Bureau des Nations Unies pour l'Afrique de l'Ouest
UNOWA

 

       

 

[Français]|[English]

 

RÉUNIONS DE LA COMMISSION MIXTE CAMEROUN-NIGERIA

Allocutions d'Ouverture

Communiqué final

* * *

QUATORZIÈME RÉUNION

* *

Tous les Communiqués

ALLOCUTION D’OUVERTURE DU PRÉSIDENT DE LA COMMISSION MIXTE
ET REPRÉSENTANT SPÉCIAL DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DES NATIONS UNIES, M. Ahmedou OULD-ABDALLAH

 *

Abuja, 13 octobre 2005

Prince Bola Ajibola, Chef de la délégation nigériane,

Monsieur Amadou Ali, Vice-premier Ministre, Ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Chef de la délégation camerounaise,  

Messieurs les ministres,

Mesdames, Messieurs les membres de la Commission Mixte Cameroun-Nigeria,

Mesdames, Messieurs,

Permettez-moi tout d’abord de remercier nos hôtes nigérians pour leur légendaire, chaleureuse et généreuse hospitalité. Je voudrais profiter de cette occasion pour exprimer ma gratitude au Prince Bola Ajibola et à Monsieur le Vice-premier Ministre Amadou Ali pour leurs discours empreints de sagesse.

Cette session que nous ouvrons aujourd’hui est une occasion pour exprimer mon appréciation de la coopération qui prévaut dans le cadre du travail que nous avons accompli mais également mes préoccupations qui sont aussi les vôtres, trois jours après le troisième anniversaire de l’arrêt rendu par la Cour internationale de justice (CIJ) sur le différend frontalier entre vos deux pays.

Mesdames, Messieurs,

Etant donné le travail que nous avons entamé lors de la 13e session de la Commission Mixte, convenez avec moi que nous avons réalisé des progrès. Le Groupe de travail chargé de l’élaboration d’un nouveau programme de retrait des troupes et de l’administration nigérianes de la péninsule de Bakassi a déjà tenu deux réunions. Ce groupe de travail a soumis ses recommandations aux chefs de délégations. Qui plus est, les préparations pour le démarrage des travaux d’évaluation sur le terrain sont en cours et nos équipes techniques s’apprêtent à aller sur le terrain au début du mois de novembre. L’exercice de vérification sur la frontière démarrera par le lac Tchad et se poursuivra jusqu’à la montagne de Ngoshi.

Le contrat relatif à la mise en place d’un réseau géodésique a été finalisé et nous espérons que l’entrepreneur sera bientôt sur le terrain. Concernant la mobilisation des ressources financières, nous sommes en contact avec plusieurs donateurs, notamment l’Union Européenne qui fait partie des principaux. L’accord conclu avec elle portant sur un financement de quatre (4) millions d’Euros sera finalisé et le virement effectué dans les semaines à venir. Cette contribution permettra de compléter le montant de 13,2 millions de dollars US requis pour la démarcation de la frontière terrestre. Nous avons d’autres contacts pour des contributions additionnelles permettant de couvrir les dépenses imprévues liées à nos activités. C’est dans ce contexte que je voudrais exprimer ma gratitude pour l’appui en nature que nous avons également reçu de la Norvège.    

Le Groupe de travail sur la frontière maritime s’est réuni à trois reprises et a reçu notre proposition de carte qui incorpore le tracé de la frontière tel que délimité par la Cour dans son arrêt du 10 octobre 2005. Enfin, j’ai espoir que le groupe de travail poursuivra ses délibérations relativement à la coopération transfrontalière.

Les observateurs de la Commission Mixte poursuivent leurs visites périodiques sur le terrain et envisagent de se rendre les 9 et 10 novembre 2005 dans les villages transférés se situant sur la frontière terrestre. Je voudrais réitérer et souligner qu’aucun problème majeur n’a été enregistré dans les relations entres les populations elles-mêmes et avec les nouvelles administrations. Ce diagnostic nous rappelle le constat que le Cameroun et le Nigeria ont réalisé dans le cadre de la Commission Mixte des progrès notables qui devraient être maintenus et renforcés. 

En outre, je suis heureux de noter que les observateurs accompagneront les équipes techniques sur le terrain pour soutenir les activités de démarcation.

Mesdames, Messieurs,

Je suis navré de dire que nous sommes confrontés à un problème. Comme vous êtes censés le savoir, nos activités ont marqué un temps d’arrêt d’un an de septembre 2004 à juillet 2005. Cette situation a installé une atmosphère empreinte de pessimisme et de scepticisme. Cela ne doit pas affecter outre mesure notre travail ou les relations personnelles entre nos délégations. Lors de cette 14e session de la Commission Mixte, nous devons prendre rapidement en charge cette situation. La confiance doit être de notre côté aujourd’hui comme demain.

Comme je l’ai déjà dit, le Cameroun et le Nigeria sont deux pays voisins et frères qui partagent une longue histoire. Aucun d’eux ne peut se séparer de l’autre comme le feraient des personnes ou des familles qui se chamaillent. Vos deux pays ont réalisé d’importants progrès dans le sens d’un règlement pacifique du différend frontalier, au profit de leurs pays et de leurs peuples. Aujourd’hui, des mesures concrètes doivent être prises pour le renforcement de la confiance.

Nous sommes en train d’effectuer la dernière ligne droite de notre long marathon. Ainsi, comme peuvent le confirmer les coureurs de marathon, le dernier morceau peut être le plus difficile. Donc, nous devons faire preuve de courage et de vision. On nous a confié une tâche sensible et cruciale. Notre mission est de mettre en oeuvre l’arrêt de la Cour Internationale de justice. Soyons téméraires et essayons d’accomplir avec fierté notre mission, comme le recommandent les deux Chefs d’Etat et le Secrétaire Général des Nations Unies.

 Mesdames, Messieurs,

Comme cela est indiqué le Communiqué de sa 13e session, la Commission Mixte doit mener à son terme la délimitation de la frontière maritime conformément à l’arrêt de la CIJ. Elle doit également poursuivre la démarcation de la frontière terrestre et encourager les deux gouvernements à prendre des mesures permettant d’améliorer les conditions de vie des populations habitant sur la frontière. Tous ces objectifs restent des défis majeurs qui doivent être relevés dans un esprit de coopération.

Je demeure convaincu que vos deux pays - particulièrement vous les délégués et les élites - ont les capacités de relever ces défis. Ce faisant, vous aiderez vos pays, vos peuples et ce prestigieux continent qu’est l’Afrique.

Merci de votre attention

 

UNOWA

Bureau des Nations Unies pour l'Afrique de l'Ouest

Lot 14, Ouest Almadies, Dakar-Sénégal.

BP : 23851 Dakar-Ponty  Tél : (221) 33 869-8585 Fax : (221) 33 820-4638