CHAD
 

DECLARATION DE SON EXCELLENCE MONSIEUR
MAHAMAT SALEH ANNADIF,
MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES
DE LA REPUBLIQUE DU TCHAD

DEVANT LA 56ème SESSION ORDINAIRE DE
L'ASSEMBLE GENERALS DES NATIONS-UNIES

New York, le 14 Novembre 2001
(A vérifier au prononcé)





Monsieur le Président,
Honorables Délégués,
Mesdames et Messieurs

Le Gouvernement et le peuple tchadiens ont été profondément choqués et attristés par les horribles attentats perpétrés contre les Etats-Unis d'Amérique le 11 septembre 2001 à New York et Washington.

C'est l'occasion pour moi de renouveler les sincères condoléances du Gouvernement tchadien aux Dirigeants de ce pays ami et aux families des victimes innocentes.

Ces attentats d’une extrême barbarie montrent combien il est urgent que la communauté internationale aille au-delà des intentions exprimées dans les différents accords sur le terrorisme et s'entende sur la mise en oeuvre d'un véritable plan d'action commune pour enrayer totalement le terrorisme et épargner notre monde des souffrances auxquelles il est soumis du fait des extrémismes et fanatismes sous toutes leurs formes. II va de l'avenir de l'humanité duns toutes ses composantes, juive, musulmane, chrétienne et autres, d'oeuvrer ensemble pour préserver la paix et la compréhension entre Ies peuples
 

Monsieur le Président,
Honorables Délégués,
Mesdames et Messieurs

La République du Tchad, tout en soulignant de la manière la plus ferme que rien ne peut justifier le terrorisme, voudrait néanmoins partager avec vous quelques réflexions que lui inspirent la situation grave que traverse le monde.

La lutte contre le terrorisme concerne toutes les communautés religieuses. C'est pourquoi, il faudrait dénoncer l'amalgame que l'on fait entre terrorisme et une religion donnée. Tout comme il est inadmissible que certains médias perpétuent cet amalgame dans l'opinion mondiale suscitant en son rein la haine et l'exclusion alors que les bases du terrorisme se trouvent sur tous les continents, y compris en Europe et en Amérique.

La lutte contre le terrorisme doit être en conséquence universelle et multidimensionnelle. Elle doit faire l'objet d’une réelle coopération entre tous les Etats épris de paix et de justice et ce, dans le cadre international le plus indiqué, à savoir celui des Nations-Unies.

Cette lutte à l'échelle mondiale ne doit pas être nécessairement militaire pour être efficace. Il faut qu'elle s'accompagne de mesures économiques pour enrayer la misère et les injustices qui sévissent dans notre monde. Il faut également agir sur le plan politique et diplomatique pour régler les situations de crise et anssi identifier, juger et punir les vrais coupables des actes terroristes et leurs complices.
 

Monsieur le Président,
Honorables Délégués,
Mesdames et Messieurs.

Au lendemain du sommet du millénaire et de la Conférence de DURBAN sur le Racisme, et à la veille de la reunion intergouvernementale de haut niveau prévue pour 2002 sur les questions relatives au financement du développement, on ne peut hélas s'empêcher de dénoncer une fois encore les injustices, la misère et les souffrances qu'endure l'écrasante majorité des populations du monde.

Au cours de non multiples rencontres internationales, nous n'avons cessé de dire que le monde a besoin de plus de solidarité internationale, que les pays nantis doivent accroître leurs efforts financiers pour contribuer as développement économique et social des pays et peoples démunis. En disant cela, nous ne réclamions pas de li'aumône mais la satisfaction d'un droit légitime au développement pour ces peuples.

La réalité est hélas en deçà de non espérances !

La misère ne cesse de s'accroître dans le monde et l'avenir des pauvres de notre planète est hypothéqué par le sort réservé à leurs enfants qui, par centaines de millions travaillent dans des conditions inhumaines pour survivre et sont livrés à leurs tristes sorts dans les rues, à la violence, à la drogue et à la prostitution avec pour corollaire le SIDA.

La situation est d`autant plus scandaleuse qu'au moment où on promet de la réduire ou de l'effacer, la dette des pays pauvres continue à s'accroître et son fardeau entrave leur croissance économique. Tandis que certains spéculateurs financiers peuvent mobiliser en une seule opération boursière des dizaines de milliards de dollars, voire dix et même vingt fois plus que les généreuses remises de dettes de ces derrières années.

Notre monde peut-il continuer à proclamer le respect des droits de l'homme, tout en laissant faire tous ceux qui du Nord ou du Sud tirent tous les profits du système mondial qui génère cette misère et toutes les injustices accentuées par la mondialisation ?

Quelles significations ont les droits de l'homme pour des peuples qui n'accèdent même pas au droit élémentaire à se nourrir ?

