Discours du Chef de la délégation

de Roumanie

Mme. Smaranda Dobrescu


Ministre du Travail et de la Protection Sociale

Genève 26 - 30 Juin 2000



Monsieur le President,
Mesdames et Messieurs,

Cette session spéciale de l'Assemblée Générale des Nations Unies nous offre l'occasion de passer en revue les realisations qui ont été accomplies depuis le précédent sommet social et d'identifier les moyens appropriés pour combattre la pauvreté et promouvoir ainsi le respect de la dignité humaine. C'est une tâche difficile, mais juste et noble .

Dans mon pays, contrairement aux attentes de la population la période de transition d'un système totalitaire vers un système démocratique, fondé sur l'économie de marché, a lieu dans les conditions d'une crise économique profonde accompagnée par une réduction accentuée du niveau de vie. A présent, les revenus de la
population, en termes réels, ont diminué de plus de 40% en comparison à l'année 1989.

La pauvreté est devenue un des plus graves problèmes sociaux qui préoccupe la société roumaine et le combat contre celle-ci est un impératif de la politique économique et sociale. Sans représenter au début l'objet d'une politique systématique et des programmes cohérents, la protection contre la pauvreté s'est imposée comme une nécessite pour les autorités. Elle a influence dans une certaine mesure la conception et le rythme du déroulement de la réforme.

Pour prévenir l'accentuation de la pauvreté, des mesures de protection sociale ont été adoptées, à savoir la garantie du, paiement du salaire minimum, l'institution du système de protection des chômeurs et le prolongement de la période d'octroi d'indemnités, l'institution de l'aide sociale pour les familles avec des enfants, l'accroissement des prestations sociales (pensions, allocations familiales, etc) et le développement de services sociaux. L'efficacité de ces mesures a été malheureusement réduite, à cause de la situation générale de l'économie nationale.

Dans ces conditions en 1998 le nombre des pauvres a atteint plus de 7,6 millions de personnes et le taux de la pauvreté 33,8%. Les foyers les plus touches sont ceux dont le chef de famille est chômeur, paysan ou entrepreneur dans les secteurs non agricoles.

L'individu lui seul ne peut surmonter la pauvreté l'intervention concertée de l'Etat, du pouvoir publique et de la société civile s'impose, par une stratégie concrétisée en programmes d'action et des politiques qui répondent à une multitude d'aspects et causes de la pauvreté.

Dans ce but, en 1997, sous le patronage de l'institution présidentielle, on a créée la Commission Nationale de la Prévention et Combat de la Pauvreté, ayant un rôle de coordination des programmes dans ce domaine. A la suite de l'accord signé par le Gouvernement de la Roumanie et le PNUD, la Stratégie Nationale pour la Prévention et le Combat de la Pauvreté a été élaborée et adoptée en 1998 ayant comme fondement une enquête sévère et complète de la pauvreté et des facteurs qui la déterminent.


L'objet général de cette stratégie est l'élimination ode la pauvreté extrême, la limitation de celle-ci suivie de la réduction de la pauvreté jusqu'à un niveau économique, social et politique acceptable.

La population est consciente que les voies po r vaincre la pauvreté sont le travail et le développement économique. Nos programmes dans ce domaine sont optimistes.

Les résultats économiques pour 2000 confirment le bien-fondé de cet optimisme la chute économiqlie a été arrêtée et un léger accroissement du Produit intérieur brut s'est enregistré.

La volonté du peuple roumain et le consensus, politique pour l'adhésion à l'Union Européennes agissent comme un catalyseur pour le developpement économique et social. La préparation de l'intégration se déroule sur la base de la Stratégie Nationale pour le Développement Economique de la Roumanie à moyen terme et du Plan d'action pour l'implémentation de cette stratégie.

La réalisation de nos programmes pour combattre la pauvreté et promouvoir la dignité humaine dépend essentiellement de nous. Dans les conditions actuelles de la division internationale nous ne pouvons pas faire abstraction de la collaboration entre Etats et de ses effets.

La globalisation comprend graduellement tous les pays et tous les secteurs de la vie économique, politique et sociale. On attend des effets positifs, pour les individus et les collectivités. Mais, ce processus sera regardé avec inquiétude, s'il n'offre pas de chances accrues et égales pour l'emploi pour l'atténuation de la pauvreté, le respect des droits de I'homme et des valeurs humaine la promotion de l'équité, l'élimination de l'exclusion, tant pour les individus que pour les pays.


Les forces et les règles du marché ne peuvent pas résoudre la multitude é de problèmes avec lesquels, le monde est confronté. On impose done une plus grande coopération pour l'établissement de règles adéquates à l'économie. globale, qui soient basées sub l'équité et la démocratie, de sorte que la globalisation puisse créer des conditions favorables pour résoudre les problèmes sociaux avec lesquels nos pays se confrontent.

Nous exprimons, Monsieur le Président, nos souhaits pour que la présente session spéciale de l'Assemblée Générale ouvre la voie à de nouvelles actions nationales et internationales pour résoudre les problèmes qui sévissent dans le monde contemporain.

Nous sommes conscients du fait que l'emploi et l'intégration sociale représentent des objectifs d'une importance cruciale.

Nous vous assurons, Monsieur le Président, du soutient de notre délégation pour le plein succès de cette session spéciale.

Je vous remercie pour votre attention.