MAROC 

 Discours de
SA MAJESTÉ LE ROI MOHAMMED VI
ROI DU MAROC

A LA 58EME SESSION DE
L'ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DES NATIONS UNIES
New York, 23 Septembre 2003

Louange à Dieu,

Prière et salut sur le Prophète, Sa Famille et Ses Compagnons

 

 Monsieur le Président,

 Majestés, Altesses, Excellences,

 Monsieur le Secrétaire Général,

 Mesdames et Messieurs,

Je voudrais, tout d'abord, Monsieur le Président, vous féliciter pour votre élection, à l'unanimité, à la

présidence de la 58
eme session de l'Assemblée générale des Nations Unies. Je tiens à vous assurer, au nom du

Royaume du Maroc et du Groupe des 77 plus la Chine, de notre plein soutien pour la réussite des travaux de
cette importante
session.

 

C'est conscients-de la phase délicate que traverse notre Organisation que de nombreux Chefs d'Etat et de Gouvernement ont tenu à répondre à l'invitation de Monsieur Kofi Annan, Secrétaire Général de notre Organisation, auquel je voudrais, à nouveau, exprimer mon appréciation pour ses efforts constants en faveur du renforcement de l'efficacité des Nations Unies.

 

Ce n'est pas sans émotion que je me remémore, en prenant la parole à cette prestigieuse tribune, l'appel et les initiatives lancés par mes regrettés Grand-père et Père, Leurs Majestés les Rois Mohammed V et Hassan II, que Dieu sanctifie Leur âme, en faveur d'actions concertées de la part de la Communauté internationale pour hâter le processus de décolonisation, notamment au Maghreb et dans le Continent africain et faire prévaloir les principes de paix, de coexistence, d'ouverture et de tolérance.

 

Ainsi, notre action internationale s'est de tout temps imprégnée de ces mêmes idéaux qui ont inspiré l'oeuvre des pères fondateurs de notre Organisation. Elle vise à enrichir les, acquis enregistrés par l'Humanité grâce à cette institution, à préservera dignité humaine, et à assurer l'égalité des droits et des obligations entre les femmes et les hommes, ainsi qu'entre les nations, grandes et petites, dans le cadre de la légalité internationale, de la liberté et de la solidarité.

Nous apprécions, certes, les réalisations concrètes qui sont à l'actif de notre Organisation. Cependant, eu égard à notre attachement à la noble mission qui est la sienne, nous nous interrogeons : Dans quelle mesure l'Organisation onusienne est-elle parvenue à faire régner la paix et à contribuer de manière efficiente au développement durable et au règlement des conflits issus, dans leur grande majorité, d'une colonisation qui a procédé par voie de partage arbitraire de peuples et de nations entières, notamment dans notre continent africain ?

 

Je voudrais, par ailleurs, assurer les Etats africains frères de la solidarité constante et agissante du Maroc, et de sa ferme détermination à approfondir sa coopération avec eux en matière politique, sécuritaire, économique et sociale et à appuyer les initiatives africaines constructives.

 

Dans ce cadre, il est de la plus haute importance que la Communauté Internationale apporte un appui concret à la stratégie africaine représentée par le NEPAD, en tant qu'initiative régionale responsable et prometteuse pour le développement durable du continent africain, basée, pour l'essentiel, sur la nécessaire articulation entre ses composantes sous-régionales.

 

Monsieur le Président,

 

La Déclaration du Millénaire a constitué un tournant majeur dans la mise en oeuvre du rôle dévolu à l'Organisation des Nations Unies en matière de développement durable. Pour la première fois, en effet, les Chefs d'Etat et de Gouvernement ont arrêté, d'un commun accord, des objectifs précis et chiffrés à l'horizon 2015 dans les domaines sociaux, économiques et éducationnels. Des sommets et conférences importants se sont tenus sous les auspices de notre Organisation pour concrétiser les engagements souscrits par la Communauté internationale.

 

J'ai tenu, dès janvier de cette année, à assigner à la présidence du Groupe des 77 plus la Chine, la mission prioritaire de veiller au suivi et à la mise en oeuvre intégrée de ces engagements.

 

A l'initiative de notre Groupe, l'Assemblée Générale des Nations Unies a adopté, en juin dernier, à l'unanimité, une résolution dans ce sens, dans l'attente d'une évaluation globale en 2005.

Si le Groupe des 77 plus la Chine a veillé à maintenir les questions du développement dans le momentum de notre Organisation, force est de constater que la plupart des énergies ont été mobilisées pour faire face aux risques graves encourus par la paix mondiale dans la région du Moyen-Orient.

