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Discours
de son Excellence Monsieur Kerekou
Président
de la République, Chef de l’Etat,
Chef
du Gouvernement à l’ouverture de la Conférence Ministérielle
Des
Pays les Moins Avancés (PMA)
Cotonou,
05 août 2002
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Messieurs les Présidents des Institutions
de la République,
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Monsieur le Haut Représentant du
Secrétaire Général des Nations Unies, charge des Pays les Moins
Avances, des Pays Enclaves et des Petits Etats Insulaires en développement,
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Monsieur le Directeur Général de
l’Organisation Mondiale du Commerce (OMS),
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Mesdames et Messieurs les Ministres,
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Mesdames et Messieurs les membres
du Corps diplomatique et consulaire,
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Mesdames et Messieurs les Représentants
des Organisations Internationales,
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Mesdames et Messieurs les Chefs
et membres des délégations,
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Honorables Invites,
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Mesdames et Messieurs,
Depuis
1971, l’Organisation des Nations Unies a décidé de dénommer « Pays
les
Moins
Avances » (PMA), une catégorie d’Etats qu’elle juge structurellement
handicapes dans leur développement, et méritant une attention particulière,
de la part de la communauté internationale, dans le contexte actuel
de leurs efforts de développement.
C’est
pour la première fois que notre Pays, le Bénin est chargé d’organiser
la
douzième
Conférence ministérielle de ces Pays dont les Représentants sont
ici présents.
Au nom du Peuple béninois et de ses Institutions républicaines,
je souhaite la chaleureuse et cordiale bienvenue chez nous, au Bénin
à nos Sœurs et Frères venus des Pays les Moins Avances, Enclaves
et des Petits Etats Insulaires en développement.
Pour tous les peuples des Pays les Moins Avances du monde,
c’est une immense joie de vivre dans une espérance certain de l’avènement
des pauvres a la Royauté.
En effet, selon les Saintes Ecritures, les pauvres occupent
une sur la terre condamnée une place de privilégie pour accéder
au Royaume des Cieux.
Mais rassurons-nous, il est aussi dit que tout Homme gagnera
son pain a la sueur de son front.
Des lors, la pauvreté ne peut être considérée par nous comme
une humiliation, encore moins comme un titre honorifique ou une
fatalité.
Que nous soyons pauvres parmi les plus pauvres, que nous
soyons moins pauvres parmi les plus riches, soyons fiers, dignes,
unis et forts de notre appartenance a la communauté des Nations
libres de notre planète.
C’est dire que le Peuple béninois et son Gouvernement sont
heureux et honores de vous voir aussi nombreux, et fermement détermines
de s’attaquer au grand scandale que constitue l’extrême pauvreté
dans nos pays respectifs, en ce début du 21eme siècle et du 3eme
millénaire.
En tout cas, le constat est que, au regard des progrès accélérés
de la Science, de la pratique conséquente des technologies modernes
et de l’accroissement sans précédent de la prospérité qu’ils ont
générés, tant de pays et tant de peuples, a travers le monde souffre
cruellement encore de la faim, de la soif, de l’analphabétisme,
du paludisme, du sida et de nombreuses autres maladies connexes
et transmissibles.
Selon le dernier rapport de la Conférence des Nations Unies
sur le Commerce et le Développement (CNUCED) publie en juin 2002,
le nombre de personnes extrêmement pauvres augmentera de cent treize
millions (113,000,000) dans les PMA d’ici a 2015, si les tendances
actuelles se poursuivent.
C’est ainsi que le groupe des PMA qui était de trente deux
(32) en 1981, a passe a quarante deux (42) en 1990, et a atteint
quarante neuf (49) en 2001 dont trente quatre (34) en Afrique, et
d’autres pays attendent avec impatience leur admission.
Cette rapide progression du nombre des pauvres aggrave nos
interrogations et nos angoisses sur la nature même du nouvel ordre
globalise du monde, et sur la détermination affichée de la communauté
internationale, des pays riches et des Institutions de développement
a éliminer la pauvreté et a promouvoir un développement authentique
et durable dans tous les continents.
Cependant, nous nous devons aussi de reconnaître que les
maux qui nous minent et freinent notre développement en compromettant
dangereusement chaque jour notre situation socio-économique de pauvreté
que nos partenaires responsables en partie, nous reprochent à juste
titre ont pour noms :
-
l’instabilité politique ;
-
l’absence de démocratie ;
-
la corruption ;
-
la mauvaise gouvernance ;
-
le manque de patriotisme et de volonté
réelle de nous atteler résolument au travail pour sortir nos pays
de la pauvreté.
