Margaret, 15 ans, a été enlevée alors qu’elle ramassait du bois de feu pour sa mère. Elle est actuellement hébergée par la Kitgum Concerned Women’s Association soutenue par l’UNICEF, où elle se rétablit. Comme de nombreuses autres jeune
Pour la première fois, une résolution du Conseil de sécurité, adoptée en 2000, s’est concentrée sur une question fondamentale autre que l’arrêt des hostilités pour traiter l’impact plus insidieux et à long terme de la violence armée sur les femmes et leurs communautés.
Par Rachel Mayanja, Conseillère spéciale du Secrétaire général pour la parité des sexes et la promotion de la femme
En octobre 2010, les Nations Unies commémoreront le dixième anniversaire d’une étape majeure importante mais insuffisamment reconnue dans le domaine du développement : la résolution 1325 du Conseil de sécurité qui a reconnu l’importance de l’impact des conflits armés sur les femmes et les filles et qui a garanti la protection et la pleine participation de celles-ci aux accords de paix. Bien qu’ils aient été lents à venir, on constate aujourd’hui des signes de renforcement de l’engagement et des mesures prises pour assurer la réalisation des objectifs de la résolution.
UN GRAND SILENCE
Lorsque le Conseil de sécurité a adopté la résolution, il y a dix ans, il a mis en lumière l’un des plus grands silences de l’histoire – la violence systématique, brutale et fréquente dont sont victimes les femmes et les filles dans un conflit armé. L’élan en faveur de l’adoption de la résolution 1325 a été fort. Les guerres récentes, en ex-Yougoslavie, au Rwanda, en Sierra Leone, au Libéria, au Népal ou en Afghanistan, ainsi que dans d’autres zones de conflit, ont été marquées par des actes de violence à l’encontre des femmes et des filles. On estime que 70 % des victimes parmi les non-combattants lors des récents conflits étaient principalement des femmes et des enfants. Jusqu’à 500 000 femmes ont été violées au Rwanda durant le génocide de 1994. Quelque 60 000 femmes ont été violées durant la guerre en Croatie et en Bosnie-Herzégovine et, entre 1991 et 2001, on estime que 64 000 femmes ont été victimes de violences sexuelles liées à la guerre en Sierra Leone. Les corps des femmes et des filles sont devenus des champs de bataille sur lesquels ne sont pas nécessairement déversés des bombes et des obus mais sur lesquels œuvrent les mains calleuses et les esprits insensibles des milices armées et de leurs associés ainsi que de ceux qui profitent du chaos de la guerre pour infliger des violences aux membres les plus vulnérables de leur communauté.
L’adoption de la résolution 1325 par les 192 États Membres de l’ONU a fondamentalement changé l’image des femmes dans les situations de conflit – de celle de victimes à celle de participantes œuvrant activement au maintien et à la consolidation de la paix ainsi qu’aux négociations. C’est ainsi que, pour la première fois, une résolution du Conseil de sécurité s’est concentrée sur une question fondamentale autre que l’arrêt des hostilités pour traiter l’impact plus insidieux et à long terme de la violence armée sur les femmes.