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ALLOCUTION
D’OUVERTURE DU PRÉSIDENT DE LA COMMISSION MIXTE
ET REPRÉSENTANT SPÉCIAL
DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DES NATIONS UNIES, Général
Lamine Cisse
*
Yaoundé,
13 mars 2008
Excellence Monsieur le
Ministre délégué auprès du Ministre de la Justice, Chef de la Délégation
du Cameroun
Excellence Prince Bola
Ajibola, Chef de la Délégation du Nigéria
Excellences Messieurs les
Représentants des Grands Corps de l’Etat
Excellences Mesdames et
Messieurs les Membres du Gouvernement
Mesdames et Messieurs les
membres du Parlement
Excellences Mesdames et
Messieurs les membres du Corps Diplomatique et les
Représentants des organismes
internationaux
Mesdames et Messieurs les
Membres de la Commission Mixte,
Chers Invités,
Mesdames et Messieurs,
A plus d’un titre, il
m’agrée et réjouit, de présider cette Vingt-et-unième Session de la
Commission Mixte Cameroun-Nigéria. Monsieur le Ministre délégué auprès du
Ministre de la Justice, permettez-moi, à travers votre personne, de
remercier notre illustre hôte, Monsieur le Vice-Premier Ministre, Ministre
de la Justice, Garde des Sceaux, Amadou Ali, et, par delà, le Gouvernement
du Cameroun, pour l’hospitalité généreuse dont ma Délégation et moi-même,
avons fait l’objet, depuis notre arrivée; qu’il me soit également toléré,
de reconnaître ici, la qualité des mesures prises, afin d’assurer le
succès de nos travaux.
Si tout ceci a pu être
réalisé, c’est grâce à la bénédiction de Son Excellence Paul Biya,
Président de la République du Cameroun, à qui j’adresse ma profonde
gratitude, avec l’expression de mes sentiments respectueux et de haute
considération.
Messieurs les membres de la
Commission Mixte,
Mesdames et Messieurs,
Je souhaite, ensuite, vous
faire part de la satisfaction vive des Nations Unies et des encouragements
de Monsieur le Secrétaire Général, Ban Ki-moon, qui suit personnellement
et avec un grand intérêt, toutes les phases du déroulement du processus de
la Commission Mixte et de ses instances techniques.
Au cours de la présente
session, le Cameroun et le Nigéria signeront, sans doute, un instrument
juridique marquant une nouvelle étape dans l’exécution du jugement de la
Cour Internationale de Justice, en date du 10 octobre 2002, à savoir, la
carte maritime sur laquelle ont été transposés les calculs relatifs à la
ligne loxodromique vers l’océan.
L’acte parachève la
constance de la Commission Mixte dans le domaine de la délimitation
maritime ; il permettra aux deux parties, de s’engager davantage, dans la
coopération transfrontalière.
En cette occasion
solennelle, je tiens à exprimer mes félicitations aux Chefs de Délégation
du Cameroun et du Nigéria, pour la confiance soutenue, qu’ils ont accordée
aux Nations Unies, sur la voie du rétablissement de la paix et du
développement intégré, pardessus inimitiés et les bornes.
Concernant la frontière
terrestre également, je suis heureux de vous annoncer qu’à ce jour, l’Equipe
Technique Mixte s’est définitivement entendue sur plus de 830 kilomètres
de frontière à démarquer. J’observe, d’ailleurs, qu’une distance de 135
kilomètres, a pu être couverte récemment, en une dizaine de jours, cela en
dépit des difficultés accrues d’accès au terrain. Le parcours est encore
loin d’être achevé, mais je tiens à saluer la performance autant qu’à
encourager les équipes techniques à poursuivre la tâche, dans la même
résolution d’aboutir.
Je le note aussi, non sans
soulagement, grâce à un financement international auquel le Cameroun, le
Nigéria, le Royaume Uni et l’Union Européenne contribuent généreusement,
un réseau de points géodésiques vient d’être établi de part et d’autre de
la frontière, sur toute sa longueur.
Prochainement objet d’une
certification, il s’avère, en l’occurrence, d’un intérêt essentiel; il
nous permettra d’entamer les premières activités d’abornement, d’ici la
fin de l’année courante.
Concernant la Péninsule de
Bakassi, je crois refléter, le sentiment de l’assemblée ici réunie, en
saluant, avec satisfaction, les progrès accomplis dans l’exécution de
l’arrêt de la Cour internationale de Justice. Depuis 2006, les missions
d’observation, qui s’y sont rendues, ont permis de constater l’aménagement
d’infrastructures, destinées à améliorer le sort matériel et moral des
populations autochtones. En prévision de la présente session, il avait été
convenu de dépêcher une Mission d’Observation, dans la péninsule, du 03 au
07 mars 2008. L’objectif n’a pu être atteint, à cause d’impératifs
indépendants de la volonté des uns et des autres. Je formule le voeu que
nos présentes assises nous permettent de nous accorder à cette fin, sur de
nouvelles dates; ainsi, la Mission d’Observation présenterait son rapport
au cours de nos prochaines réunions. L’année 2008 verrait ainsi le
processus de mise en oeuvre de l’Accord de Greentree, franchir une étape
importante. En effet, elle réalisera, j’en suis certain, le processus de
retrait et de transfert d’autorité commencé en 2006, lequel doit s’étendre
à la Zone établie par ledit Accord. Je tiens à réaffirmer ma totale
confiance dans l’engagement du Cameroun et du Nigéria, à franchir l’ultime
étape, dans les délais prévus.
Mesdames et Messieurs,
Qu’il me soit permis de
rappeler, ici, nos préoccupations communes à l’égard des populations
concernées par la mise en application de l’arrêt de la Cour internationale
de Justice, du 10 octobre 2002. Je suis particulièrement heureux, de noter
que les deux pays, dans le cadre des mesures de confiance, se sont
entendus sur le principe de la construction d’un poste frontalier de
contrôle unique, sur le corridor Bamenda (Cameroun) – Enugu (Nigéria),
afin de rendre le transit plus fluide, comme l’avait recommandé la
Commission Mixte. Le dispositif fixe sera construit, dans le cadre de la
réhabilitation de la route transfrontalière, par un financement de la
Banque africaine de Développement (BAD).
Je saisis l’occasion pour de
confirmer que mes Collègues des Agences des Nations Unies, - dont je salue
le travail remarquable- restent à la disposition des Parties, pour
accompagner le Cameroun et le Nigéria, dans la mise en oeuvre des
initiatives engagées au profit des populations.
La présence des deux
Délégations, une nouvelle fois côte à côte lors d’une réunion, somme toute
ordinaire, témoigne du long et patient effort de rapprochement. L’oeuvre
fructueuse a été inaugurée, grâce à la légitimité des engagements de
chacun, avant même l’arrêt de la Cour Internationale de Justice.
Votre présence en témoigne
assez devant l’honorable assemblée : il n’est pas de différend, fût-il
profond, qui ne se conclût, un jour, par le dialogue et l'entente.
Puissent, alors, les mesures de confiance dont je parlais à l’instant,
s’intensifier et donner exemple à d’autres, pour une Afrique de
l’intelligence, poreuse à l’échange, et toujours au service du progrès
social.
Mesdames et Messieurs,
Vous remerciant de votre
attention, je déclare ouverts, les travaux de la XXIème Commission Mixte,
Cameroun-Nigéria, et souhaite plein succès à nos délibérations. |