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ALLOCUTION
D’OUVERTURE DU PRÉSIDENT DE LA COMMISSION MIXTE
ET REPRÉSENTANT SPÉCIAL
DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DES NATIONS UNIES, M. Ahmedou OULD-ABDALLAH
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Yaoundé,
2 avril 2003
C’est
un réel plaisir pour moi de prendre la parole ici aujourd’hui, en présence
du Premier Ministre de la République
du Cameroun, Monsieur Peter Mafany Musonge, au moment où nous allons ouvrir
la troisième réunion de la Commission Mixte Cameroun-Nigéria. La présence
parmi nous d’une aussi haute personnalité fait un digne écho à
l’honneur que nous a fait le Vice-Président de la République fédérale du
Nigéria, Monsieur Atiku Abubakar, lorsqu’il a bien voulu participer à la séance
inaugurale de la réunion d’Abuja le 2 février 2003. Elle témoigne
de l’importance qu’attachent vos deux gouvernements à la fois au suivi de
l’arrêt d’octobre 2002 de la Cour internationale de Justice et, de façon
plus générale, au maintien de relations de bon voisinage. Et elle nous
engage à redoubler d’efforts pour avancer sur la voie tracée par les Présidents
Paul Biya et Olusegun Obasanjo.
Je
tiens aussi à remercier le chef de la délégation camerounaise à la
Commission Mixte, Monsieur Amadou Ali, Ministre d’État chargé de la
Justice, Garde des Sceaux de la République du Cameroun, pour son hospitalité
renouvelée et pour ses commentaires encourageants.
Mes remerciements vont encore au chef de la délégation nigériane, le
Prince Bola Ajibola, ancien ministre de la Justice du Nigéria et ancien
Haut-Commissaire de son pays au Royaume-Uni, dont l’allocution laisse elle
aussi augurer une réunion fructueuse.
L’actualité
internationale résonne aujourd’hui du bruit des canons de la guerre.
Il y a quelques jours à peine, un changement de régime en République
centrafricaine faisait entendre un autre bruit de bottes dans notre propre région.
Ces événements et toutes les violences qui les accompagnent ne font
que mieux ressortir la sagesse de la décision prise par les Présidents Biya
et Obasanjo lorsqu’ils ont demandé au Secrétaire général des Nations
Unies de créer la Commission Mixte Cameroun-Nigéria pour réfléchir aux moyens
de donner suite à l’arrêt rendu le 10 octobre 2002 par la Cour
internationale de Justice.
Je
voudrais revenir brièvement sur le mandat que vos deux Présidents vous ont
confié le 15 novembre 2002 à Genève. Selon
eux, la Commission Mixte devait se pencher, DÉBUT DE CITATION, sur toutes
les incidences de la décision de la Cour internationale de Justice, et
notamment la nécessité de protéger les droits des populations concernées
des deux pays. Elle devait aussi
procéder à la démarcation de la frontière terrestre entre les deux pays et
formuler des recommandations sur des mesures de confiance supplémentaires
telles que : la tenue, sur une base régulière, de réunions entre les
autorités locales, des fonctionnaires et les Chefs d’État; l’élaboration
de projets destinés à promouvoir des co-entreprises économiques et la coopération
transfrontalière; la renonciation par les deux parties à tout propos ou déclaration
incendiaires au sujet de la presqu’île de Bakassi; le retrait des troupes
des zones pertinentes le long de la frontière terrestre; la démilitarisation
ultérieure de la presqu’île de Bakassi avec la possibilité de déployer
du personnel international chargé d’observer le retrait;et la
revitalisation de la Commission du Bassin
du Lac Tchad. FIN DE CITATION
Permettez-moi
maintenant d’esquisser un bref bilan du chemin parcouru depuis notre première
réunion à Yaoundé, les 2 et 3 décembre
2002.
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Premièrement, une sous-commission chargée de la démarcation de la frontière
terrestre entre les deux pays a été créée et son programme de travail a été
adopté le 4 février à Abuja. Vous
prendrez connaissance cet après-midi du rapport intérimaire que vous lui
avez alors demandé de préparer en
tenant compte d’un certain nombre d’indications complémentaires;
-
Deuxièmement, une mission d’information a été envoyée à N’Djamena,
comme vous l’avez demandé le 5 février lorsque vous êtes convenus de
lancer un appel à vos Chefs d’État respectifs pour l’organisation d’un
sommet extraordinaire des États Membres de la Commission du Bassin du Lac
Tchad. Il vous sera fait cet après-midi un rapport oral détaillé sur
cette mission.