Faut-il alors continuer à rêver d'un monde meilleur lorsqu'on suit que les pays riches continuent à réduire leur aide au développement ?

Aussi est-il inconcevable de vouloir lutter contre le terrorisme sans l'instauration d'une véritable solidarité des pays mantis à l'égard des plus démunis pour réparer des situations d'injustice et de misère insoutenables qui incitent les éléments radicaux parmi les victimes à recourir à des actes de désespoir comme solution ultime aux souffrances endurées par les leurs.

Oui ! Dans ce monde trouble qui fait courir à la communauté internationale le risque d'un conflit majeur, il ne serait pas superflu de renouveler avec force nos voeux pour l'émergence dune véritable solidarité entre les peuples et les nations par le biais dune saine coopération mutuellement avantageuse afin de réparer ces injustices qui sont le terreau principal du terrorisme.
 

Monsieur le Président,
Honorables délégués,
Mesdames et Messieurs,

Pour faire face à tous les défis de ce monde difficile, mon pays, le Tchad, sait qu'il doit d'abord compter sur ses propres capacités afin d'occuper la place qui lui revient dans la vie internationale et y apporter sa modeste contribution pour l'édification d'un monde meilleur.

C'est cela le sens de la lutte sans merci menée par le Président IDRISS DEBY depuis le 1er décembre 1990 pour asseoir une démocratie pluraliste au Tchad, gage d'un développement durable dans la paix et la stabilité.

S'agissant de cette démocratie pluraliste, je voudrais vous dire aujourd'hui que mon pays vient de franchir une étape décisive dans son enracinement matérialisé par l'élection présidentielle du 20 mai dernier. Cette élection, la deuxième du genre dans l'histoire du Tchad, a mis en compétition sept candidate et a débouché sur la victoire de Monsieur IDRISS DEBY, Président sortant, pour un nouveau mandat de cinq ans. Elle s'est déroulée dans la plus totale transparence, comme font attesté des observateurs nationaux et internationaux.

En outre, le Gouvernement Tchadien accorde une grande importance à l'organisation en 2002 des élections législatives avec le concours de la communauté internationale.

S'agissant de l'économie , le Tchad a arrêté depuis 1995 une stratégie de relance destinée à jeter les bases d'un développement économique et social durable.

Dans ce cadre, un Programme d'ajustement structurel a été élaboré et appuyé grâce aux ressources du Fonds Monétaire International au titre de la Facilité d'ajustement structurel renforcé. Ceci a permis au Tchad d'être admis à l'initiative PPTE et également de bénéficier du soutien de la Banque Mondiale et de l'Union Européenne dans le cadre de crédits à l’ajustement structurel ainsi que des aides financières des partenaires habituels.

Des reformes profondes avaient été engagées tendant, dune part, à assainir et à stabiliser les finances publiques, d'autre part, à corriger lee déséquilibres extérieurs et à amorcer une croissance durable. Autant d'actions qui exigent une véritable politique de lutte contre la pauvreté pour laquelle le Tchad par ma voix renouvelle sa gratitude à la communauté internationale de lui avoir apporté son soutien, notamment lors de la 4ème Table ronde de Genève en 1998 sur le développement du Tchad, ainsi que lors des réunions sectorielles et de la réunion à mi-parcours de l'an 2000.

En outre, à l'issue des longues discussions passionnées engagées autour de lui, le projet pétrolier est bouclé et sa réalisation est en bonne voie. Le Tchad fonde aujourd'hui un grand espoir sur ses effets induits et compte intégrer ses ressources pour le financement de sa stratégie de réduction de la pauvreté .

A cet égard , on peut rappeler que c'est pour la première fois dans l'histoire de l'exploitation pétrolière qu'une législation est prise pour garantir la transparence de la gestion des revenus, mais aussi pour réserver une partie au profit des collectivités territoriales de la région productrice et des générations futures.
 

Monsieur le Président,
Honorables délégués,
Mesdames et Messieurs

A coté de ses efforts intérieurs , le Tchad continuera à oeuvrer sans relâche pour 1`intégration sous régionale et régionale en Afrique. Car les défis auxquels notre monde actuel est confronté obligent les nations, quelles qu'elles soient, de suivre la marche de l'histoire et de ne point négliger les enseignements tirés de la pensée universaliste salon lesquels les sociétés qui se développent et qui se fortifient à notre époque bien difficile sont celles qui unissent leurs moyens et leurs efforts dans des vastes ensembles économiques, monétaires et culturels.

Même si la conjoncture internationale devient favorable et que les pays les plus industrialisés sort prêts à écouter l'Afrique, il appartient au premier chef aux Africains de construire leur continent.

