la suite d'un débat consacré à l'échec du processus de paix, ces femmes ont décidé de joindre leurs voix à celles des partisans du désarmement et de la paix. Elles n'imaginaient pas au départ que leur organisation avait un avenir à long terme, mais elles se sont beaucoup impliquées dans le processus de paix au Libéria et elles ont assuré une présence à haut niveau dans toutes les conférences pour la paix. C'est ainsi qu'elles ont commencé à participer au processus de paix. Les décideurs étaient en effet impressionnés par la ténacité et la détermination avec laquelle elles présentaient les vues des femmes sur le processus de paix, les femmes ayant été les premières victimes des violences qui ont déferlé sur le Libéria. (Royaume-Uni)

Exemple : Les Burundaises ont décidé de s'organiser et de créer des associations pour la paix et la réconciliation. Elles ont malheureusement été exclues de toutes les réunions convoquées par le Gouvernement pour trouver une solution au problème. Même les femmes qui appartenaient à des partis ont été ignorées. Voyant qu'elles étaient exclues de toute initiative, elles ont décidé de ne plus compter que sur leurs propres forces. Elles ont participé à un forum international qui leur a permis de rencontrer d'autres femmes et de discuter avec elles. Avec l'aide de Mme Speciose Kazibwe, Vice-Présidente de l'Ouganda et de Mme Perry, ex-Présidente du Libéria, elles ont pu organiser une conférence en Ouganda, après laquelle elles ont rencontré le Président de l'Ouganda. Celui-ci a accepté de négocier la participation des Burundaises aux négociations pour la paix au Burundi qui se tiennent à Arusha. (Burundi)

Le renforcement des capacités, la formation et les groupements de femmes sont indispensables pour faciliter la participation des femmes à la reconstruction de pays sortant de conflits.

Exemple : Il est crucial que les femmes participent à la reconstruction des pays sortant de conflits si leur voix doit nourrir le dialogue communautaire. Lorsque nous commençons à apporter une aide à des communautés qui sortent de conflits, nous veillons à donner un rôle aux institutions féminines, qu'elles soient ou non officielles. Dans le cas de la Sierra Leone, par exemple, nous sommes en train de mettre sur pied une formation destinée aux organismes qui veillent à l'application de la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples. Elle sera dispensée du 28 février au 10 mars 2000 et sera axée sur le rassemblement de preuves concernant les violations des droits fondamentaux des femmes ainsi que sur l'action à mener sur la base de telles preuves. (Royaume Uni)

Donner aux femmes l'occasion de partager leur vécu aide à comprendre de vieux conflits, à envisager une réconciliation et à demander réparation, mais cela doit se faire de façon respectueuse, avec l'accompagnement nécessaire.

Exemple : Des réfugiés du Timor oriental sont en train d'arriver en Australie et la section australienne de la Commission internationale de juristes cherche des avocats bénévoles pour prendre les témoignages des réfugiés et rassembler des preuves récentes en vue de la création d'un tribunal chargé de juger des crimes de guerre ou d'une commission interne pour la paix et la réconciliation. Comme nous le savons tous, c'est l'Assemblée générale des Nations Unies qui décidera ou non de créer pour le Timor oriental un tribunal pénal du même type que ceux qui ont été mis en place pour l'ex-Yougoslavie et le Rwanda. Cette décision sera donc soumise à toutes sortes d'aléas politiques. Quoi qu'il en soit, je trouve très intéressant de consigner l'histoire de ces femmes, du moment que cela se fait avec délicatesse, et qu'en sont chargés des spécialistes responsables, et non des médias exploiteurs, l'accompagnement nécessaire étant fourni à toutes les personnes concernées. (Australie)



4. Programme d'action concernant les femmes

et les conflits armés

Réfléchir à la création d'une assemblée permanente chargée de la prévention des conflits, véritable Conseil de sécurité au féminin.

Réfléchir à la question de savoir si les viols commis à l'encontre des femmes doivent être traités séparément des autres crimes de guerre ou entrer dans le cadre des traités internationaux concernant ces crimes.

Faire participer les hommes à l'action menée après les conflits dans le domaine de la santé en matière de procréation.

Redéfinir la sécurité en termes humains plutôt qu'en termes militaires et la question du contrôle des armes à feu en termes de santé publique plutôt qu'en termes policiers.

Créer pour les personnes déplacées des zones préventives (censées prévenir l'apparition de conflits) dont seraient chargés des contingents de maintien de la paix des Nations Unies.

Dépassant les stéréotypes, affiner la vision des rôles masculins et féminins en situation de conflit armé, aux fins de la programmation des activités.

Faire campagne contre le recours à des armes telles que la terreur, le viol ou la torture.

Avec l'accompagnement médical et psychologique voulu, rassembler de façon holistique et détaillée des preuves concernant les violences sexuelles.

Élaborer un instrument international consacré aux femmes en situation de conflit armé qui interdise le viol et qualifie explicitement de crime toute forme de violence sexuelle.

Nommer un rapporteur spécial des Nations Unies sur les femmes et les conflits armés.

Effacer l'opprobre et la honte qui frappent les victimes de viol ou d'autres crimes sexuels en sensibilisant les femmes, les hommes, les médecins, la société au sens large, le système judiciaire, les familles, la police, etc.

Sensibiliser davantage aux problèmes des femmes les soldats chargés du maintien de la paix, y compris au sein de l'OTAN.

Faire participer plus de femmes à des missions de sécurité et de contrôle.







F. Les femmes et l'économie



Groupe de travail en ligne

sur l'élimination des inégalités économiques

entre hommes et femmes

6 septembre-15 octobre 1999
Nombre total de membres: 982
Des messages ont été reçus de 82 membres représentant 30 pays (55 % du Nord et 45 % du Sud) (voir annexe)**.
ONG : 36 %
Organismes publics : 6 %
Organisations intergouvernementales : 15 %
Chercheurs ou universitaires : 30 %
Autres : 13 %

Les archives de ces échanges peuvent être consultées à l'adresse suivante : http://sdnhq.undp.org/ww/women-economy/
** Voir la note de l'encadré de la page 6.




Au cours des cinq années écoulées depuis la Conférence de Beijing, on a assisté à une évolution rapide de l'économie, tant au niveau mondial qu'au niveau local. La mondialisation, la transition économique, la libéralisation des échanges et le microfinancement font maintenant partie du débat comme de la vie quotidienne des femmes. C'est dans ce nouveau contexte, et compte tenu des différentes situations régionales, nationales et locales que les participants au groupe de travail en ligne sur l'élimination des inégalités économiques(8) ont examiné les progrès accomplis depuis 1995, les obstacles qui restent à surmonter et les mesures à prendre. De manière générale, le dialogue a essentiellement porté sur les moyens de mettre fin aux inégalités économiques entre hommes et femmes et de concilier la vie professionnelle et les responsabilités familiales ainsi que sur l'élaboration des politiques économiques.



1. Obstacles rencontrés

Les préjugés tenaces que partagent hommes et femmes concernant les métiers appropriés aux uns et aux autres (répartition du travail entre les sexes), stéréotypes qui cantonnent les femmes dans les emplois mal payés et peu considérés et fait reposer sur leurs épaules le plus gros du travail non rémunéré qui consiste à s'occuper de la famille.

Le manque de reconnaissance du travail à domicile des femmes, en particulier des femmes d'un certain âge, et ses incidences sur la sécurité sociale et la retraite.

Certaines formes de restructuration et de libéralisation économique, qui créent de nouveaux problèmes pour les femmes.

Le manque de données et d'informations pertinentes et ventilées par sexes sur l'emploi, qui permettraient de mieux cibler les politiques.

Le manque de participation des femmes à la prise de décisions sur les politiques économiques, tant au niveau national qu'au niveau international.

La complexité des programmes bien conçus de microfinancement, qui pose un problème si ceux-ci doivent permettre de réduire les inégalités économiques entre hommes et femmes.



2. Idée-force

Les restructurations économiques et les grosses entreprises sont-elles toujours mauvaises pour les femmes?

Dans chaque région, les participants se sont dits préoccupés par les effets négatifs potentiels et réels de la privatisation et de la transition économique. Avec la privatisation des services publics, les femmes perdent leurs emplois et leur protection contre la discrimination. Dans de nombreux pays, les inégalités entre hommes et femmes se creusent à mesure que l'économie se privatise. Ailleurs, c'est lors de la privatisation que des politiques de non-discrimination ont été mises en place. Les participants se sont félicités que de grandes entreprises élaborent des codes de conduite et respectent les règles de la concurrence loyale et ont souligné qu'il fallait encourager ces pratiques.



3. Enseignements tirés

Il est essentiel d'accompagner les programmes économiques et les réformes législatives de campagnes d'information et de sensibilisation et de programmes d'éducation qui visent à changer les mentalités et les comportements.

Exemple : Dans nos programmes, nous nous sommes attachés à vérifier comment les profits avaient été utilisés par le ménage. Je m'inquiète de voir que les femmes ne sont souvent pas maîtres de l'argent du ménage et qu'il arrive que les hommes décident seuls de l'usage du crédit. Les programmes de microcrédit peuvent apporter beaucoup aux femmes s'ils s'accompagnent de mesures d'autonomisation qui leur permettent d'utiliser et de gérer l'argent du ménage et de prendre des décisions en consultation avec leur mari. (UNIFEM/PNUD/Volontaires des Nations Unies Viet Nam)

Exemple : Je voudrais faire part de mon expérience. J'ai créé la Commission de l'égalité des chances de Hong Kong en 1996. Elle est chargée de faire appliquer l'arrêté sur la discrimination fondée sur le sexe, l'arrêté sur la discrimination fondée sur le handicap et l'arrêté sur la discrimination fondée sur la situation familiale. La législation est importante pour garantir l'égalité des chances, mais elle doit s'accompagner de campagnes d'information et d'une éducation sur le long terme. La Commission de l'égalité des chances a lancé une campagne destinée à sensibiliser le public et à mieux faire comprendre les principes de l'égalité des chances et de la non-discrimination. À Hong Kong, en 1996, 35 % des personnes interrogées disaient savoir ce qu'était la Commission de l'égalité des chances. En 1998, ils étaient 87 %.(Université chinoise de Hong Kong, Chine)

Exemple : Les femmes sont souvent perçues comme des ménagères ou des reines de beauté alors que les hommes ont une image d'homme d'affaire sérieux. La Commission sud-africaine sur l'égalité entre les sexes a tenté de mettre fin à ces stéréotypes en organisant chaque année des colloques avec les médias et en encourageant une approche novatrice et créative des questions relatives aux femmes. Elle espère aussi être à même d'influer sur les programmes des organismes de formation des journalistes. (Commission de l'égalité entre les sexes, Afrique du Sud)

Les politiques nationales instaurant le principe de non-discrimination peuvent favoriser (mais ne garantissent pas) l'instauration d'un environnement propice à une plus grande équité économique. Elles peuvent aussi avoir des effets négatifs si elles ne tiennent pas compte du travail non rémunéré des femmes.

Exemple : L'exemple de l'Ouganda montre à quel point la discrimination positive peut contribuer à autonomiser les femmes. L'Ouganda a élaboré des politiques spécialement destinées à encourager les femmes à occuper des postes techniques et à travailler dans l'armée, la police, les organismes publics, les commissions, etc. Le Gouvernement a obligé les entreprises de tous les secteurs à nommer au moins une femme parmi les cadres. La politique de discrimination positive est essentielle pour donner du courage aux femmes. Elles sont de plus en plus nombreuses dans l'armée, la police, les métiers techniques et autres activités économiques qui étaient autrefois l'apanage des hommes. Aujourd'hui, le secteur des affaires s'est beaucoup féminisé grâce à la politique du Gouvernement. Les femmes ouvrent des écoles privées, des sociétés de financement, des supermarchés, etc. (Organisation panafricaine de libération de la femme, Ouganda)

Exemple : Je viens de terminer une étude de cas sur les pratiques en matière d'emploi d'une grosse multinationale agroalimentaire, Cargill, qui a racheté 20 % de l'entreprise publique zimbabwéenne Cotton Board quand elle a été privatisée en 1996. J'ai été frappé par le fait que Cargill ait embauché des femmes, ce que n'avait pas fait l'entreprise publique. Les femmes sont légèrement plus nombreuses en bas de l'échelle, mais elles sont aussi très présentes aux échelons les plus élevés. Des emplois viennent d'être créés dans le domaine informatique, et ils sont tous attribués à de jeunes femmes. Il s'agit de bons emplois à durée indéterminée, avec prestations sociales et logement. Lorsque j'ai demandé à Cargill pourquoi l'entreprise avait recruté des femmes, on m'a répondu que Cargill était un employeur qui respectait l'égalité des chances, que son code de conduite stipulait que l'entreprise devait se conformer aux lois des pays dans lesquels elle était installée et que la législation zimbabwéenne interdisait la discrimination dans l'emploi. (Gender and Agribusiness Project, University of Illinois, États-Unis)

Par opposition

Une analyse des points forts, points faibles, chances et risques du contexte économique de l'Afrique du Sud a montré que, si la législation instaurait l'égalité entre hommes et femmes, les grandes entreprises rechignaient à acheter des services ou des produits à des femmes micro-entrepreneurs. (Afrique du Sud)

Exemple : Même si le droit japonais du travail instaure l'égalité entre hommes et femmes, la réalité veut que si le chef d'entreprise demande à ses salariées travaillant à plein temps et touchant un salaire élevé (comme il peut le demander, et le demande, aux hommes) de travailler plus ou de faire plus d'heures, les femmes quittent souvent leur emploi pour un emploi moins bien rémunéré, à durée limitée et à temps partiel. Les salaires sont très bas pour les emplois à temps partiel. (Japon)

La ratification des conventions internationales peut inciter les gouvernements à s'engager et catalyser l'action nationale.

Exemple : Il importe que la Convention de l'OIT, qui prévoit l'égalité de traitement pour tous les travailleurs à domicile, soit ratifiée. En Irlande, le Gouvernement va lancer une campagne d'information à l'intention des travailleurs à domicile. En Inde, le Gouvernement met en place un comité qui sera chargé d'examiner la possibilité d'adopter une politique spécifique sur le travail à domicile, qui aurait notamment pour conséquence de créer des administrations de sécurité sociale pour les travailleurs à domicile. Au Royaume-Uni, le Gouvernement a récemment introduit un salaire minimal national qui concerne aussi les travailleurs à domicile. À Madère (Portugal), le gouvernement régional a, sous la pression des syndicats, adopté une réglementation concernant les brodeuses à domicile. (HomeNet, Royaume-Uni)

La mise au point d'outils permettant d'analyser les budgets des gouvernements dans une perspective d'égalité entre les sexes facilite la redistribution des ressources au profit de l'autonomisation économique des femmes.

