SENEGAL

Monsieur le Président de l'Assemblée Générale,

Majesté, Altesses, Excellences,

Monsieur le Secrétaire Général,

Mesdames, Messieurs,

Vive-Président des présentes assises, le Sénégal, par ma voix, vous adresse, Monsieur le Président, ses chaleureuses félicitations pour votre élection à la Présidence de la 58ème session ordinaire de l'Assemblée Générale des Nations Unies.

J'y vois une marque de confiance et un hommage rendu à votre merveilleux Pays, Sainte Lucie, mais aussi à toute la Communauté soeur des Pays membres du CARICOM. Soyez donc assuré de la coopération pleine et entière du Sénégal, dans l'exercice de vos éminentes fonctions.

Permettez-moi, également, d'exprimer mes sincères remerciements à votre prédécesseur, Son Excellence Monsieur Jan Kavan de la République Tchèque, pour les résultat décisifs obtenus au cours de son important mandat.

J'adresse mon salut fraternel et amical à notre Secrétaire Général Kofi ANNAN, en lui disant toute ma fierté pour l'esprit d'initiative, d'engagement et de méthode, avec lequel il s'acquitte, avec vigueur et détermination, de sa noble mission au service de nos aspirations communes de paix, d'universalisme et de solidarité.

C'est justement au nom de ces idéaux rassembleurs que mon Pays, le Sénégal, renouvelle, une fois de plus, son ardent soutien à la réadmission de la République de Chine à Taïwan, comme membre à part entière de l'Organisation des Nations Unies.

Ce faisant, et sans remettre en cause la participation et le statut légitimes de tout autre membre de la grande famille onusienne, nous rendrions ainsi justice aux vingt trois millions d'habitants de ce Pays de labeur et de discipline, profondément attaché aux valeurs de paix, de liberté et de démocratie, consacrées par la Charte des Nations Unies.

Monsieur le Président,

Il y a deux ans, le 11 Septembre 2001, le monde découvrait, ici même et dans toute son horreur, la nouvelle face du terrorisme international.

Certes, d'autres attaques sanglantes ont eu lieu, ici et ailleurs, avant et après ces évènements tragiques, l'Organisation des Nations Unies elle même n'étant pas épargnée. L'attentat qui a coûté la vie à M. Sergio De Mello, Haut Commissaire aux
Droits de l'Homme et à de nombreux fonctionnaires de l'Organisation, sonne comme un sinistre rappel la menace terroriste est désormais globale par ses cibles et pernicieuse par ses moyens d'action.

Elle exige par conséquent une réponse collective,
solidaire et coordonnée à tous les niveaux.

C'est dans cet esprit que le Sénégal avait pris l'initiative, dès le 17 Octobre 2001, - d'abriter un Sommet africain contre le terrorisme, en vue de renforcer la coopération en la matière à l'échelle continentale sur la base de la Convention d'Alger.

Notre conviction demeure que l'Afrique ne doit pas rester « le ventre mou » du système qui se met progressivement en place pour combattre le terrorisme international sous toutes ses formes, dans le sillage des conflits armés et tragédies humanitaires qui ensanglantent la planète.

Monsieur le Président,

S'agissant de la situation en Afrique, le Sénégal salue les progrès significatifs enregistrés en République Démocratique du Congo et au Libéria. Ces deux Pays amis, meurtris par tant d'années de guerre civile, semblent enfin avoir emprunté la voie
de la négociation et du dialogue, condition « sine qua non » d'un retour définitif de la paix. Aussi, le Sénégal se réjouit-il de la décision du Conseil de Sécurité d'envoyer une Force de maintien de la paix au Libéria en appui aux troupes de la CEDEAO, y compris sénégalaises, déjà en place.