Aussi le Tchad peut-il affirmer qu' il est sur la bonne voie du fait de son appartenance à la Communauté Economique des Etats de l'Afrique Centrale (CEEAC) ou bien à la Communauté des Etats Sahelo Sahariens (CEN?SAD) qui sort des examples d'intégration sour régionale profitables non seulement pour son peuple, mais aussi aux autres peuples de la Sous-région que le destin appelle à vivre ensemble sour peine de marginalisation préjudiciable au développement et au progrès social.

Loin de compromettre ou de gêner le cheminement vers l'union du Continent africain , ces Communautés constituent des passerelles devant permettre d'y accéder plus aisément puisqu'elles sort des laboratoires où seront mises à l'épreuve la capacité de renoncement des africains au nationalisme chauvin et leur volonté de fondre leurs Etats dans des ensembles plus vaster et plus puissants politiquement et économiquement.

A l'échelle continentale, le lancement en juillet 2001 à Lusaka du processus de mise sur pieds des organes de l'Union Africaine ouvre des perspectives encourageantes pour la réalisation des aspirations légitimes des peuples africains à la paix , la sécurité et le bien être dans un monde beaucoup plus juste. Car les peuples africains sont convaincus que seule une véritable Union peut rendre l'Afrique à même de relever tous les défis et sortir des situations de marasme économique et de violences qui la caractérisent.
 

Monsieur le Président,
Honorables Délégués,
Mesdames et Messieurs.

Les guerres civiles et les violences de toutes sortes nourries de l'injustice et la misère sont partout dans le monde et sur tous les continents. Leur multiplication et extension sont très préoccupantes, d'autant qu'elles sont alimentées et attisées par certains pays qui mettent leurs propres intérêts au-dessus de la paix et de la stabilité des Nations .

Que dire alors des réticences de certains pays à participer activement ou moralement aux opérations de prévention, gestion et règlement des conflits ou de maintien de la paix ?

Il est de notre avis inconcevable également de vouloir luter contre le terrorisme et de laisser les crises persister pour l' alimenter.
 

Monsieur le Président,
Honorables Délégués,
Mesdames et Messieurs

Permettez-moi de prendre encore un peu plus de votre temps précieux pour justement évoquer quelques situations de conflits qui intéressent particulièrement mon pays.

L'Afrique Centrale, devenue ces dernières années un théâtre de tensions politiques et tribales, a fini par prendre conscience de sa situation sur l'échiquier international. Elle s'est par conséquent résolument engagée sur sa propre voie garantissant la création de meilleures conditions de sa sécurité. Il faut à cet égard louer les efforts des médiateurs internationaux et des hommes d'Etat qui, par leurs apports personnels, ont efficacement contribué à éteindre plusieurs foyers de tension dans cette partie du continent.

Dans le même ordre d'idée, le comité consultatif permanent des Nations-Unies pour les questions de sécurité en Afrique Centrale mis en place avec l'aide des Nations?Unies répond à cette préoccupation. Il en résulte des mécanismes de concertation et de prévention des conflits parmi lesquels nous citons le centre sous-régional des droits de l'homme et de la démocratie en Afrique Centrale, le mécanisme d'alerte rapide des conflits, le Protocole relatif au Conseil de paix et de sécurité et enfin le Protocole relatif au pacte d'assistance mutuelle. A cela, il faut ajouter l'organisation des exercices militaires conjoints, qui paraît particulièrement adaptés au mécanisme de stabilisation et de sécarisation en Afrique Centrale et de l'Ouest.
Néanmoins, si l'on peut se réjouir du retour de la paix au Congo Brazzaville ce n’est pas encore le cas en République Démocratique du Congo où la guerre continue à faire des victimes innocente. Nous espérons que le dialogue inter-congolais entamé à ADDIS ABEBA aboutira à un règlement pacifique de ce conflit fratricide qui n'a que trop duré .

Certes nous nous sommes également réjouis de la stabilisation de la situation en République Centrafricaine. Mais les derniers événements nous ont montre la fragilité de la situation. Le Tchad réaffirme par ma voix qu’il ne tolérera aucune déstabilisation de ce pays frère et apportera sa contribution pour favoriser l'entende et la Concorde entre les centre africains.

Au Burundi bien que des frictions persistent, nous nous félicitons de la mise en place d'un Gouvernement d'Union et saluons le role de facilitateur tenu inlassablement par le Président Nelson Mandela pour que le processus de négociations entamé aboutisse à la paix et à la Concorde nationales dans ce pays.

En Angola, le Gouvernement Tchadien réitère son soutien au Gouvernement Angolais en vue de parvenu à la paix et à la sécurité.

En Afrique de l'Ouest, l'accord de désarmement volontaire signé sous l'égide de la MINUSIL a donné des résultas concluants et constitue à l'heure actuelle la seule voie de sortie de crise en Sierra Leone. Nous encourageons la CEDEAO à continuer à s'investir pour ramener la paix définitive dans cette sous-région.

