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ALLOCUTION
D’OUVERTURE DU PRÉSIDENT DE LA COMMISSION MIXTE
ET REPRÉSENTANT SPÉCIAL
DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DES NATIONS UNIES, Général
Lamine Cisse
*
Abuja,
15 novembre 2007
Prince Bola Ajibola (CFR),
Chef de la Délégation du Nigeria,
Excellence, Monsieur le
Vice-Premier Ministre Amadou Ali, Chef de la Délégation du Cameroun,
Excellences,
Mesdames et Messieurs les
Membres de la Communauté diplomatique,
Messieurs les Membres de la
Commission Mixte Cameroun-Nigeria,
Mesdames et Messieurs,
La XXème
session de la Commission Mixe Cameroon-Nigeria est la première à laquelle
je prends part en qualité de Représentant Spécial du Secrétaire Général
des Nations Unies. Vous me permettrez donc de faire des premiers mots que
je suis amené à vous adresser à l’occasion, des mots qui puisent leur sens
dans la sagesse, autant que dans la culture africaine. Des mots que je
voudrais porteurs de Paix, d’Amitié et de respect profond, à l’endroit de
cette vénérable Assemblée. Des mots que je voudrais adresser en
particulier et du fond du coeur à Son Excellence Monsieur Amadou Ali,
Vice-Premier Ministre du Cameroun, Chef de la délégation Camerounaise et
au Prince Bola Ajibola (CFR), Chef de la Délégation Nigériane. Je vous
transmets les salutations distinguées du Secrétaire Général des Nations
Unies, et l’expression de sa confiance renouvelée en la volonté politique,
et en la détermination des plus Hautes Autorités de vos pays, le Nigeria
et le Cameroun, de conduire à son terme, la mise en oeuvre de l’Arrêt de
la Cour Internationale de Justice, rendu le 10 octobre 2002, et de
l’Accord de Greentree du 12 juin 2006, dans un esprit d’amitié, de
tolérance et de franche coopération.
Vous me permettrez ensuite,
Mesdames et Messieurs, d’exprimer ma profonde gratitude et celle de la
délégation qui m’accompagne, au Gouvernement et au peuple du Nigeria, pour
sa généreuse hospitalité. L’accueil chaleureux qui nous a été réservé
ainsi que les excellentes conditions de travail mises à la disposition de
cette XXeme session de la Commission Mixte, assureront à tous les
participants, à n’en pas douter, toute la sérénité requise pour des
délibérations fructueuses.
Mesdames et Messieurs,
Les résultats obtenus à ce
jour, dans la mise en oeuvre de l’Arrêt de la Cour Internationale de
Justice, l’Accord de Greentree, le chemin parcouru ensemble avec les
Nations Unies et tous les amis de la communauté internationale, me donnent
toute la mesure de la délicatesse, du sens aigu du devoir, de l’équité
ainsi que de la longue patience qui jalonnent l’Histoire de nos travaux.
C’est donc avec un sens tout aussi aigu d’humilité que j’accepte l’honneur
qui m’échoit de recevoir des mains de mon ami et frère, Ahmedou
Ould-Abdallah, le flambeau que vous, Camerounais et Nigérians, en toute
confiance et dans l’amitié, lui avez confié pour éclairer votre marche
dans la concorde, sur le chemin de ce qui servira de source d’inspiration
aux générations futures, et qui s’écrira dans les manuels d’Histoire en
termes de modèle de résolution pacifique des conflits.
Mesdames et Messieurs,
C’est cet instant que je
choisis, pour rendre un hommage mérité certes, mais spécial, à celui qui
fut mon condisciple, à celui avec qui j’entretiens des liens puisant leurs
forces et leur pérennité dans des souvenirs d’enfance où se tissent et se
forgent des amitiés à toutes épreuves. Ahmedou Ould-Abdallah, car c’est de
lui qu’il s’agit, a toujours su servir les causes nobles, là où le Devoir
l’appelle. Son leadership salué aujourd’hui, et les nombreux défis que sa
contribution, toujours empreinte de sagesse, aura permis de relever avec
votre bienveillante coopération et le soutien du Secrétaire Général des
Nations Unies, témoignent de qualités intellectuelles, humaines et morales
dont il est pétri. Il nous laisse aujourd’hui en héritage, et sa
détermination, et sa longue et riche expérience de la résolution des
conflits. En guise de notre reconnaissance, rendons lui ensemble un
vibrant hommage, tout en lui souhaitant plein succès dans ses nouvelles
fonctions.