En République saur de Côte d'Ivoire, le Sénégal se félicite des avancées du processus de réconciliation nationale sur la base des Accords de Marcoussis. J'encourage mes sueurs et frères ivoiriens à persévérer dans la voie des retrouvailles, de la
concertation et de la confiance mutuelle pour la sauvegarde de l'unité nationale et de l'intégrité territoriale de ce Pays, avec le concours de la Force d'interposition de la CEDEAO sous commandement sénégalais.

Il reste qu'à bien des égards, des sources de préoccupation persistent encore sur le Continent, singulièrement en Afrique de l'Ouest, naguère réputée pour sa stabilité. Je pense notamment aux velléités de remise en cause de régimes démocratiquement élus.

Il faut le dire avec force, Monsieur le Président : le temps des Coups d'Etat doit être révolu en Afrique. Chacun doit désormais comprendre que le pouvoir légitime, dont le peuple reste le dépositaire exclusif, ne saurait s'acquérir, se conserver et se transmettre que par la voie des urnes, c'est à dire la force de la loi, et non par la loi de la force ou celle des armes.

Le Sénégal, pour sa part, s'en tient strictement à la Déclaration d'Alger de 1999 qui consacre l'exclusion des instances de l'Union Africaine de tout régime établi en violation de l'ordre Constitutionnel.

En Juillet dernier, c'est sur la base de cette Déclaration et grâce à la réaction vigoureuse de pays africains dont le mien, que la légalité constitutionnelle a été rétablie quelques jours seulement après un Coup d'Etat à Sao Tomé et Principe. Cet exemple, mieux ce précédent, devrait servir de leçon à tous ceux qui sont encore tentés par cette pratique aux antipodes des valeurs
démocratiques.

Mais voilà seulement dix jours qu'en Guinée Bissau, un Président démocratiquement élu a été déposé par un groupe d'officiers.

Dès que j'en fus informé, j'ai tenu à rappeler la position de l'Union Africaine, en demandant aux militaires de renoncer à la prise du pouvoir.
Je voudrais, du haut de cette auguste tribune, lancer un appel solennel à la Communauté internationale : la Guinée Bissau, Pays frère et frontalier du Sénégal a besoin d'aide. Seule une assistance économique, diligente et conséquente, serait à même d'y créer les conditions d'un retour durable à la paix sociale et à la stabilité politique et institutionnelle.

Monsieur le Président,

Président du Comité des Nations Unies pour l'exercice des droits inaliénables du Peuple palestinien, le Sénégal reste gravement préoccupé par l'impasse dans laquelle se trouve le processus de paix au Moyen-Orient.

Sur cette Terre Sainte des trois grandes religions révélées, trop de sang aura coulé, trop de souffrances endurées. Et pourtant, l'on devrait se rendre à l'évidence : seul un règlement pacifique constitue la meilleure garantie de survie pour tous
les peuples affectés par le deuil et l'angoisse au quotidien.

Il faut poursuivre les efforts pour un retour à la table des négociations sur la base des résolutions pertinentes du Conseil de Sécurité, le principe de la terre contre la paix et les paramètres fixés dans « la Feuille de route » pour qu'enfin ce long
cauchemar cède la place au rêve tant de fois avorté des peuples épris de paix et de liberté

Mais, d'ores et déjà, si les propos prêtés à une autorité israélienne sont fondés, mon Pays met en garde contre toute atteinte à l'intégrité physique du Président Yasser ARAFAT et contre toute décision d'expulsion. Un acte, dans l'un ou l'autre sens,
aurait des conséquences incalculables.

D'autant que le Sénégal - et cela se sait - rejette et condamne la violence sous toutes ses formes, quels qu'en soient les victimes, les auteurs et les motivations invoquées.

Notre Pays réitère son soutien indéfectible à la création d'un Etat palestinien indépendant et souverain, à l'intérieur de frontières sûres et internationalement reconnues, tout comme nous avons toujours reconnu le droit à l'existence d'Israël
dans les mêmes conditions.