Dans
ces conditions si nous continuons de nous enliser dans la médiocrité
et de
croire
naïvement aux nombreuses conférences internationales, aux résolutions
pertinents, aux promesses formulées et aux programmes adoptes, sans
leur mise en œuvre avec esprit de suite, nos pays ne peuvent amorcer
aucun développement.
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Mesdames et Messieurs les Ministres,
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Mesdames et Messieurs les Chefs
de délégation,
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Mesdames et Messieurs les Délégués.
Face
aux nombreux défis qu’il nous revient de relever, il s’agit pour
nous, des a
présent,
de tirer leçon de nos échecs successifs pour que le 3eme Programme
d’Action en faveur des PMA pour la décennie 2001-2010, adopte
a Bruxelles le 20 mai 2001 par la 3eme Conférence
des Nations Unies sur les PMA, connaisse les résultats escomptes,
car la Communauté Internationale est de plus en plus consciente
de notre état de pauvreté avance.
Ce nouveau comportement s’explique par le Sommet du Millénaire
tenu a New York du 06 au 08 septembre 2001, les rencontres
internationales ont toujours accorde aux questions primordiales
de la pauvreté dans les PMA une attention particulière.
Il en est ainsi de la Conférence Ministérielle de l’Organisation
Mondiale du Commerce tenue a Doha, au Qatar, du 09 au 14 novembre
2001, de la Conférence Internationale sur le Financement du
Développement de Monterrey, au Mexique du
18
au 22 mars 2002, de l’Assemblée Générale
extraordinaire des Nations Unies consacrée aux enfants organisée
a New York du 08 au 10 mai 2002, du Sommet Mondial
sur l’Alimentation qui a eu lieu a Rome du 10 au 13 juin 2002, et
du Sommet du G8 réuni a Kananaskis au Canada du 26 au 28
Juin 2002.
Il s’agit là de changements significatifs dans les mentalités
et des transformations qualitatives que nous apprécions avec discernement.
En créant un Bureau des Nations unies spécialement charge
des PMA, le Secrétaire Général des Nations Unies, Monsieur Kofi
ANNAN a traduit en acte concret la volonté politique et réelle
de la Communauté Internationale de combattre effectivement la pauvreté.
En nommant l’Ambassadeur Anwarul Karim CHOWDHURY du
Bangladesh, homme d’expériences et d’engagement comme son Haut Représentant,
il se donne les moyens de réussir.
Monsieur le Haut Représentant du Secrétaire Général des Nations
Unies, je puis vous donner l’assurance que notre Pays, le Bénin,
soit ou non a la tête du Bureau de Coordination des PMA, notre Gouvernement
vous apportera constamment aide et assistance dans l’accomplissement
de votre noble et exaltante mission internationale.
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Mesdames et Messieurs les Ministres,
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Mesdames et Messieurs les participants
à la Conférence,
Outre
l’analyse critique et approfondi des dossiers inscrits a votre ordre
du jour,
Vous
aurez cours de vos travaux à harmoniser vos différentes préoccupations,
établir les priorités a mettre en œuvre pour un véritable développement
des PMA, faire partager nos points de vue au reste du monde prochainement
a Johannesburg, en Afrique du Sud, au Sommet Mondial sur le Développement
Durable, et au cours de la 57ème Session de l’Assemblée Générale
des Nations Unies.
Je
voudrais donc vous inviter à faire, au cours de vos travaux, un
bilan critique et
rigoureux
de ce qui a déjà été fait et de ce qu’il nous reste a faire, nous
les PMA, entre nous-mêmes, nous les PMA avec les autre pays en développement,
nous les PMA avec le reste de la Communauté Internationale, notamment
avec les pays les plus riches et les plus industrialises du monde.
Il est grand temps pour nous de prendre pleinement conscience
de notre état de pauvreté qui n’est nullement une fatalité.
Aussi la Conférence de Cotonou doit-elle être une première
démonstration de notre volonté politique commune de sortir ensemble
de notre catégorie de PMA.
Grâce à la volonté de Dieu, nous le pouvons si nous le voulons
sincèrement !
C’est sur ces mots de foi et de conviction que je déclare
ouverte, ce jour, lundi
05
août 2002, la Conférence Ministérielle
de Cotonou des Pays les Moins Avances.
Vive
la solidarité entre les Pays les
Moins
Avances, les Pays Enclaves et
Les
Petits Etats Insulaires en Développement !
Vive
la coopération internationale !
Pleins
succès à vos travaux !
Je
vous remercie.
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