CHINE

INTERVENTION DE MR. TANG JIAXUAN

MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGERES ET CHEF DE LA DÉLÉGATION
DE LA RÉPUBLIQUE POPULAIRE DE CHINE

CINQUANTE-SEPTIÈME SESSION DE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE

Le 13 Septembre 2002, New York

Monsieur le Président,

Permettez-moi de vous présenter mes sincères félicitations pour votre brillante élection à la présidence de la 57' Session de l'Assemblée générale des Nations Unies. Je suis convaincu qu'avec le soutien des nombreux États membres, vous vous acquitterez remarquablement de la mission qui vous est confiée. J'aimerais, en même temps, remercier M. Han Seung-soo, pour la contribution qu'il a apportée à la Session précédente en sa qualité de Président.         

Je voudrais, à cette occasion, féliciter la Confédération suisse d'avoir été admise au sein de l'ONU et saluer la République démocratique du Timor oriental qui le sera bientôt.

Monsieur le Président,

Notre Session s'est ouverte juste un an après les événements du 11 septembre. Au cours de l'année écoulée, les peuples du monde ont conjugué leurs efforts dans la lutte antiterroriste, qui a enregistré des progrès positifs et assené des coups durs aux forces terroristes internationales. À présent, nous devons non seulement engager une réflexion approfondie sur l'élimination de ce fléau international, mais encore examiner, avec une vision plus large, les problèmes de la sécurité de toute l'humanité et trouver des moyens efficaces permettant d'amener une paix durable et une sécurité générale dans le monde.

À l'heure actuelle, la situation de sécurité internationale connaît de profonds changements.

Le concept de sécurité ne cesse de s'enrichir en contenu. Les affrontements et les conflits militaires dus à des litiges territoriaux, à des différends liés aux ressources, à des contradictions ethniques et à d'autres facteurs persistent sans apaisement, tandis que les problèmes de sécurité non classiques, notamment le terrorisme, s'exacerbent sans cesse. Les problèmes de sécurité ne sont plus purement d'ordre militaire, mais touchent à bien d'autres domaines, comme la politique, l'économie, la finance, la science, la technologie et la culture.

La sécurité n'est plus un « jeu à somme nulle ». Les intérêts communs en matière de sécurité augmentent. Les différents pays dépendent davantage les uns des autres, ce qui accentue leur communauté d'intérêts sur le plan de la sécurité.

Il est nécessaire de renouveler les moyens d'assurer la sécurité. Les moyens militaires seuls ne suffisent pas à répondre aux défis multiples et complexes de la sécurité. L'abus de la force ne peut que rendre notre planète encore moins tranquille.

Dans cette nouvelle conjoncture, il faut des idées nouvelles pour la préservation de la sécurité. Nous proposons donc l'adoption d'un concept de sécurité nouveau, axé sur la confiance mutuelle, le bénéfice réciproque, l'égalité et la coopération.

La confiance mutuelle, c'est aller au-delà des divergences et des affinités en matière idéologique et de régime politique, rejeter la logique de la guerre froide et les états d'âme reflétant la politique du plus fort, se garder des soupçons et des hostilités réciproques. Les différents pays ont intérêt à dialoguer et à échanger fréquemment des informations sur leurs politiques de sécurité et de défense respectives ainsi que sur leurs opérations de grande importance.

Le bénéfice réciproque suppose que conformément aux exigences bien réelles du processus de mondialisation, chaque pays doit, tout en défendant ses intérêts nationaux, respecter les intérêts de sécurité des autres et, tout en réalisant ses propres intérêts de sécurité, créer des conditions favorables à la sécurité des autres, afin d'aboutir à une sécurité commune.

L'égalité veut dire que tous les pays, grands ou petits, puissants ou faibles, sont membres de la communauté internationale et qu'ils doivent, dans le respect de chacun, se traiter d'égal à égal, s'abstenir de s'ingérer dans les affaires intérieures d'autrui et promouvoir la démocratisation des relations internationales.

La coopération signifie qu'il faut trouver par voie de négociations des solutions pacifiques aux différends et engager une coopération vaste et approfondie sur les questions de sécurité d'intérêt commun, ceci afin de conjurer les risques latents et d'empêcher l'éclatement de guerres ou conflits.

Bref, ce concept de sécurité nouveau vise à favoriser la confiance mutuelle à travers le dialogue et à promouvoir la sécurité commune grâce à la coopération.

