CONGO

ALLOCUTION DE
SON EXCELLENCE MONSIEUR DENIS SASSOU-NGUESSO
PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DU CONGO

A L'OCCASION DE LA 57EME SESSION ORDINAIRE
DE L'ASSEMBLEE GENERALE DES NATIONS UNIES
Le 13 septembre 2002, New York

MONSIEUR LE PRESIDENT, MONSIEUR LE SECRETAIRE GENERAL,

La présente session de l'Assemblée Générale s'ouvre dans un contexte qui demeure fortement marqué par le souvenir des douloureux événements qui  ont endeuillé l'Amérique et particuliérement notre ville hote il y a tout juste un an.

Mes premiers mots seront donc pour m'incliner devant la mémoire des victimes des attentats du 11 septembre 2001. Ce sacrifice nous rappelle cruellement combien notre monde demeure fragile, exposé aux menaces les plus inimaginables. L'humanité a besoin de solidarité. Le peuple congolais réaffirme ici par ma voix sa solidarité avec le peuple américain.

MONSIEUR LE PRESIDENT,

Votre élection àla présidence des travaux de la 57me session est tout àl'honneur de la République Tchéque, votre beau pays, et àvotre réputation d'homme d'Etat émerite dont l'expérience et le savoir-faire sauront inspirer et guider nos travaux.

A Monsieur HAN SEUNG SOO, votre prédécesseur, nous adressons nos remerciements les plus vifs pour l'excellent travail réalisé.

De la même manière, nous exprimons au Secrétaire Général, Monsieur Kofi ANNAN, nos sentiments de profonde gratitude et nos voeux de succès dans la noble mission qu'il accomplit brillament à la tête de l'Organisation.

Enfin, nous saluons et félicitons la Confédération Helvétique à l'occasion de son admission au sein de notre Organisation. II s'agit incontestablement d'un évènement majeur pour les Nations Unies, qui continuent ainsi à gagner en efficacité tout en confortant leur universalité.

MONSIEUR LE PRESIDENT,

II y a deux ans, lors du Sommet du Millénaire tenu ici même, la communauté internationale avait souhaité voir s'instaurer partout dans le monde un climat de paix et de sécurité propice à de larges perspectives de coopération internationale, en vue d'un développement mondial soutenu.

Au cours de cette rencontre historique, les dirigeants du monde entier ont adopté une Déclaration aux ambitions qui se situaient à la hauteur des enjeux.

II se sont notamment engagés à réduire de moitié, «d'ici à2015», la proportion de la population mondiale vivant dans des conditions d'extrême pauvreté.

Depuis le Sommet du Millénaire, la communauté internationale a organisé plusieurs réunions dont l'objectif était d'améliorer la vie de nos peuples grace à des politiques de gestions partagée, de solidarité et de préservation de l'avenir dans les domaines divers qui engagent la responsabilité de nos Etats.

Il convient d'évaluer périodiquement le chemin parcouru. La présente session nous en offre l'occasion.

MONSIEUR LE PRESIDENT,

L'absence de paix, les guerres et l'insécurité minent gravement l'humanité. Aucune région du monde n'est, hélas épargnée.

Le Moyen Orient, véritable poudriére, se délite devant nous sous l'effet de la déraison. La communauté internationale devrait s'impliquer davantage dans les pourparlers entre Palestiniens et Israéliens afin de mettre un terme au cycle de violence qui ravage cette partie du monde depuis si longtemps.

Notre propre sous-région, celle qui couvre la Communauté Economique des Etats de l'Afrique Centrale, aux destinées de laquelle nous présidons, a soif de paix et de sécurité.

Eprouvée par plusieurs années de guerre et d'instabilité, l'Afrique Centrale n'a qu'un souhait : sortir rapidement de cette orniére infernale. A cet égard, il convient que nous saisissions fermement toutes les opportunités qui s'offrent a nous pour renverser définitivement les anciennes tendances.

En Angola, la signature le 4 avril 2002 d'un Mémorandum d'Accord additionnel au Protocole de Lusaka est porteuse des lueurs d'espoir.

Nous saluons la signature de cet Accord et langons, dans le même esprit, un vibrant appel à la communauté internationale afin qu'elle apporte tout son soutien aux populations de ce pays confrontées à la misére.

La situation au Burundi est encore préoccupante malgré la mise en place d'un gouvernement d'union nationale. Nous demandons aux différentes parties de se surpasser et d'engager des négociations franches susceptibles de donner toutes ses chances à la médiation sud-africaine que nous encourageons.

S'agissant de la République Démocratique du Congo, nous nous félicitons de l'Accord de paix du 30 juillet 2002 signé à Prétoria entre les Chefs d'Etat de la République Démocratique du Congo et du Rwanda.

De même, nous considérons comme une évolution positive l'accord intervenu il y a quelques jours àLuanda entre la République Démocratique du Congo et l'Ouganda.

