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RÉUNIONS DE LA COMMISSION MIXTE CAMEROUN-NIGERIA

Allocutions d'Ouverture

Communiqué final

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QUINZIÈME RÉUNION

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Tous les Communiqués

ALLOCUTION D’OUVERTURE DU PRÉSIDENT DE LA COMMISSION MIXTE
ET REPRÉSENTANT SPÉCIAL DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DES NATIONS UNIES, M. Ahmedou OULD-ABDALLAH

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Yaoundé, 6-7 septembre 2006

 

 

Excellence Monsieur le Vice-Premier Ministre,

Prince Bola Ajibola,

Messieurs les représentants des Grands Corps de l’Etat

Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement

Mesdames et Messieurs du Corps Diplomatique,

Messieurs les Membres de la Commission Mixte,

Chers Invités,

Mesdames et Messieurs,

C’est pour moi un très grand plaisir de présider cette Quinzième Session de la Commission Mixte Cameroun-Nigéria à Yaoundé. Permettez-moi tout d’abord de remercier notre hôte, Monsieur le Vice-Premier Ministre, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux Amadou Ali, et, à travers lui, le Gouvernement du Cameroun pour l’hospitalité généreuse dont ma Délégation et moi-même avons fait l’objet depuis notre arrivée et pour les mesures prises afin d’assurer le succès de cette réunion.

Je voudrais également remercier le Chef de la Délégation du Nigeria, le Prince Bola Ajibola, pour l’accueil qu’il nous a réservé lors de la Session Extraordinaire de la Commission Mixte convoquée à Abuja le 6 juillet dernier. Cette réunion, comme chacun s’en souviendra, avait été rendue nécessaire pour assurer les derniers préparatifs relatifs au règlement ordonné du retrait des troupes et le transfert d’autorité sur la Péninsule de Bakassi.

J’observe que nous nous réunissons pour la première fois depuis que ce retrait et ce transfert sont devenus effectifs. Nous venons donc de franchir une nouvelle étape dans le processus de mise en œuvre du Jugement de la Cour Internationale de Justice du 10 octobre 2002. A cet égard, il convient de souligner la continuité dans cette mise en œuvre car ce nouveau retrait est déjà le troisième, après les accords du 16 décembre 2003 relatifs à la région du Lac Tchad et ceux du 14 juillet 2004 à propos de la frontière terrestre. Aucun incident n’est venu émailler ces transferts d’autorité et cela nous donne une raison supplémentaire de nous réjouir. Le retrait de Bakassi aurait d’ailleurs pu s’effectuer dès le 14 septembre 2004, mais il s’est heurté à des difficultés qui ont temporairement enlisé nos travaux sur la question.

Mesdames et Messieurs,

Aujourd’hui, je souhaite souligner plus particulièrement mon estime et ma reconnaissance pour les Etats qui ont accepté d’être témoins du retrait et du transfert d’autorité sur la Péninsule de Bakassi : l’Allemagne, la France, la Grande Bretagne et les Etats-Unis. Qu’il me soit permis également de saisir cette occasion pour adresser, au nom de la Commission Mixte Cameroun-Nigéria, nos remerciements aux donateurs qui contribuent financièrement aux opérations de démarcation de la frontière terrestre : le Canada, la Grande Bretagne - qui a été la première à nous soutenir !-, la Norvège et l’Union européenne.

Concernant l’exécution de l’accord sur le retrait des troupes et le transfert d’autorité sur la Péninsule de Bakassi, je me réjouis d’observer qu’il s’inscrit dans le droit fil du processus de règlement des différends, tels qu’ils ont été énoncés dans l’Arrêt de la Cour Internationale de Justice du 10 octobre 2002 et que, comme il en avait été dans la région du Lac Tchad et le long de la frontière terrestre, aucun incident, aucune plainte en violation sérieuse de l’accord et aucune mesure vexatoire grave ne sont venus ternir le bon déroulement des opérations et le rétablissement du droit. Dès le 14 août 2006, date à laquelle le retrait des troupes et le transfert d’autorité sont devenus effectifs, les Observateurs des Nations Unies ont démontré leur capacité à accomplir la mission qui leur est confiée. Aujourd’hui au nombre de quinze, ils sont opérationnels, particulièrement motivés, et s’apprêtent à se rendre sur le terrain. A ce jour, ils n’ont reçu aucune plainte des populations concernées et personne n’a mis en doute le caractère effectif du retrait des troupes du Nigéria de la Péninsule de Bakassi.

Comme vous le savez, il nous appartient désormais de nous atteler à l’exécution du quatrième élément du dispositif de l’Arrêt de la Cour Internationale de Justice, celui relatif à la frontière maritime. En dépit du recours à un vocabulaire de cartographe que l’honnête homme pourrait parfois considérer comme ésotérique, un nouvel accord ne devrait guère poser de problème. Un Groupe de Travail constitué d’experts aguerris nous a préparé des propositions depuis le second semestre de 2004. Elles ont été actualisées en s’appuyant sur des instruments de mesure moderne et les moyens techniques d’aujourd’hui. J’ai pleine confiance en la bonne volonté des Parties pour dégager un terrain d’entente afin que ce dernier segment de l’Arrêt de la Cour soit, lui aussi, définitivement réglé.

S’agissant de la frontière terrestre, nous avons déjà achevé avec succès la démarcation de 460 km. Ce travail sera poursuivi dès la fin de la saison des pluies sur 300 km supplémentaires.

Dans ce contexte, l’option de sous-traiter aux Parties le bornage est sérieusement examinée par mes collègues du Secrétariat. Je vois en cette option l’avantage pour les Parties, d’une plus grande participation et d’une appropriation des travaux.

Nous examinons également les exigences que la démarcation demande dans des zones difficiles – hautes montagnes, forêts denses – pour déterminer la meilleure manière de borner ces régions.

Des échéances électorales se profilent à l’horizon, tant au Nigéria qu’au Cameroun. Formons le vœu que les campagnes qui seront menées alors ne viennent pas interférer avec nos travaux et gageons que les compétences techniques de nos trois équipes et le sens des responsabilités des Chefs de Délégation auront raison des pressions qui pourraient être exercées.

Mesdames et Messieurs,

Qu’il me soit permis de rappeler nos préoccupations à l’égard des populations affectées et à propos desquelles le Président de la Cour Internationale de Justice lui-même avait donné son sentiment à l’occasion du prononcé de l’Arrêt. Plusieurs projets communs ont déjà été débattus. Il nous appartient de donner aux initiatives engagées l’élan nécessaire pour qu’elles puissent se concrétiser. Je saisis cette occasion pour inviter mes Collègues des Agences des Nations Unies à accompagner le processus de règlement du différend frontalier par des moyens appropriés en faveur des populations concernées. Je pense aussi aux contributions de la Banque mondiale, de la Banque Africaine de Développement, de l’Union européenne et du système bilatéral de coopération. Il me paraît, en outre, souhaitable de réactiver les relations avec la Commission du Bassin du Lac Tchad et la Commission du Golfe de Guinée.

Je vous remercie de votre attention et déclare ouverte la XVème Session de la Commission Mixte Cameroun-Nigéria.

 

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