Exemple : Les budgets sexospécifiques ont pour but de faciliter l'évaluation de l'impact des budgets gouvernementaux sur les femmes. Ils s'efforcent de décomposer les budgets des gouvernements en fonction de leur impact sur les femmes et les hommes et sur différents groupes de femmes et d'hommes. Jusqu'à présent, ces initiatives mettent l'accent sur la redéfinition des priorités plutôt que sur une augmentation des dépenses globales. On préconise aussi une réorientation des activités du gouvernement plutôt que des changements dans les montants alloués à certains secteurs. (International Center for Research on Women, États-Unis)

Les partenariats entre la société civile et le gouvernement peuvent aider les femmes à s'organiser au niveau local pour faire respecter leurs droits économiques et leurs droits en matière de travail.

Exemple : Organisées et créatives, les femmes du secteur informel (vendeuses des rues) se sont liées et ont créé, avec les hommes, des groupes de dialogue et de défense de leurs droits. À Cebu, les organisations populaires et les organisations non gouvernementales ont formé des organismes tripartites avec les autorités locales pour débattre des questions concernant les vendeurs des rues et le code d'administration locale. Cette collaboration aux étapes de la planification, de l'exécution et de l'évaluation, de plus en plus courante et appréciée, montre qu'il est possible de créer des sociétés civiles par la coopération, l'organisation et l'éducation. (RSCJ, Philippines)



4. Programme d'action destiné à mettre fin aux inégalités économiques entre hommes et femmes

Compte tenu des obstacles persistants mis en évidence, des grandes questions discutées dans le cadre du forum et des enseignements tirés de l'expérience, on pourrait élaborer un programme d'action qui aurait pour but de :

Généraliser les initiatives visant à analyser la collecte et la répartition des ressources par les gouvernements dans une perspective d'équité entre les sexes.

Favoriser l'adoption de codes de conduite et de pratiques de concurrence loyale par les entreprises privées, codes et pratiques qui seraient surveillés de manière indépendante.

Encourager le débat sur la sécurité économique des femmes âgées et prendre des mesures pour garantir leur sécurité économique.

Reconnaître le travail à domicile des femmes et des filles, modifier en conséquence les programmes publics de retraite et renforcer la réglementation du travail pour empêcher l'exploitation des femmes et des filles.

Promouvoir l'intégration, dans les politiques économiques, d'une perspective sexospécifique, par exemple en rendant les plans d'égalité entre les sexes obligatoires dans les transactions des banques internationales de développement.

Envisager de lancer des programmes d'auto-assistance et de microfinancement communautaires, qui constituent une solution souple pour suppléer aux initiatives conduites par les banques.

Encourager les partenariats entre les organismes publics et les organisations non gouvernementales pour défendre les droits économiques des femmes.

Reconnaître le travail non rémunéré des femmes et offrir des services (garde d'enfants, etc.) pour aider les familles qui doivent concilier travail et responsabilités familiales.

Compiler et analyser des données et informations sur la situation économique et l'emploi des hommes et des femmes.

Dans le cadre de la législation et des programmes d'autonomisation économique, faire des efforts concertés pour mettre fin à la discrimination et aux stéréotypes.

Adopter et faire appliquer des lois et politiques garantissant la non-discrimination et l'égalité des chances.

S'appuyer sur les conventions relatives aux droits de l'homme et au travail, entre autres, pour faire en sorte que les gouvernements s'engagent et agissent conformément à ces instruments.

Recourir à des stratégies à volets multiples visant à surmonter les obstacles culturels, légaux et structurels à la réalisation des droits économiques de la femme et adopter une approche du cycle de vie qui tienne compte des multiples rôles de la femme.

Rendre les plans d'égalité entre les sexes obligatoires dans les transactions des banques internationales de développement.

Encourager l'instauration de partenariats entre les gouvernements et les organisations non gouvernementales pour défendre les droits économiques des femmes.



G. La participation des femmes à la vie politique et à la prise de décisions

Groupe de travail en ligne

Promouvoir la participation des femmes
à la vie politique et à la prise de décisions
6 septembre-15 octobre 1999
Nombre total de membres: 952
Des messages ont été reçus de 87 membres représentant 37 pays (44 % du Nord et 56 % du Sud) (voir annexe)**.
ONG : 45 %
Organismes publics : 13 %
Organisations intergouvernementales : 9 %
Chercheurs ou universitaires : 20 %
Autres : 13 %

Les archives de ces échanges peuvent être consultées à l'adresse suivante : http://sdnhq.undp.org/ww/women-power/
** Voir la note de l'encadré de la page 6.


Qu'en est-il de la représentation politique des femmes? Comment les femmes exerçant des fonctions politiques ou se trouvant à des postes de responsabilité s'occupent-elles de la problématique hommes-femmes? Quel est l'impact des mesures de discrimination positive et des quotas? Comment faire une plus large place aux femmes dans la prise de décisions? Tels sont quelques-uns des principaux thèmes abordés par le groupe de travail en ligne Promouvoir la participation des femmes à la vie politique et à la prise de décisions(9). Les participants au dialogue ont fait part d'expériences nationales très différentes concernant la représentation des femmes dans les gouvernements et dans le corps législatif. Certains ont signalé que d'importants progrès avaient été accomplis depuis 1995, d'autres au contraire qu'aucun véritable changement n'avait été constaté ces dernières années. L'impact des mesures de discrimination positive et des quotas et les moyens de renforcer la participation des femmes dans les organes de décision ont été longuement examinés.



1. Obstacles rencontrés

Le fait que les femmes occupant des charges électives ne peuvent ou ne souhaitent pas s'exprimer en leur propre nom, à cause de la pression qu'exercent sur elles les hommes de leur famille, du fait qu'il est difficile sur le plan politique de prendre fermement position au sujet des questions sexospécifiques et de la peur de perdre leur poste.

L'insuffisance de la formation et de la préparation des femmes qui comptent se lancer ou se sont déjà lancées dans la vie politique.

Les réactions hostiles à l'égard des femmes qui font carrière dans l'administration, sont plus exposées que les hommes au risque d'être rétrogradées ou de perdre leur poste en cas de compression budgétaire.

Le fait que le milieu du travail ne soit pas favorable aux femmes (harcèlement sexuel, manque de crèches, rigidité des horaires de travail, etc.).

Le fait que les valeurs socioculturelles figent le rôle des femmes et la perception qu'on en a et perpétuent les stéréotypes négatifs des femmes qui briguent ou détiennent une charge élective.







Le manque d'accès à l'information sur la vie publique et l'ignorance de ses règles.

Le coût élevé des campagnes politiques.

La tendance persistante à confier aux femmes des ministères traditionnellement considérés comme féminins - ceux de l'éducation, de la santé, de la sécurité sociale et des services publics, par exemple.

Les menaces physiques contre les femmes qui briguent une charge élective et contre leur famille.

Le fait que les gouvernements ne sont pas obligés de rendre compte des résultats obtenus dans le domaine de l'égalité entre les sexes.

La multiplicité des responsabilités incombant aux femmes, qui rendent leur carrière politique difficile.



2. Idée-force

Le fait que les femmes sont de plus en plus nombreuses à occuper des postes de responsabilité ou à exercer des fonctions politiques a-t-il une influence positive?

Les participants ont noté que les politiques des gouvernements ne devenaient pas automatiquement meilleures parce que les femmes devenaient plus nombreuses à occuper des postes de responsabilité et ont examiné les moyens d'appuyer les femmes politiques pour qu'elles puissent faire progresser la cause féminine. Certains ont demandé que les femmes, en particulier celles qui militent au sein d'associations, leur fournissent les informations et l'appui dont elles ont besoin pour promouvoir l'égalité entre les sexes. Tous ont souligné la nécessité de créer un environnement où les décideurs partageraient les responsabilités et seraient davantage comptables de leur action en faveur de l'égalité entre les sexes.



3. Enseignements tirés

Les réseaux et les échanges d'idées officieux sont importants parce qu'ils permettent d'appuyer les femmes politiques et de faire connaître les problèmes des femmes aux décideurs.

Exemple : Dans le cadre de notre programme, intitulé Femmes représentantes et femmes représentées, nous organisons tous les mois des petits déjeuners au cours desquels nous débattons de questions politiques et mettons au point des activités de mobilisation. Ces petits déjeuners sont l'un des moyens dont se servent des organisations de femmes comme la nôtre pour nouer le dialogue avec les élues, de quelque bord qu'elles soient. Nous invitons en effet, TOUTES les femmes parlementaires et TOUTES les magistrates de la ville de Buenos Aires à chacun de ces petits déjeuners. (Fundación Mujeres en Igualdad, Argentine)



La participation des femmes à la prise de décisions et à la vie politique a une influence positive sur la prise en compte des questions sexospécifiques et sur les politiques y relatives.

Exemple : En Ouganda, la participation des femmes à la prise de décisions a une incidence sur la nature des politiques adoptées. Pour ce qui est de la politique de santé, par exemple, un des secrétaires d'État qui en ont la charge, - une femme - a insisté pour qu'elle tienne systématiquement compte des problèmes des femmes. Un séminaire a été organisé et une consultante recrutée pour faciliter cette prise en compte, ce qui a eu un impact positif. Pour la première fois, la politique de santé traite de la violence à l'égard des femmes et propose de ventiler les données par sexe. Le problème maintenant est de la mettre en pratique, ce qui risque de susciter bien des résistances. (Ministère de la santé, Ouganda)

Les quotas et les mesures de discrimination positive en faveur des femmes ont permis d'accroître leur participation à la vie publique mais se heurtent encore à des résistances.

Exemple : Des mesures de discrimination positive ont été prises en Érythrée où 30 % des sièges des assemblées nationales et régionales sont réservés aux femmes. À l'heure actuelle, les assemblées nationales comprennent 22 % de femmes et les assemblées régionales de 27 à 37,8 %. (Érythrée)

Exemple : Les articles 32 et 33 de la Constitution ougandaise de 1995 établissent le droit des femmes de participer à égalité avec les hommes à la vie politique et publique; et d'autres articles prévoient l'adoption de mesures de discrimination positive.

Ce type de mesures a fait beaucoup pour accroître la participation des femmes à la vie publique en Ouganda où chaque district doit désormais élire une femme à un siège de député au Parlement et où les femmes ont la possibilité de se présenter à des élections dans certaines circonscriptions. À ce jour, les mesures de discrimination positive ont permis à une quarantaine de femmes de siéger au Parlement.

Pour apprendre aux jeunes femmes

à exercer des responsabilités :


Développer leur confiance en soi et leur qualité de dirigeantes.

Leur apprendre à penser par elles-mêmes et à prendre des décisions.

Élaborer des politiques qui garantissent l'égalité d'accès à l'éducation dès le plus jeune âge.

Apprendre aux filles comment fonctionne le système de politique national.

Encourager les filles à faire partie d'équipes sportives et leur inculquer l'esprit d'équipe.





La Constitution de 1995 prévoit aussi que des femmes doivent siéger dans tous les organismes publics et parapublics et toutes les autres institutions afin qu'elles puissent faire part de leurs préoccupations et exigences, politique qui permet à beaucoup de femmes d'occuper des postes dans de nombreuses institutions et qui fait que l'Ouganda est actuellement le seul pays d'Afrique à avoir une femme pour Vice-Président. (PAWLO, Ouganda)

Exemple : Le Parlement colombien a adopté récemment une loi prévoyant que 30 % des plus hautes fonctions publiques doivent être exercées par des femmes et, notamment, l'inscription d'au moins une femme sur chaque terna (liste de trois candidats parmi lesquels le Président ou d'autres dignitaires, à qui cette liste est présentée, peuvent désigner les titulaires de hautes fonctions). Cette loi n'est pas encore en vigueur et nombreux sont ceux qui pensent qu'elle ne sera pas adoptée ou qu'elle sera déclarée inconstitutionnelle avant même d'être appliquée. (Colombie)

Le développement des capacités de diriger des jeunes femmes sera à l'avenir tout aussi indispensable que celui des hommes.

Exemple : Le programme Sexospécificités et développement a coparrainé avec des organisations non gouvernementales lituaniennes un camp de formation à l'intention d'adolescentes. Ce camp intitulé Les femmes prennent les choses en main, a été adapté d'un camp de formation analogue (Les filles dirigent le monde), mis en place en Roumanie par des volontaires du Peace Corps. Outre qu'il offrait une formation commerciale à ses participants, il visait à développer non seulement leurs capacités de dirigeantes mais aussi leurs capacités personnelles, en particulier leur confiance en soi. Nous pensons que, pour que les femmes puissent devenir des femmes d'affaires avisées, il faut d'abord qu'elles acquièrent les qualités de base nécessaires. (US Peace Corps : Corps de volontaires des États-Unis pour la paix, Lituanie)

Les activités d'organisation et de promotion menées par les ONG de femmes réussissent à sensibiliser les esprits et à donner aux femmes l'élan dont elles ont besoin pour se lancer dans la vie politique.

Exemple : Il n'y a pas, au Nigéria, de loi électorale qui garantisse aux femmes l'égalité en matière de représentation mais les activités de mobilisation ont sensibilisé les Nigérianes à ce problème. Elles ont ainsi établi, pour la première fois, un plan d'action politique, qu'elles ont publié, organisé un sommet de femmes et réclamé des mesures de discrimination positive. Elles ont même formé un parti politique qui n'a malheureusement pas pu être enregistré mais qui est devenu une association politique.

Au niveau local, dans l'État des Rivières, la Fédération des avocates a lancé toute une série de campagnes qui ont pris la forme de visites sur le terrain, de cours sur le système électoral et de causeries radiophoniques. Elle a réussi non seulement à sensibiliser davantage les femmes à la question de la représentation politique, mais également les hommes. Comme suite à une visite que ses représentantes ont rendue au Président de l'Assemblée nationale, elle est actuellement en train de soumettre à l'Assemblée deux projets de loi résolument favorables aux femmes. (Fédération des avocates. (FIDA), Nigéria)

Le volet Formation et développement des capacités des femmes de diriger occupe une place centrale dans les stratégies des ONG visant à préparer les femmes à exercer des responsabilités, aussi bien au niveau associatif qu'au niveau politique.

Exemple : Le PNUD coopère avec le Comité national vietnamien pour la promotion de la femme à l'exécution d'un projet visant à développer au Viet Nam les capacités nécessaires pour appliquer le plan d'action national pour la promotion de la femme.

Ce projet a donné lieu à un stage de formation de formateurs de quatre jours, axé sur le développement des capacités de diriger, qui a été suivi de six cours de formation organisés à l'échelon local, à l'intention de 144 candidates aux élections à la dixième Assemblée nationale de juillet 1997. Ces cours ont porté essentiellement sur l'organisation d'une campagne électorale et la manière de présenter un programme électoral et ont permis d'élaborer des propositions d'action.

Ils ont notamment donné l'occasion à une travailleuse sociale de 27 ans de s'exprimer pour la première fois de sa vie en public. Lors des premières tentatives qu'elles a faites pour présenter ses idées, elle n'a pas réussi à dire un mot, mais le dernier jour, avec l'appui et les conseils des autres participantes, elle a réussi à faire une déclaration de cinq minutes. Elle est actuellement l'un des plus jeunes députés de l'Assemblée nationale.