C'est justement à la lumière d'un tel concept que la Chine déploie des efforts énergiques en faveur de l'institutionnalisation au niveau régional du dialogue et de la coopération en matière de sécurité. Elle attache une haute importance et prend une part active aux travaux de l'Organisation de Coopération de Shanghai et du Forum régional de l'ASEAN. Elle travaille ensemble avec les autres pays de la région pour la création en Asie-Pacifique d'un cadre de sécurité, caractérisé par un dialogue à l'abri de la confrontation.

La Chine contribue activement au processus international de contrôle des armements, de désarmement et de non-prolifération. Elle soutient la consolidation et le renforcement du régime international de non-prolifération, sur la base d'une participation universelle et du principe de non-discrimination. Tout récemment, le gouvernement chinois a promulgué un Règlement sur le contrôle de l'exportation des missiles et des articles et technologies liés aux missiles ainsi qu'une liste de contrôle. Voilà un nouveau pas accompli dans le renforcement du cadre juridique régissant le contrôle de l'exportation en ce domaine. Dans un avenir rapproché, le gouvernement chinois améliorera encore davantage le régime de contrôle de l'exportation des produits biologiques et chimiques à double usage. La Chine appuie l'adoption par la communauté internationale de mesures efficaces, propres à écarter le danger de l'armement de l'espace extra-atmosphérique.

Le concept de sécurité nouveau est aussi applicable qu'efficace. Dans l'attente d'une large identité de vues à ce sujet, nous appelons la communauté internationale à développer activement le dialogue et la coopération pour résoudre ensemble les problèmes majeurs auxquels elle fait face aujourd'hui dans le domaine de la sécurité.

Nous devons poursuivre la coopération internationale dans la lutte antiterroriste et enrayer définitivement la menace du terrorisme international.

La lutte contre le terrorisme doit être menée dans le respect des principes fondamentaux du droit international et des relations internationales. L'ONU et son Conseil de Sécurité doivent jouer un rôle prépondérant à cet égard. Il importe que le combat s'engage sur divers fronts, en s'efforçant notamment d'éliminer les foyers du terrorisme. À cet effet, il faut, tout en se gardant d'étendre arbitrairement le champ de l'attaque, frapper résolument, sur la base des preuves irréfutables, toutes les forces terroristes, y compris les organisations terroristes du Turkestan oriental, entraînées, armées et financées par les Taliban et Al Qaida, et les mettre ainsi hors d'état de nuire.

Nous devons promouvoir le dialogue et la réconciliation, de sorte que les problèmes des points chauds dans certaines régions trouvent leurs solutions.

Nous sommes profondément préoccupés par les violences qui opposent Israël et la Palestine en conflit. La Chine soutient le peuple palestinien dans sa juste cause du rétablissement des droits nationaux légitimes et de la création d'un Etat palestinien. En outre, elle appuie les résolutions pertinentes du Conseil de Sécurité de même que le principe de « la terre contre la paix ». Mais, elle s'oppose aux actes terroristes qui visent des civils innocents, et elle désapprouve la logique de la violence contre la violence. Les peuples palestinien et israélien ont tous deux le droit de vivre dans la paix. Seule une coexistence pacifique permettra d'aboutir à une sécurité effective.

Nous estimons que le problème de l'Iraq doit être résolu par voie polÀtique. L'ONU est appelée à jouer un rôle important à cet égard. L'Iraq doit appliquer d'une façon sérieuse et rigoureuse les résolutions pertinentes du Conseil de Sécurité.

Nous espérons que l'Inde et le Pakistan reprendront rapidement le dialogue sur la base du respect mutuel et de l'égalité, afin de résoudre, par des moyens pacifiques, leurs divergences, dont le litige sur le Cachemire.

Nous nous réjouissons de l'évolution positive de la situation en Afghanistan au cours de l'année écoulée. Nous entendons joindre nos efforts constructifs à ceux de la communauté internationale pour la réalisation d'une paix durable et l'œuvre de reconstruction dans ce pays. Nous sommes en faveur d'un rôle important de l'ONU à cet égard.

Nous devons intensifier la communication et le dialogue de façon à prévenir la confrontation et les conflits entre les différentes civilisations.

La richesse splendide et la diversité multidimensionnelle des civilisations du monde constituent une donne essentielle de la société humaine. Ignorer la pluralité objective des civilisations et inciter les différentes civilisations à l'hostilité et à la confrontation, c'est incompatible avec les grands thèmes de notre temps que sont la paix et le développement. Tenter d'imposer un seul concept, une seule culture au monde entier en annihilant la tradition particulière de chaque pays ainsi que son libre choix, cela va à l'encontre du courant de la démocratisation des relations internationales.