Nonobstant les efforts consentis, que ce soit au sein des Nations Unies, ou encore par le Quartet, à travers la « Feuille de Route », pour le règlement de la question palestinienne, la persistance de la logique de violence et de l'intransigeance continuent d'entraver l'instauration de la paix. Les souffrances, les privations et les injustices qu'endure, au quotidien, le peuple palestinien frère, nécessite un engagement plus ferme de la Communauté Internationale pour favoriser une mise en oeuvre progressive et irréversible de la « Feuille de Route ».

 

En ma qualité de Président du Comité Al Qods, Je voudrais exprimer mon entière disponibilité à contribuer à une solution juste et définitive qui permette l'établissement d'un Etat palestinien viable avec pour capitale Al Qods Achcharif, vivant aux côtés de l'Etat d'Israël dans la paix et la sécurité retrouvées.

 

Le règlement de cette question et l'instauration d'une paix durable, juste et globale, qui passe nécessairement par le retrait d'Israël de tous les territoires arabes occupés, restituera à cette région sa vocation de terre de coexistence confessionnelle et culturelle.

 

Dans le même esprit, le Maroc appelle de ses voeux une action internationale concertée qui permette au peuple irakien frère de vivre en sécurité, dans la stabilité et la liberté, et de reconstruire son pays, dans le plein respect de ses choix, de sa souveraineté, de son unité nationale et de son intégrité territoriale.

 

 

Monsieur le Président,

 

La région méditerranéenne est particulièrement secouée par les crises que je viens d'évoquer. C'est pour cela que nous considérons que le dialogue euro-méditerranéen constitue un élément essentiel pour la stabilité, la sécurité et le développement de la région.

Le Royaume du Maroc a fait le choix stratégique de la construction du Maghreb arabe en tant qu'espace pour la promotion de la paix et du développement''de ses pays membres, loin de toute velléité de balkanisation et dans le plein respect des éléments constitutifs de chacun des Etats qui le composent. Au nom de cet idéal maghrébin, et par souci de préserver ses relations de bon voisinage, le Royaume du Maroc a accepté d'apaiser la tension provoquée à ses frontières en s'employant sincèrement à trouver un consensus international sur la question du Sahara marocain.

Les efforts de solution déployés jusqu'à présent montrent qu'il n'y a pas d'autre voie pour clore définitivement ce dossier que la recherche d'une solution politique réaliste et définitive, en conformité avec les principes démocratiques et dans le respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale du Royaume du Maroc, comme cela fut proposé, au demeurant, par les Nations Unies elles­mêmes en juin 2001.

 

Dans ce contexte, je voudrais réaffirmer solennellement l'engagement du Maroc à coopérer avec les Nations Unies pour parvenir à ladite solution politique.

 

 

Monsieur le Président,

 

Depuis les événements tragiques du 11 Septembre, la Communauté Internationale s'est résolument engagée dans la lutte contre le terrorisme international qui menace les valeurs les plus sacrées de l'Humanité.

 

Le Maroc, visé à son tour par le terrorisme odieux, en mai dernier, dans une vaine tentative de porter atteinte à son choix démocratique et d'entamer son ferme attachement aux valeurs de liberté, de tolérance et d'ouverture, insiste sur la nécessité d'élargir et d'approfondir la coopération internationale pour éradiquer ce fléau. 

 

 Je voudrais ici dénoncer avec force l'amalgame développé par ceux qui persistent à associer le terrorisme à l'Islam, alors que celui­ci est un appel à la paix et au respect de la personne humaine qui récuse l'injustice et l'agression.

 

 

Monsieur le Président,

 

Le système des Nations Unies, mis en place au lendemain d'une guerre mondiale meurtrière, se trouve confronté à un environnement international fortement perturbé et face à de nouveaux défis majeurs.

 

Afin que l'ONU puisse conforter son rôle unique de régulateur des relations interétatiques, il est urgent de redonner à l'Universalité le sens qui est le sien, à savoir l'égalité de tous devant les mêmes règles de droit et d'éthique. Plus encore, il n'y a pas d'universalité sans une solidarité agissante entre tous les peuples.

 

 

Pour y parvenir, l'humanité a besoin de trouver de nouvelles raisons d'espérer et d'avoir foi en l'Organisation des Nations Unies pour que celle-ci retrouve son aura et son efficacité. Veillons donc à renforcer collectivement ses moyens et son action.

 

Vous trouverez auprès du Roi du Maroc soutien et appui pour édifier, ensemble, un monde plus sûr, plus équitable et plus humain,

 

Je vous remercie.

 

Wassalamou alaikoum warahmatoullahi wabarakatouh.