Les responsables du projet ont organisé une conférence de presse avant les élections afin de promouvoir une image positive des femmes en tant que dirigeantes et de faire en sorte que les femmes soient mieux représentées au Gouvernement. Ces objectifs ont été atteints puisque le taux de représentation des femmes est passé de 18 % à plus de 26 % (Spécialiste des questions sexospécifiques pour les Volontaires des Nations Unies, le PNUD et UNIFEM au Viet Nam)

Mettre en place au sein des diverses entités, des structures qui encouragent les femmes à s'organiser peut les aider à prendre une part plus active à la prise de décisions.

Exemple : Au début des années 70, un petit groupe de femmes du Parti travailliste néo-zélandais a décidé qu'elles en avaient assez. Elles ont commencé à réorganiser la section Femmes du Parti de manière qu'elles puissent être un facteur de changement, c'est-à-dire qu'elles puissent encourager les femmes à jouer un rôle plus important , plus déterminant, dans la vie politique et les former à cette fin. Le fait que le Premier Ministre néo-zélandais et le Chef de l'opposition néo-zélandaise soient actuellement des femmes n'est pas un hasard. (Nouvelle-Zélande)

L'examen du budget consacré aux femmes (ou aux questions sexospécifiques) est un bon moyen de se renseigner sur le processus des prise de décisions et sur l'ordre des priorités, de faire pression sur les pouvoirs publics et d'organiser des activités de plaidoyer.

Exemple : En Afrique du Sud, le budget consacré aux femmes permet à tous ceux que cela intéresse de savoir quelle part du budget le Gouvernement consacre à la défense, à la santé, à l'éducation, etc., et comment les crédits budgétaires sont utilisés (traitements, activités, infrastructures, etc.) et, si l'on pousse l'analyse, de répondre à d'autres questions : quel est le pourcentage de femmes travaillant au Ministère de la santé? Quel pourcentage de programmes, ce ministère consacre-t-il aux filles et aux femmes? Les contrats passés par le Gouvernement aux fins de la construction de dispensaires sont-ils conclus avec des sociétés dont des femmes sont propriétaires?

Ce budget est aussi un bon moyen de faire pression sur les pouvoirs publics et d'organiser des activités de plaidoyer. On élabore actuellement des matériaux de formation destinés à le faire connaître et à apprendre aux ONG à s'en servir de manière qu'elles puissent à leur tour apprendre aux collectivités à défendre leurs programmes auprès des pouvoirs publics. (African Gender Institute, Afrique du Sud)



4. Programme d'action permettant de promouvoir la participation des femmes à la vie politique et à la prise de décisions

Étudier les moyens d'instaurer et de maintenir un dialogue régulier entre les collectivités et les hommes et les femmes occupant des postes de responsabilité, dans le cadre de réunions, de projections de cassettes vidéo, etc., de manière qu'il y ait partage des responsabilités au service du changement.

Créer, dans les municipalités, des commissions permanentes de femmes qui puissent faire état des préoccupations des femmes et en débattre.

Faire mieux comprendre l'importance et l'efficacité des politiques de discrimination positive.

Apporter aux candidates à des charges publiques, non seulement des informations et des données sur les problèmes des femmes, mais aussi un appui financier et moral.

Obtenir des municipalités qu'elles alimentent en permanence des fonds Femmes et développement qui permettent de financer des programmes et projets de nature à favoriser l'égalité entre les sexes.

Établir des stratégies et mettre en place des mécanismes qui permettent de suivre l'action menée par les gouvernements et d'autres institutions en faveur de l'égalité entre les sexes.

Créer des coalitions pour appuyer des mesures législatives importantes.

Développer les capacités des jeunes femmes de diriger et apprendre à celles-ci à avoir confiance en elles.

Apprendre aux décideurs à intégrer les problèmes sexospécifiques dans leurs plans de travail.

Développer les capacités des femmes d'établir des stratégies de mobilisation et de les appliquer, de traiter avec les médias et d'établir des textes législatifs qui favorisent leur participation à la vie publique.

Se servir des médias pour faire mieux connaître les problèmes des femmes et les questions sexospécifiques et la participation des femmes au processus de prise de décisions.





H. Mécanismes institutionnels chargés de favoriser la promotion de la femme



Groupe de travail en ligne

Mécanismes nationaux pour l'équité entre les sexes
8 février-19 mars 1999
Nombre total de membres : 428
Des messages ont été reçus de 37 membres représentant 21 pays (67 % du Nord et 33 % du Sud) (voir annexe)**.
ONG : 28 %
Organismes publics : 30 %
Organisations intergouvernementales : 21 %
Chercheurs ou universitaires : 14 %
Autres : 7 %

Les archives de ces échanges peuvent être consultées à l'adresse suivante : http://www.sdnp.undp.org/ww/ww-natmach/
** Voir la note de l'encadré de la page 6.




Chargés par le Programme d'action d'être les principales entités de coordination des politiques nationales, ayant pour tâche essentielle d'appuyer l'intégration de la problématique hommes-femmes dans tous les secteurs et dans toutes les entités de l'État (par. 201), les mécanismes nationaux servent de moyens institutionnels pour la mise en oeuvre des domaines critiques du Programme. Compte tenu de cette responsabilité supplémentaire, les mécanismes nationaux formulent des stratégies efficaces de coordination des politiques, d'intégration des sexospécificités et de promotion de mesures politiques favorisant l'objectif de l'équité entre les sexes. L'ordre du jour du groupe de travail sur les mécanismes nationaux(10) était conçu en fonction de ces tâches nouvelles : assurer l'intégration de la problématique hommes-femmes, coordonner les politiques au sein du gouvernement, offrir une assistance technique aux fins de l'intégration des questions d'équité entre les sexes et proposer et guider des modifications institutionnelles. Le dialogue a aussi porté sur des stratégies permettant de renforcer la volonté politique et la responsabilisation, sur la mise au point d'instruments nouveaux tels que l'intégration des sexospécificités dans le processus budgétaire, et la coopération avec les ONG.



1. Obstacles rencontrés

Le dialogue a porté essentiellement sur les stratégies et les enseignements, mais les participants ont aussi noté avec préoccupation les obstacles et problèmes ci-après :

Absence de mécanismes nationaux dans de nombreux pays, et faiblesse des ressources humaines financières affectées aux mécanismes existants.

Fortes variations dans la volonté d'intégrer les questions d'équité entre les sexes et dans l'importance des mesures prises à cette fin.

Absence de liens directs entre les politiques formulées pour l'utilisation de l'aide des donateurs et les politiques et pratiques d'autres ministères (santé, agriculture, etc.); il se peut en effet que l'intérêt soit de plus en plus axé sur les négociations internationales, les conseils stratégiques ou l'exécution de projets dans des pays en développement.

Nécessité de faire de l'intégration des sexospécificités un élément essentiel de la gouvernance.



2. Idée-force

Quel est le rôle joué actuellement par les mécanismes nationaux et comment évolue-t-il?

Les participants ont convenu dans l'ensemble que le rôle principal des mécanismes nationaux est un rôle de catalyse et d'observation - avant tout de dynamisation. L'idée qu'ils devaient servir à gérer les réformes institutionnelles, en employant pour ce faire des instruments nouveaux et novateurs, a été soulignée fréquemment. Des questions ont été posées concernant la façon dont les mécanismes nationaux doivent être dirigés et concernant l'emplacement qui convient le mieux. Vaut-il mieux qu'ils soient dirigés par un ministre ou par une personnalité en vue du mouvement féministe? En ce qui concerne leur emplacement, une participante de l'Inde a noté que, dans certains systèmes politiques, il valait sans doute mieux qu'ils soient situés en dehors du gouvernement et fonctionnent en tant qu'organismes autonomes, car le fait d'appartenir au gouvernement risquait de réduire leur prestige auprès des organisations de la société civile. D'autres participants n'étaient pas du même avis, faisant valoir qu'un mécanisme national situé en dehors du gouvernement n'aurait pas la même responsabilisation et notant qu'il n'y avait pas lieu d'assumer, à la place du gouvernement, l'obligation d'assurer un niveau de vie décent aux citoyens et de faire profiter ceux-ci équitablement des avantages de l'économie.



3. Enseignements tirés

L'incorporation des questions d'équité entre les sexes dans les plans sectoriels ne peut être efficace que si des efforts concertés sont faits pour inciter d'autres ministères et institutions à formuler des programmes et des politiques en fonction de cette préoccupation.

Exemple : Le 6 avril 1993, une commission interdépartementale a été créée pour coordonner le plan d'action positif pour les femmes dans le Pays basque, afin de susciter une participation et un intérêt accrus dans les différents services du Gouvernement basque, ainsi que d'établir un moyen évident de communication entre ces services et l'Institut Emakunde, chargé de suivre, de coordonner et d'évaluer l'action. Cette commission, dirigée par le Président du Gouvernement basque, est composée d'un représentant de chaque département, nommé au niveau du vice-ministre de façon qu'il soit en mesure d'assurer la coordination des autres domaines de compétence de son département et de servir d'interlocuteur permanent pour toutes les questions qui relèvent de lui dans le Plan d'action positif. (Emakunde, Institut basque pour les femmes, Espagne)

L'intégration des questions d'équité entre les sexes dans les organisations a deux dimensions : interne - l'organisation devant promouvoir le rôle des femmes et leur égalité de traitement au sein de son personnel - et externe - l'organisation devant veiller à ce que les femmes participent pleinement aux programmes et services et en bénéficient équitablement.

Exemple : Le rôle de la Commission pour la promotion de la femme à Interaction, une ONG, est analogue à celui d'un mécanisme national, dans la mesure où il met nos organisations membres en mesure de tenir compte des questions d'équité entre les sexes dans leurs structures, leurs procédures et leurs activités. La volonté politique est essentielle et suppose que les dirigeants fassent savoir publiquement qu'ils soutiennent l'intégration des questions d'équité entre les sexes, qu'ils allouent à cette question des ressources humaines et financières et qu'ils instituent les politiques et procédures nécessaires. Ces conditions peuvent favoriser l'instauration d'une culture institutionnelle propice à la mise en place d'une structure dotée d'un personnel composé également d'hommes et de femmes et appliquant une bonne gouvernance. À mesure que la culture institutionnelle se transforme, les moyens techniques doivent se développer : aptitudes du personnel en matière d'analyse des spécificités sexuelles et mise en place de systèmes permettant de dissocier les données selon les sexes. Des systèmes de responsabilisation sont essentiels aussi. (Interaction, États-Unis d'Amérique)

Exemple : Comment avons-nous lancé notre réforme organisationnelle? Nous nous sommes adressés à des experts en matière de développement organisationnel pour qu'ils nous aident à nous tourner vers l'extérieur, vers l'intérieur, puis vers l'extérieur de nouveau. Tout d'abord, nous avons précisé ce que nous voulions réaliser, décidé des entités avec lesquelles nous devions travailler, décidé du rôle stratégique que ces entités devaient avoir par rapport à nous et arrêté des stratégies qui nous garantiraient leur concours. En deuxième lieu, nous avons analysé notre structure organisationnelle en fonction de ce que nous devions faire pour atteindre notre objectif : 1) nous avons fait le bilan de nos points forts et de nos faiblesses; 2) nous avons modifié notre mandat, notre mission, notre vision, nos objectifs, nos programmes et notre structure budgétaire; 3) nous avons modifié les descriptions d'emploi types qui provenaient de la Commission de la fonction publique internationale, de façon qu'elles concordent avec les textes ainsi révisés; 4) nous avons évalué les compétences de notre personnel pour savoir quelles activités de formation seraient nécessaires; et 5) nous avons lancé un programme de perfectionnement du personnel et de renforcement de la Commission nationale sur le rôle des femmes philippines. Le programme destiné au personnel consistait à renforcer les valeurs fondamentales - honnêteté, capacité d'action, égalité, professionnalisme, attachement à l'objectif de l'égalité et capacité à travailler en équipe. Le programme destiné à la Commission portait sur les systèmes, les outils (analyse de politiques et évaluation des résultats obtenus) et la faculté d'utiliser ces systèmes et outils. (Commission nationale sur le rôle des femmes philippines, Philippines)



Stratégies de renforcement

de la volonté politique

Tirer parti d'événements politiques nationaux; par exemple, demander à des candidats politiques de prendre position publiquement sur les questions d'équité entre les sexes.
Utiliser l'influence du mouvement féministe pour faire du bruit et demander instamment une réaffirmation de la volonté politique.
Tirer parti de journées de la femme pour appeler l'attention sur les questions d'équité.
Sur la base des priorités arrêtées effectivement par le Gouvernement, formuler de bonnes raisons de réaliser l'équité entre les sexes et souligner la valeur ajoutée découlant de la participation des femmes au développement.
Tirer parti de la volonté des élus de protéger leur image, pour demander instamment la publication d'ordonnances ou de circulaires présidentielles sur les femmes.
Tenir régulièrement des réunions avec des membres du Cabinet ou d'autres membres du Gouvernement pour parler des progrès réalisés en matière d'équité entre les sexes dans les différents départements ou ministères.
Rédiger, publier et diffuser un résumé des pratiques les meilleures en matière d'intégration des questions d'équité.
Décerner chaque année un prix récompensant les progrès accomplis en matière d'intégration, et donner à la cérémonie une large publicité.
Exiger que le personnel de haut niveau participe à un comité ou à un groupe de travail.
Soutenir les éléments favorables aux changements en leur donnant des idées et des suggestions pratiques sur la façon de traiter les changements et la résistance aux changements.




Les mécanismes nationaux ont la possibilité de mobiliser la volonté politique des membres du gouvernement et ils doivent constamment formuler de nouvelles stratégies pour veiller à ce que le gouvernement honore son engagement de faire respecter l'égalité entre les sexes (voir encadré intitulé Stratégies de renforcement de la volonté politique).

Exemple : Nous fondant sur les résultats obtenus à Beijing, nous avons décidé de ratifier notre propre programme d'action : il s'agit d'une série d'Amendements en vue de l'équité entre les sexes, portant sur la gouvernance, la gestion et les programmes, apportés aux normes éthiques et opérationnelles de notre organisation. Ces amendements constituent pour nous un ensemble de normes minimales publiquement ratifié. De ce fait, le rôle de notre commission s'est élargi et couvre l'assistance technique offerte aux membres pour leur permettre de respecter les normes et pour continuer à renforcer la volonté politique (ce qui demeure notre souci constant). Les amendements ont permis un renforcement spectaculaire de la volonté politique, encore qu'à des degrés très divers selon les organisations membres. (Interaction, États-Unis d'Amérique)

Des études d'impact et l'application de la loi peuvent servir à empêcher que ne soient promulguées des politiques discriminatoires.

Exemple : Je voudrais dire comment nous avons bloqué une politique qui aurait eu des conséquences négatives pour les femmes, en effectuant une étude d'impact. La Commission de l'Irlande du Nord pour des chances égales a décidé d'invoquer l'ordonnance de 1976 sur la discrimination sexiste pour effectuer une enquête officielle sur des appels à la concurrence visant la privatisation de services publics. L'enquête a porté sur les secteurs de la santé et de l'enseignement et a permis de constater que les femmes étaient plus défavorisées que les hommes. Les conclusions ont été communiquées au Gouvernement et au Secrétaire d'État. Il n'a pas été annoncé publiquement que la politique était annulée, mais il n'y a pas eu de nouveaux appels d'offres et le Gouvernement a accepté les directives que nous avions proposées. (Commission de l'Irlande du Nord pour des chances égales, Royaume-Uni)

La gestion du changement et le développement organisationnel deviennent des fonctions majeures des mécanismes nationaux. Les instruments décrits ci-après aident à interpréter les données d'expérience et à mieux comprendre les partenaires avec lesquels les mécanismes nationaux doivent collaborer.