La diversité des civilisations, loin d'être une source de conflits, est le point de départ de l'intégration mondiale. Aujourd'hui, l'humanité, ayant une connaissance bien développée d'elle-même et du monde objectif, a intérêt à élargir sa vision et à faire preuve de grandeur d'âme, à accueillir ainsi, avec bienveillance, les acquis des différentes civilisations et à promouvoir les échanges en la matière dans le respect de la diversité. Passer de l'exclusion à l'admission, de la confrontation au dialogue et des conflits à l'intégration, s'inspirer et se compléter mutuellement en vue d'un développement partagé, voilà l'unique approche permettant d'amener la paix et la tranquillité dans le monde et d'ouvrir des perspectives encore plus radieuses à l'épanouissement des civilisations humaines.

Monsieur le Président,

La paix et le développement se conditionnent et se complètent. La paix durable et la sécurité universelle dans le monde ne peuvent être assurées qu'en reposant sur une prospérité partagée, dans l'intérêt de l'ensemble de la communauté internationale. Les problèmes multiples qu'affronte de nos jours l'humanité se ramènent pour la plupart à une question, celle du développement. Afin de relever ces défis, l'essentiel est donc de réaliser le développement.

Au cours de l'année écoulée, l'ONU a tenu, au sujet du développement, une série de réunions et conférences importantes, qui ont passé en revue l'exécution des diverses initiatives lancées depuis la dernière décennie du 20e siècle par l'ONU sur le développement et établi de nouveaux programmes d'action pour l'avenir. À ce propos, notons en particulier le Sommet mondial sur le développement durable, qui a terminé ses travaux au début du mois courant et fixé un nouveau plan de travail à suivre par la communauté internationale dans le domaine du développement durable. Le moment est venu de concrétiser les projets élaborés et de traduire en actes les engagements pris.

Durant la même année, la coopération économique régionale a poursuivi son essor, grâce à une dynamique favorable. Elle est devenue, dans le contexte de la mondialisation, un moyen efficace pour les différents pays de coordonner leurs efforts et de se compléter, en vue de réalser un développement commun. Nous nous réjouissons surtout de la naissance de l'Union africaine, qui nous conforte dans la conviction que les peuples africains franchiront de nouvelles étapes historiques sur la voie du développement.

À l'heure actuelle, les facteurs du développement se font plus dynamiques. L'essor impétueux des sciences et technologies modernes donne une impulsion, nouvelle et puissante, au progrès de la société humaine. Quand on n'avance pas, on recule. Etant donné l'approfondissement accentué de la mondialisation, il n'y a pas d'autre alternative pour les différents pays et régions que d'aller de l'avant, en affirmant leur volonté, toujours plus forte, de prendre part à la concurrence internationale et d'accélérer leur développement.

En matière de développement, nous faisons face à des tâches de plus en plus urgentes. Les fortunes s'accumulent dans le monde, alors que l'écart entre les riches et les pauvres se creuse davantage. Les risques financiers s'aggravent, tandis que des bouleversements économiques et sociaux se produisent fréquemment. Les contradictions s'exacerbent de jour en jour entre la croissance économique d'une part et les ressources ainsi que l'environnement d'autre part. Enfin, l'ordre international existant et les règles en la matière s'avèrent impuissants à refléter, de façon équitable, les exigences des pays en développement. Il est donc impératif de mettre fin à cet état de choses, car l'objectif d'un développement commun de l'humanité est loin d'être atteint.

À un contexte nouveau doivent répondre des idées nouvelles pour réaliser le développement. Nous proposons ce qui suit :

- Établir au niveau planétaire un partenariat tourné vers le développement. Les gouvernements des différents pays, les organisations internationales, les entreprises transnationales et les groupements non gouvernementaux sont tous acteurs au service du progrès de l'humanité et doivent travailler de concert, afin de mettre en couvre les objectifs de développement définis dans la Déclaration du Millénaire. Il faut instaurer, entre le Nord et le Sud, entre les pays bénéficiaires et les organismes d'assistance internationale, un partenariat basé sur le bénéfice mutuel, la réciprocité, l'égalité et la coopération. L'assistance accordée aujourd'hui aux pays en voie de développement constitue un investissement pour l'avenir de toute l'humanité. À présent, la croissance économique mondiale se ralentit, ce qui entraîne aux pays en développement des difficultés accrues. Ceci dit, il est indispensable pour les pays développés de les aider à résoudre leurs problèmes en ce qui concerne la finance, le commerce, le transfert technologique et l'assistance au développement, et d'accélérer la mise en couvre des engagements pris sur la réduction de dettes. II convient de saisir l'importante occasion du nouveau cycle de négociations commerciales multilatérales pour établir ce partenariat d'un type nouveau.

