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RÉUNIONS DE LA COMMISSION MIXTE CAMEROUN-NIGERIA

Allocutions d'Ouverture

Communiqué final

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SEPTIÈME RÉUNION

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Tous les Communiqués

ALLOCUTION D’OUVERTURE DU PRÉSIDENT DE LA COMMISSION MIXTE
ET REPRÉSENTANT SPÉCIAL DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DES NATIONS UNIES, M. Ahmedou OULD-ABDALLAH

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Yaoundé, le 2 décembre 2003

Monsieur le Ministre d’État Amadou Ali, Ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Chef de la délégation camerounaise,

Prince Bola Ajibola, Chef de la délégation Nigériane,

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Membres de la Commission Mixte Cameroun-Nigeria,

Mesdames, Messieurs,

C’est avec un réel plaisir que je me retrouve de nouveau à Yaoundé, et plus précisément, un an, jour pour jour, après la première rencontre qui a marqué le début des travaux de la Commission Mixte. Que de chemin parcouru depuis la rencontre au Sommet entre les Présidents Paul Biya et Olusegun Obasanjo avec le Secrétaire Général des Nations-Unies. Les deux Chefs d'État ont eu la sagesse d’établir cette Commission pour assurer la mise en œuvre de l’arrêt de la Cour Internationale de Justice du 10 0ctobre 2002.

Aujourd'hui, je voudrai remercier les Autorités camerounaises pour l’accueil réservé à la délégation des Nations-Unies et à celle du Nigeria. Comme d’habitude, nous nous sentons ici comme chez nous. Vous l’avez dit hier matin, Monsieur le Ministre d’État, en quelque sorte Yaoundé est devenue notre résidence secondaire. Je voudrais aussi profiter de cette occasion pour vous remercier les chefs des délégations pour des discours pleins d’inspiration et pour les paroles aimables adressées à la délégation des Nations Unies.

Mesdames et Messieurs,

Cette septième rencontre se déroule à un moment crucial des activités de la Commission Mixte. De fait nous sommes à la veille de l’exécution d’une des tâches majeures de notre mandat: la mise en œuvre du retrait de l’administration civile, des forces militaire et de police des deux pays ainsi que le transfert d’autorité dans les zones concernées par l’arrêt de la Cour Internationale de Justice. Cette tâche a été préparée en collaboration avec la Sous-commission des populations concernées et le Groupe de travail sur le retrait et le transfert d’autorité qui ont beaucoup oeuvré dans la partie Nord de la frontière terrestre et la zone du lac Tchad. Ils ont apporté aux populations un message d’assurance et d’espoir. Sans aucun doute, les deux gouvernements, aux niveaux central et local, feront tout leur possible pour garantir la protection et le respect des droits des populations concernées et encourager la coopération économique et commerciale entre elles. A cet égard permettez-moi de vous signaler que ces populations ont déjà commencé à entreprendre des activités socio-économiques dans la paix et la concorde. Des cas de mariages entre habitants de villages des deux cotés de la frontière ont été enregistrés ainsi que des échanges de terres. Concrètement, dans leur large majorité, elles n’aspirent qu’à une vie normale et paisible.

De l’expérience de la zone du lac Tchad, nous avons tiré des leçons. De fait, la Sous-commission a également identifié des lieux et des dates pour sa deuxième descente sur le terrain couvrant la frontière terrestre (la deuxième phase) et la péninsule de Bakassi. Cette visite devra être effectuée en janvier 2004. Conformément à son programme de travail, la Sous-commission soumettra ses rapports durant la huitième réunion de la Commission Mixte qui sera tenue à Abuja. Concernant les activités de la Sous-commission de la démarcation elle travaille, comme convenu en octobre à Abuja, en collaboration avec le siège des Nations Unies à New York sur la publication des contrats sur le site Web de l’ONU. Elle prépare également la visite éventuelle de sociétés privées dans la zone de la frontière terrestre. Pour terminer sur ce plan, je dois mentionner que la question de la délimitation de la frontière maritime est également à l’ordre du jour de la Commission Mixte.