Exemple : Le Système de gestion des questions d'équité entre les sexes peut être défini comme un réseau de structures, de mécanismes et de processus mis en place dans le cadre d'une structure organisationnelle existante, afin d'orienter, de planifier, de suivre et d'évaluer le processus d'incorporation des questions d'équité entre les sexes dans tous les domaines des travaux de l'organisation (élaboration des politiques, planification, exécution, suivi et évaluation). Un tel système peut être mis en place à n'importe quel niveau de l'administration publique, afin de coordonner l'action de tous ceux qui s'occupent d'égalité et d'équité entre les sexes (secteur public et secteur privé), le mécanisme national servant pour ce faire de chef de file. Le Système permet de concilier les notions et méthodes relatives aux questions d'équité entre les sexes mises au point au cours des 25 dernières années et celles du développement organisationnel et de la gestion. Il doit aussi être souple et pouvoir s'adapter au contexte national. Les directives utilisées couvrent l'incorporation des questions d'équité entre les sexes dans toute une gamme de secteurs - agriculture, enseignement, environnement, finances, santé, information et communications, affaires juridiques et constitutionnelles, planification, fonction publique, science et technique et commerce et industrie - et contiennent d'autres éléments destinés aux pays ou institutions souhaitant agir dans ce domaine. (Secrétariat du Commonwealth, Royaume-Uni)

Les mécanismes nationaux doivent recevoir des allocations de crédit régulières et adéquates en fonction de plans concrets.

Exemple : Aux Philippines, le budget du secteur femmes et développement relève de la loi de finances qui donne pour instructions à toutes les institutions de l'État de consacrer un MINIMUM de 5 % du budget annuel total à des programmes et projets destinés aux femmes et aux questions d'équité entre les sexes. Au départ, il y a quatre ans, c'était une phrase brève à l'air anodin dans la loi de finances, et c'est maintenant un mandat de trois paragraphes. Les institutions sont tenues de soumettre un plan relatif aux femmes et au développement, qui est examiné par la Commission nationale sur le rôle des femmes philippines. Cet examen nous permet de donner des conseils aux institutions sur la façon d'améliorer leur action. En deuxième lieu, les services nationaux de planification et de budget ont pour tâche de mettre au point des directives de mise en oeuvre, en partenariat avec la Commission nationale sur le rôle des femmes philippines. Troisièmement, la Commission et le Département du budget suivent les ouvertures de crédit, mettant en relief les problèmes et faisant des recommandations. Cette politique nous garantit que les institutions n'ont aucune excuse commode (manque de fonds) pour ne pas appliquer les consignes. (Commission nationale sur le rôle des femmes philippines, Philippines)



Des liens solides avec les organisations de la société civile peuvent créer une base légitime pour les mécanismes nationaux vis-à-vis du gouvernement national et contribuer au choix des priorités.

Exemple : Après la Conférence de Beijing, le secrétariat du Réseau du tiers monde-Afrique a lancé un projet visant à renforcer les mécanismes nationaux pour les femmes en Afrique, qui avait les principaux éléments suivants : premièrement, recherche sur la situation actuelle des mécanismes nationaux dans un certain nombre de pays d'Afrique; et deuxièmement, colloque permettant d'examiner les conclusions de ces travaux de recherche et d'organiser les étapes ultérieures du projet - diffusion et promotion. La première partie, la phase de recherche, a commencé en 1995 par la préparation d'une proposition de recherche, qui a ensuite été examinée avec un certain nombre d'ONG et d'organisations féminines qui avaient manifesté leur intérêt. Après ces consultations, nous avons chargé les ONG et les organisations féminines de six pays d'Afrique (Ghana, Nigéria, Ouganda, Maroc, Zimbabwe et Zambie) d'effectuer des recherches au sujet de leurs mécanismes nationaux : les problèmes que ceux-ci posent, leurs rapports avec les organisations de la société civile, le contexte politique et socioéconomique dans lequel ils opèrent, leur mandat, leur structure, leurs programmes et leur aptitude à appliquer le Programme d'action. Les conclusions de ces études ont été présentées à un colloque régional que nous avons organisé à Accra (Ghana) du 1er au 3 décembre, afin non seulement d'étudier les résultats obtenus, mais aussi de préparer les phases suivantes du projet - diffusion et promotion. Les participants au colloque ont aussi rédigé une déclaration contenant des recommandations adressées aux mécanismes nationaux, aux gouvernements et aux organisations de la société civile en vue du renforcement des mécanismes, et ils ont décidé d'utiliser cette déclaration pour mener des actions de promotion aux niveau national, régional et international. [Réseau du tiers monde-Afrique (Ghana)]



4. Programme d'action pour le renforcement des mécanismes nationaux chargés de promouvoir l'équité entre les sexes

Compte tenu des obstacles constatés, des questions clefs examinées et des enseignements tirés au cours du dialogue, un programme d'action pour le renforcement des mécanismes nationaux pourrait notamment comprendre les mesures suivantes :

Utiliser l'analyse budgétaire, tant à l'intérieur du gouvernement qu'à l'extérieur, pour déterminer si les ouvertures de crédit touchent différemment les hommes et les femmes, ce qui permettrait de donner des conseils aux différents services gouvernementaux sur la façon de formuler des programmes tenant davantage compte des sexospécificités.

Renforcer la capacité qu'ont les mécanismes nationaux en matière de gestion des changements et de développement organisationnel.

Examiner soigneusement l'emplacement qui convient le mieux pour les mécanismes nationaux, y compris, s'il s'agit d'un service gouvernemental, le niveau le plus adapté, ainsi que les avantages que présenteraient des mécanismes nationaux autonomes.

Utiliser des études d'impact pour empêcher que des politiques discriminatoires ne soient promulguées.

Faire participer activement d'autres ministères et services sectoriels à l'élaboration de programmes et de politiques tenant compte des questions d'équité entre les sexes, et créer aux niveaux régional et local un groupe interdépartemental chargé de faciliter la communication sur les questions féminines entre tous les services du gouvernement.

Promouvoir les dimensions internes (permettre aux femmes de jouer un rôle directeur et de bénéficier de chances égales au sein de l'organisation) et externes (garantir la pleine participation des femmes aux programmes et services et permettre aux femmes de tirer pleinement parti de ceux-ci) de l'incorporation des questions d'équité entre les sexes dans toutes les activités.

Promouvoir, chez les membres du gouvernement et les chefs des services gouvernementaux, la volonté politique d'assurer l'équité entre les sexes, condition préalable au renforcement d'autres facteurs essentiels : capacité technique, responsabilisation et existence d'une culture institutionnelle positive.

Utiliser des approches diverses pour renforcer la capacité : cours formels de formation, mise au point de manuels de formation, programmes d'encadrement et création de groupes de travail.

Veiller à ce que des ressources soient fournies régulièrement aux mécanismes nationaux.

Formuler des plans concrets sur lesquels appuyer les demandes budgétaires des services intéressant les femmes.

Formuler des stratégies durables pour renforcer les efforts de communication et de coordination entre les organisations de la société civile et les mécanismes nationaux.





I. Les droits fondamentaux des femmes



Groupe de travail en ligne

sur la réalisation des droits fondamentaux des femmes
8 novembre-17 décembre 1999
Nombre total de membres : 1 239
Des messages ont été reçus de 109 membres représentant 40 pays (56 % du Nord et 44 % du Sud) (voir annexe)**.
ONG : 62 %
Organismes publics : 2 %
Organisations intergouvernementales : <1 %
Chercheurs ou universitaires : 13 %
Autres : 23 %

Les archives de ces échanges peuvent être consultées à l'adresse suivante : http://sdnhq.undp.org/ww/women-rights
** Voir la note de l'encadré de la page 6.




Les débats du groupe de travail en ligne sur la réalisation des droits fondamentaux des femmes(11) ont porté sur la conquête des droits politiques, sociaux, culturels et économiques des femmes et sur l'aide que les conventions internationales peuvent apporter à la réalisation de cet objectif. Les intervenantes ont exprimé une préoccupation particulière face à la persistance des valeurs culturelles et sociales qui introduisent une discrimination à l'égard des femmes à la maison, au travail, dans la vie politique et ailleurs. Elles ont signalé d'autres obstacles à la réalisation des droits des femmes, parmi lesquels les effets de la mondialisation, les croyances religieuses discriminatoires, le fossé existant entre les lois sur le papier et dans la pratique, et le fait que dans certains pays les femmes sont privées de certains droits fondamentaux attachés à la citoyenneté et au suffrage universel. Les stratégies de promotion et de consolidation des droits économiques, sociaux, politiques et culturels qu'elles ont proposées étaient centrées sur une meilleure utilisation de la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes et des autres instruments internationaux afin d'introduire des changements sur le plan national, ainsi que sur des efforts de sensibilisation à tous les niveaux, des audits des lois et de leur application visant à s'assurer de leur caractère non discriminatoire, et une plus grande mobilisation des hommes et des jeunes dès le jardin d'enfants. Parmi les nouveaux domaines critiques apparus depuis 1995 et méritant une plus grande attention figurent la nécessité de mettre l'accent sur les veuves et les femmes âgées et l'importance d'adopter des méthodes de promotion des droits des femmes plus acceptables sur le plan local et mieux appropriées à chaque contexte particulier.



1. Obstacles rencontrés

Les valeurs, normes culturelles, convictions religieuses et pratiques sociales intrinsèquement discriminatoires à l'égard des femmes et qui continuent d'entrer en conflit avec la pleine réalisation des droits fondamentaux de ces dernières.

L'inégale représentation des femmes dans les gouvernements, les organes décisionnels et la vie politique en général attribuable à la tradition, au manque d'accès à l'éducation et aux responsabilités des femmes vis-à-vis de leur famille et de leur foyer; et la méfiance ou la déception éprouvée par les femmes à l'égard des systèmes politiques.

Les réserves dont certains États parties ont assorti leur adhésion à la Convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes et qui empêchent d'adopter des mesures significatives sur le plan national.

Les dispositions expressément discriminatoires à l'égard des femmes contenues dans le droit coutumier et le fait que dans certains pays - y compris parmi les signataires de la Convention - les femmes ne jouissent pas de l'intégralité des droits prévus par la loi.

Les effets contradictoires induits par les économies en transition, qui font que les femmes, tout en se voyant reconnaître de nouveaux droits, perdent souvent des avantages sur le plan de l'éducation et de l'emploi dont elles jouissaient sous le régime économique antérieur.

Les retombées défavorables de la mondialisation et des accords et arrangements en matière de commerce international sur les droits des femmes dans le domaine de la santé, de la procréation et du droit du travail, y compris les écarts de salaire entre les sexes et la discrimination à l'embauche (avec par exemple les tests de grossesse obligatoires).

La puissance croissante des multinationales, qui leur permet de déterminer les conditions de travail des femmes, leur salaire, leurs perspectives et leur accès aux soins de santé.

La persistance du harcèlement sexuel sur les lieux de travail et la politique de protection de l'identité des auteurs de harcèlement.

Le vaste et persistant problème de la violence à l'égard des femmes résultant de valeurs sociales qui le rendent invisible, de l'absence de législation en la matière ou de l'insuffisante application des lois en vigueur.

La menace que la montée de l'intégrisme religieux fait peser sur les droits en matière de procréation en poussant à l'abrogation des politiques progressistes en vigueur dans ce domaine, particulièrement dans les pays d'Europe orientale.



2. Idée-force

Le travail de promotion des droits fondamentaux des femmes doit s'appuyer sur une approche adaptée au milieu et à la culture considérée.

S'il s'est dégagé parmi les participantes un consensus fort sur le caractère universel des droits fondamentaux des femmes et sur l'effet significatif obtenu par la mondialisation des efforts d'organisation et de sensibilisation dans ce domaine, un certain nombre d'entre elles ont préconisé une approche des droits fondamentaux mieux adaptée à chaque contexte et à chaque culture. Une participante a fait observer qu'étant donné la diversité ethnique, socioculturelle et socioéconomique existant au sein de chaque pays,celles d'entre nous qui travaillent sur le terrain savent que bien souvent ni la théorie ni la méthodologie n'y sont applicables. Une autre participante nigériane préconise des programmes et plans d'action établis pour chaque pays et couvrant les violations spécifiques des droits des femmes commises dans ses différentes régions, mais prévient que ces approches n'en doivent pas moins rester globales dans leur conception. Beaucoup de participantes estiment que l'éducation et la sensibilisation sont le meilleur moyen de remédier au manque d'intérêt, d'information et d'action dans le domaine des droits des femmes. Un exemple en a été donné avec l'évocation de réunions informelles organisées dans les Philippines, dans le cadre desquelles les femmes discutent des soucis de leur vie quotidienne parce que la plupart des femmes, et même des hommes, ne comprennent pas vraiment ce que c'est que les droits fondamentaux.



3. Enseignements tirés

Les pressions exercées par des organisations féminines permettent d'enregistrer des progrès dans le domaine des mesures antidiscriminatoires et de l'accès à l'égalité.

Exemple : Le Centre d'action féminine a été créé en 1994. C'est un groupe de pression et d'information spécialisé dans les droits des femmes. Il y a en Albanie plus de 80 organisations féminines non gouvernementales. Cinquante-quatre d'entre elles ont pour principaux centres d'intérêt les droits des femmes et la législation en la matière; la participation à la prise de décisions; la démarginalisation économique des femmes; la violence à l'égard des femmes et la santé féminine; l'éducation et la formation. Ces organisations s'efforcent d'améliorer le statut juridique des femmes. Même si le droit albanais est exempt de discrimination à l'égard des femmes, dans la pratique la discrimination affecte de multiples aspects de la vie. Les ONG féminines ont contribué à améliorer la législation dans les domaines du droit de propriété, de la protection de l'enfance, de la violence au foyer, des droits relatifs à la procréation, etc. (Albanie)

Exemple : Au Venezuela, des lois tendant à protéger les femmes contre la violence et les sévices sexuels ont été adoptées en janvier 1999 pour donner suite à l'engagement de mettre en oeuvre le Programme d'action de Beijing. Le Conseil national de la femme, qui relève du Gouvernement, et les ONG ont noué une alliance et des liens de coopération étroits. Le Gouvernement s'efforce d'éduquer la police, les magistrats du parquet, etc. Mais nous avons encore beaucoup de travail à faire pour que les nouvelles lois soient effectivement appliquées. Il faudra notamment donner aux policiers une formation qui leur apprenne à respecter les citoyens, et notamment les femmes lorsqu'elles signalent un problème de violence. Des renseignements sur les lois réprimant la violence sexiste sont en train d'être diffusés auprès des femmes. Nous publions des brochures et nous organisons des séminaires, des émissions télévisées et des séances d'information. (Venezuela)

La ratification de la Convention et le Programme d'action ont souvent eu pour effet de déclencher l'adoption d'une législation nationale contre la discrimination.

