| par Maimouna Barro Les effets du changement climatique sont déjà ressentis par des millions de personnes à travers le monde, mais particulièrement en Afrique où la pauvreté endémique, les maladies, les guerres, les populations croissantes, l’accès limité aux capitaux ont mis à mal les populations et le riche environnement naturel au cours des dernières années. La situation est désastreuse pour un continent qui n’a joué aucun rôle dans le réchauffement climatique ! En réalité, ce sont les plus vulnérables du monde, principalement les économies en développement les plus pauvres, qui supportent le plus lourd fardeau et qui sont les plus menacées. En ce moment même, le changement climatique touche l’Afrique à tous les niveaux. Elle est le plus durement touchée par l’élévation du niveau de la mer, les sécheresses, les inondations, les pénuries d’eau de plus en plus fréquentes ainsi que par la propagation des maladies tropicales et de celles à vecteur. En ce moment même, si les conséquences du réchauffement de la planète ne sont que de simples prédictions pour certaines parties du monde, elles sont déjà ressenties en Afrique. En ce moment même, au Sénégal et dans quinze autre pays d’Afrique de l’Ouest, des millions de personnes déjà pauvres sont victimes d’inondations. Dans la même région, certaines populations côtières vivent dans la crainte d’être déplacées en raison de l’élévation du niveau de la mer. Oui, nous devons trouver une voix mondiale et « sceller un accord » sur le climat pour protéger nos vies et nos moyens de subsistance, car ce phénomène climatique mondial nous touche tous, que ce soit directement ou indirectement. Oui, donnez-nous la possibilité de « sceller l’acccord » mais, ce faisant, gardons à l’esprit que dans ce changement climatique mondial, il y a ceux qui sont responsables et ceux qui sont vulnérables. Oui, un accord doit être scellé, mais en tant que citoyens du monde responsables, nous devons le sceller en faisant preuve de justice, de transparence politique, de responsabilité sociale et en promouvant les obligations de chacun. Nous devons à nous-mêmes, à nos enfants et aux générations futures d’agir dès maintenant. Maimouna Barro est Directeur associé du Centre d’études africaines à l’Université d’Illinois à Urbana-Champaign. |