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Déclaration de H.E. Mr. Djamel Ould Abbas
à la
Madrid, Spain
Monsieur le Président, Je voudrais tout d'abord, vous présenter au nom de la Délégation Algérienne, et en mon nom personnel nos plus sincères et chaleureuses félicitations à l'occasion de votre élection à la présidence de cette 2ème Assemblée Mondiale sur le Vieillissement que l'Espagne s'est si généreusement proposée d'abriter. Cette élection témoigne de la reconnaissance de la communauté internationale pour l'intérêt porté à la personne âgée et a la coopération multilatérale en général par votre pays, l'Espagne, avec lequel l'Algérie entretient d'excellentes relations d'amitié et de coopération forgées par l'histoire et la proximité géographique, et notre attachement commun à la paix, à la sécurité et à la coopération dans le monde et plus particulièrement dans le bassin méditerranéen. Je voudrais, également, vous assurer du soutien et de la coopération entière de ma délégation pour la pleine réussite des travaux de notre assemblée. Je voudrais, enfin, remercier le Président de la Commission du Développement Social constituée en comité préparatoire de cette deuxième Assemblée Mondiale, Son Excellence Monsieur Felipe Paolillo Ambassadeur, représentant permanent de l'Uruguay, le bureau, ainsi que le Secrétariat pour les efforts inlassables qu'ils ont déployés tout au long du processus préparatoire afin que tout soit fin prêt pour cette réunion. Monsieur le Président, Depuis la première Assemblée Mondiale, tenue en 1982 à Vienne, notre monde a connu de profonds bouleversements ayant affecté tous les aspects de la vie politique, économique et sociale des nations. Ces bouleversements ont amené nos pays a adopter des politiques et programmes soutenus par des mécanismes leur permettant de faire face à ces nouveaux enjeux du troisième millénaire. L'éradication de la pauvreté, l'humanisation du phénomène de la mondialisation, l'élimination des inégalités ou encore le vieillissement des populations en constituent les principaux défis. Notre rassemblement, aujourd'hui, offre à la communauté internationale, vingt ans après la première assemblée, l'opportunité de prendre l'exacte mesure du phénomène et de faire le point de situation sur la problématique qu'il soulève et qui représente, depuis, l'un des défis auxquels tous les pays sont confrontés. Monsieur le Président, Quel bilan peut-on objectivement faire du plan d'action de Vienne, dont le but visait à renforcer la capacité des gouvernements et plus généralement celle de la société civile, pour apporter une réponse claire et efficace aux problèmes du vieillissement. A cet égard, la Coopération Internationale a joué un rôle primordial dans la concrétisation des objectifs que la communauté internationale s'est fixés lors des différents Sommets et Conférences organisés dans les années 90 sous l' égide de l'ONU (notamment le Sommet Mondial pour le Développement Social et la 4ème Conférence Mondiale sur la Femme) et qu'elle a réaffirmés ou renforcés lors des sessions extraordinaires de l'Assemblée Générale des Nations Unies consacrées à leur suivi. Tous les plans d'action et les nouvelles initiatives adoptés lors de ces manifestations, ont d'ailleurs, opportunément, intégré des actions en faveur des personnes âgées et leur bien-être. Ces actions ont connu des prolongements dans les politiques et plans d'actions nationaux adoptés par les gouvernements et relayés par l'action de la société civile et les Organisations Non Gouvernementales. Sur le plan national, et avec des fortunes diverses l'on s'est attelé dans un environnement souvent difficile, à traduire dans les faits, les engagements pris à Vienne visant à assurer aux personnes âgées leur bien-être et préserver leur dignité. Cependant, l'environnement économique international qui, à la faveur d'une mondialisation, débridée, accorde de moins en moins de place aux catégories fragiles de la société, dont les personnes âgées, a conduit de nombreux pays a mobiliser les ressources pour des besoins et des priorités immédiates. Monsieur le Président, S'il est une région où la situation des personnes âgées a atteint un niveau de précarité élevée, c'est bien l'Afrique où les personnes âgées sont les premières à subir les conséquences d'une crise multidimensionnelle que traverse le continent. Monsieur le Président, On ne peut pas garder le silence devant les tragiques et terribles conditions de vie que connaît le peuple palestinien avec l'agression israélienne continue , la réoccupation des territoires et le blocus inhumain imposé à ce peuple héroïque qui combat pour ses droits fondamentaux et dont nous saluons le courage et auquel nous apportons toute notre solidarité Le déni fait aux droits les plus élémentaires de l'homme palestinien - droit de se nourrir , de se déplacer, de préserver son domicile..., conjugué à l'humiliation, doit interpeller notre