Exemple : Depuis 1991 une loi de notre pays garantit une représentation minimale des femmes (30 % des sièges de l'Assemblée législative leur sont réservés). En 1994, la Convention a été incorporée dans la Constitution. La capitale, Buenos Aires, dispose maintenant de sa propre constitution, qui va plus loin que le droit national dans la promotion de l'égalité. L'Argentine envisage aussi d'adopter une loi qui ferait une infraction du harcèlement sexuel sur le lieu de travail. (Argentine)

Une législation qui se contente d'être antidiscriminatoire sans affirmer les droits des femmes risque de ne pas suffire à assurer la jouissance de ces droits.

Exemple : La Constitution nigériane de 1999 contient des dispositions qui interdisent toute discrimination en raison de l'appartenance ethnique, du lieu d'origine, du sexe, de la religion, etc., mais elle ne contient pas de déclaration positive qui affirme le statut des femmes. Pire encore, il existe une disposition selon laquelle seuls les traités internationaux qui ont été intégrés par l'Assemblée nationale dans le droit national ont force de loi, ce qui constitue une réserve implicite quant à l'application de ces traités. Il en résulte que l'entrée en vigueur de la Convention et d'autres traités est reportée à plus tard, alors pourtant que le Nigéria a ratifié la Convention depuis plusieurs années. Une révision de la Constitution, engagée par le pouvoir exécutif et le Parlement, est en cours. C'est une initiative dont se félicitent la communauté des droits de l'homme et la société civile, qui s'en sont fait les avocats depuis que la Constitution a été promulguée en mai par le dernier chef d'État militaire. Comme c'est souvent le cas, la situation de fait est en contradiction avec le droit. Il n'en reste pas moins que les efforts susmentionnés de réforme juridique en faveur des droits fondamentaux des femmes, même s'ils sont loin d'être exhaustifs ou d'avoir abouti, donnent aux militantes quelques indications sur la direction à suivre dans la nouvelle démocratie nigériane. (Nigéria)

Il faut faire un travail de sensibilisation et de mobilisation en faveur des droits des femmes tant au niveau des communautés locales que sur le plan national.

Exemple : L'Afghanistan s'est retrouvé parmi les pays oubliés après la fin de la guerre froide, une guerre qui a engendré l'intégrisme religieux et le terrorisme en Afghanistan. Les voix des innocents et des innocentes abandonnés et oubliés là-bas ne sont plus entendues. Il y a eu d'innombrables articles de journaux, reportages, photos et missions d'agences internationales, mais qu'a-t-on fait après qu'on les a lus ou entendus? Rien, à part de vaines paroles? Des Afghanes instruites et possédant un métier, qui ont fui une culture qui les opprimait, se retrouvent à l'étranger, laissées pour compte et sans possibilité d'emploi, et certaines sont forcées à mendier pour nourrir leurs enfants malgré leurs diplômes. Les Afghanes de la base devraient se voir donner une chance de participer activement aux événements internationaux de façon à ce qu'elles puissent faire entendre leur voix et apporter leur propre témoignage, qui n'a pas encore été entendu. Les Afghanes de l'élite ne sauraient à elles seules représenter les Afghanes de la base. (Afghanistan)



4. Programme d'action pour réaliser les droits fondamentaux des femmes

Mettre l'accent sur l'élimination de la violence contre les veuves et les femmes âgées, deux groupes qui sont souvent négligés dans le combat contre la violence à l'égard des femmes.

Mieux sensibiliser et mobiliser les hommes en faveur des droits de leurs épouses et de leurs filles.

Mettre au point des projets par pays qui tiennent compte du contexte politique et social des communautés locales.

Manifester une meilleure compréhension et un plus grand respect des différences culturelles dans les débats sur les droits fondamentaux.

Faire pression sur les entreprises pour qu'elles adoptent des pratiques favorisant la jouissance par les femmes de leurs droits économiques et de leurs droits du travail.

Introduire l'équité entre les sexes, les droits de l'homme et les systèmes de gouvernement dans l'éducation formelle et informelle des enfants et des jeunes.

Évaluer la pratique des ministères en matière d'équité entre les sexes et soumettre tous les textes législatifs, avant leur adoption, à un examen visant à s'assurer qu'ils sont exempts de mesures discriminatoires ou de préjugé sexiste.

Faire enquête sur les violations éventuelles des droits des femmes au sein des administrations, du point de vue des pratiques en matière d'égalité entre les sexes, du recrutement du personnel et de l'élaboration de programmes de gestion de carrière.

Continuer de faire valoir que tous les droits des femmes sont des droits fondamentaux inextricablement liés aux droits des hommes.

Passer en revue les droits des femmes qui travaillent dans le secteur agricole et les droits des immigrantes et des migrantes.

Inclure des références à la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes dans les programmes éducatifs formels et informels, y compris dans les programmes de formation des immigrants et des demandeurs d'asile.

Adopter à l'égard des droits des femmes une approche globalisante qui tienne compte des liens entre les droits économiques, les droits en matière de procréation et de santé et le droit du travail.

Faire adopter des lois contre l'inégalité des salaires entre les sexes et d'autres pratiques discriminatoires à l'embauche.





J. Les femmes et les médias



Groupe de travail en ligne

sur les femmes et les médias
8 novembre-17 décembre 1999
Nombre total de membres : 1 000
Des messages ont été reçus de 115 membres représentant 41 pays (52 % du Nord et 48 % du Sud) (voir annexe)**.
ONG : 39 %
Organismes publics : 2 %
Organisations intergouvernementales : 2 %
Chercheurs ou universitaires : 23 %
Autres : 34 %

Les archives de ces échanges peuvent être consultées à l'adresse suivante : http://sdnhq.undp.org/ww/women-media/
** Voir la note de l'encadré de la page 6.




Le groupe en ligne sur les femmes et les médias(12) a examiné des thèmes très divers allant des possibilités d'accès aux technologies de l'information et des communications (TIC) à la situation de la femme dans les médias et le journalisme. Il s'est également penché sur le rôle crucial des réseaux d'information féminins, les possibilités qu'offraient les technologies de l'information et des communications de diffuser plus largement le message des femmes, les conséquences de la mondialisation et la concentration croissante des médias aux mains de quelques-uns. Les participants se sont déclarés préoccupés par l'image constamment négative que les médias donnent des femmes et ont échangé de nombreuses stratégies relatives à la surveillance et à la remise en question des messages sexistes ou violents ou des stéréotypes sexospécifiques que véhiculent les médias.



1. Obstacles rencontrés

L'image constamment négative ou stéréotypée que les médias classiques donnent de la femme et que reprennent et accentuent les nouveaux médias tels que, par exemple, les jeux vidéo, l'Internet et les vidéos musicales.

L'absence d'images dans les médias consacrées aux minorités ou aux personnes handicapées.

L'absence des femmes aux postes de responsabilité et l'absence d'une sensibilisation aux sexospécificités chez les responsables des médias et chez les personnes chargées de la formulation des politiques.

L'absence de modèles identificatoires et de guides pour les femmes journalistes.

Le caractère limité de l'appui fourni par les agences donatrices aux nouveaux médias produits par les femmes, d'où l'impossibilité d'atteindre le public.

L'accès limité à l'information électronique en raison du coût élevé des équipements des technologies de l'information et des communications et de la connectivité.

L'inaccessibilité de l'information électronique qui est disponible pour l'essentiel en anglais.

Le sentiment que l'usage de l'ordinateur et la formation en informatique sont des préoccupations masculines, bien que de nombreuses femmes se servent de l'ordinateur au travail.

Le contrôle accru ou le travail à domicile des travailleurs du secteur de l'information, ce qui s'est traduit par une baisse des rémunérations et des avantages, et souvent confine à nouveau les femmes à leur domicile.

L'exportation du travail des femmes du Nord vers le Sud où les salaires sont nettement inférieurs, en raison de la mondialisation et de la disponibilité des réseaux informatiques.



2. Idée-force

Analyse de l'image de la femme dans les médias.

Dans la plupart des régions et des pays, les groupes de travail sont généralement convenus que, depuis 1995, l'image de la femme avait très peu évolué dans les médias, que ce soit en matière de publicité ou d'informations. Les images négatives, stéréotypées, inexactes et violentes sont omniprésentes. Certains groupes de femmes sont tout simplement ignorés, notamment les femmes des minorités, les femmes et les filles de couleur dans certains pays ou les femmes handicapées. Les questions relatives aux femmes se limitent à des articles sur le foyer ou les soins de beauté. En outre, la commercialisation accrue des médias a accentué les images négatives de la femme, qu'elles aient comme supports les affiches, la télévision ou les journaux. Les nouveaux médias tels que l'Internet perpétuent et accentuent ces images négatives, malgré le nombre croissant de femmes qui interviennent dans le monde des affaires ou exercent des fonctions de parlementaires et de journalistes.

Les groupes de travail d'Afrique du Sud et du Sri Lanka ont estimé que la société et les médias contribuaient à maintenir les images négatives des femmes. De nombreuses questions demeurent sans réponse. Qu'attendons-nous des médias? Des images plus exactes? Quelles en sont les conséquences en matière de liberté d'expression et de censure? Quel rôle doivent jouer les pouvoirs publics en matière de réglementation des médias et de publicité? Qu'en est-il des codes de déontologie des médias?



3. Enseignements tirés

Les médias classiques et les nouvelles technologies d'information ne sont pas incompatibles.

Exemple : En ce moment, nous créons, entre autres choses, peut-être la première radio féministe sur Internet. Hier, à la huitième rencontre féministe de l'Amérique latine et des Caraïbes, qui se tient en République dominicaine, nous avons effectué la première émission en direct sur Internet de notre radio, qui est gérée par des femmes.

Avantages : 1. Les stations de radio peuvent retransmettre l'émission en direct ou la rediffuser plus tard. 2. Le langage oral des femmes sur l'Internet comporte une dimension émotionnelle qui se perd souvent dans le langage écrit. 3. Des femmes de la radio ont enregistré les programmes et les ont envoyés à leurs stations. 4. Économique! Pas de communications téléphoniques internationales. (FIRE, Costa Rica)

Exemple : En communiquant les unes avec les autres, en partageant des informations et en établissant des réseaux, les femmes ne se posent pas la question de savoir si elles doivent recourir à des médias et à des technologies classiques ou nouveaux. Elles utilisent les médias qui leur paraissent le plus indiqués pour échanger des informations en un lieu ou à un moment donné : chansons, courrier électronique, affiches, Internet, poèmes, vidéo, pièces de théâtre, magazines, radio, dessins. Les médias dits classiques, qui sont souvent les plus répandus, peuvent être utilisés par les femmes en vue de leur propre démarginalisation et de l'émancipation d'autres personnes. Ces médias sont également utilisés pour désinformer, déformer la réalité et démarginaliser les femmes. Le contenu est l'élément essentiel, que la technologie utilisée soit ancienne ou nouvelle. (Isis International, Manille, Philippines)

Les organisations de la société civile, telles que les ONG de femmes, peuvent intervenir et faire office d'intermédiaires pour améliorer l'accès des femmes aux technologies de l'information et des communications et pour les aider à mieux maîtriser ces technologies.

Exemple : Un domaine qu'il convient de promouvoir est celui du plaidoyer aux différents niveaux du secteur des technologies de l'information et des communications. L'essentiel est que la société civile et les organisations de femmes collaborent avec le gouvernement pour veiller à ce que les politiques relatives aux sexospécificités reflètent les besoins des femmes. Ce mouvement est déjà engagé mais n'évolue pas assez vite compte tenu du rythme de mise en place des nouvelles technologies. (Afrique du Sud)

Exemple : Nous avons un petit cybercafé dans l'atelier permanent des femmes et nous nous rendons compte que la plupart des femmes viennent à nous parce qu'elles se sentent plus à l'aise du fait qu'elles sont formées ou guidées par d'autres femmes. En règle générale, les femmes de plus de 40 ans qui apprennent à utiliser l'ordinateur sont mal à l'aise lorsque la formation pratique est assurée par un jeune garçon. (Argentine)

Les médias féminins et les réseaux d'information féminins ont joué un rôle primordial dans le renforcement des organisations de femmes et la promotion des échanges et des débats.

Exemple : Une association du domaine des médias - la Zambia Media Women Association - uvre à promouvoir la condition des femmes à tous les niveaux en favorisant leur accès aux médias et aux informations relatives au développement. L'Association encourage donc le recours aux médias pour sensibiliser la société aux questions de parité entre les sexes et collabore avec d'autres organisations de défense des droits fondamentaux de la femme pour recommander des changements juridiques en faveur des droits des femmes et des enfants. (Zambie)

Les systèmes de communication, notamment les nouvelles technologies, jouent un rôle essentiel dans le renforcement de la participation des femmes aux processus démocratiques et aux délibérations gouvernementales internationales et dans l'organisation des femmes à l'échelon mondial.

Exemple : La Women's Ad Hoc Coalition est un groupe de 28 ONG de femmes présentes dans toute la Croatie, qui s'est fixé comme objectif de suivre et d'infléchir les élections croates de 1999. Nous cherchons à sensibiliser le plus de femmes possible afin qu'elles puissent voter en toute connaissance de cause, et pour ce faire, nous utilisons tous les types de médias disponibles. Les activités entreprises comprennent des manifestations de rue, l'envoi de courrier électronique, l'affichage de documents et de calendriers de manifestations sur la page Web. Nous souhaitions également faire connaître la coalition à la communauté internationale, raison pour laquelle toutes les informations sont affichées en anglais et en croate. L'Internet est l'un des médias les plus libres en Croatie, le seul type de média qui ne soit pas détenu et contrôlé par le parti au pouvoir.

Notre dernière campagne de courrier électronique a consisté en une pétition réclamant la démission du Ministre de la justice et l'instauration d'une Journée nationale contre la violence à l'égard des femmes, à la suite du triple meurtre perpétré au tribunal municipal lors d'une procédure de divorce. Les retentissements de cette campagne ont été exceptionnels. La plupart des pétitions signées sont venues de Bosnie où quelqu'un a imprimé la pétition, en a fait des photocopies, les a fait signer par les femmes avant de nous les faire parvenir. Tout le processus entourant cette pétition a été remarquable. Tous les types de médias ont été utilisés. (Croatie)

Lorsque les femmes interviennent plus activement dans l'industrie des médias, l'image de la femme dans les médias peut évoluer considérablement.

Exemple : L'image des femmes dans les médias a considérablement évolué, notamment parce que davantage de femmes ont obtenu des diplômes universitaires en matière de communications et exercent maintenant dans les principaux types de médias : presse écrite, presse électronique, télévision et radio. Avant les années 90, il était rare qu'une femme journaliste signe un article traitant de questions internationales, de la politique ou de questions économiques. Nombreuses sont à présent les femmes qui signent de tels articles, ce qui signifie qu'elles ont acquis suffisamment d'autorité pour analyser et apprécier des questions qui, auparavant, étaient considérées comme relevant du seul domaine des hommes. Certaines femmes se sont fait une place dans les cercles de prise de décisions des grands journaux et des services d'information de la télévision et de la radio. (Argentine)

Les organisations de femmes élaborent des campagnes novatrices pour combattre les images négatives de la femme dans les médias et la publicité.