-Faire progresser la mondialisation de l'économie de façon équilibrée et régulière. Laisser la loi du marché dominer ce processus, cela est défavorable au développement sain de l'économie planétaire. La nécessité s'impose donc à la communauté internationale de réformer les règles de l'économie mondiale pour mieux orienter et gérer l'évolution de la mondialisation. 11 faut, tout en recherchant l'efficience, assurer l'équité et réduire les risques, de sorte que les différents pays puissent coexister et tirer tous bénéfice de la mondialisation.

-Renforcer la capacité des pays en développement à se développer par leurs propres moyens. Ceux-ci ont à choisir, en fonction de leurs réalités nationales, une voie de développement qui leur est propre. À partir de là, il importe de donner la priorité au développement, de travailler énergiquement à la réforme et à l'ouverture dans la stabilité, et de suivre le courant du développement économique dans le monde à la faveur de toutes les conditions extérieures propices. La communauté internationale doit respecter le droit des pays en développement de choisir en toute liberté leur mode de développement et les aider dans les domaines de la mise en place des institutions, de la formation du personnel, du renforcement de la compétitivité...

-Poursuivre résolument la voie du développement durable. La croissance économique doit profiter à l'utilisation durable des ressources et au fonctionnement optimal de l'écosystème. Nous avons à promouvoir un développement économique en harmonie avec la population, les ressources et l'environnement, en vue d'une corrélation parfaite des rentabilités économique, sociale et environnementale. Les différents pays du monde doivent intensifier la coopération internationale et examiner conjointement les solutions à apporter à leurs problèmes nationaux de même qu'à ceux de l'environnement planétaire, pour faire progresser ensemble l'œuvre du développement durable.

-Favoriser l'épanouissement du genre humain dans toutes ses dimensions. C'est là le point de départ en même temps que l'aboutissement de la cause du progrès de toute l'humanité. Les ressources humaines, qui sont de première importance, conditionnent l'essor des sciences et technologies comme le développement économique et social. Dans l'élaboration de leurs stratégies de développement, les divers pays doivent donc se conformer aux principes consistant à donner la primauté à l'homme et à servir les intérêts du peuple, se fixer pour objectif d'assurer l'épanouissement de l'homme sur tous les plans et d'améliorer la vie tant matérielle que culturelle de la population.

L'ONU a un rôle irremplaçable à jouer en matière de maintien de la paix mondiale, de réalisation de la sécurité générale et de promotion du développement partagé. Les buts et principes de la Charte des Nations Unies sont doués d'une vitalité puissante. 11 faut faire en sorte que l'ONU joue pleinement son rôle dans la promotion de la démocratisation des relations internationales comme dans les efforts visant à assurer un avenir radieux à l'humanité.

Monsieur le Président,

Le Parti communiste chinois tiendra prochainement son XVI' Congrès, soit le premier du nouveau siècle. Dans l'esprit appelant à évoluer avec le temps et en se tenant à la tête du courant de notre époque, ce Congrès tracera les grandes lignes d'un nouveau programme d'accélération de la modernisation socialiste de la Chine.

Notre concept directeur consiste à représenter toujours les exigences de développement des forces productives progressistes, l'orientation du progrès de la culture d'avant-garde ainsi que les intérêts fondamentaux de l'écrasante majorité de la population en Chine.

Nous avons pour mission historique de faire avancer la modernisation du pays, de réaliser la réunification de la patrie et de travailler au maintien de la paix mondiale ainsi qu'au développement partagé. Les deux premières décennies du 21' siècle constituent une période cruciale pour la Chine, parce qu'elles offriront à celle-ci des opportunités stratégiques de développement. Par conséquent, nous devons accorder la première priorité au développement, approfondir la réforme, élargir l'ouverture sur l'extérieur et promouvoir le développement dans la stabilité, en tirant parti de la conjoncture favorable.

Nous concevrons des idées nouvelles pour le développement de la Chine, réaliserons des percées nouvelles dans sa réforme et ouvrirons des horizons nouveaux dans son ouverture sur l'extérieur.

Nous poursuivrons la réforme économique orientée vers le marché et veillerons à réajuster et à perfectionner la structure des systèmes de propriétés, de manière à libérer et à développer davantage les forces productives.

