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ALLOCUTION
D’OUVERTURE DU PRÉSIDENT DE LA COMMISSION MIXTE
ET REPRÉSENTANT SPÉCIAL
DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DES NATIONS UNIES, M. Ahmedou OULD-ABDALLAH
*
Yaoundé,
25 janvier 2007
Excellence Monsieur le
Vice-Premier Ministre,
Prince Bola Ajibola, CFR
Messieurs les représentants
des Grands Corps de l’Etat,
Mesdames et Messieurs les
Membres du Gouvernement,
Mesdames et Messieurs du
Corps Diplomatique,
Messieurs les Membres de la
Commission Mixte,
Chers Invités,
Mesdames et Messieurs,
Tout d’abord, je rappelle à
tous une perte qui nous a profondément affectée celle du camerounais
Professeur Peter Ntamark Yana, mais aussi une bonne nouvelle la présence
parmi nous de Alhaji Diggi, le nouveau Directeur de la Commission
Nationale des Frontières du Nigeria.
C’est pour moi un très grand
plaisir de présider cette XVIIème Session de la Commission Mixte
Cameroun-Nigéria à Yaoundé. Permettez-moi tout d’abord de remercier notre
hôte, Monsieur le Vice-Premier Ministre, Ministre de la Justice et Garde
des Sceaux Amadou Ali, et, à travers lui, le Gouvernement du Cameroun pour
l’hospitalité généreuse dont nous bénéficions.
Nous nous retrouvons à
nouveau pour progresser dans la mise en œuvre de l’arrêt de la Cour
Internationale de Justice. Dans le cadre de cette XVIIème Session,
j’estime évidemment superflu de mentionner l’esprit de coopération qui
règne dans nos travaux.
Je voudrais vous rappeler
que la XVIème réunion de la Commission Mixte Cameroun-Nigéria tenue à
Abuja en novembre dernier a été saluée comme l’une des plus réussies de
toutes les réunions de la Commission Mixte. Nous devons donc aujourd’hui
de poursuivre nos travaux dans le même esprit et ce d’autant que nous
allons traiter de la question de la frontière maritime. C’est au cours de
la XVIème Session que les Parties se sont entendues sur la visite de
terrain en haute mer. Celle-ci a effectivement été conduite du 16 au 26
novembre 2006 par des experts géomètres et cartographes du Cameroun et du
Nigéria ainsi que des Nations Unies. Un total de 22 points en mer ont été
levés pour permettre d’avancer au sujet du référentiel de la Carte de
l’Amirauté britannique à laquelle se réfère la Cour Internationale de
Justice dans son Jugement du 10 octobre 2002. Il a été convenu de laisser
au Cameroun et au Nigéria le temps nécessaire pour étudier plus
attentivement les conclusions de cette mission de terrain. Nul doute qu’un
accord sur la question sera dégagé en conformité avec le droit et l’esprit
d’entente qui prévaut entre nous tous.
Nous avons également toutes
les raisons de nous réjouir de la prochaine reprise des opérations de
démarcation de la frontière terrestre dont la Phase 2 achèvera la
démarcation de 275 kilomètres supplémentaires de frontière d’ici le 31
mars 2007, portant alors à 745 kilomètres la distance effectivement
démarquée. D’autres opérations de démarcation seront encore conduites
d’ici la fin cette année 2007, de sorte que la moitié du travail de
démarcation sera probablement largement dépassée.
Mesdames et Messieurs,
J’observe aussi les
excellentes dispositions dont ont fait preuve chacune des Parties en
formulant des propositions pour progresser encore plus rapidement dans les
activités de démarcation de la frontière terrestre, en renforçant les
équipes sur le terrain ou en entreprenant simultanément une section
méridionale de frontière où les bornes résultant de l’histoire commune des
deux pays sont encore visibles.
Je souhaite mentionner ici
la générosité de l’Union européenne qui vient de régler la première
tranche du fonds promis. A cet égard, je remercie nos partenaires en
particulier le Canada, le Royaume Uni, pour leur confiance et le soutien
qu’ils nous ont apportés.
Le retrait et le transfert
d’autorité de Bakassi nous offre un motif supplémentaire de satisfaction.
Le retrait des troupes du Nigéria de la péninsule de Bakassi est effectif
depuis le 14 août 2006, conformément à l’Accord signé à Greentree sous les
auspices des Nations Unies. Les rapports de mission des Observateurs des
Nations Unies qui se sont rendus à Bakassi à deux reprises au cours de
l’année 2006 ont conclu que la situation y était satisfaisante pour ce qui
concerne les droits des populations affectées. Néanmoins, des mesures
économiques et sociales supplémentaires sont souhaitables et je comprends
que le Cameroun a pris les dispositions nécessaires pour y répondre. Je
suis sûr que les prochaines missions de terrain des Observateurs de la
Commission Mixte nous mettrons au courant à nouveau sur la situation des
populations affectées et non seulement sur la presqu’île de Bakassi mais
aussi le long de la frontière terrestre et dans la région du Lac Tchad. Le
rôle des observateurs reste essentiel tout le long de la frontière entre
les deux pays pour renforcer la confiance entre les populations en
particulier. Ce problème de renforcement de la confiance entre les
populations, de projets communs le long des frontières surtout les routes
et de la relance de la Commission du Bassin du Lac Tchad nous tiennent
beaucoup à cœur. Au sein du secrétariat, un de mes collègues est
spécialement chargé de suivre ce programme.
C’est donc sur cette note
optimiste que je souhaite conclure mon intervention d’ouverture de cette
cérémonie.
Je vous remercie de votre
attention et déclare ouverte la XVIIème Session de la Commission Mixte
Cameroun-Nigéria. |