Switzerland

Monsieur Pascal Couchepin

 

 

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les délégués,
Introduction

Notre Assemblée générale a entendu de nombreux appels à l'élimination de la pauvreté dans le monde. Des chiffres ont été articulés : ils démontrent l'état accablant de notre monde pour certains, ils sont la manifestation d'un message d'espoir pour d'autres.

Peu importe la signification qu'on leur attribue. L'important, c'est que nous sachions en tirer les enseignements essentiels pour guider notre action en matière de développement social et de lutte contre la pauvreté.


Ces chiffres révèlent avant tout la globalité des défis auxquels notre monde est confronté. Its illustrent la nécessité de travailler tous ensemble, dans un esprit de solidarité, pour trouver des solutions qui donnent un visage humain à la globalisation.


Donner un visage humain à la globalisation


Donner un visage humain à la globalisation : c'est la condition sine qua non pour que nos sociétés et pour que nos peuples apportent leur soutien à ce processus évolutif. Sans ce soutien populaire, nous risquons d'augmenter les réticences de l'opinion publique contre la globalisation.

Ne répétons donc pas les erreurs du passé, et n'oublions pas l'histoire: il y a quelque septante ans, dans un formidable élan contre la globalisation, certains ont préféré à l'ouverture le repli sur soi, le nationalisme, le protectionnisme et le mercantilisme. On sait où cela a mené le monde.

Nous n'en sommes pas là aujourd'hui. Nous disposons d'instruments pour agir et pour renforcer la confiance dans la globalisation. 11 faut en faire usage.


Un consensus renforcé

Nos discussions en plénière donnent un signal encourageant en faveur d'une volonté politique renouvelée afin de concrétiser les engagements pris à Copenhague.


Nous espérons quitter Genève avec un consensus renforcé sur les objectifs du développement social et un cadre d'action pour les gouvernements et les organisations.


Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les délégués,

L'ensemble des vues exprimées dans notre Assemblée démontre qu'il n'y a pas de recette toute faite pour garantir le développement social.

Mais chacun reconnait que la voie tracée à Copenhague en 1995 est la bonne, car elle a la légitimité de la communauté des Nations. Elle repose sur le constat que politique économique et politique sociale se complètent et se renforcent.

Un message de solidarité

Le souci de solidarité et de pragmatisme exprimé à Copenhague illustre la pensée du philosophe grec Platon qui écrivait, dans la République


« Notre objectif, dans la construction et la mise en place de la société et de l'Etat, c'est la recherche du plus grand bonheur possible pour tous, et non pas de celui d'une seule classe » .


C'est dans cet esprit que la Suisse a voulu Genève 2000 car elle croit au rôle prépondérant de la volonté politique exprimée au

sein des Nations Unies, une enceinte internationale qui permet un débat ouvert sur la dimension humaine de la globalisation, dans le souci d'accroitre la prospérité de tous.

Mais la Suisse, toute seule, ne peut pas faire grand chose. C'est pourquoi la Suisse espère que notre Assemblée générale accorde son soutien au dialogue entre les Etats, les organisations internationales et la société civile. C'est ainsi que nous améliorerons la compréhension des retombées sociales de la globalisation, en abordant les liens entre commerce, développement et travail.

La Suisse croit que la communauté internationale disposerait ainsi d'un moyen pour contribuer à éloigner le danger du protectionnisme et, par une politique intégrée, à encourager la coopération entre les organisations internationales pour indiquer les pistes d'actions concrètes sur le terrain.


Favorisant le dialogue Nord - Sud, la Suisse a déjà agi et elle entend continuer d'agir dans les stratégies de lutte contre la pauvreté, notamment en allégeant le fardeau de la dette des pays les plus pauvres. Les moyens financiers ainsi dégagés sont investis à des fins de développement social. De plus, la Suisse poursuivra son action au sein de la Banque mondiale dans le domaine de l'HIPC.

Partant de l'idée qu'un travail décent est un des facteurs prioritaires d'intégration sociale, la Suisse s'engage pour le respect intégral des droits fondamentaux des travailleurs dans le monde. Elle soutient l'élaboration d'une stratégie mondiale de l'emploi à l'Organisation internationale du Travail.


La Suisse estime aussi que l'accès à l'éducation et à la formation - notamment aux nouvelles technologies - est la clef qui ouvre la porte de l'intégration sociale et à un travail décent.


La Suisse souhaite que l'accès aux réseaux de protection sociale et aux soins de santé puisse être considéré comme un bien commun de l'humanité. La Suisse s'est pleinement associée aux travaux du suivi de Beijing qui a eu lieu au début juin à New York, et elle estime que l'égalité entre hommes et femmes est aussi un des éléments centraux du développement social. La Suisse continuera donc ses efforts de coopération dans ce sens.


Le commerce et son accompagnement social.

Enfin, la Suisse veut sauvegarder et renforcer le formidable potentiel économique, de croissance et de développement que la globalisation peut engendrer. Continuons de négocier dans cet esprit et avec détermination dans le système des Nations Unies comme à l'Organisation mondiale du Commerce.

II appartient aux Nations Unies et à ses agences spécialisées d'assurer un volet social global qui accompagne les règles du jeu économique mondial. Ceci doit être fait dans une approche positive et intégrée, pour que le respect et la mise en oeuvre des normes sociales deviennent un véritable avantage comparatif sur les marchés.

Il faut fixer les contours d'un véritable contrat social mondial avec tous les acteurs de nos sociétés : un Etat fort et recentré sur ses tâches prioritaires, les organisations internationales, les entreprises, les syndicats et les organisations non gouvernementales.


Solidarité entre les Nations et au sein des Nations, coopération entre tous les acteurs de la société : telles sont les nouvelles orientations pour réussir la alobalisation.


Genève 2000 a promu des nouvelles initiatives dans ce sens. Même si elles sont peu spectaculaires dans leur formulation, sachons leur donner une véritable signification sur le terrain.


Je vous remercie de votre attention.