Mais j'ai le sentiment que si nous nous bornons à faire des déclarations sans effort réel pour trouver une solution concrète, la tragédie qui se traduit, sous nos yeux, en cycles de violences, durera encore très longtemps.

Monsieur le Président,

Sans que je l'aie cherché à aucun moment, les Autorités israéliennes et les Autorités palestiniennes me demandent de les aider, en vue d'une solution à ce conflit qui a les allures de la guerre de trente ans, voire de cent ans. Peut être se rappelle-t-elles simplement que le Sénégal a résolu, en ce qui le concerne, l'une des plus grandes contradictions de notre temps, la coexistence sur un même territoire entre Musulmans et Chrétiens qui vivent chez nous dans le rapport de 95 contre 5 pour cent, et où les Chrétiens, loin de souffrir d'une quelconque discrimination, sont associés pleinement à la vie nationale au point qu'un Chrétien a été le Président de la République de notre Pays pendant 20 ans, soutenu par les musulmans.

C'est pourquoi, je me suis tourné vers les grands penseurs et théoriciens des conflits dont les réflexions peuvent nous être utiles.

C'est un compatriote de Jacques Chirac, M. Gaston Boutoul, qui a inventé la science de la guerre et, plus généralement des conflits, qu'on appelle la polémologie dont l'objectif est, par une analyse scientifique, de comprendre les mobiles et les mécanismes de la guerre et des conflits. L'approche sociologique au départ inclut cependant la psychologie individuelle, la psychologie collective et sociale, l'économie et l'environnement. Je voudrais m'inscrire dans cette direction et, à la lumière du conflit israélo-palestinien, tenter d'apporter une modeste contribution.

Il y a en effet, me semble-t-il, deux approches possibles de ce conflit, l'approche de la théorie "agresseur agressé" et celle de la théorie "occupant occupé"

Si nous cherchons à identifier qui est dans une catégorie ou dans l'autre, c'est l'impasse totale. C'est ce que fait chacune des parties. Dans le premier schéma, Israéliens et Palestiniens se disent chacun agressés et accusent l'autre d'être l'agresseur. Dans le deuxième schéma, si Israël est indiscutablement l'occupant, il justifie cet état de fait par « l'agression des Palestiniens ». D'où le retour à la première théorie et l'installation dans un cycle sans fin.

Nous n'allons pas nous livrer à ce jeu qui est jeu de massacre pour les parties au conflit et un jeu de cache cache de notre côté où les intérêts politiques et diplomatiques brouillent la recherche d'une solution équitable.

L'intérêt de la proposition que je vais vous faire, c'est de nous passer des approches subjectives des deux Parties en introduisant une action externe, précisément une action de la part de la Communauté internationale.

Au lieu de poursuivre sur la voie d'accusations réciproques qui ne mène nulle part, en raison de leur dose de subjectivité, je propose tout simplement de supprimer les deux problèmes en les confondant en un seul et unique problème.

L'envoi de forces internationales, pour sécuriser les frontières non contestées et mettre en stand-by la portion de territoire sur laquelle il n'y a encore pas de consensus, supprime de facto l'utilité des deux approches, « occupant-occupé » et « agresseur
agressé ». Cette approche me paraît d'autant plus possible et réaliste qu'Israël avait déclaré, me semble-t-il, être disposé à rendre tous les territoires occupés, d'abord 90%, ensuite négocier une rectification de frontières pour la compensation des
10%.

Dès lors, nous n'aurions plus besoin de recourir à l'une ou l'autre théorie qui ne peuvent qu'opposer éternellement les deux Parties et diviser la Communauté internationale.

Monsieur le Président,

J'en viens à l'autre variante de la paix : je veux parler du développement économique et social. Comme nous le savons tous, la 5ème Conférence Ministérielle de I'OMC s'est achevée, il y a quelques jours à Cancun, sur un constat d'échec.

