Poland

 

Intervention de

Madame Irena BORUTA

Sous-Secretaire d'Etat au Ministere du Travail et de la Politique Sociale

 

Geneve, 28 Juin 2000

 

Monsieur le President,
Excellences,
Mesdames et Messieurs,

Tout d'abord, je voudrais vous féliciter, Monsieur le President, d'avoir été élu president de la session extraordinaire de l'Assemblée générale des Nations Unies pour le développement social. Je me rallie à tous les intervenants précédents qui ont exprimé leurs remerciements pour l'organisation de cette session spéciale d'une extreme importance.

Et maintenant, permettez-moi de vous communiquer quelques informations sur le bilan de la mise en place en Pologne des dispositions de la Déclaration et du Programme d'action de Copenhague ainsi que nos réflexions sur la possibilité d'accélerer le développement social dans notre pays.

Face aux nombreux défis tels que la transformation, la mondialisation, l'intégration européenne, en Pologne ont été entreprises les activités visant la lutte contre la pauvreté, la promotion de l'emploi plein et productif et l'intégration sociale ainsi que dans les années 1999-2000 quatre réformes essentielles: du système de sécurité sociale, de la protection de la santé, de l'éducation et celle de la décentralisation du pouvoir. Nous avons déjà noté certains succès de ces réformes. En matière de regime de retraites, après une période difficile d'élaboration de la conception, la réforme est basée sur une philosophie univoque: accroître la responsabilité individuelle pour s'assurer les revenus pendant la vieillesse. En anticipation, on a élaboré également la conception transparente dans le domaine d'aide sociale.

A côté de succès, il existe toujours des échecs. Le chômage constitue toujours un problème, ainsi que les disparités matérielles de plus en plus grandes, l'exclusion des groupes sociaux, l'accès réduit à l'éducation de jeunes plus pauvres et venant du milieu rural, l'accès parfois difficile aux soins de santé et la différenciation des conditions du développement local.

Quest-ce qu'il faut faire pour apporter en Pologne une meilleure réponse aux attentes liées au sommet de Copenhague et à la présente session extraordinaire de l'Assemblée générale?

D'abord, la cause serait bien servie si on arrive à élaborer une conception unique et décidée en commun de l'ordre social dans l'économie du marché, apportant une définition nouvelle des fonctions essentielles de l'Etat providence face à la transformation et à la mondialisation.

Aujourd'hui, il serait trop risqué de dire que dans notre pays il y a un seul modèle de politique sociale précisément défini qui est en train de se mettre en place. Du point de vue d'utilisation des moyens publics et privés, nous assistions à la formation du modèle mixte de l'Etat providence, ce qui se traduit par les conceptions d'appui public aux institutions privées de services sociaux apporté grâce aux allégements fiscaux, aux subventions spéciales, etc. De telles tendances visent la ,,troisième voie" qui permettra de combiner la responsabilité de l'Etat du standard de sécurité sociale généralement requis avec la montée de la responsabilité individuelle. Pourtant, le processus de constitution des proportions fonctionnelles de la participation publique et individuelle ne sera ni facile ni rapide.

Dans le futur, il serait mieux de trancher immédiatement la question du modèle social à adopter que de lui laisser le temps à se cristalliser peu à peu. L'enjeu consiste à tracer les orientations permettant de résoudre les problèmes sociaux essentiels.

Deuxièmement, parmi les actions en faveur du progrès social qui doivent être engagées en Pologne, il faut énumérer la poursuite des travaux sur l'élaboration de la philosophie univoque sur base de laquelle les changements seront apportés aux différentes branches de la politique sociale. Cette remarque est valable surtout pour la mise en place des réformes: celle des services de santé et celle de l'éducation.

Ensuite, la realisation des engagements de Copenhague et la poursuite des actions en faveur du progrès social sont fortement favorisées en Pologne par le développement continue du dialogue social et des organisations non gouvernementales. En ce qui concerne ces dernières, il faut attacher plus d'importance au développement de la société civile; dans ce processus la décentralisation des compétences et des structures de l'Etat est très utile.

Monsieur le President,

La Pologne confirme sa volonté politique de poursuivre la réalisation de la Déclaration et du Programme d'action de Copenhague, partageant l'opinion que ces documents jetent les bases du développement social pour les années à venir. Si nous réussissons à résoudre les problèmes identifies en Pologne, dont j'ai parlé tout à l'heure, ce sera notre contribution à une plus rapide réalisation de l'idée du développement social.