Dans la corne de l'Afrique, le Tchad encourage toute initiative des parties belligérantes visant à la réconciliation nationale en Somalie née des accords d'ARTA.

De même, le Gouvernement tchadien se félicite du respect du cessez-le-feu observé entre l'Ethiopie et l'Erythrée et exhorte les deux parties à consolider la paix au niveau de leurs frontières respectives.

Quant à l'embargo contre la Grande Jamahiriya Arabe Libyenne Populaire et Socialiste, le Tchad soutient sans réserve sa levée immédiate, totale et sans condition car il pénalise injustement le peuple libyen frère.
 

Monsieur le Président,
Honorables Délégués,
Mesdames et Messieurs,

II est temps que la tragédie du peuple palestinien qui dure depuis plus d'un demi-siècle connaisse une issue pacifique, juste et durable.

Aussi le Gouvernement de la République du Tchad est plus que choqué et inquiété par les derniers développements dramatiques au Moyen Orient, notamment par la multiplication et l'atrocité des agressions israéliennes contre le peuple palestinien. Il est temps que le prétexte du droit à la sécurité d'Israël cesse de justifier la situation grave et inacceptable imposée par l'Etat d'Israël à des milliers de familles palestiniennes sur leurs propres terres .

Le terrorisme d'Etat auquel se livre quotidiennement Israël contre le peuple palestinien doit être dénoncé par toute la communauté internationale.

Il est plus que jamais nécessaire que des pressions de toutes sortes soient exercées sur l'Etat d'Israël afin qu'il exécute les termes des résolutions adoptées par le Conseil de Sécurité concernant la question palestinienne, notamment les résolutions 242 et 338. Il y va de la credibilité de la communauté internationale.

La position de mon pays concernant les conflits du Moyen-Orient reste et demeure inchangée: le règlement de la crise arabo?israélienne doit être recherché dune manière globale. Un tel règlement doit garantir la libération de tous les territoires arabes occupés, le recouvrement par les Palestiniens de leurs droits nationaux y compris leur droit à l'autodétermination et à l'établissement d'un Etat indépendant et souverain.
 

Monsieur le Président,
Honorables Délégués,
Mesdames et Messieurs

S'agissant de cette autre injustice qui caractérise le monde, à savoir l'embargo inhumain dressé contre l'Irak, mon Gouvernement demande à la communauté internationale qu'il soit levé immédiatement et sans condition pour que ce grand pays connaisse une vie normale pour 1e bien-être de sa population meurtrie par une sanction qui n'a plus de justification .

Quant à l'injustice commise par notre Organisation à l'endroit de la République de Chine (Taiwan), il est venu le moment de la réparer pour permettre à ce pays dont le poids humain, économique et politique est incontestable d'occuper la place légitime qui lui revient dans le concert des nations à savoir aux Nations Unies à l'exemple de son admission a l'Organisation Mondiale sur le Commerce dont nous nous félicitons.
 

Monsieur le Président,
Honorables Délégués,
Mesdames et Messieurs,

Je ne saurais ne pas évoquer également une autre situation d'injustice et non démocratique qui caractérise les structures de notre organisation.

Je veux parler de la profonde mutation au sein de I'ONU tant souhaitée et attendue par les trois quarts de l'humanité pour qu'elle soit le reflet de la physionomie réelle de la communauté internationale. A cet égard, je voudrais rappeler avec force que le Tchad reste attaché à la position commune africaine concernant la restructuration des Nations-Unies, y compris l'élargissement et la réforme du Conseil de Sécurité en vue d'y assurer une représentation équitable de toutes les regions du monde.

Maintenant, avant de finir mon propos, permettez-moi, Monsieur le Président, de vous prier de bien vouloir recevoir toutes les félicitations de la délégation tchadienne pour votre brillante élection à la tête de la 56ème session ordinaire de l'Assemblée Générale. je suis convaincu que vos qualités humaines et professionnelles sont autant un gage de succès pour nos travaux. Permettez-moi, Monsieur le Président, de rendre à travers vous un hommage mérité à votre pays dont l'attachement à la paix et à la sécurité est connu dans le monde.

Qu'il me soit, également, permis d'exprimer les sincères remerciements de ma délégation à votre prédécesseur, Monsieur Harri Holkeri pour le tact et la sagesse avec lesquels il a dirigé les travaux de la précédente session.

je voudrais, enfin, adresser toutes les félicitations de la délégation tchadienne au frère Kofi Annan, Secrétaire Général de notre Organisation pour la confiance renouvelée que la Communauté des Etats vient de placer en lui pour un second mandat de cinq ans.

Le dévouement de notre Secrétaire Général pour la cause de la paix, le progrès et le développement n'est plus à démontrer. Nous voudrions l'assurer du soutien et de l'encouragement du Gouvernement tchadien tout au long de son nouveau mandat.

Je vous remercie.