MADAGASCAR
 

Déclaration

De
 

Madame Helena Rajaonarivelo
 Déléguée de la République de Madagascar
 
 

Deuxieme Assemblee Mondiale sur le
Vieillissement
 

Madrid, Espagne
le 9 Avril 2002




Monsieur le Président,
Excellences,
Mesdames et Messieurs,
 

En accueillant cette deuxième Assemblée mondiale sur le Vieillissement, l'Espagne est résolue à donner à cette question une place importante dans les problèmes mondiaux et confirme une fois de plus son engagement en faveur du développement social étant donné que les personnes âgées constituent une richesse potentielle pour les nations.

Au nom de ma délégation et du peuple de la République de Madagascar, c'est un grand plaisir pour moi d'adresser mes plus vives félicitations au Gouvernement et au peuple Espagnoles et de m'acquitter de l'agréable devoir de les remercier pour l'accueil très chaleureux qui nous a été réservé.

Je voudrais par la même occasion remercier tout particulièrement le Comité d'organisation espagnole, et la délégation de l'ONU qui ont beaucoup contribué à l'examen et à la mise au point des aspects organisationnels de la tenue de cette Assemblée. Mes remerciements s'étendent également au Président pour le projet de texte qu'il a produit, et qui nous a servi de base pour nos discussions.

Excellences, Mesdames et Messieurs les Chefs d'Etat et de Gouvernement,
Excellences, Mesdames et Messieurs les Chefs de délégation,
Honorables délégués,

Vingt ans ont passé depuis la première Assemblée sur le Vieillissement tenue à Vienne (Autriche) en 1982. Aujourd'hui, nous sommes de nouveau réunis afin d'évaluer les résultats de la mise en oeuvre du Plan d'action et de réajuster nos pas dans notre nouvelle approche pour le développement humain durable. Nous sommes ici pour l'adoption du Plan d'action revisé sur le vieillissement, qui doit être adapté aux réalités socio-cuturelles, économiques, démographiques du nouveau siècle et qui doit tenir compte des besoins et des perspectives des pays en développement.

Par ailleurs, étant membre du Groupe des 77 et de la Chine, Madagascar se rallie entièrement à la position évoquée par le représentant du Groupe et voudrait réaffirmer sa volonté politique ferme quant au développement économique et social de son pays.

Pendant un certain temps, la question du vieillissement n'était pas classée parmi les priorités des dirigeants politiques du monde. Mais désormais, alors que les personnes âgées occupent une plus grande place dans les données statistiques de la plupart des pays, nous devons impérativement formuler des stratégies politiques et sociales suivies d'actions concrètes et immédiates pour faire face à ce défi mondial. Il nous faut considérer cette question avec l'intégration sociale, le progrès de la condition féminine, la stabilité économique ainsi que les questions liées à la pauvreté.

Les statistiques officielles nous démontre que le vieillissement de la population mondiale caractérise désormais un phénomène du XXIème siècle surtout dans le monde en développement. Il est constaté que si les tendances actuelles du vieillissement confirment les prévisions, la proportion du nombre des jeunes sera inversée à la proportion du nombre des vieux. Les femmes sont déjà majoritaires parmi les personnes âgées et représentent 65% des vieillards. L'espérance de vie humaine dans le monde a augmenté d'une vingtaine d'année depuis 1950.

Et même avec la propagation du SIDA, la majorité de la population africaine atteindra l'âge de la vieillesse et vivra, selon toutes les probabilités, plus longtemps que les générations précédentes.

Par ailleurs, cette longevité accrue suscite d'importants débats concernant la qualité de la vie, la possibilité de rester en bonne santé jusqu'à la vieillesse, la participation active et effective des personnes âgées dans la société non seulement comme bénéficiaires de la lutte contre la pauvreté, mais surtout en qualité d'artisans du développement économique durable.

Le vieillissement doit être considéré comme un phénomène qui s'étend à toute la société et se poursuit durant la vie. Chaque génération doit apporter sa part de contribution pour investir dans l'édification future d'une société pour tous les âges, chaque individu a ses responsabilités et un rôle à jouer dans la société.

