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ALLOCUTION
D’OUVERTURE DU PRÉSIDENT DE LA COMMISSION MIXTE
ET REPRÉSENTANT SPÉCIAL
DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DES NATIONS UNIES, M. Ahmedou OULD-ABDALLAH
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Abuja, 6 novembre 2006
Prince Bola Ajibola, Chef de
la Délégation nigériane,
Monsieur le Vice-Premier
Ministre Amadou Ali, Chef de la Délégation camerounaise,
Monsieur l’Attorney General
Chief Bayo Ojo,
Excellences, Messieurs
Abubakar Tanko, Bashir Wali, Sunday Ehindero,
Mesdames et Messieurs les
Membres de la Communauté diplomatique,
Mesdames et Messieurs les
Membres de la Commission Mixte Cameroun-Nigeria,
Mesdames et Messieurs,
C’est un plaisir renouvelé
pour moi que de présider cette XVIe réunion de la Commission Mixte.
Permettez-moi de remercier chaleureusement le Prince Bola Ajibola et son
équipe pour la parfaite organisation de cette session. Je note l’absence
de notre collègue, le très compétent décent et patient Al Hadji Dahiru
Bobbo, OFR, un véritable gentleman. Tous mes vœux l’accompagnent dans ses
nouveaux engagements. Je salue Al Hadji Sadiq Marafa Diggi que nous
connaissons et respectons tous. Nous nous souvenons tous de la dernière
allocution de bienvenue du Prince Ajibola, le 6 juillet dans laquelle il
présentait Abuja et Yaoundé comme le second foyer des membres de la
Commission Mixte en raison de la fréquence et de la régularité de nos
réunions !
Mes remerciements vont
également au Vice-Premier Ministre Amadou Ali et sa délégation
camerounaise pour leur contribution efficace au travail de cette session.
La réunion de juillet était
une session extraordinaire. Elle a été organisée quelques semaines après
la signature par les Chefs d’Etat du Cameroun et du Nigeria, les
Présidents Biya et Obasanjo, à Greentree, le 12 juin 2006, de l’Accord sur
les modalités de retrait et de transfert d’autorité de la Péninsule de
Bakassi. Je suis heureux de noter que le mandat qui nous a été confié a
été mis en oeuvre conformément au calendrier prévu.
Par ailleurs, la visite sur
le terrain effectuée dans la Péninsule de Bakassi, par les Observateurs
des Nations Unies de la Commission Mixte, n’a enregistré aucun incident
significatif susceptible de confirmer que les droits de la population de
Bakassi auraient été déniés de quelque manière que ce soit par le récent
transfert d’autorité. A cet égard, un point sur lequel je souhaite attirer
l’attention des deux Parties et l’absolue nécessité de protéger la
fragilité de l’environnement de mangrove de la Péninsule de Bakassi.
Le Comité de Suivi établi
par le même Accord de Greentree qui se réunit régulièrement et suit la
mise en oeuvre du transfert d’autorité, est jusqu’ici satisfait du
comportement des Parties.
Mesdames et Messieurs,
Les 9 et 10 octobre, le
Groupe de Travail sur la Frontière Maritime s’est réuni à Yaoundé et a
convenu des termes de référence de la mission sur le terrain proposée dans
la zone maritime. Cette mission prévue pour le 16 novembre 2006, est
destinée à collecter des données sur le terrain qui établiront le
référentiel (géodésique) nécessaire pour utiliser la Carte de l’Amirauté
britannique 3433 en conjonction avec les techniques modernes de levés.
Le Groupe de Travail sur la
Frontière Maritime s’est réuni le 3 novembre ici, à Abuja, pour finaliser
les détails logistiques relatifs à la mission cartographique et de levé
proposée sur le terrain. La Commission Mixte dispose aujourd’hui d’une
proposition globale à cet égard et je suis sûr que nous l’avaliserons lors
de cette session. Je souhaite également que, dans un proche avenir, nous
puissions parvenir à résoudre la question de la frontière terrestre et que
nous finalisions la démarcation avant la fin de cette année.
Eu égard à la frontière
terrestre, plus de 460 kilomètres sont déjà démarqués, outre les
discussions en cours concernant Kotcha (Koja), quelques 15 kilomètres de
route entre Zigague et Mada, l’emplacement exact du village de Mada et
celui d’un bras du fleuve Kerawa, sur une distance d’environ 10
kilomètres. Des mesures concrètes ont déjà été prises pour résoudre ces
questions encore pendantes. D’autres initiatives convenues pour rattraper
les questions en cours ont été légèrement retardées en vertu de la mission
sur le terrain prévue par le Groupe de Travail sur la Frontière Maritime.
Je suis heureux que la Sous-Commission de la Démarcation, lors de sa
récente réunion, ait convenu d’un nouveau calendrier réaliste et je
demeure confiant que les quelques contretemps déjà mentionnés trouveront
une solution en temps opportun.
Mesdames et Messieurs,
Dans la Commission Mixte,
nous aurions pu et nous aurions dû faire bien davantage pour répondre aux
attentes des populations. Mais les contraintes politiques, financières et
logistiques ont souvent été écrasantes. Voici une petite entité des
Nations Unies qui enregistre des résultats bien qu’entravée par le manque
de financement budgétaire et de soutien logistique. Car il s’agit d’une
petite et non d’une importante entité.
Ensemble, pas à pas, nous
avons réussi à trouver des solutions et à mettre effectivement en oeuvre
nos activités, les unes après les autres.
Je suis plus que jamais
confiant dans l’engagement des Parties à poursuivre un dialogue
constructif au sein de la Commission Mixte et cela, dans l’intérêt de la
paix, de la stabilité et du développement du Cameroun et du Nigeria et,
au-delà, de leurs peuples.
Mesdames et Messieurs,
Je saisis cette opportunité
pour rendre hommage très sincère à tous les délégués et aux membres de la
Commission Mixte. Inlassablement, ils ont mis leur expertise et leurs
compétences au service de la mise en œuvre de l’Arrêt de la CIJ du 10
octobre 2002. Je souhaite leur exprimer ma profonde gratitude pour le
dévouement dont ils ont fait preuve à ce jour. Ma gratitude va également
aux partenaires du développement du Cameroun et du Nigeria pour leur
soutien politique et financier patient et concret.
Entre temps, je souhaite
également souligner le fait que, pour aller de l’avant, nous devons
continuer à compter les uns sur les autres. Je saisis aujourd’hui cette
opportunité pour faire appel à votre soutien continu.
Je vous remercie de votre
attention. |