Hier, 1er décembre 2003, cette Commission s’est réunie avec le Groupe de travail qu’elle a mandaté pour élaborer les modalités pratiques du retrait des administrations civiles et des forces militaires et de police ainsi que le transfert d’autorité dans la zone du Lac Tchad. Ce Groupe a accompli un travail gigantesque en l’espace d’un seul mois. Après Abuja les 8 et 9 novembre, il a effectué une visite sur le terrain dans la zone concernée du 17 au 19 novembre avant de se retrouver à nouveau les 28 et 29 novembre 2003 à Yaoundé. Il a ainsi élaboré un Concept d’opération intégré suivant lequel le retrait et le transfert d’autorité dans la zone du lac Tchad s’effectueront du 8 au 17 décembre 2003. Il a également convenu des modalités de déploiement du personnel d’observation de la Commission Mixte qui sera chargé du suivi des développements dans la zone concernée pendant une période d’une année. Ce personnel d’observation effectuera des visites régulières dans la zone afin d’informer la Commission Mixte et de lui préparer un rapport final à la fin de 2004.

Mesdames et Messieurs,

Ainsi et vous en conviendrez, le 8 décembre 2003 sera une date importante dans l’évolution des relations entre les deux pays. La réussite des efforts déployés marquera, je le pense sincèrement, une nouvelle ère dans l’évolution des relations interafricaines. En effet, vos deux pays jouent un rôle pionnier dans la mise en œuvre d’une approche novatrice de diplomatie préventive visant à résoudre les différends frontaliers par la négociation et la compréhension mutuelle et ce, avec le concours des Nations-Unies. Ce mécanisme a vu le jour grâce à la clairvoyance de vos dirigeants qui, dès le départ, ont compris la nécessité du dialogue intelligent entre deux peuples aux destins indissociables. Dans une Afrique troublée par des conflits incessants, des guerres civiles meurtrières, destructrices des efforts dans la lutte quotidienne contre le sous-développement, une belle leçon est en train d’être démontrée au continent! Vous conviendrez qu’en peu de temps et avec peu de moyens, une tâche immense a été accomplie.

Mesdames et Messieurs,

Notre Commission Mixte est en train d’accomplir un marathon au rythme d’une course de vitesse. Il y a un mois, la Sous-Commission des Populations Concernées a effectué la première phase de sa visite de terrain sur la frontière terrestre en parcourant des centaines de kilomètres, en écoutant les populations, en les rassurant sur la volonté robuste des deux chefs d’État de mener à bien le processus de mise en œuvre de l’Arrêt de la Cour Internationale de Justice de manière pacifique dans le respect de leurs intérêts et de leurs droits.

La Sous-Commission des populations concernées ne cesse de constater le profond désir des-dites populations de vivre dans la paix et la fraternité. Un villageois a éloquemment résumé le sentiment partagé par les habitants de cette zone en déclarant que «les Camerounais et les Nigérians sont des frères et qu’il n’y a absolument pas de problème entre nous». Il est allé jusqu'à affirmer que les frontières sont factices. Par conséquent, il est un devoir impérieux, politique et moral pour nous autres, qui avons la chance de pouvoir contribuer au cours de l’histoire, de faire en sorte que ces honnêtes villageois puissent continuer à vivre dans la paix, vaquer à leurs occupations, développer leurs activités dans le cadre de projets de développement communs. En bref, nous, les élites citadines, devons protéger et promouvoir la paix.

Mesdames et Messieurs,

Il me plaît de vous rapporter que le Secrétariat de la Commission Mixte s’est rendu à Ndjaména le 13 novembre 2003 pour une séance de travail avec le Secrétariat de la Commission du Bassin du Lac Tchad et discuter de différents projets communs visant à renforcer la confiance entre vos deux pays. De plus, la question d’un éventuel Sommet extraordinaire de l’Organisation a été discutée.

Mesdames et Messieurs,

Il reste encore de nombreux défis, plus ardus que ceux que nous avons déjà relevés. Les parties ne sauraient dormir sur leurs lauriers. Il convient de continuer à travailler d’arrache-pied pour mener à bien la mission de paix au service de leurs peuples.

Merci de votre attention.

 

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