Bureau des Nations Unies pour l'Afrique de l'Ouest
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RÉUNIONS DE LA COMMISSION MIXTE CAMEROUN-NIGERIA

Allocutions d'Ouverture

Communiqué final

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DOUZIÈME RÉUNION

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Tous les Communiqués

ALLOCUTION D’OUVERTURE DU PRÉSIDENT DE LA COMMISSION MIXTE
ET REPRÉSENTANT SPÉCIAL DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DES NATIONS UNIES, M. Ahmedou OULD-ABDALLAH

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Abuja, 21 octobre 2004

Monsieur le Ministre d’Etat Amadou Ali, Chef de la délégation du Cameroun,

Prince Bola Ajibola, Chef de la délégation du Nigeria,

Messieurs les membres du Corps diplomatique,

Mesdames et messieurs les membres de la Commission Mixte Cameroun-Nigeria,

Mesdames et messieurs,

 

Permettez-moi tout d’abord de remercier mes collègues et amis, le Ministre d’Etat Amadou Ali et le Prince Bola Ajibola pour les allocutions constructives qu’ils viennent de prononcer. Leurs contributions au bon fonctionnement de la Commission Mixte sont appréciables et je continue à compter sur leur appui et sur leur dévouement pour la réussite finale et totale de la mission qui nous a tous été assignée. Je voudrais également saisir cette occasion pour remercier les membres de la Commission Mixte ainsi que tous les autres, africains ou non africains qui, d’une manière ou d’une autre, ont aidé à l’accomplissement des tâches de la Commission Mixte.

Cependant, ne nous y méprenons pas, cette session est très particulière. Elle pourrait donner un nouvel élan à nos activités ou en ralentir la progression.     

Mesdames, messieurs,

Notre ordre du jour pour la présente session comprend les éléments que je voudrais vous énumérer.

J’ai le plaisir de vous informer que la tranquillité et la paix règnent sur les zones du lac Tchad et de la frontière terrestre où il a été procédé au retrait et au transfert d’autorité. Les populations concernées par la mise en œuvre de l’arrêt se sont remarquablement adaptées et intégrées dans leur nouvel environnement. Les rapports produits par le personnel d’observation  de la Commission Mixte, indiquent qu’il n’y a pas de problèmes majeurs, à notre grande satisfaction à tous. Je voudrais, par conséquent, remercier les autorités locales pour les réponses appropriées qu’elles ne cessent d’apporter aux problèmes qui surgissent de temps en temps, et les exhorter à rester attentifs  aux difficultés pouvant surgir dans l’avenir.  

Concernant la frontière maritime, chaque Partie m’a soumis une proposition relative à cette importante question, comme convenu lors de la Onzième session. J’ai transmis chaque proposition à l’autre Partie, et j’attends leurs réactions respectives. Puisque nous devons faire avancer ce dossier, j’ai requis, à ce sujet, les avis du Cartographe, des Conseillers juridiques et du Consultant des Nations Unies.

Nous devrons effectuer des missions de mobilisation de fonds pour la mise en oeuvre des projets allant dans le sens du renforcement de la confiance, et pour la préparation de la Conférence de la Commission du Bassin du lac Tchad. Nous discuterons également des autres mesures de renforcement de la confiance, en particulier l’assistance aux projets concernant la zone de la frontière commune.

A propos de la démarcation, des progrès remarquables ont été enregistrés depuis notre dernière rencontre. En effet, notre Cartographe s’est rendu à New York et a discuté avec le personnel des départements de la cartographie et des achats des questions relatives à l’accélération du processus de démarcation. Plusieurs activités sont en cours, notamment l’acquisition d’images satellite et de matériels informatiques et de logiciels, la définition des spécifications et des normes, ainsi que la nomination de deux spécialistes chargés des images satellite. A ce stade, tous les préalables relatifs à la visite sur le terrain que l’Equipe Technique Mixte va bientôt effectuer, sont remplis.   

Mesdames, messieurs,

Comme vous l’avez sans doute remarqué, l’intense couverture médiatique que nos activités ont suscitée ces dernières semaines ne fait que confirmer encore une fois l’intérêt grandissant accordé à la réussite de notre mission, aussi bien en Afrique que sur le plan international. Ce n’est pas sans raison que  de grands médias internationaux, notamment la BBC, RFI et la Voix de l’Amérique ont fait état du retard survenu dans le transfert d’autorité dans la péninsule de Bakassi. Il ne peut pas en être autrement, car l’intérêt pour le respect de la légalité internationale est réel dans le concert des nations. L’achèvement de notre mission dans la paix aura un impact retentissant, particulièrement sur le continent, tant nos responsabilités, celles du Cameroun et du Nigeria ainsi que de leurs Présidents respectifs, sont immenses. Je suis confiant dans le fait que nous relèverons le défi. Nous faisons face à un vrai test qui est de savoir si les Etats africains sont prêts à se conformer au droit. Quand bien même les évènements de ces quelques semaines écoulées représentent le plus grand défi depuis la mise sur pied de la Commission Mixte, je demeure convaincu que nous mènerons notre mission à son terme et à temps, grâce à la volonté politique des deux Présidents et à leur engagement  pour un règlement durable.     

Mesdames, messieurs,

Le Président Biya qui vient d’être réélu aspire à la paix et au développement dans le cadre de son nouveau mandat. Il s’agit d’une responsabilité complexe à laquelle il fera face, j’en suis convaincu, avec détermination et engagement. L’actuel Président de l’Union Africaine, également Président des Chefs d’Etat et de Gouvernements du Commonwealth, et candidat à un siège permanent au Conseil de Sécurité des Nations Unies, le Président Obasanjo, aspire lui aussi à la paix et souhaite laisser un grand héritage à son pays.

Ce qui fait que nous devons parvenir lors de cette session cruciale à surmonter les écueils. Je suis sûr que nous sommes tous déterminés à faire  prévaloir notre leadership, et non pas à être soumis à des pressions d’une certaine opinion publique souvent changeante et versatile. Le choix parait difficile, mais pas inédit dans l’histoire. Il s’agit, soit d’être passifs et risquer d’être oubliés par l’Histoire, soit de faire preuve de courage et modeler le futur pour faire l’Histoire.

Bien que nous menions nos tâches avec abnégation, patience et détermination, nous devons rester convaincus que notre seule voie de salut dans cette exaltante mission est de la réussir.

Merci de votre attention.

 

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