-
Troisièmement, vous avez également créé, à votre réunion d’Abuja,
une Sous-Commission des populations concernées, qui a été chargée d’évaluer
la situation de ces populations et d’examiner les moyens relatifs à la
protection de leurs droits. Mes
collègues ont préparé un projet de mandat qui sera soumis à votre examen,
et sur la base duquel vous pourrez établir, dès la présente réunion, le
programme de travail de cette nouvelle sous-commission;
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Quatrièmement, les communiqués publiés à l’issue des rencontres
de vos Présidents avec le Secrétaire général des Nations Unies à Paris le
5 septembre et à Genève le 15 novembre dernier attribuent une importance
capitale à la question des mesures de confiance entre vos deux pays.
Sur ce chapitre, je crois que les réunions de votre Commission sont la
plus éclatante des mesures de confiance, et qu’elles traduisent bien la
volonté d’harmonie et de coopération qui anime les Présidents Biya et
Obasanjo. Les réunions de votre
Commission trouvent même des prolongements sur le terrain, puisque des représentants
de vos délégations et de l’ONU ont déjà fait ensemble deux sorties hors
d’Abuja et de Yaoundé. La
première de ces sorties est la mission d’information à N’Djamena.
La deuxième est la visite de reconnaissance effectuée par une délégation
tripartite Cameroun-Nigéria-ONU sur la route Mamfé-Eyumojok-Ekok-Mfum-Ikom
le 7 février dernier. Une fois remise en état du côté camerounais, cette route
qui relie vos deux pays dans leur partie méridionale contribuera de façon
importante à la coopération et aux échanges transfrontaliers ainsi qu’au
rapprochement entre les populations locales.
Vous entendrez cet après-midi le compte rendu de cette
visite;
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Enfin, à sa réunion d’Abuja, votre Commission avait prié le Secrétaire
général des Nations Unies d’apporter son concours personnel à la
mobilisation des ressources nécessaires à vos travaux.
Il me fait plaisir de vous informer, à ce sujet, que des contacts pris
avec la représentation de l’Union européenne
auprès de l’ONU à New York vont permettre d’établir la
disponibilité de l’Union à mettre 200 000 dollars à la disposition de la
Commission Mixte, avec l’espoir que cette dotation encouragera des
contributions de la part des
gouvernements camerounais et nigérian et des gouvernements des pays amis.
Les
progrès accomplis en quatre mois par la Commission Mixte vers la mise en œuvre
de l’arrêt du 10 octobre 2002 de la Cour internationale de Justice sont
substantiels. Mais notre
Commission doit encore débattre d’autres questions importantes inscrites
dans son mandat. Je souhaite que
cette troisième réunion, ici, à Yaoundé, permette de dégager un accord
sur les modalités pratiques qui nous permettront d’aborder
et de traiter sans délai ces autres questions, y compris celle de la frontière
maritime.
J’ai
déjà exploré, au cours de mes entretiens bilatéraux avec les chefs des délégations
camerounaise et nigériane, les thèmes que nous pourrions inscrire à
l’ordre du jour de notre prochaine réunion, prévue pour le mois de juin.
L’allocution prononcée le 2 février à Abuja par le Vice-Président
de la République fédérale du Nigéria et les consultations que j’ai eues
avec les autorités camerounaises devraient nous éclairer la voie.
Les décisions que vous prendrez à la présente réunion détermineront
le travail technique préparatoire qui
devra être accompli d’ici notre prochaine réunion, à Abuja. Il est
déjà envisagé, à cet égard, que la Sous-Commission de la démarcation
de la frontière terrestre pourrait tenir sa prochaine réunion au Nigéria,
juste avant la quatrième réunion de la Commission Mixte.
Ayant
ainsi brièvement évoqué les rapports détaillés qui vous seront faits plus
tard au cours de notre réunion,
c’est donc avec un très vif plaisir et une profonde anticipation que je cède
la parole à l’orateur suivant.
Je
vous remercie de votre attention.
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