conscience pour condamner la politique et les pratiques israéliennes dont sont victimes non seulement les jeunes , mais également les enfants et les personnes du troisième âge. Monsieur le Président, L'Algérie est un pays dont la majorité de la population est jeune, mais conscient de l'importance du phénomène du vieillissement, en tant qu'évolution naturelle, notre pays accorde une importance de plus en plus accrue au développement de politiques sociale et sanitaire visant la protection et la préservation du bien-être des populations âgées. En effet, la personne âgée bénéficie de l'attention toute particulière de l' État agissant par le biais du Ministère de l'Action Sociale et de la Solidarité Nationale d'une part et le Ministère du Travail et de la Sécurité Sociale d'autre part, notamment, par la mise en place de mécanismes à même de conforter matériellement et moralement la condition sociale de la personne âgée et son plein épanouissement au sein de la société. Ces considérations tirent leurs justifications de l' évolution même de la structure de la population en Algérie. Depuis le début des années 80, notre pays a connu des changements démographiques majeurs marqués notamment par un ralentissement du rythme d'accroissement de la population. Le taux d'accroissement naturel est passé ainsi de 3.2% à 1.4% entre 1980 et 2000. cette évolution est liée à la fois à une réduction de la fécondité et une baisse sensible de la mortalité. Le déclin de la mortalité, et notamment de la mortalité infantile, a induit un allongement de l'espérance de vie à la naissance qui est passé de 57.4 ans en 1980 à prés de 71 ans aujourd'hui. Dans le même temps, les catégories adultes augmentent en volume et proportion. Les classes d'âge de 60 ans et plus, bien qu'en augmentation, représentent encore une faible part, oscillant entre 5.8% en 1977, 5.7% en 1987 et 6.06% en 1998. La légère hausse de la part des personnes âgées dans la population totale, apparente dans les années 90, constitue un prémisse du vieillissement démographique à venir. Les projections démographiques donnent d'ici à 2025, un doublement des effectifs des personnes âgées de 60 ans et plus : cette catégorie représentera à cet horizon, 11.6% de la population totale. Le vieillissement devrait aller en s'accentuant et dans moins d'un demi-siècle, la part des personnes âgées de 60 ans et plus sera supérieure à celle des moins de 15 ans. Dans notre société, la personne âgée a toujours joué un role central au sein de la famille. Elle est respectée, vénérée pour sa sagesse. Ses arbitrages ont toujours maintenu l'harmonie et la cohésion au sein de la famille dans le sens le plus large. La modernité et ce qu'elle comporte comme défis et contraintes risque, à la longue, de porter atteinte à cet équilibre et à ce comportement. C'est pour cela que la protection des personnes âgées est assurée par un large arsenal législatif et réglementaire. La constitution algérienne elle-même garantit les conditions de vie des citoyens qui ne peuvent plus se prendre en charge. Cette disposition générale prévoit la protection des personnes âgées et des personnes handicapées. D'autres textes régissant les rapports au sein de la famille recommandent, également, obéissance, protection et prise en charge des ascendants. Ces dispositions s'inspirent des grands principes du Droit Musulman et traduisent les spécifcités et valeurs culturelles de notre société ou la solidarité entre les générations est, conformément a la tradition, profondément enracinée. C'est en accord avec cette philosophie qu'un comité national pour le bien-être et la protection des personnes âgées a été crée en 1999, dans le cadre de la célébration de l'année internationale des personnes âgées. Ce comité a mis en place un plan national d'action en faveur des personnes âgées dont les priorités sont la protection juridique, sanitaire, sociale et d'autres mesures d'accompagnement telles que la gratuité des soins, la création de maisons de retraite, l'aménagement d'espaces réservés aux personnes âgées. Pour mener à bien toutes ces actions le gouvernement algérien prévoit la création d'un fonds de solidarité destiné exclusivement à la prise en charge des personnes âgées. Cette volonté politique témoigne de la compréhension et d'une réelle prise en compte du développement solidaire. Elle marquera, à ne pas en douter, le passage d'une perception du vieillissement à travers le prisme de la maladie et la dépendance à celle du bien-être et de la prospérité partagée entre toute les générations. L'Algérie, partie prenante à la démarche de la communauté internationale dans ce domaine, adhère pleinement aux objectifs du plan d'Action Mondial que notre réunion adoptera et ne manquera pas de prendre les mesures à même d'assurer la promotion des personnes âgées et de concrétiser l'appel de la communauté internationale en faveur d'une société pour tous les âges. Je vous remercie. |