Exemple : À la Conférence de Beijing, j'ai pris connaissance d'une initiative intéressante de femmes kényennes faisant appel à la radio et à la composition de chansons, de deux manières. D'abord, elles lancent un concours de composition de chansons ouvert aux hommes et aux femmes, afin de primer la meilleure chanson dédiée au rôle constructif des femmes dans la vie de tous les jours. Puis, par le biais de la radio, elles annoncent le concours, les manifestations qui l'accompagnent et les chansons qui ont été écrites. L'objectif est de contrebalancer les stéréotypes négatifs que la chanson populaire véhicule sur la femme (qualifiée de bourreau des curs, d'infidèle, etc.) par une image constructive (la femme en tant qu'amie, mère, pourvoyeuse, etc.). (États-Unis)

Exemple : J'ai pris part à une manifestation réellement constructive sur la publicité. J'ai fait partie d'un jury parrainé par UNIFEM et chargé de décerner un prix à une publicité non sexiste lors du Festival ibéro-américain de la publicité qui se tient chaque année à Buenos Aires. Plus de 5 000 publicités de la radio, de la télévision et de l'affiche ont pris part à cette grande manifestation. Le prix a connu un retentissement certain et nous avons pu entamer un dialogue avec les propriétaires des agences de publicité et les personnes chargées de concevoir et de créer les publicités. Ce domaine étant presque totalement dominé par les hommes dans cette région du monde, la mise en route d'un dialogue constitue un important pas en avant. (Argentine)



4. Un programme d'action concernant les femmes et la société de l'information

Promouvoir un débat élargi, par le biais de l'Organisation des Nations Unies, sur la communication et la démocratie, en veillant à une participation active des femmes.

Étudier les voies et moyens d'élaborer, en collaboration avec l'UNESCO, un rapport sur l'état d'avancement des questions soulevées en 1995 dans le cadre de l'étude sur les femmes et les médias, y compris les liens entre les systèmes économiques et l'image des femmes dans les médias.

Encourager les femmes à utiliser les nouvelles technologies qui rendent les médias audiovisuels plus accessibles et plus participatifs, telles que les microémetteurs, la télévision communautaire ou les centres de télévision mobiles.

Élaborer des programmes de formation à l'intention des organisations de femmes dans les domaines de l'informatique, de la gestion de l'information et de la stratégie des médias.

Appuyer et lancer des initiatives qui donnent à l'Internet un contenu qui tienne compte de la situation des femmes et des sexospécificités.

Assurer, à l'échelon des médias, un suivi permanent des partis pris sexistes et des questions de sexospécificité et en partager les résultats avec les décideurs des médias et de la société en général.

Instituer des normes de publicité volontaires ou régies par la loi pour les panneaux d'affichage et autres formes de publicité.

Traduire, reproduire et reconditionner l'information en se servant des divers médias et en utilisant les communications électroniques, les bulletins d'information, la radio, le théâtre populaire, etc.





K. Les femmes et l'environnement



Groupe de travail sur le renforcement du rôle

des femmes dans la préservation de l'environnement
6 septembre-15 octobre 1999
Nombre total de membres : 503
Des messages ont été reçus de 51 membres représentant 26 pays (46 % du Nord et 54 % du Sud) (voir annexe)**.
ONG : 49 %
Organismes publics : 15 %
Organisations intergouvernementales : 9 %
Chercheurs ou universitaires : 21 %
Autres : 6 %

Les archives de ces échanges peuvent être consultées à l'adresse suivante : http://sdnhq.undp.org/ww/women-enviro/
** Voir la note de l'encadré de la page 6.




Le renforcement du rôle joué par les femmes dans la protection de l'environnement, s'agissant notamment de la participation des femmes autochtones et de la prise en compte de leurs savoirs, les incidences sur l'un et l'autre sexe de la détérioration de l'environnement, les partenariats au service de la protection de l'environnement et le recours à l'analyse par sexe dans la gestion des ressources naturelles figurent parmi les principaux thèmes examinés lors des échanges sur le renforcement du rôle des femmes dans la préservation de l'environnement(13). Les participants se sont inquiétés de l'existence de plusieurs obstacles s'opposant aux progrès, comme le faible nombre de femmes associées à la prise de décisions, les difficultés rencontrées pour appliquer les méthodes actuelles d'analyse par sexe aux projets relatifs à la protection de l'environnement et les limites imposées à la participation des femmes. Les autres thèmes abordés allaient de l'impact des essais d'armes sur l'environnement et sur les femmes aux incidences que peut avoir la participation des femmes aux programmes relatifs aux ressources naturelles et à l'environnement. Les participants ont échangé de nombreuses données d'expérience et stratégies sur, notamment, la promotion de nouveaux partenariats, l'utilisation plus systématique de l'analyse par sexe dans les secteurs de l'environnement et la participation des femmes autochtones aux débats.



1. Obstacles rencontrés

Il n'est pas suffisamment tenu compte des croyances traditionnelles, des modes d'organisation sociale et des réalités économiques qui empêchent les femmes de participer pleinement à la gestion des ressources naturelles et de l'environnement. En règle générale, on ne juge nécessaire d'associer les femmes à l'action menée que lorsqu'on constate une lacune, un manque de connaissances, que seules les femmes peuvent combler en leur qualité d'utilisatrices des ressources. (WWF, Zimbabwe)

Les femmes sont trop peu nombreuses à exercer les fonctions d'agents de vulgarisation.

La course aux armements et la fabrication d'armes biologiques, atomiques et autres, constituent une menace qui a des conséquences particulières pour les femmes.

On a peu recours à l'analyse par sexe dans la planification et l'élaboration de nombreux projets de gestion de l'environnement et des ressources naturelles malgré les impératifs de parité imposés au niveau des donateurs ou du siège.



2. Idée-force

Faut-il recourir à des outils d'analyse par sexe particuliers à un lieu ou à un écosystème donnés pour la gestion de l'environnement et de la gestion des ressources naturelles?

Les participants se sont demandé si les méthodes en vigueur d'analyse par sexe et de prise en compte des sexospécificités pouvaient être adaptées à la programmation de la gestion de l'environnement et des ressources naturelles. Certains ont noté que traiter les problèmes d'égalité entre les sexes et faire participer les femmes à la gestion de l'environnement constituaient deux types d'intervention qui n'allaient pas nécessairement de pair. Dans certains cas, il semblait y avoir un décalage entre la prise en compte de la problématique hommes-femmes et celle des problèmes écologiques, soit parce qu'il n'existait pas d'approche intégrée, soit parce que ceux qui élaboraient les politiques tenant compte des sexospécificités ne s'intéressaient pas aux programmes relatifs à l'environnement ou ne possédaient pas les compétences nécessaires. La planification soucieuse des sexospécificités dans le domaine de l'environnement continuait de poser le problème des méthodes retenues, lesquelles avaient tendance à englober les femmes en un tout homogène, ou se révélaient inutilisables dans les groupes ethniques pour lesquels les hypothèses concernant les relations patriarcales ne s'appliquaient pas toujours.





3. Enseignements tirés

Lorsque les femmes sont plus étroitement associées à la planification de la gestion des ressources naturelles, elles apportent une masse de savoirs traditionnels qui, chaque fois qu'ils sont mis en pratique, favorisent le développement durable.

Exemple : L'expérience montre que chaque fois que des femmes lancent des initiatives de conservation et de protection de leurs richesses naturelles, elles font systématiquement intervenir leurs connaissances traditionnelles, leurs expériences pratiques, leur sensibilité religieuse, leur code de conduite social, leurs pratiques culturelles et des procédures de leur cru. C'est pourquoi les femmes ont toujours su conserver leurs richesses naturelles de façon plus constructive. C'est le besoin urgent de préserver les richesses forestières qui a fait jaillir l'idée de la Forêt Maliti. Maliti signifie le foyer de la mère. À l'occasion du mariage d'une jeune fille Maliti, ses camarades sont chargées de planter de jeunes arbres. Le Mouvement Maliti s'est étendu à 500 villages. Les femmes d'Uttrakhand ont pris la direction de ce mouvement culturel afin de préserver la diversité et le patrimoine culturel de l'Himalaya. (Inde)

Les mécanismes nationaux et les ministères qui s'intéressent aux questions de parité sont souvent peu au fait des problèmes écologiques, d'où le manque de cadres analytiques effectivement applicables dans les programmes et les politiques de protection de l'environnement.

Exemple : Pour ce qui est du relais des préoccupations et des expériences locales par les politiques nationales, j'ai constaté qu'en Amérique latine, les nouveaux ministères négligeaient les politiques de l'environnement ou s'en désintéressaient. Ils traitent les questions de parité dans un cadre purement sectoriel. Ils font donc peu de cas de la féminisation de la pauvreté qui, dans les économies pauvres, est essentiellement due à l'épuisement des ressources, ou aux nombreux problèmes écologiques auxquels les femmes doivent faire face au quotidien. Il faudrait en conséquence s'efforcer de mieux faire comprendre les problèmes écologiques aux fonctionnaires chargés des questions de parité. Les politiques nationales relatives à la promotion de la femme devraient aussi prévoir un volet intégré relatif à l'environnement.

Bien que les politiques nationales tiennent parfois compte des questions d'égalité entre les sexes, elles ne se traduisent pas automatiquement par une participation effective des femmes. De même, le fait que des femmes siègent dans des comités et des conseils ne veut pas nécessairement dire que leur participation a un sens, qu'elles continueront d'y siéger à long terme ou que la parité sera assurée.

Exemple : La plupart des documents de politique générale et d'orientation du Bangladesh contiennent ou appuient des démarches soucieuses d'égalité entre les sexes. Toutefois, les femmes n'occupent toujours pas suffisamment de postes de responsabilité et de décision. Elles interviennent en général à titre d'éducatrices et d'animatrices aux niveaux familial et communautaire. On attend le plus souvent d'elles qu'elles participent à titre gracieux ou à titre volontaire. Il arrive souvent que des femmes présentant les qualifications et les compétences voulues ne soient pas invitées à siéger dans les instances directrices. Nous l'avons observé dans les comités chargés de l'approvisionnement en eau et de l'hygiène publique ainsi que dans les comités des collectivités locales. (Centre international de recherche sur les maladies diarrhéiques au Bangladesh)

Exemple : La Convention sur la lutte contre la désertification a été ratifiée par plus de 150 pays qui se sont engagés à prévoir la participation effective aux niveaux local, national et régional, en faisant une place aussi large aux femmes qu'aux hommes, à la planification des politiques, à la prise des décisions ainsi qu'à l'exécution et à l'examen des programmes d'action nationaux. Plus de 60 pays ont établi des programmes d'action nationaux faisant appel à la participation. Des actions de sensibilisation mettant l'accent sur la participation des femmes ont été lancées avec de bons résultats et de nombreux pays ont fait en sorte que des femmes soient représentées dans les organes de décision. Depuis peu, toutefois, les femmes font valoir que siéger dans un comité ne veut pas nécessairement dire participer dans des conditions égales et beaucoup sont convaincus qu'il ne faut plus se contenter d'appliquer de simples mesures quantitatives. (UNSO/PNUD)

On peut déduire de la manière dont les hommes considèrent et traitent les femmes au quotidien leur façon d'envisager la participation des femmes à la prise de décisions relatives à l'environnement.

Exemple : La majorité des programmes portant sur la parité dans le domaine de la gestion de l'environnement ont choisi la voie de la participation et de l'émancipation des femmes. J'ai toujours défendu cette approche et continuerai de le faire. Dernièrement, toutefois, j'ai commencé à examiner les moyens par lesquels je pourrais aider les hommes à changer leur perception des femmes afin qu'ils aillent VOLONTAIREMENT à leur rencontre et les associent à leurs efforts. Selon moi, le plus efficace, c'est de partir de l'idée même que les hommes se font du traitement à réserver aux femmes, de la manière dont les hommes traitent les femmes quand ils parlent entre eux, dans les conversations familiales, dans les films et dans les livres, dans la rue, dans les soirées - dans la vie de tous les jours. Il faut s'attendre à ce que les hommes réagissent à la présence d'une femme à une réunion sur la gestion des ressources de la même manière que dans les autres sphères du quotidien. Si nous voulons faire évoluer les mentalités, il faut le faire dans l'un comme dans l'autre cadre. (États-Unis)

Les femmes doivent impérativement se regrouper au sein de collectifs pour pouvoir lutter contre la détérioration de l'environnement et accéder plus largement aux ressources naturelles.

Exemple : Un surcroît d'efforts est nécessaire pour renforcer et promouvoir les groupes de femmes au niveau local. Les femmes ont les moyens potentiels de prendre la direction des opérations, aussi faut-il accroître leurs capacités en leur fournissant une éducation, une formation, l'accès à tous les types d'information, etc. L'Himalayan Action Research Centre a également mis en place un groupe d'animatrices qui aident les femmes à utiliser, protéger, conserver et gérer leurs ressources naturelles. (Inde)

Lorsque les femmes participent activement aux projets de protection de l'environnement, elles deviennent chefs communautaires et diversifient les activités menées au titre des programmes.

Exemple : Je travaille pour le Ministère sud-africain de l'environnement et du tourisme. Je fais partie de l'organe de coordination de l'application de la Convention pour la lutte contre la désertification et des questions de parité. Je suis chargé du programme d'action national établi pour ce projet. L'un des enseignements que j'ai tirés de mon expérience des questions relatives aux femmes et à l'environnement, c'est que dans les collectivités locales pauvres où elles doivent assurer la subsistance de leurs familles, les femmes finissent par prendre les rênes. Elles gagnent le respect de la communauté qui leur confie la responsabilité du groupe lorsqu'elles arrivent à trouver de nouveaux moyens de dégager des revenus et de produire ne serait-ce que des quantités minimes de produits alimentaires à partir de terres stériles. Une fois organisées, les femmes se trouvant dans cette situation sont à même de planifier le développement communautaire, et peuvent même parfois abandonner leurs fonctions de production alimentaire pour s'attacher au développement économique et à la gestion de l'environnement. (Afrique du Sud)

Il est capital que les femmes disposent d'informations pour participer effectivement à la gestion des ressources naturelles, mais les efforts de sensibilisation ne suffisent pas toujours à faire avancer les choses.

Exemple : NetWise est un exemple de projet de création de réseau en faveur du renforcement des capacités dans la Communauté de développement de l'Afrique australe, qui s'adresse plus particulièrement aux décideurs, aux chercheurs et aux étudiants dans le domaine de la gestion des ressources naturelles. Le projet NetWise s'appuie sur un répertoire accessible sur le Web à l'adresse www.netwise.drfn.org.na et sur CD-ROM, ainsi que sur un autre site Internet utilisé pour les échanges et les ateliers virtuels. Les femmes associées à la prise de décisions sur les ressources naturelles ne sont pas nécessairement celles-là mêmes qui participent à des ateliers, des cours de formation, etc. La formation à l'utilisation du réseau s'adressera en priorité aux femmes. (Namibie)

Il est capital de fournir des informations et des ressources en langue locale et selon le mode de présentation le plus adapté si l'on veut que les femmes des organisations locales puissent contribuer pleinement aux programmes de gestion de l'environnement et des ressources et participer aux débats sur ces thèmes.

