Bureau des Nations Unies pour l'Afrique de l'Ouest
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RÉUNIONS DE LA COMMISSION MIXTE CAMEROUN-NIGERIA

Allocutions d'Ouverture

Communiqué final

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ONZIÈME RÉUNION

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Tous les Communiqués

ALLOCUTION D’OUVERTURE DU PRÉSIDENT DE LA COMMISSION MIXTE
ET REPRÉSENTANT SPÉCIAL DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DES NATIONS UNIES, M. Ahmedou OULD-ABDALLAH

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Yaoundé, le 18 août 2003

Monsieur le Ministre d’État Amadou Ali,

Prince Bola Ajibola,

Mesdames, messieurs les membres du Corps diplomatique,

Mesdames, messieurs les membres de la Commission Mixte,

Mesdames, messieurs,

 

Permettez-moi, tout d’abord de remercier vivement mes deux collègues, le Prince Bola Ajibola, Chef de la délégation du Nigeria et le Ministre d’Etat Amadou Ali, Chef de la délégation du Cameroun pour les discours qu’ils viennent de prononcer. Ces discours sont dans le droit fil de leur engagement qui est aussi celui des Présidents Paul Biya et Olusegun Obasanjo en faveur de la paix et du bon voisinage.

Mesdames, Messieurs,

C’est, chaque fois, avec un plaisir renouvelé que je m’adresse à vous lors des cérémonies d’ouverture des réunions de notre Commission. Aujourd’hui, le plaisir se double d’une légitime satisfaction à la suite de la visite officielle que vient d’effectuer le Président Obasanjo à Cameroun et de l’accueil particulièrement chaleureux qu’il y a reçu.

Depuis notre dernière réunion ordinaire, tenue à Abuja, les 1er et 2 juin, le rythme des activités de la Commission s’est poursuivi dans l’ensemble, conformément au calendrier révisé adopté à l’issue de cette même réunion.

Le groupe de travail sur la frontière terrestre a tenu sa première réunion à Abuja les 22 et 23 juin, a effectué la visite sur le terrain prévue à Narki, Ndabakura et Bourha Wango, les 4 et 5 juillet et a adopté un concept d’opérations lors de sa deuxième réunion, tenue à Yaoundé le 6 juillet 2004.

De son côté, la Commission Mixte a tenu une réunion extraordinaire à Abuja, le 12 juillet, au cours de laquelle, elle a entériné le travail des experts relatif au retrait et au transfert d’autorité sur la frontière terrestre. Elle a ensuite supervisé, le 13 juillet, les cérémonies de transfert d’autorité dans les localités de Narki, Ndabakura et Bourha Wango. Ces cérémonies ont été l’occasion pour la délégation tripartite de mesurer l’importance que les populations des deux Etats accordent à la consolidation des relations de paix et de fraternité et au respect de leurs droits.

Le 15 juillet, ce fut au tour du groupe de travail sur le retrait et le transfert d’autorité dans la péninsule de Bakassi de tenir, à Abuja, sa première réunion, à l’issue de laquelle, il a adopté ses termes de référence.

La visite sur le terrain qu’il devait effectuer, du 9 au 11 août dans la péninsule de Bakassi et la réunion pour l’élaboration d’un concept d’opérations pour le retrait et le transfert d’autorité dans la presqu’île qu’il devait tenir à Yaoundé le 12 août ont été repoussées. Cet ajournement, que j’espère purement technique,  doit nous permettre de prendre du recul, de consolider nos acquis afin de progresser désormais de manière irréversible et de respecter ainsi notre engagement pour le 15 septembre 2004.

Sur un autre registre, le groupe de travail sur la frontière maritime vient d’achever sa seconde réunion consacrée à la préparation de la production d’une carte incorporant le tracé de la frontière maritime, tel que défini par l’arrêt de la Cour Internationale de Justice en date du 10 octobre 2002. Afin de parvenir à un consensus, les résultats des délibérations de cette réunion sont actuellement au niveau des chefs de délégations, c’est-à-dire le Prince Bola Ajibola, le Ministre d’Etat Amadou Ali et moi-même.

Lors du discours d’ouverture que j’avais prononcé à la Xème réunion de la Commission Mixte, j’avais dit que "si les progrès accomplis sont une source de satisfaction, nous devons rester conscients que de redoutables défis nous attendent" et qu’"il nous faudra davantage de courage, de détermination et surtout de sagesse pour les relever". Il est aujourd’hui particulièrement opportun de rappeler aux deux délégations que le temps est venu de faire montre des qualités, de bonne foi et de souplesse, indispensables au suivi de la mise en œuvre de l’arrêt de la Cour Internationale de Justice. A cet égard, j’interpelle en particulier mes amis et collègues, le Ministre d’Etat Amadou Ali et le Prince Bola Ajibola, mandataires et conseillers de leurs Présidents en la matière.

