REPUBLIC OF IRAQ
S.E. Dr Saadoun Hammadi

Président du Conseil National
Chef de la délégation de la République d'Irak,

à la 24eme Session Extraordinaire de l'Assemblée Générale

Consacrée à la mise en oeuvre des résultats du

Sommet Mondial pour le Développement Social et au delà

(Le développement social pour tous

à l'heure de la mondialisation)

Genève, 29 juin 2ooo

Au nom du Dieu Clément et Miséricordieux

Monsieur le Président,

J'ai le plaisir, au nom de la délégation irakienne, de vous adresser mes compliments et de vous exprimer notre certitude que votre expériences et votre compétence vont participer largement au succès de cette Session Extraordinaire.

Je tiens également à exprimer notre estime et nos remerciements au gouvernement fédéral de la Suisse pour l'hospitalité de cette Session.


Monsieur le Président,

Cinq ans se sont déroulés depuis le Sommet mondial du développement tenu à Copenhague en 1995. Le choix des objectifs du Sommet témoigne la reconnaissance par la communauté internationale de l'importance de placer l'homme au centre des efforts pour le développement.

Toutefois, nous trouvons que les problèmes dont souffre le monde aujourd'hui sont beaucoup plus critiques qu'ils ne l'étaient en 1995. Au moment où les pays développés ont réalisé des niveaux élevés de croissance durable, la plus part des pays du Sud doivent faire face à de multiples crises économiques à cause de la montée des taux de la pauvreté, la disparité de revenues, les dettes extérieures. Les sanctions économiques ont participé, à leur tour, à saper les capacités des pays en voie de développement.


Monsieur le Président,

Depuis la tenu du Sommet de Copenhague 1995, le gouvernement d'Irak a essayé de prendre de multiples mesures en rapport avec le plan d'action de Copenhague dans le but de réduire l'effet de la pauvreté, d'introduire des améliorations dans les domaines de la santé et de l'éducation, de favoriser l'emploi et d'entamer des programmes dans le domaine des services sociaux.

Toutefois les efforts de l'Irak se sont heurtés à de nombreux obstacles créés par les sanctions économiques exhaustives et injustes imposées à l'Irak depuis 1990, outre l'agression militaire anglo- américaine continue.

Les dix dernières années sont caractérisées par une détérioration accrue dans les circonstances économiques, sociales, culturelles et sanitaires du peuple d'Irak.

Les taux de la production nationale ont baissé de deux tiers. Le PAM a indiqué que les prix de produits de base se sont multipliés 850 fois, ce qui a mené une grande partie de la population irakienne aux limites de la pauvreté et de la privation.

Les services dans le secteur sanitaire, se sont gravement détériorés. Selon un rapport de l'UNICEF publié en août 1999 les taux des mortalités des enfants de moins de cinq ans ont atteint le chiffre de 7000 par mois. Le quart des enfants de moins de 5 ans souffrent de la malnutrition chronique.

Avant l'embargo l'Irak a pu parvenir à une éradication complète de l'analphabétisme, mais l'embargo a été la cause de la baisse d'inscription dans toutes les phases de l'enseignement. Le rapport de l'UNICEF indique que toute une génération d'irakiens a grandi sans aucun lien avec le monde extérieur.

Monsieur le président,

Ces derniers temps, les résolutions de sanctions adoptées par le Conseil de Sécurité contre les pays du tiers monde se sont multipliées. En dépit des dégâts énormes subis par la population civile à cause de ces mesures coercives, il n'y a eu aucune tentative de soumettre le Conseil de Sécurité aux restrictions stipulées par la Charte de l'ONU, qui doivent déterminer l'action du Conseil.

Depuis environs dix ans le Conseil de Sécurité maintient les sanctions contre l'Irak malgré la mise en application par l'Irak de ses engagements conformément aux résolutions du Conseil de Sécurité.

Le Conseil de Sécurité doit utiliser ses mandats de manière conforme aux buts et aux principes de la Charte, notamment l'article 25. Le Conseil est doté du pouvoir de prise de mesures coercitives consacrées au maintien de la paix et de la sécurité internationales. L'autorisation donnée au Conseil selon l'article 24 de la charte, est soumise aux restrictions juridiques stipulées par la Charte, notamment celles concernant les droits de l'homme et les critères humanitaires.

II est inacceptable que les pays affectés par ce comportement du Conseil demeurent sans recours juridique ou judiciaire, Comme la CIJ pour juger combien les résolution du Conseil sont conforme à la Charte et au droit internationale.


Monsieur le Président,

La levée de l'embargo injuste imposé au peuple d'Irak est une responsabilité humaine qui devrait être assumée par tous, y compris le Sommet tenu aujourd'hui.

Pour cela, nous tenons à vous appeler ici à rejeter toute utilisation de l'arme de l'embargo économique, non parce que cette politique est contraire avec les priorités de ce Sommet mais par ce qu'elle est contraire avec les principes fondamentaux des droits de l'homme.

La Charte et le droit international interdisent la génocide, et si ce qui se déroule cotre l'Irak n'en est pas une, comment donc sera la génocide ?


Je vous remercie