Au-delà de cet évènement ponctuel, nous devons réfléchir plus à fond sur le système commercial international. Il y a quelque chose de paradoxal dans ce système fondé sur la philosophie libérale mais où les pays riches dépensent chaque jour plus
d'un milliard de dollars à titre de subventions diverses à leur secteur agricole.

Ces pratiques ruineuses conduisent à une chute libre des prix des matières premières agricoles de nos paysans, mettent en péril des millions d'emplois et menacent la vie de plus de deux milliards d'êtres humains.

L'hypothétique mécanisme de limitation des effets pervers des subventions ne saurait nullement constituer une solution crédible aux énormes dommages subis par les pays en développement.

Le moment me semble venu de repenser radicalement les mécanismes du commerce mondial pour rompre avec cette logique implacable d'injustice et d'iniquité.
C'est dans cette perspective que j'ai pris l'initiative de convoquer tous les deux ans au Sénégal un « Davos agricole» pour alimenter la réflexion autour d'une alternative crédible au système actuel.

Personne, en réalité, n'a intérêt à ce que les déséquilibres actuels persistent, en ce sens qu'ils accentuent la pauvreté, favorisent le chômage et la misère des peuples et nourrissent les sentiments d'exclusion et de désespoir qui font le lit des extrémismes de tout bord.

Encore une fois, il ne s'agit pas pour nous de réclamer une quelconque aide mais simplement l'application d'un minimum d'équité dans les échanges : « Free trade, but fair trade ».

Les défis de la mondialisation et l'interdépendance qui en découle nous imposent de nouveaux paradigmes transcendant la politique désuète de l'assistanat pour créer les conditions d'un partenariat de type nouveau, seul à même de rompre le cycle insidieux de la pauvreté.

En réitérant son engagement à la mise en oeuvre du « Programme d action de Bruxelles pour les PMA» au titre de la décennie 2001-2010, le Sénégal renouvelle son appui au Bureau du Haut Représentant pour les PMA dont les activités
méritent d'être renforcées par la Communauté des donateurs, dans le cadre du Fonds d'affectation spécial créé à cet effet.

Monsieur le Président,

De la pertinence d'un partenariat de type nouveau, évoqué tantôt, participe la 'vision du Nouveau Partenariat pour le Développement de l'Afrique (NEPAD).

A partir de paramètres clefs, j'ai nommé la paix et la stabilité, la bonne gouvernance publique et privée et la région comme base opérationnelle, notre Continent s'est engagé, il y a déjà deux ans, dans une révolution tranquille pour prendre résolument
son destin en mains.

Le NEPAD a fait l'option sur huit secteurs prioritaires pour créer le déclic indispensable au développement de l'Afrique. Il s'agit des infrastructures, de l'éducation, la santé, l'agriculture, les Nouvelles Technologies de l'Information et de la
Communication, l'environnement, l'énergie et l'accès aux marchés des pays développés.

Des projets concrets sont déjà en cours de réalisation : je pense notamment au Gazoduc de l'Afrique de l'Ouest qui, sur 600 km, fournira par jour 3.640.000 m3 de gaz nigérian au Bénin, au Ghana et au Togo.

Le Réseau d'interconnexion de l'Afrique australe, qui regroupe des Compagnies nationales d'électricité de douze pays membres de la Communauté de Développement de l'Afrique Australe (SADC) constitue un autre exemple réussi de mise en
commun de nos ressources au service du développement de nos peuples.

A ce jour, le NEPAD a identifié 14.000 Km de routes principales. Des projets concrets sont également en perspective : c'est le cas notamment des routes Casablanca-Dakar, Alger-Bamako, Tripoli-Niamey Lagos, ainsi que par ailleurs le pont et le barrage sur le fleuve Gambie (projet sénégalo-gambien).

Dans le domaine des NTIC, la fibre optique relie désormais l'Europe et l'Amérique à Dakar, Prétoria, Kuala Lumpur avec des branchements vers l'intérieur du Continent.

