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Déclaration de Madame Marie-Josée
Jacobs
à la
Madrid, Spain
Monsieur le Président,
Au nom du Gouvernement luxembourgeois je remercie chaleureusement les Nations-Unies d'organiser la 2e Assemblée mondiale sur le Vieillissement. De même, la délégation luxembourgeoise apprécie hautement l'accueil amical dans le pays-hôte de notre rencontre, l'Espagne. Aujourd'hui, au Luxembourg, un citoyen sur 5 a plus de 60 ans, dans une vingtaine d'années, ce sera un sur 4. L'accroissement de l'espérance de vie et la régression de la natalité expliquent le " grisonnement " progressif des pays européens. Nos actions politiques doivent contribuer à ce que cette évolution ne soit pas vécue comme une menace angoissante, mais comme une perspective enrichissante. Les principes d'orientation ont été relevés par de nombreux orateurs à cette tribune: l'intégration et la participation sociales et culturelles, la non-discrimination, la justice sociale, la solidarité sur les plans national et international, l'accès de tous à des services médicosociaux performants, la reconnaissance et la valorisation des ressources et des compétences propres de toute génération, le respect inconditionnel de la dignité humaine... Mesdames, Messieurs,
Pourtant, le message gérontologique est éclairant: à l'âge de 80 ans, 4 personnes sur 5 restent valides et autonomes. Par rapport aux seniors des générations précédentes, les sexagénaires et les septuagénaires ont la chance de bénéficier de quinze à vingt années " dorées". Libérés de leurs obligations professionnelles et jouissant de bonnes conditions de santé, les seniors sont disponibles pour affronter de nouvelles aventures enrichissantes. Néanmoins, les gériatres insistent que, pour jouir de ce cadeau, il faut savoir gérer ses compétences multiples de façon plus consciente et plus responsable. Au Luxembourg, en collaboration étroite avec les administrations communales et des ONG diverses, j'ai développé un réseau de clubs seniors qui proposent aux citoyens ayant dépassé le cap des cinquante des activités très diverses: peinture sur soie, cyber café, danse, visites de musées, conférences, gymnastique, exercices de mémoire, natation., agapes, photographie... Les objectifs sont multiples: cultiver ses ressources diverses, acquérir des compétences nouvelles, éviter l'isolement social et la solitude; s'intéresser à l'actualité, rester en échange avec les autres générations, éviter de se laisser enfèrmer dans les cages dorées de la seule consommation... Dans ce même contexte, je me réjouis de notre collaboration avec notre radio socioculturelle qui propose chaque semaine deux émissions de type " université troisième age ". Une mission indispensable de participation politique revient au Conseil supérieur des Personnes âgées, aux commissions du troisième âge instituées au sein de nombreuses communes tout comme aux ONG qui regroupent les seniors. Il me tient à coeur de souligner la fonction sociale importante des innombrables associations villageoises ou de quartier. Elles constituent un cadre de rencontre intergénérationnelle et d'engagement bénévole actif. Il est vrai d'un côté que les générations ne vivent plus sous le même toit et autour d'une même table. Pourtant, de très nombreux seniors assument des missions éducatives importantes en accueillant en semaine leurs petits-enfants. Ils rendent ainsi d'éminents services à leurs familles tout comme à la société. En même temps, leur investissement contribue à la valorisation et au maintien de leurs compétences. Si je tenais à relever les compétences des personnes âgées et à souligner les investissements requis pour valoriser ces capacités, je sais que l'organisation de soins efficaces au bénéfice des seniors dépendants constitue sans doute la préoccupation majeure de nos initiatives politiques. Dans le contexte de l'évolution économique, sociale et culturelle, ces soins pourront de moins en moins être confiés aux seuls membres de l'entourage socio-familial. Au Luxembourg, tout comme dans nos pays voisins, le Gouvernement investit des moyens considérables pour instituer les services requis: maisons de soins, centres de jour, unités de revalidation gérontologique et de réhabilitation fonctionnelle, réseaux d'aides et de soins à domicile, téléalarme, repas sur roues... Avec l'Association luxembourgeoise Alzheimer, je partage la préoccupation particulière du bien-être des seniors affectés de troubles psycho-gériatriques. Mes services sont en train d'élaborer un projet de loi portant promotion des droits des personnes concernées. La loi instituera entre autres des formes diversifiées de tutorat ainsi que des dispositions de fin de vie. Je me réjouis des initiatives de nombreux gestionnaires de services pour personnes âgées de développer au bénéfice des seniors déments des concepts spécifiques sur le plan tant des infrastructures que de l'encadrement. De même; l'accueil approprié des personnes en fin de vie me tient à coeur. A côté d'unités et d'équipes hospitalières de soins palliatifs, nous avons besoin de dispositifs spécifiques extrahospitaliers: hospices, soins palliatifs à domicile, congés particuliers au bénéfice des membres de l'entourage socio-familial. Avec l'introduction en 1999 (mil neuf cent quatre-vingt-dix-neuf) d'une branche spécifique de la sécurité sociale - l'assurance dépendance - , mon pays espère assurer à moyen et à long terme le financement des soins professionnels requis. La mise à disposition de moyens financiers ne résout le problème que partiellement. Les gestionnaires luxembourgeois ont des difficultés à recruter en nombre suffisant des collaborateurs compétents et motivés. Il a été indispensable d'instituer des voies nouvelles de formation professionnelle voire de formation continue en matière de gérontologie, de gériatrie, de soins palliatifs ou d'accueil de personnes affectées de troubles psychogériatriques. Depuis une dizaine d'années, les ministères de l'Éducation nationale et de la Famille proposent avec beaucoup de succès une fornation aux fonctions d'aide socio-familiale. Les détenteurs du certificat sont habilités à assurer des aides et des soins de base. En coopération avec le Centre Universitaire de Luxembourg et la Fondation Universitaire BeNeLux, mon ministère organise un master en gérontologie, formation universitaire qui s'adresse plus particulièrement aux cadres Sur le plan de la formation et de la supervision, nous devons développer des initiatives particulières au bénéfice des aidants informels. Au Luxembourg, ce sont en grande majorité des femmes ayant souvent le même âge que la personne dépendante En tant que petit pays, le Luxembourg a compris particulièrement bien qu'il ne constitue point un îlot isolé. Dans nos services. aujourd'hui, les seniors luxembourgeois sont soignés en grande partie par des frontaliers allemands, belges ou fiançais et par des immigrés notamment portugais, qui ne parlent pas leur langue et qui ne connaissent que partiellement leurs coutumes et traditions. Demain, dans ces mêmes services, nous admettrons de nombreux nonLuxembourgeois, immigrés et réfugiés, dont nous devrons étudier la culture pour bien les soigner. Nous avons appris à partager - fût-ce dans des limites modestes - nos richesses avec des pays moins avantagés sur le plan financier. Récemment, le Luxembourg dans ses projets d'aide au développement a appuyé plus particulièrement des initiatives au bénéfice des personnes âgées au Cuba, au Liban, à Maurice et au Tadjikistan. De retour au Luxembourg, j'aurai le privilège d'y accueillir mon collègue mauricien pour évaluer nos projets communs. Monsieur le Président,
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