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RÉUNIONS DE LA COMMISSION MIXTE CAMEROUN-NIGERIA

Allocutions d'Ouverture

Communiqué final

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DIX-NEUVIÈME RÉUNION

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Tous les Communiqués

ALLOCUTION D’OUVERTURE DU PRÉSIDENT DE LA COMMISSION MIXTE
ET REPRÉSENTANT SPÉCIAL DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DES NATIONS UNIES, M.
Ahmedou OULD-ABDALLAH

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Abuja, 5 juillet 2007

 

Excellence Monsieur le Vice-Premier Ministre, Amadou Ali,

Prince Bola Ajibola, Chef de la Délégation du Nigeria,

Mesdames et Messieurs les Membres du Corps Diplomatique et Représentants des Organisations Internationales,

Mesdames et Messieurs les Membres de la Commission Mixte,

Mesdames et Messieurs,

C’est toujours un plaisir renouvelé, pour moi et la délégation qui m’accompagne, de nous retrouver à Yaoundé dans le cadre de la Commission Mixte Cameroun-Nigeria. Aujourd’hui, nous y tenons notre Dix-neuvième session. D’emblée, je voudrais m’acquitter d’un agréable devoir, celui de remercier le Gouvernement du Cameroun pour la généreuse hospitalité coutumière dont nous sommes l’objet depuis notre arrivée ainsi que pour les facilités mises à notre disposition. Je reconnais évidemment la touche personnelle de notre ami et frère le Vice-Premier Ministre, Amadou Ali, qui n’a jamais ménagé ses efforts pour que nos séjours à Yaoundé soient les plus agréables, et, surtout, les plus fructueux que possible. Je l’en remercie sincèrement et lui demande de transmettre aux plus hautes autorités du pays nos remerciements les plus sincères. Je voudrais également saluer la présence de mon frère et ami le Prince Bola Ajibola, Chef de la Délégation du Nigeria. Les changements récents à Abuja ne vont que renforcer leur détermination à aller de l’avant.

Je salue enfin la présence parmi nous des Membres du Gouvernement, des Représentants des Corps Constitués, du Corps Diplomatique et des Organismes Internationaux et celle de nombreux invités à cette cérémonie d’ouverture de nos travaux. Je les remercie de cette marque de sympathie et d’encouragement.

Mesdames et Messieurs

Mon plaisir est d’autant plus grand que nous nous réunissons au lendemain de la conclusion d’une étape importante de nos travaux, celle relative à la frontière maritime. En effet, après avoir réussi le retrait et le transfert d’autorité dans la zone du lac Tchad en décembre 2003, le retrait et le transfert d’autorité le long de la frontière terrestre en juillet 2004, le retrait et le transfert d’autorité dans la péninsule de Bakassi en août 2006, le tracé de la frontière maritime a été conclu lors d’une session extraordinaire tenue à Abuja le 11 mai 2007. C’est dire que la Commission Mixte s’est acquittée avec succès des tâches qui lui avaient été assignées, méritant toutes nos félicitations.

Il est vrai que le travail de Président de la Commission Mixte Cameroun- Nigeria a été facilité par l’esprit de compromis et de coopération mutuelle qui a caractérisé les travaux, et également par l’engagement de deux Chefs de Délégation, Ahmadou Ali et le Prince Bola Ajibola. Le soutien du Secrétaire Général des Nations Unies et de deux Chefs d’Etat a, de toute évidence, facilité le processus. Je les en remercie du fond du coeur.

Mesdames et Messieurs,

Certes, nous avons parachevé la mise en oeuvre de l’arrêt de la Cour Internationale de Justice. Il nous reste cependant encore des tâches techniques importantes auxquelles notre Commission consacrera ses efforts dans les mois à venir avec la même détermination et la même persévérance que par le passé. J’en citerai seulement trois.

C’est d’abord la poursuite du processus de démarcation de la frontière terrestre. J’ai déjà eu l’occasion de louer le travail de démarcation réalisé par nos équipes techniques qui ont pu couvrir une distance appréciable de la frontière terrestre sur environ 700 km. Ce processus doit être accéléré. Au cours de la présente réunion, la Commission Mixte adoptera un calendrier pour la poursuite et l’intensification des travaux de terrain de l’Equipe Technique Mixte afin de porter cette distance à au moins 1.000 km d’ici la fin de l’année. Les autres volets de la démarcation, à savoir la production d’images à haute résolution, les cartes, la pose des bornes le long de la frontière terrestre, et autres puissent avancer au même rythme. Au cours de cette réunion, nous définirons les stratégies nécessaires à la réalisation de ces objectifs.

La deuxième tâche concerne le renforcement des mesures de confiance : Je suis heureux de noter que les processus de retrait et de transfert d’autorité dans les zones concernées se soient déroulées dans la paix et la sécurité et que les populations des deux pays aient continué à coopérer dans un esprit de fraternité et de bon voisinage. L’équipe des Observateurs, dont je salue ici la patience et l’efficacité, a eu l’occasion d’apprécier le climat d’entente qui règne entre populations. Elle a également constaté leurs besoins en matière d’infrastructures de base, d’écoles, de centres de santé, d’eau potable, de communication, de protection de l’environnement, autant de facteurs indispensables au bien-être des populations concernées. La question qui se pose aujourd’hui est comment consolider la paix et la confiance entre populations, comment répondre à leurs besoins les plus immédiats, comment renforcer et favoriser les solidarités et les échanges, enfin, comment faire de cette frontière commune une zone de paix et de coopération et non de confrontations. Pour aider à apporter les éléments de réponse à cette question, nous avons dans la salle des représentants de l’UNITAR, Institution de formation des Nations Unies avec lequel nous comptons développer une collaboration.

Enfin, le renforcement de la coopération transfrontalière : Avec le règlement des quatre segments de l’arrêt de la CIJ, - à savoir la zone du Lac Tchad, la frontière terrestre, la péninsule de Bakassi et la frontière maritime-, il convient de mettre en oeuvre les instruments de coopération dans le domaine maritime et économique. Au cours de cette session, nous chercherons à favoriser le règlement de la question des champs pétrolifères et, en particulier, ceux qui chevauchent la frontière maritime, et aussi à renforcer tout ce qui peut favoriser le développement le long de la frontière. Une attention particulière sera accordée au rôle que peuvent jouer les institutions régionales et les mécanismes de coopération bilatérale. A ce niveau, il n’est pas sans intérêt de noter qu’avec mes collègues du Cameroun et du Nigeria, nous pensons que nos méthodes de travail et surtout la périodicité de nos réunions doivent être revues pour nous adapter aux progrès réalisés.

Mesdames et Messieurs,

Je ne voudrais pas terminer cette intervention sans remercier les partenaires qui ont appuyé et accompagné notre processus aussi bien politiquement que financièrement. Je pense ici à l’Allemagne, au Canada, à la France, aux Etats-Unis, à la Grande Bretagne, à l’Union européenne, à la Banque Mondiale, à la Banque Africaine de Développement, aux Agences des Nations Unies et à bien d’autres. Je leur demande de poursuivre leur appui qui nous est si utile. Les activités de démarcation, les mesures de renforcement de la confiance et la coopération transfrontalière se réaliseront mieux et plus efficacement grâce à leurs soutiens.

Je demeure convaincu qu’avec la détermination des parties et l’appui de la communauté internationale, le processus entamé en décembre 2002 s’achèvera avec succès et pourra servir de modèle de gestion des conflits. Sur cette note d’espoir, je déclare ouverts les travaux de la XIXème session de la Commission Mixte Cameroun-Nigeria.

Je vous remercie.

 

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