Mesdames, Messieurs,

Notre travail, à travers la Commission Mixte, va au-delà de la symbolique. Il confirme le renforcement des relations entre deux pays frères et voisins : confiance fondée à la fois sur le respect du droit et sur les perspectives que la paix retrouvée ouvre à une coopération mutuellement avantageuse pour leurs peuples. Il contribue à donner de l’Afrique l’image d’un continent apaisé, soucieux du respect de la légalité internationale, surmontant les divisions du passé et délibérément tourné vers l’avenir. L’intérêt que la communauté internationale porte à la Commission Mixte, née de l’heureux mariage des procédures juridictionnelles et des approches traditionnelles, vient en grande partie de  l’aptitude présumée de cette Commission à enraciner cette image apaisée de l’Afrique, à partir du règlement définitif du différend frontalier entre le Nigéria et le Cameroun. Il importe que nous gardions présent à l’esprit cette attente que nous avons créée  chez la communauté africaine et internationale.

Mesdames, Messieurs,

L'intérêt d’un mécanisme de suivi de règlement de différends ne se mesure pas seulement à ce qu’il permet de réaliser directement. Il tient aussi à ses effets induits. A cet égard, la toute récente visite officielle du président Obasanjo à Yaoundé exprime l’appréciation que les deux chefs d’Etat ont du déroulement et des résultats des travaux de notre Commission. De plus, cette visite montre que la normalisation des relations entre le Cameroun et le Nigeria est désormais un fait avéré. Les deux pays ne se sont pas en effet contentés de dresser un bilan de leurs relations bilatérales dans divers domaines. Ils ont également convenu de la nécessité d’intensifier ces relations, de promouvoir des mesures supplémentaires de nature à renforcer le climat de confiance entre leurs gouvernements et leurs peuples.

Comme signes concrets de la volonté de matérialiser ces engagements, je me félicite de ce que la IVème  session de la Grande Commission Mixte Cameroun-Nigeria se tiendra, en novembre 2004, à Yaoundé et que la Commission permanente sur les questions consulaires et l’immigration, dont la création aurait été convenue à Abuja, en septembre 2002, tiendra sa session inaugurale au Cameroun avant la fin du mois de septembre.

Les relations bilatérales se réchauffent donc en marge des activités de la Commission Mixte. Nul doute, cependant, que ce phénomène, appelé à se développer, demeure très sensible aux progrès qui seront réalisés par la Commission dans l’accomplissement de son mandat. Je ne voudrais terminer ce point sans souligner l’importance de la réaffirmation par le Cameroun de son intérêt pour la Commission du Golfe de Guinée et, son accord corrélatif, d’engager le processus d’adhésion effective au Traité de cette Commission. La coopération économique avec les pays membres de cette Commission, dont le Nigeria, en sera facilitée et renforcée.

Mesdames, Messieurs,

La démarcation de la frontière constitue un volet important du mandat de notre Commission. La réalisation de ce processus requiert une mobilisation plus forte de nos énergies, et plus particulièrement s’agissant de mon propre camp, c’est-à-dire les Nations Unies. Allégée, je l’espère sincèrement, des tâches relatives aux processus de transfert d’autorité, la Commission devrait à l’avenir consacrer à la démarcation, tout le temps et l’attention qu’elle mérite.

Un autre volet des activités de notre Commission appelle, lui aussi, une  attention particulière. C’est celui de l’observation. Nous devons nous assurer que les retraits et transferts d’autorité se sont achevés sans heurts et sans conséquences préjudiciables pour la paix et pour les droits  des populations concernées. A cet égard, il m’est agréable de souligner que le personnel d’observation vient d’effectuer avec succès une visite sur la frontière terrestre, un mois après le transfert d’autorité. Le rapport de cette mission est à votre disposition.

Un troisième volet de nos activités concerne les recommandations relatives à la formulation des projets destinés à promouvoir des "coentreprises économiques" et la coopération transfrontalière dans l’intérêt des populations. Les Nations Unies continueront d’appuyer la mise en place de tels projets. A ce niveau, il me plaît de rappeler la mission effectuée dans la zone du Lac Tchad par l’UNICEF et le Programme Alimentaire Mondial (PAM).

Mesdames, Messieurs,

Ne nous trompons pas : les choses avancent et nous devons nous en féliciter sans toutefois relâcher nos efforts. Le processus engagé par les Présidents Paul Biya et Olusegun Obasanjo et le Secrétaire Général des Nations Unies Kofi Annan doit se poursuivre jusqu’à son terme.

Enfin, je ne voudrais pas terminer sans remercier, une fois encore, le gouvernement et en particulier la délégation du Cameroun pour l’hospitalité qui nous a été réservée et pour les excellentes conditions de travail offertes pour cette Onzième Session de la Commission Mixte Cameroun-Nigéria.

Merci de votre attention.

 

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