COP21 : « Il faut arriver à un accord à Paris » – le Conseiller spécial de l’ONU sur le climat

25 novembre 2015 – Alors que la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP21) s’ouvre lundi 30 novembre à Paris, l’ONU rappelle que cette conférence qui va durer deux semaines représente un moment décisif pour l’avenir de la planète.

A partir de lundi, les chefs d’Etat et de gouvernement de plus de 147 pays débuteront les négociations destinées à aboutir à un nouvel accord global sur le climat. Son but—maintenir la hausse des températures sous la barre de 2 degrés Celsius. Sinon, selon les scientifiques, certaines conséquences du réchauffement planétaire deviendront irréversibles.

Cette conférence, organisée par le secrétariat de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) jusqu’au 11 décembre, vise également à envoyer un signal fort et clair aux citoyens, aux marchés et au secteur privé : la transformation de l’économie globale est inévitable, avantageuse, et elle a déjà commencé.

Pour en savoir plus sur la COP21 et sur les attentes de l’Organisation, le Centre d’actualités de l’ONU s’est entretenu avec le Sous-Secrétaire général des Nations Unies aux changements climatiques Janos Pasztor. Depuis le mois de janvier, M. Pasztor concentre ses efforts sur la mobilisation de la communauté internationale, pour qu’ensemble, un nouvel  accord sur le climat puisse être conclu.

Centre d’actualités de l’ONU : Quelle est l’importance du Sommet qui débute à Paris dans quelques jours ?

Janos Pasztor : La conférence de Paris sur les changements climatiques est importante pour au moins deux raisons. Premièrement, si on a un bon accord négocié à Paris, cela nous donne la possibilité d’aller dans la direction d’une économie faible en carbone avec moins d’émissions. Il y a beaucoup d’opportunités pour l’économie, pour le développement, pour les technologies et pour que nous puissions organiser nos économies et nos sociétés différemment.

Entretien avec le Sous-Secrétaire général de l’ONU aux changements climatiques. Crédit : Nations Unies

Deuxièmement, les changements climatiques existent déjà. Nous voyons déjà leurs effets, nous pouvons les mesurer. Si nous n’avons pas un accord à Paris, cela va être beaucoup plus difficile dans quelques années de faire le nécessaire—et pas seulement difficile—mais aussi plus cher. Donc il faut le faire maintenant, il faut arriver à un accord à Paris.

Centre d’actualités de l’ONU : Pourquoi devons-nous limiter le réchauffement de la planète à 2 degrés ?

Janos Pasztor : Nous devons garder la hausse de température en-dessous de 2 degrés car les scientifiques nous disent que si la hausse est plus forte, cela va créer des effets irréversibles et peut-être des effets potentiellement très graves sur les populations, sur les ressources naturelles, sur l’environnement, mais aussi sur l’économie. Donc 2 degrés c’est la limite, mais en même temps il faut accepter que 2 degrés ce n’est pas l’objectif—il faut que ça reste en dessous de 2 degrés autant que possible.s de sécheresses. Photo UNICEF/Olivier Asselin

Centre d’actualités de l’ONU : Dans le meilleur des cas, à quoi peut-on s’attendre à l’issue de cette COP21 ?

Janos Pasztor : On réclame une série de décisions qu’on appelle l’Alliance de Paris. Il y aura quatre parties. D’abord, le plan des pays pour réduire les émissions, ça c’est la première chose. Deuxièmement il y aura un accord sur les règles du jeu, la manière dont les pays vont mettre en oeuvre leurs plans nationaux, et comment ils vont augmenter leur ambition tous les cinq ans pour garantir qu’on reste en dessous des 2 degrés. Troisièmement il y aura la question des finances—le financement de la lutte contre le changement climatique, parce qu’il faut payer pour tout ça. Et quatrièmement, il y a le programme d’action, qui rassemble les solutions, pour montrer ce qui se passe déjà dans le monde et quels sont les bons exemples à suivre.

Centre d’actualités de l’ONU : Quel est votre message aux chefs d’Etat et de gouvernement responsables de ces négociations ?

Janos Pasztor : Les responsables politiques, les chefs d’Etat, ont un rôle très important dans ce processus parce que c’est eux qui doivent le guider, qui doivent donner des signaux politiques aux négociateurs et aux ministres qui seront là à Paris, qui vont négocier l’accord. Parce que sans ce genre de signal, les négociateurs ne pourront pas faire leur travail.

10 choses à savoir sur COP21. Crédit : Nations Unies

Centre d’actualités de l’ONU : Et au grand public, quel est votre message ?

Janos Pasztor : Chaque individu est responsable en matière de changements climatiques, et en même temps tout le monde en subira leur impact. Donc il faut que chacun d’entre nous assume ses responsabilités dans sa vie quotidienne, dans les écoles, dans le secteur privé—chacun a pour responsabilité de faire face aux changements climatiques, qui sont une contrainte, mais aussi une opportunité.

2017-11-13T12:32:53+00:00 novembre 25th, 2015|Actualités, Changements Climatiques|