Monsieur Le Président,

Bien que classé parmi les pays à population jeune, mon pays figure parmi les pays dont le nombre de personnes âgées de 60 ans et plus constitue 9% en 1999 et en 2050 ce pourcentage avoisinera les 19%. En perspective, mon pays commence déjà à entreprendre des mesures adéquates et dont l'objectif est d'adopter et mettre en oeuvre une politique visant à garantir une meilleure qualité de vie aux personnes âgées.

A cet égard, la délégation malgache se félicite de la Conférence régionale sur l'examen approfondi du cadre d'orientation et du Plan d'Action sur le Vieillissement tenue à Naîrobi (Kenya) en décembre 2001 organisée par l'OUA avec la collaboration de Help Age International. Elle s'associe entièrement aux recommandations qui y sont énoncées, notamment en ce qui concerne les droits fondamentaux des personnes âgées, et la nécéssité d'une plus grande sensibilisation sur la situation des personnes âgées et de leurs besoins, la coordination des actions à entreprendre, la réduction de la pauvreté (afin d' assurer la sécurité et la protection sociale des personnes âgées), l'amélioration de leur état de santé,leur accès à un logement décent, définitif et abordable, surtout pour ceux qui vivent en milieu rural, leur réintégration dans le milieu familial, la promulgation des lois pour promouvoir et renforcer le rôle de la famille et de la communauté dans la prise en charge de ses membres âgés, la sécurité de l'emploi et le maintien du revenu, quitte à réviser à la hausse les limites d'âges pour les formations ou les offres d'emplois.

Dans le cas particulier de mon pays, le problème d'isolement des personnes âgées ne se pose pas encore pour la majorité d'entre elles car elles sont encore intégrées et respectées dans leur famille, dans leur communauté, et même dans toute la société.

Malheureusement la paupérisation généralisée de la population détruit le sens de la richesse et de la valeur socio-culturelle et entraine de ce fait l'éclatement de la famille. Bien entendu,ceci conduit à l'isolement des personnes âgées parce qu'elles sont devenues une lourde charge pour leurs familles.

Pourtant, il nous faut reconnaître que les personnes âgées représentent une richesse nationale importante, car elles constituent des réserves de savoir, de compétences et d'expérience que nous devrions mettre à profit avec leur participation effective. Sans vouloir copier le système déjà avancé de la sécurité et de la protection sociale des personnes âgées dans les pays developpés, il serait judicieux d'adopter un mécanisme conforme aux valeurs et aux cultures nationales.

Notre engagement relatif à cette assise de Madrid est déjà confirmé et acquis, et nous comptons sur la Coopération internationale en matière de ressources (temporelles, financières, matérielles et humaines) en vue de renforcer le rôle de la famille, de protéger et conserver le rôle et le statut traditionnels de ses membres élaborer des lois sur les personnes âgées, établir un cadre institutionnel de mise en oeuvre selon un processus participatif d'un département ministériel chargé de la question avec le concours d'une équipe multidisciplinaire de consultants, avec la participation des ONG et la société civile, et toutes les forces vives de la nation.

En ce qui concerne la prise en charge des coûts élevés de la santé des personnes âgées, il serait important de se reférer à l'auto-prise en charge d'abord par elles-mêmes avec l'aide de leur environnement immédiat rassemblé dans un groupement ou dans une association composée de tous les ménages voisins ayant des personnes âgées. Il s'agit de créer une  caisse commune de solidarité dont le financement pourrait provenir d'une contribution tirée d'une partie des revenus de chaque unité. Le devoir de l'Etat et de ses partenaires financiers et techniques serait alors de promouvoir et d'appuyer ces unités de production.

Monsieur le Président,

En conclusion, ma délégation souhaiterait que notre conférence mette davantage l'accent sur la mise en oeuvre des différentes déclarations et recommandations issues des conférences analogues des Nations Unies sur le développement social et économique. Dans ce sens Madagascar réitère son appel à ce que la coopération internationale soit intensifiée et que l'aide financière en faveur des personnes âgées soit augmentée d'une manière plus consistante afin de permettre la réalisation effective des objectifs fixés dans le plan d'action

Je vous remercie.