Nous nous attacherons à améliorer la qualité de la croissance économique, en valorisant les découvertes scientifiques et techniques et en renforçant la gestion. Nous accorderons une haute importance à la mise en ceuvre de la stratégie de développement durable, à la promotion d'un développement équilibré entre les différentes régions de même qu'entre les villes et les zones rurales et à un progrès général de la société en Chine.

Considérant l'entrée de la Chine à l'OMC comme un nouveau point de départ, nous participerons à la coopération et à la concurrence internationales en matière économique et technologique, sur une plus vaste échelle, à un niveau plus élevé et dans des domaines plus nombreux. Nous étendrons ainsi notre champ d'action pour le développement économique et appliquerons encore mieux notre politique d'ouverture dans tous ses aspects.

Nous développerons notre civilisation matérielle, œuvrerons à l'édification de notre civilisation politique et au rayonnement de notre civilisation spirituelle sous régime socialiste.

Nous continuerons à appliquer une politique étrangère d'indépendance et de paix et à développer activement, sur la base des Cinq Principes de la Coexistence pacifique, nos relations d'amitié et de coopération avec les autres pays du monde. Nous poursuivrons nos efforts en faveur d'une paix durable et d'un développement partagé, dans l'intérêt de tous les pays sur la planète. Nous travaillerons au renforcement du dialogue et de la coopération entre les nations, afin d'apporter une contribution constructive à l'instauration d'un nouvel ordre international, plus juste et plus rationnel.

Monsieur le Président,

II n'y a qu'une Chine dans le monde. La partie continentale et Taiwan appartiennent à un seul et même pays - la Chine, dont la souveraineté et l'intégrité territoriale sont indivisibles. Réaliser la réunification de la patrie, c'est là notre position ferme et constante, le but vers lequel tendent tous nos efforts inlassables.

Le président Jiang Zemin a avancé en janvier 1995 son importante Proposition en huit points sur le développement, à l'étape actuelle, des rapports entre les deux rives du Détroit de Taiwan et la promotion du processus de réunification pacifique du pays. Depuis lors, les relations économiques et commerciales entre les deux rives progressent rapidement, tandis que les échanges humains se multiplient de jour en jour. Les compatriotes des deux côtés du Détroit, les Chinois résidant à l'étranger ainsi que tous les amis du peuple chinois se félicitent des résultats positifs obtenus grâce aux efforts persévérants de notre part, et se sentent encouragés par la perspective d'une réunification pacifique de la Chine.

Cependant, les autorités taiwanaises cherchent par tous les moyens à entraver le développement des rapports entre les deux rives du Détroit, et les forces indépendantistes de Taiwan vont de plus en plus loin dans la voie séparatiste. Récemment, le dirigeant des autorités de Taiwan a dénaturé ouvertement les rapports entre les deux rives du Détroit, avec l'assertion d'« un pays de chaque côté ». Cet agissement, qui a révélé au grand jour sa réelle intention de camper obstinément sur sa position pour « l'indépendance de Taiwan », constitue non seulement une provocation ostensible à tous les Chinois, y compris nos compatriotes de Taiwan, mais aussi un défi ouvert au principe d'une seule Chine, reconnu par l'ensemble de la communauté internationale.

Au sein de la population taiwanaise, l'opinion dominante appelle de ses voeux la paix, le développement, la stabilité ainsi que l'amélioration et le développement des rapports entre les deux rives du Détroit. Or, le dirigeant des autorités taiwanaises, à l'encontre de l'opinion publique, prône « l'indépendance de Taiwan », imposant par-là le complot séparatiste d'un nombre infime d'indépendantistes entêtés de Taiwan aux masses populaires de l'île. Cette tentative conduit Taiwan au désastre et fait planer une menace extrêmement grave pour la sécurité et le bien-être des Chinois des deux côtés du Détroit, en même temps qu'elle constitue un facteur compromettant la paix et la stabilité en Asie-Pacifique.

Fidèle au principe fondamental dit « réunification pacifique et un pays,deux systèmes »,le gouvernement chinois s'emploie à promouvoir la coopération économique e~commerciale aussi bien que les échanges humains entre les deux rives du Détroit. Parallèlement, nous combattons résolument tout acte tendant à « l'indépendance de Taiwan ». Jamais nous ne permettrons à personne de séparer Taiwan de la Chine, sous quelque forme que ce soit. Tous les agissements visant à « l'indépendance de Taiwan » sont voués à l'échec. L'oeuvre grandiose de réunification de la Chine sera sûrement accomplie.

Je vous remercie.

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