Exemple : Les femmes des organisations locales devraient être pleinement informées des politiques, des programmes, ainsi que des déclarations et documents publiés aux niveaux national et international concernant les questions écologiques. Ces documents devraient être traduits dans les langues locales. Le Centre HARC s'y attache en créant des centres d'information de village et de quartier, qui ont permis aux femmes d'avoir facilement accès à tous types d'informations. Ces centres d'information devraient être créés à tous les échelons régionaux (district, État, nation). (Inde)

De nouveaux partenariats et collaborations, notamment aux niveaux local, national et international, et des partenariats entre les groupes de femmes et les groupes écologiques améliorent l'efficacité des programmes, des projets et des efforts de vulgarisation dans le domaine de la protection de l'environnement.

Exemple : Je travaille pour le Rainforest Action Network (RAN) aux États-Unis. En 1996, l'Organisation nationale pour les femmes a appelé l'attention du pays sur la société Mitsubishi qui s'était rendue coupable de violations massives en matière de harcèlement sexuel. Les responsables de mon organisation ont déclaré en conséquence que nous devions boycotter Mitsubishi non seulement pour ce motif, mais aussi parce que la Division des produits ligneux de la société Mitsubishi est l'une des sociétés qui détériorent le plus l'environnement dans le monde. Les activités de Mitsubishi contribuent à la destruction des forêts tropicales humides et menacent la survie des populations autochtones qui y vivent. NOW et RAN militent pour que la communauté internationale maintienne les pressions exercées sur Mitsubishi et démontre que pour une société, devenir un paria de l'environnement ou fermer les yeux sur le harcèlement sexuel n'est pas bon pour les affaires. (RAN, États-Unis)



4. Programme d'action visant à renforcer le rôle des femmes dans la préservation de l'environnement

Redéfinir et étendre la portée des activités de gestion des ressources afin d'inclure les domaines où les femmes sont déjà très actives.

Créer des centres d'information villageois qui diffuseront des informations sur les préoccupations mondiales et locales selon le mode de présentation le plus adapté.

Créer des liens entre les groupes communautaires du monde entier, et entre les organisations de femmes et les organisations écologiques qui s'efforcent de protéger leur environnement local, afin de lancer des campagnes plus puissantes et plus efficaces.

Faire participer les hommes aux débats et aux discussions concernant les préoccupations des femmes en matière d'environnement.

Mettre au point des outils d'analyse par sexe adaptés/adaptables aux divers écosystèmes.

Éduquer les femmes qui travaillent dans des secteurs comme l'industrie minière, la santé ou l'éducation aux questions relatives à la durabilité et à la détérioration de l'environnement afin de s'assurer de nouveaux concours.

Renforcer les organisations de femmes existantes et appuyer celles qui se créent en vue de la défense de l'environnement.

S'appuyer sur les connaissances des femmes en matière de gestion des ressources naturelles.

Mettre au point des systèmes d'information sur l'environnement et la gestion des ressources naturelles.

Avoir recours à la Convention sur la lutte contre la désertification, nouvel outil de développement faisant appel à la participation, pour mieux appliquer le Programme d'action de Beijing.

Former des animatrices à la programmation, à la planification et à la gestion en matière d'environnement et les associer à ces activités. Recruter et former un plus grand nombre d'agents de vulgarisation de sexe féminin.

S'assurer que les particuliers et les groupes autochtones prennent part aux débats et aux décisions.

Accélérer les efforts déployés pour accroître la participation des femmes à la prise de décisions au niveau politique ainsi qu'à l'éducation et au militantisme écologiques au niveau local.





L. La fillette



Groupe de travail en ligne

sur l'autonomisation de la fillette
8 novembre-17 décembre 1999
Nombre total de membres : 934
Des messages ont été reçus de 87 membres représentant 31 pays (63 % du Nord et 37 % du Sud) (voir annexe)**.
ONG : 49 %
Organismes publics : 1,5 %
Organisations intergouvernementales : 1,5 %
Chercheurs ou universitaires : 25 %
Autres : 23 %

Les archives de ces échanges peuvent être consultées à l'adresse suivante : http://sdnhq.undp.org/ww/girl-child
** Voir la note de l'encadré de la page 6.




L'organisation et le contenu du groupe de travail en ligne sur l'autonomisation de la fillette(14) reflétaient les multiples questions examinées à la section L du Programme d'action (La petite fille). Le débat était centré sur cinq domaines principaux : éducation, violence, exploitation économique, hygiène sexuelle et santé en matière de reproduction. L'une des préoccupations majeures des participants était la persistance de normes culturelles dévalorisant la fillette et exacerbant une vaste gamme de problèmes, de la pauvreté à la violence et au travail des enfants. L'exploitation économique, l'inégalité en matière d'éducation, la violence généralisée et les sévices sexuels constituaient d'autres obstacles entravant le progrès. Un domaine particulièrement important pour les participants était la question du travail des enfants et les contextes nationaux spécifiques où existe cette pratique. Les participants ont souligné qu'il était essentiel d'obtenir la participation des parents et de la communauté et d'adopter des approches globales des problèmes auxquels étaient confrontées les fillettes et les jeunes femmes, et qu'il était indispensable de mieux comprendre les facteurs complexes contribuant à l'inégalité des fillettes.



1. Obstacles rencontrés

Persistance de valeurs culturelles et d'attitudes négatives à l'égard de la fillette, aussi bien chez les femmes que chez les hommes.

Intégration continue de la violence et des comportements violents dans la socialisation des garçons.

Absence de données ventilées par âge.

Manque de compréhension des obstacles et attitudes spécifiques à l'égard des fillettes entravant leurs possibilités de développement.



Éducation :

Harcèlement et violence sexuels dans les écoles.

Manuels scolaires et enseignement à tendance sexiste présentant des stéréotypes masculin-féminin.

Faible taux de scolarisation des fillettes.

Sous-représentation des filles dans les disciplines scientifiques et technologiques.



Exploitation économique :

Pressions exercées sur les fillettes pour qu'elles apportent des revenus (travail), ce qui les empêche de fréquenter l'école et les oriente vers des activités domestiques et autres emplois peu rémunérés.

Milieu de travail dangereux ou favorisant l'exploitation des fillettes.

Invisibilité de l'exploitation du travail des fillettes au sein de la famille.



Violence :

Faible valeur sociale accordée aux fillettes, entraînant le déni, l'acceptation ou la tolérance de la violence à leur égard.

Non-déclaration des cas d'inceste et de violences sexuelles dont sont victimes les préadolescentes.

Graves conséquences à long terme de la non-déclaration des violences sexuelles dont les fillettes sont victimes et de l'absence de mesures à cet égard (dévalorisation de soi-même, problèmes psychologiques et comportement à haut risque pouvant entraîner une contamination par le VIH/sida).



2. Idée-force

Est-il possible d'éliminer le travail des enfants, compte tenu des réalités économiques de nombreuses fillettes et de leur famille?

Les participants ont souligné la complexité de la question, mentionnant les liens entre l'éducation, le travail des enfants et la violence, ainsi que les contradictions entre la dévalorisation des fillettes et la grande importance accordée à leur travail. D'aucuns ont fait observer que les conditions de pauvreté existant dans de nombreux pays en développement exigeaient que les enfants travaillent à un jeune âge et d'autres ont donné des exemples indiquant que les fillettes considéraient le travail comme favorisant leur émancipation. Les participants ont reconnu qu'il était nécessaire de définir plus précisément les notions de travail ou d'exploitation, de mieux comprendre des variables comme l'âge, les différences ethniques, la culture et les normes sociales en ce qui concerne l'élaboration de programmes et de politiques relatifs au travail des enfants.



3. Enseignements tirés

L'adoption d'approches globales de l'éducation et de l'autonomisation des fillettes constitue le meilleur moyen de surmonter les problèmes interdépendants très graves auxquels elles sont confrontées, notamment la violence, l'exploitation et les sévices sexuels, l'exploitation dans le travail, la pauvreté et la discrimination.

Exemple : Lorsque nous sommes arrivées ici, nous ne savions ni écrire ni lire, nous étions assises en cercle, comme des pierres et pouvions à peine répondre aux questions. Sept mois plus tard, nous savons lire et écrire des lettres, et nous sommes conscientes de nos droits et de nos besoins, nous avons pris connaissance de nombreuses lois sur la violence contre les enfants et les femmes, et avons appris beaucoup sur la calamité de la dot, l'hygiène personnelle, la parité entre les sexes et les risques de grossesse précoce. Auparavant, nous étions liées par les superstitions et n'avions pas notre mot à dire dans nos familles. Maintenant nous prenons nos propres décisions; nous avons empêché le mariage précoce d'un membre de notre groupe, ayant convaincu ses parents qu'un tel mariage était illégal et que la santé de leur fille était menacée. (Action-Aid, Bangladesh)

Exemple : La Women's Health Organization of Nigeria : le projet Youth Action (YAP), lancé en octobre 1996, a pour but d'autonomiser les fillettes, notamment en application des instruments dont le Nigéria est signataire. Les mesures prises à cet effet sont les suivantes : 1) diffuser des informations qui aideront les adolescentes à comprendre leur sexualité et les protégeront des grossesses non désirées, des maladies sexuellement transmissibles et des risques subséquents de stérilité et de décès résultant d'une infection par le VIH; 2) permettre aux adolescentes d'accroître leur confiance en elles et d'acquérir les moyens de mener une vie sexuelle et reproductive plus satisfaisante; 3) fournir aux jeunes des services de santé en matière de reproduction en assurant la confidentialité et la qualité des soins dispensés; 4) organiser des activités professionnelles et de cours de perfectionnement à l'intention des jeunes filles, afin de leur permettre de choisir en connaissance de cause entre les différentes options offertes au cours de leur vie; et 5) associer les adolescentes à l'élaboration, la planification et la mise en oeuvre de projets visant à répondre à leurs besoins. Le projet YAP donne à la fillette les moyens d'acquérir la force intérieure lui permettant de faire valoir et de défendre ses droits, de prendre confiance en elle, de prendre conscience de son identité, d'avoir une meilleure image d'elle-même et d'exercer un contrôle sur sa vie et ses relations personnelles et sociales , et de prendre des décisions en connaissance de cause. (WHON, Nigéria)

Il est essentiel d'associer les parents et les communautés et de renforcer leur appui à l'éducation et à l'autonomisation des filles.

Exemple : Je travaille avec un programme de Rozan, appelé Aangan, qui s'occupe depuis cinq ans des enfants et des adolescents. Le programme est centré sur la santé émotionnelle des enfants, en général, et les violences sexuelles dont ils sont victimes, en particulier. Notre équipe comprend notamment des psychiatres, des psychologues, des enseignants, des responsables communautaires, des chercheurs et de jeunes volontaires. L'équipe Aangan, qui travaille depuis un certain temps avec la communauté, a estimé que traiter séparément la question des violences sexuelles contre les enfants n'était pas le meilleur moyen d'aborder le problème; il fallait aider les enfants et les adolescents à prendre confiance en eux, à acquérir des compétences en matière de communication et de relations interpersonnelles, à prendre conscience des systèmes de soutien existant autour d'eux et à établir des liens avec ces systèmes. Ce problème touchait en particulier les filles qui sont souvent incapables de s'exprimer ou de parler d'elles-mêmes. Compte tenu de cet aspect, Aangan a mis au point un système permettant de parler des questions personnelles dans un contexte de confiance. Des séries de 8 à 10 sessions portant sur le respect de soi, les émotions, les sentiments, la communication, les sexospécificités et les violences sexuelles contre les enfants sont organisées dans le cadre du programme. Un succès majeur pour Aangan à ce sujet a été la publication d'une série d'articles sur les sévices sexuels exercés contre les enfants dans la section d'un journal local en anglais réservé aux enfants. En réponse à ces articles, intitulés Notre corps, nous-mêmes, qui portaient également sur l'image que les enfants ont de leur corps, Aangan a reçu environ 450 lettres, non seulement de victimes et de survivants de sévices sexuels mais également d'enfants qui exposaient leurs préoccupations en matière d'hygiène sexuelle. Compte tenu du nombre considérable de réponses qu'ils ont reçues, la publication et le programme Aangan ont établi des relations de collaboration et lancé une page mensuelle où les enfants nous écrivaient pour nous exposer leurs problèmes et nous demander de les aider. (Pakistan)

Exemple : (TADO) a mis en place un programme d'appui à l'éducation des filles dans la région nord du Ghana, où le taux de scolarisation des fillettes est le plus faible de tout le pays; les taux d'abandon scolaire y sont aussi extrêmement élevés. Notre programme s'efforce d'encourager les fillettes des zones rurales à fréquenter l'école. Nous avons entrepris de dispenser une formation en cours d'emploi à la plupart de nos agents dans le domaine de l'éducation (enseignants, chefs d'établissement, administrateurs locaux, etc.) sur les questions liées aux sexospécificités - reflétant principalement leurs incidences sur l'éducation des filles. Nous avons également organisé des sessions à l'intention des élèves chargés de la discipline dans les écoles primaires et les écoles secondaires du premier cycle, afin de leur fournir des informations utiles qui les maintiendront à l'école. (Ghana)

Exemple : Nous avons constaté que le meilleur moyen d'améliorer la condition des fillettes était l'éducation des mères en tant que ressources humaines. Si les mères sont alphabétisées, leurs filles seront instruites, même si elles ne sont pas envoyées à l'école. Si les mères ont le sentiment d'être intelligentes et se sentent appréciées, elles communiqueront ce sentiment à leurs filles. Conférer à la mère un rôle dans lequel elle est respectée et où on attend qu'elle contribue au processus de prise de décisions est un aspect essentiel de la valorisation de la fillette. Tous nos cours de formation ont un caractère global, comprenant l'alphabétisation, l'acquisition de compétences techniques, la culture de plantes médicinales, etc. Nous avons également noté que, lorsque les parents participent à la préparation à la vie familiale et se familiarisent avec les principes de consultation et d'unité, ils prennent bien plus conscience de l'importance et de la valeur de la fillette en tant qu'être humain. Le fait qu'ils participent ensemble à la formation permet également aux hommes de voir les femmes comme des égales et de tenir compte de leurs avis et de leurs décisions. (Inde)

L'organisation de stages réservés aux fillettes, visant à démystifier la science et la technologie et à faire prendre conscience aux filles des possibilités de carrière, permet d'attirer et de retenir un plus grand nombre de femmes et de jeunes filles dans les domaines des sciences et de la technologie.