Ces exemples concrets illustrent, à suffisance, notre ferme conviction que le NEPAD n'est ni un voeu pieux, ni un plan irréaliste.

Dans un Continent où tout reste à construire, la question est moins de savoir s'il existe une demande réelle que d'identifier les opportunités à saisir. Au total, nous nous sommes engagés à créer un environnement dans lequel « l'intérêt à investir »sera clairement perceptible et la sécurité des affaires garantie.

Sur un autre plan, le mécanisme du « Peer Review » (la Revue des Pairs) connaît un début d'exécution avec la réunion ministérielle de la CEDEAO en début Septembre à Dakar pour examiner la situation des enfants en Afrique de l'Ouest ; le Sommet des Chefs d'Etat et de Gouvernement devant se tenir plus tard.

Ensemble avec nos partenaires, nous sommes en mesure de réaliser l'ambition du NEPAD.

De Gênes en Italie, à Evian en France, en passant par Kananaskis au Canada, le G.8 est d'ailleurs resté constant dans son soutien politique à cette vision novatrice de l'avenir du Continent Africain. Le Sénégal s'en félicite et exhorte les partenaires à
maintenir le momentum et en donnant une impulsion plutôt concrète à leurs engagements réitérés.

Dans quelques jours, l'occasion nous sera encore donnée de renouveler ce pacte de confiance avec le Japon, un autre partenaire privilégié, dans le cadre de la Conférence de Tokyo sur le Développement de l'Afrique (TICAD III).

Monsieur le Président,

Dans son rapport sur l'état de la Communauté internationale, le Secrétaire Général a établi un diagnostic qui sonne comme une alerte : le monde ne semble plus partager grand-chose. Le mécanisme de sécurité collective institué par la Charte de l'Organisation est menacé. Le système onusien, tel qu'hérité de la deuxième Guerre mondiale ne répond plus de manière satisfaisante aux réalités du 21eme siècle.

Il urge alors de mener à bien le dossier de la réforme comme nous y invite d'ailleurs la Déclaration du Millénaire.

Explorons, ensemble, les pistes de réflexion balisées par le Secrétaire Général pour éviter les débats répétitifs, revitaliser l'Assemblée Générale et ses organes subsidiaires, réformer et élargir le Conseil de sécurité en le rendant plus représentatif de la composition actuelle de l'Organisation, identifier les menaces globales et leur apporter des solutions concrètes dans le respect de nos aspirations communes et de nos diversités respectives.

Faisons place à la culture de la paix et au dialogue des civilisations qui porte en lui les germes fécondants de l'entente, de la compréhension et de la coexistence pacifique entre les peuples.
Renonçons à la tentation de l'isolationnisme et du règne de la force car comme le disait si bien Jean Jacques ROUSSEAU dans le Contrat Social, « Le plus fort n'est jamais assez fort pour être toujours le maître s'il ne transforme sa force en droit et l'obéissance en devoir ».

Assurons-nous, quelles que soient nos diversités, que les valeurs universelles de paix, de liberté, de démocratie et de respect des droits de l'homme sont toujours sauvegardées.

Je saisis l'occasion pour marquer mon adhésion à la position exprimée, ici même hier, par le Président Bush contre l'odieux commerce du sexe et les autres formes d'esclavage.

A la place des vagues déclarations d'intention sans lendemain, convenons ensemble d'une plateforme réaliste assortie de mesures concrètes. Il est légitime, à cet égard, de s'interroger sur la suite réservée aux engagements arrêtés à la Conférence de Monterrey sur le financement du développement.

Pour toutes ces questions essentielles à la survie de l'Humanité, l'Organisation des Nations Unies se doit, comme le prescrit sa Charte, d'entretenir, vivace, la flamme de sa vocation de point focal où s'harmonisent nos efforts vers les fins communes de l'Humanité.

J'ai la conviction forte que cette exigence correspond aux aspirations légitimes des peuples que nous représentons ici.

Je vous remercie de votre attention.