En même temps, nous encourageons les efforts du Représentant spécial du Secrétaire Général de l'ONU en République Démocratique du Congo qui visent la conclusion d'un accord inclusif impliquant tous les fils et toutes les filles de ce pays frére.

MONSIEUR LE PRESIDENT,

En considération de ce qui précéde, je voudrais demander ànotre Assemblée d'accorder toute l'attention nécessaire aux activités du Comité Consultatif des Nations Unies sur les Questions de sécurité en Afrique Centrale. Ce Comité vient de tenir sa 18&rne réunion ministérielle àBangui en République Centrafricaine et fera rapport 6 l'Assemblée au cours des présentes assises. Ses recommandations méritent un large soutien de la part de la communauté internationale. L'Afrique Centrale a en effet besoiin de retrouver la paix et la stabilité pour jouer le róle majeur qu'autorisent ses immenses potentialités. MONSIEUR LE PRESIDENT,

La plupart des conflits qui ruinent notre planéte trouvent leur fondement dans l'extréme pauvreté dont sont victimes les populations, particuliérement dans les pays en développement. Cette pauvreté est ponctuée par le sous-développement avec tous les effets pervers qui les empéchent de s'accommoder au nouveau contexte de l'économie internationale.

C'est dans le souci d'arréter l'engrenage de is misére que 1'Afrique s'est dotée, comme pour accompagner la nouvelle Union Africaine, d'un plan original pour son développement. II s'agit du Nouveau Partenariat pour le Développement de l'Afrique (NEPAD).

Le NEPAD est la contribution de l'Afrique qui entend concourir à son propre développement. Ce choix de développement rejoint 1'esprit du nouveau partenariat défini en mars 2002 par le consensus de Monterrey et les objectifs poursuivis par les sommets de Rome sur la sécurité alimentaire et de Johannesbourg sur le développement durable.

MONSIEUR LE PRESIDENT

Depuis le 15 octobre 1997, date d'ouverture de la période de transition au Congo, mon pays est àl'heure des grands défis.

Le premier défi a été relevé. II s'agissait de conduire jusqu'àleur terme la Transition et le processus électoral. Cette évolution politique, malgré les écueils et les difficultés, a abouti, gr5ce àla détermination de peuple congolais, àla mise en place, au cours de cette année 2002, de nouvelles institutions démocratiques, àl'issue d'élections générales libres et réguliéres.

La realisation de ce premier objectif nous laisse désormais les coudées franches pour mieux nous attaquer aux autres défis et priorités que sont : le renforcement de la paix et de la securité, la consolidation de l'unité nationale, l'approfondissement de la démocratie, la promotion des droits humains, la reconstruction économique, la dynamisation de la coopération internationale.

Notre volonté d'une coopération internationale active et dynamique est illustrée notamment par notre participation effective àla vie multiforme de l'Afrique Centrale àtravers la Communauté Economique des Etats de l'Afrique Centrale (CEEAC) dont le Congo assure la présidence, par notre vision du devenir commun des peuples de la sous-region et par notre engagement résolu dans le NEPAD.

MONSIEUR LE PRESIDENT,

C'est avec bonheur et conviction qu'il me plait de vous traduire ici l'optimisme et l'ambition du Congo, un Etat qui a trouvé sa place dans le concert des Nations et qui entend la tenir.

Un Etat qui se veut un veritable havre de paix et de bien-étre, de prospérité et de modernisme pour les générations presentes et futures.

C'est justement en pensant aux générations d'aujourd'hui et surtout àcelles de demain que nous avons résolu d'engager, avec cinq autres d'Afrique Centrale, une grande lutte pour la preservation de la forét, de la faune et de la biodiversité du grand Bassin du Congo. Nous saluons la determination des Etats-Unis d'Amérique, de la France, de l'Allemagne, de la Grande-Bretagne, du Japon, de l'Afrique du Sud, des grandes organisations internationales, des organisations non gouvernementales spécialisées et des entreprises forestiéres, àprendre dans cette initiative dite cl'Initiative du Bassin du Congo», une place active.

          C'est également pour accélérer la mise en ceuvre des objectifs du développement durable et d'un environnement sain que   j'engage mon pays àadhérer dans les tout prochains mois au Prototole de Kyoto.

MONSIEUR LE PRESIDENT,

L'ambition du Congo est d'dtre un Etat qui adhbre sans réserve aux príncipes et valeurs universels des droits de 1'homme, de paix, des libertés fondamentales et de bonne gouvernance.

II n'y a aucun doute que cette vision est commune à('ensemble de nos Etats. Elie est le fondement de notre Organisation dont 1'objectif majeur est d'oeuvrer pour la paix et la liberté dans le monde.

Inlassablement et rbsolument, ('ONU doit oeuvrer chaque jour pour le triomphe de la paix et de la liberté. N'oublions pas. Et du reste, nous n'avons pas de droit d'oublier que ('ONU a été créée pour cpréserver les générations futures du fléau de la guerre)).-Elle a été créée essentiellement pour la paix.

JE VOUS REMERCIE.