Exemple : Je fais partie d'un réseau multidisciplinaire pour MAWHN (Multi-Disciplinary African Women's Health Network). L'expérience du Ghana en ce qui concerne l'éducation des filles mérite d'être racontée. Depuis plus de cinq ans, le Ministère de l'éducation s'inquiétait du faible nombre de filles étudiant les sciences et les mathématiques aux niveaux supérieurs. Il a donc organisé un stage sur les sciences et les mathématiques à leur intention, d'une journée pour commencer, mais qui s'est poursuivi sur plusieurs jours. L'objectif était de démystifier les sciences et les mathématiques, de faire connaître aux participantes les possibilités de carrière et de promotion, et de les mettre en contact avec des modèles identificatoires dans le pays - des femmes ayant eu des expériences analogues. Le projet ayant tenu des résultats qui ont dépassé les espérances, il existe maintenant une unité complète pour l'enseignement des sciences et des mathématiques. En fait, le nombre de filles demandant à suivre des études scientifiques et de mathématiques dans les établissements d'enseignement supérieur a augmenté. (Ghana)

Les principaux aspects de la programmation visant à réduire la violence contre les fillettes portent sur leurs droits, leur protection et leur autonomisation, et associent aussi les garçons.

Exemple : Notre projet intitulé Développement du potentiel par l'éducation - égalité des droits et des chances pour les filles et les garçons a pour objectif de réduire la violence contre les filles et les femmes en dispensant une formation antisexiste aux filles et aux garçons. Cette méthode donne de très bons résultats lorsque les adolescents sont associés au processus. Notre programme a été lancé il y a environ quatre ans et nous pouvons citer de nombreux exemples de bonnes pratiques; il comprend quatre parties : établissement d'une bonne communication (transformation des situations de conflit), dialogue sur la diversité (éducation concernant l'égalité des sexes et droits de l'homme), le fait d'être autonome favorise l'interaction avec autrui (gestion, direction et création d'équipes), la voie vers la non-violence (prévention de la violence, en particulier du trafic d'êtres humains). (Ukraine)

L'exploitation du travail des fillettes dans la famille limite pour une large part leurs possibilités en matière d'éducation et est étroitement liée aux attitudes sur la valeur du travail et la contribution des femmes et des filles, lesquelles perpétuent les inégalités.

Exemple : ROSHNI travaille avec les femmes et les fillettes, centrant son attention sur la fillette musulmane car les femmes de cette communauté ont pris, pour la plupart, un retard important par rapport aux autres femmes dans les domaines éducationnel, social et économique. Nous concentrons nos efforts sur les taudis de Chennai et nous efforçons d'éduquer les femmes illettrées et les élèves qui ont abandonné leurs études. Nous mettons également en oeuvre des programmes de formation professionnelle et fournissons une aide à l'emploi dans la mesure du possible. ROSHNI administre également une école informelle pour les filles, afin qu'elles cessent de travailler. Dans mon État, les filles travaillent dans des fabriques de cigarettes (beedies). Nous dispensons une formation professionnelle pour des emplois de bureau et de secrétariat, et dans la confection. Il existe des cours d'anglais parlé visant à améliorer l'aptitude des élèves à communiquer. Tous ces services sont dispensés gratuitement aux jeunes filles, dans leur propre quartier car elles ne sont pas autorisées par leur famille à aller travailler ou à apprendre un métier. Nous avons formé 500 jeunes filles en cinq ans et leur avons trouvé un emploi. Nous leur avons fourni des machines, afin qu'elles puissent continuer à travailler dans la confection et, le cas échéant, nous les avons mêmes nourries. Nous avons également organisé des cours pour les informer de leurs droits, et fournissons des services d'orientation et une assistance juridique gratuite, si besoin est. (Inde)





4. Programme d'action pour autonomiser les fillettes



Associer directement et activement les garçons à l'élimination de la discrimination fondée sur le sexe et à la promotion du respect mutuel.

Accorder plus d'attention à l'élimination de l'inceste et des violences sexuelles dont sont victimes les préadolescentes.

Associer les fillettes à l'élaboration, à la mise en oeuvre et à l'évaluation de toutes les interventions.

Accorder plus d'attention au travail des fillettes dans le cadre familial.

Établir un réseau d'organisations en faveur des fillettes, y compris les instituts de valorisation des ressources et les centres de formation à leur intention.

Élaborer des programmes globaux et intégrés à l'intention des fillettes, comprenant les aspects suivants : éducation, autonomisation, acquisition de compétences en matière de négociation et de direction, santé, etc.

Associer les parents et les communautés à l'exécution des programmes, encourager leur appui à l'éducation et à la formation des fillettes, et fournir un soutien aux mères en particulier.

Réduire la violence à l'égard des fillettes et leur exploitation en mettant l'accent sur leurs droits, l'acquisition d'un potentiel et la participation.

Collecter et analyser les données ventilées par âge pour la programmation, les activités de plaidoyer et l'élaboration des politiques.

Effectuer des recherches plus nombreuses et de meilleure qualité sur la situation des fillettes et sur l'influence des mères, des familles et des communautés sur les possibilités et les choix qui leur sont offerts.



Annexe

Pays représentés dans les groupes de travail



Pauvreté Éducation Santé Conflits armés Économie Pouvoir et prise de décisions
Afrique du Sud

Australie

Bangladesh

Barbade

Canada

Espagne

États-Unis d'Amérique

Fédération de Russie

Inde

Japon

Kenya

Malawi

Mexique

Nicaragua

Nigéria

Pays-Bas

Royaume-Uni de

Grande-Bretagne

et d'Irlande du Nord

Thaïlande

Ukraine

Venezuela

Zimbabwe

Afrique du Sud

Allemagne

Argentine

Australie

Bangladesh

Belgique

Brésil

Canada

Chine

États-Unis d'Amérique

Finlande

Guinée

Hong Kong, Chine

Inde

Indonésie

Mexique

Norvège

Ouganda

Pakistan

Pérou

Philippines

Royaume-Uni de

Grande-Bretagne

et d'Irlande du Nord

Suède

Viet Nam

Zimbabwe

Arménie

Australie

Bangladesh

Belgique

Cambodge

Canada

États-Unis d'Amérique

Fédération de Russie

Hong Kong, Chine

Inde

Népal

Nigéria

Ouganda

Pays-Bas

Philippines

Soudan

Suisse

Thaïlande

Venezuela

Viet Nam

Afrique du Sud

Allemagne

Angola

Australie

Burundi

Canada

Chypre

Croatie

États-Unis d'Amérique

Ex-République

yougoslave

de Macédoine

France

Géorgie

Inde

Irlande

Kosovo

Népal

Nouvelle-Zélande

Ouganda

Pays-Bas

Royaume-Uni de

Grande-Bretagne

et d'Irlande du Nord

Suisse

Suriname

Turquie

Ukraine

Viet Nam

Afrique du Sud

Bangladesh

Belgique

Cameroun

Canada

Costa Rica

Espagne

États-Unis d'Amérique

Éthiopie

Fidji

Hong Kong, Chine

Inde

Jamaïque

Japon

Nicaragua

Nigéria

Norvège

Ouganda

Pakistan

Pays-Bas

Philippines

République de Corée

République dominicaine

Royaume-Uni de

Grande-Bretagne

et d'Irlande du Nord

Soudan

Sri Lanka

Suisse

Vanuatu

Viet Nam

Afrique du Sud

Argentine

Australie

Belgique

Canada

Chili

Colombie

Cuba

Équateur

Érythrée

Espagne

États-Unis d'Amérique

Éthiopie

Fédération de Russie

Inde

Indonésie

Jordanie

Kenya

Libéria

Lituanie

Malte

Mexique

Mongolie

Nigéria

Nouvelle-Zélande

Ouganda

Philippines

Pologne

Roumanie

Royaume-Uni de

Grande-Bretagne

et d'Irlande du Nord

Suriname

Thaïlande

Trinité-et-Tobago

Turquie

Viet Nam

Zambie



Élimination de la violence Mécanismes institutionnels Droits de l'homme Média Environnement Fillette
Afrique du Sud

Allemagne

Arménie

Australie

Bangladesh

Belgique

Bulgarie

Canada

Croatie

États-Unis d'Amérique

Fédération de Russie

Fidji

Finlande

Gabon

Géorgie

Ghana

Hong Kong, Chine

Hongrie

Inde

Islande

Italie

Kenya

Malawi

Mali

Maurice

Mexique

Micronésie

Namibie

Népal

Nigéria

Nouvelle-Zélande

Ouganda

Pakistan

Paraguay

Pays-Bas

Philippines

Pologne

République de Corée

Royaume-Uni de

Grande-Bretagne

et d'Irlande du Nord

Sénégal

Suède

Suisse

Suriname

Tadjikistan

Thaïlande

Trinité-et-Tobago

Uruguay

Argentine

Bangladesh

Bélarus

Canada

Chili

Costa Rica

Espagne

États-Unis d'Amérique

Fédération de Russie

Fidji

Géorgie

Ghana

Indonésie

Jamaïque

Ouganda

Philippines

Pologne

Royaume-Uni de

Grande-Bretagne

et d'Irlande du Nord

Suisse

Trinité-et-Tobago

Zimbabwe

Afghanistan

Afrique du Sud

Albanie

Allemagne

Argentine

Australie

Azerbaïdjan

Belgique

Bhoutan

Canada

Croatie

Cuba

Danemark

Espagne

États-Unis d'Amérique

Ex-République yougoslave

de Macédoine

Fédération de Russie

Géorgie

Hong Kong, Chine

Inde

Indonésie

Iran (République

islamique d')

Israël

Koweït

Malaisie

Mexique

Nigéria

Pakistan

Panama

Philippines

Pologne

Royaume-Uni de

Grande-Bretagne

et d'Irlande du Nord

Saint-Marin

Sénégal

Singapour

Suisse

Tunisie

Turquie

Vanuatu

Venezuela

Afrique du Sud

Argentine

Australie

Belgique

Cameroun

Canada

Chine

Costa Rica

Croatie

Cuba

Équateur

Espagne

États-Unis d'Amérique

Ex-République yougoslave

de Macédoine

Fidji

France

Guatemala

Inde

Indonésie

Italie

Malaisie

Malawi

Mali

Mexique

Népal

Nigéria

Nouvelle-Zélande

Pakistan

Pays-Bas

Philippines

République tchèque

République de Corée

Royaume-Uni de

Grande-Bretagne

et d'Irlande du Nord

Sénégal

Sri Lanka

Suriname

Trinité-et-Tobago

Tunisie

Uruguay

Zambie

Zimbabwe

Afrique du Sud

Australie

Bangladesh

Bolivie

Brésil

Canada

Chili

Côte d'Ivoire

Danemark

États-Unis d'Amérique

Éthiopie

Fidji

Inde

Islande

Jordanie

Kenya

Mexique

Namibie

Ouganda

Pakistan

République de Corée

Royaume-Uni de

Grande-Bretagne

et d'Irlande du Nord

Thaïlande

Viet Nam

Zimbabwe

Afrique du Sud

Allemagne

Argentine

Australie

Bangladesh

Cambodge

Canada

Chine

Colombie

Espagne

États-Unis d'Amérique

Ghana

Inde

Indonésie

Israël

Kenya

Malaisie

Mexique

Népal

Nigéria

Nouvelle-Zélande

Ouganda

Pakistan

Pays-Bas

Philippines

République dominicaine

Royaume-Uni de

Grande-Bretagne

et d'Irlande du Nord

Suisse

Turquie

Ukraine

Viet Nam



Note : La liste représente les pays des membres actifs (c'est-à-dire ceux qui ont affiché un message indiquant leur pays d'origine). Il est impossible d'identifier les pays des membres qui n'ont pas affiché de messages, car un pourcentage important des adresses électroniques est global et n'indique pas le pays d'origine du possesseur.

1. 1 Deux des groupes de travail ont dérogé à ce calendrier. Le groupe sur la violence a fonctionné d'octobre 1998 à janvier 2000 et le groupe sur les mécanismes nationaux du 8 février au 19 mars 1999.

2. 2 À l'exception du groupe sur la violence, dont les débats ont duré 16 mois et étaient encadrés par UNIFEM.

3. 3 Le groupe consultatif pour les débats consacrés au thème Sortir les femmes de la pauvreté était composé de Savitri Bisnath (Université Cornell), Natalia Zakharova (Division de la promotion de la femme) et de Marisa Kohan (UNIFEM).

4. 4 Le groupe consultatif pour les débats consacrés à l'égalité dans l'enseignement était composé de Nelly Stromquist (University of South California), Aicha Bah-Diallo (UNESCO), de représentantes de la Fédération africaine des femmes entrepreneurs, Maria Hartl (Division de la promotion de la femme) et Dong Wu (Division de la promotion de la femme).

5. 5 Le groupe consultatif pour les débats sur la promotion de la santé des femmes se composait de Lesley Doyal (Université de Bristol), de représentants d'ARROW, de Marie Hartl et Dong Wu (Division de la promotion de la femme).

6. 6 Le débat sur la violence a été inauguré pour UNIFEM en octobre 1998 et s'est poursuivi jusqu'en janvier 2000. Un grand nombre de fonctionnaires d'UNIFEM ont fourni des avis en vue de ce débat et y ont contribué.

7. 7 Le groupe consultatif pour les débats sur les femmes et les conflits armés était composé de Gita Raj et Eugenia Piza-Lopez (International Alert), Valerie Oosterveldt (Université de Toronto), Comfort Lamptey (UNIFEM), Jane Connors (Division de la promotion de la femme) et Kerri Power (Division de la promotion de la femme).

8. 8 Le groupe consultatif pour les débats sur l'élimination des inégalités économiques était composé de Diane Elson et Nazneen Damji (UNIFEM), de Semia Guermas de Tapia (Division de la promotion de la femme) et de Marisa Kohan (UNIFEM).

9. 9 Le groupe consultatif pour les débats sur la participation des femmes à la vie politique et à la prise de décisions était composé de Zonni Woods, Laufitu Taylor (UNIFEM-Fidji), Natalia Zakharova et Kerri Power (Division de la promotion de la femme).

10. 10 Le groupe consultatif pour les débats sur les mécanismes nationaux comprenait Christina Janssen et les membres de WomenWatch.

11. Le groupe consultatif pour les débats sur la réalisation des droits fondamentaux des femmes était composé de membres du Centre for Women's Global Leadership et de Marisa Kohan (UNIFEM).

12. 12 Le débat sur les femmes et les médias a été dirigé par WomenAction 2000. Le groupe consultatif comprenait des représentantes de WomenAction 2000, Daphne Plou (APC Women's Networking Support Program), Young-Lan Kim et Jin-Sook Doo (Research Institute for Asian Women, Université Sook-Myung) et Marisa Kohan (UNIFEM).

13. 13 Le groupe consultatif pour les débats sur le renforcement du rôle des femmes dans la préservation de l'environnement était composé de Lene Poulsen et Heather Denbow (UNSO/PNUD) et de Mac Hengari et Kerri Power (Division de la promotion de la femme).

14. 14 Le groupe consultatif pour les débats sur l'autonomisation de la fillette était composé des membres du groupe de travail de l'UNICEF sur les fillettes, de Koh Miyaoi (Division de la promotion de la femme) et de Dong Wu (Division de la promotion de la femme).

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