Mesdames et Messieurs,
Lors de la dernière session
de la Commission tenue à Yaoundé les 5 et 6 juillet 2007, il vous
souviendra de cet heureux constat fait par le Président de la Commission
Mixte qui disait, je le cite « Certes, nous avons parachevé la mise en
oeuvre de l’arrêt de la Cour Internationale de Justice. Il nous reste
cependant encore des tâches techniques importantes auxquelles notre
Commission consacrera ses efforts dans les mois à venir avec la même
détermination et la même persévérance que par le passé ». Nous nous
devons de saluer encore une fois ce résultat acquis, en faire un motif de
fierté et une source d’inspiration sur le chemin qui nous reste à
parcourir ensemble et qui nous conduira, je l’espère, à notre prochaine
étape : le parachèvement de la démarcation de la frontière terrestre.
Nous espérons que l’Equipe
Technique Mixte continuera de bénéficier de tous le support et des moyens
nécessaires afin de lui permettre d’achever en fin décembre 2008, le
travail d’évaluation de la frontière récemment réévaluée à 1950km, et de
permettre ainsi la mise en exécution des autres contrats de la démarcation
qui n’auront pas encore démarré. L’évaluation sur le terrain reprendra
après la présente session et s’étendra sur une durée de quatre semaines.
Elle couvrira 200 km environ.
En ce qui concerne la
frontière maritime, suite à l’accord des parties du 23 et 24 août 2007 sur
les calculs de la direction de la ligne loxodromique faisant frontière
entre le Cameroun et le Nigeria, la Commission Mixte continuera plus que
jamais, à soutenir et encourager les efforts visant à l’établissement
d’accords bilatéraux portant sur les champs d’hydrocarbure à cheval et le
long de la frontière.
Je voudrais en votre nom à
tous, saisir cette occasion pour adresser nos félicitations aux experts
des deux pays ainsi qu’à ceux des Nations Unies qui ont toujours travaillé
ensemble, pour l’excellent travail accompli. Nos remerciements vont
également aux groupes de travail et sous-commission, à l’équipe des
Observateurs des Nations Unies qui forment la cheville ouvrière de la
Commission Mixte. Ils ont tous mérité l’espoir et la confiance que nous
avons placés en eux, en persévérant dans le processus de la démarcation
des frontières terrestre aussi bien que maritime, dans le renforcement des
mesures de confiance et de la coopération transfrontalière.
Mesdames et Messieurs,
La Commission Mixte s’engage
à poursuivre les efforts entrepris en vue du renforcement des mesures de
confiance et de coopération transfrontalière entre le Cameroun et le
Nigeria. La présence régulière des Observateurs des Nations Unies dans les
régions plus proches des communautés et leur déploiement de part et
d’autre de la frontière entre les deux Etats témoigne de la confiance que
les Nations Unies placent dans la volonté du Nigeria et du Cameroun
d’aller de l’avant et de respecter les agenda établis d’accord partie sous
l’égide des Nations Unies. Je me félicite de l’ouverture d’un nouveau
Bureau à Calabar au mois d’août dernier, qui permettra un suivi plus
approprié et régulier des engagements de l’Accord de Greentree.
Force est de constater,
Mesdames et Messieurs, que cette année encore, des progrès et non des
moindres, auront été réalisés non seulement aux plans technique et
politique, mais aussi au plan diplomatique, par l’implication progressive
des institutions sous-régionales telle la Commission du Bassin du Lac
Tchad, régionales et internationales, la BAD, l’UNITAR et l’Union
Européenne, en matière de coopération transfrontalière et de mobilisation
de financements. Cette implication des institutions régionales et
internationales en soutien à notre action concertée permettra d’assurer
non seulement la réussite, mais également un transfert apaisé, cohérent et
définitif de ce processus et des charges qui lui sont attachées vers les
communautés concernées et les entités dans lesquelles elles vivent, étant
donné que la mission de la Commission Mixte n’est pas permanente.
Mesdames et Messieurs,
Si les raisons de se
féliciter du travail accompli ne manquent pas, les événements qui viennent
de se produire à Bakassi et qui se sont traduits par la mort de plusieurs
militaires Camerounais remplissent nos coeurs de tristesse. Je voudrais
ici transmettre mes condoléances à la délégation du Cameroun et ma
compassion aux familles des victimes. Monsieur le Vice- Premier Ministre,
je vous demande de transmettre les sincères condoléances de la Commission
Mixte à son Excellence Monsieur Paul Biya, aux autorités et au peuple
camerounais. Nous pensons tous que la lumière doit être faite sur ces
événements déplorables.
Mesdames et Messieurs,
Je veux faire avec vous le
pari que notre engagement commun à assurer la mise en oeuvre pacifique de
l’Arrêt de la Cour Internationale de Justice se renforcera encore plus
pour affermir d’autant nos pas sur les étapes qui nous restent à franchir,
assurés que nous sommes de la volonté politique des plus Hautes Autorités
des deux pays frères, le Nigeria et le Cameroun. C’est sur cette note
d’espoir et de confiance que je déclare ouverte la Vingtième session de la
Commission Mixe Cameroun-Nigeria.
Je vous remercie. |