REPUBLIQUE DU BURUNDI

 

DISCOURS PRONONCE

PAR SON EXCELLENCE MATHIAS SINAMENYE,

DEUXIEME VICE- PRESIDENT

DE LA REPUBLIQUE DU BURUNDI.

 

Monsieur le President,
Excellences, Mesdames, Messieurs les Chefs de Délégations,
Mesdames, Messieurs les Délègues,
Mesdames, Messieurs,

Permettez-moi tout d'abord de féliciter, au nom de ma délégation et en mon nom propre, le president du bureau de ce sommet mondial, S.E. Théo-Ben Curirab, pour son election à la présidence de cette session.

Je voudrais aussi saisir cette opportunité pour remercier le Gouvernement suisse et le Canton de Genève pour avoir accepte d'accueillir ce sommet, mais aussi féliciter les organisateurs de ce sommet, qui nous ont permis de nous retrouver autour de la question épineuse du développement social, et qui ont mis à notre disposition des documents de qualité.

Le rapport sur la mise en oeuvre des recommandations du sommet de Copenhague nous indique, que malgré les quelques progrès réalises dans l'effort de réduire la pauvreté, de promouvoir l'emploi et d'améliorer l'intégration sociale, bon nombre de pays en développement se sont heurtés à de multiples contraintes aussi bien d'ordre structurel que conjoncturel.

Les distorsions entre la situation des Pays les Moins Avances et celle des pays riches se sont aggravées, mettant en doute le suivi par les uns et les autres, des engagements de solidarité et de partenariat pris à COPENHAGUE. L'Afrique en général, la sous-région des Grands Lacs en particulier, éprouve encore des difficultes d'asseoir le developpement économique et l'amélioration des conditions sociales des populations et des communautés. Certains pays dont le Burundi que j'ai l'honneur de représenter ici, ont connu ces dernières années des situations de crise et d'instabilité sociopolitique graves qui ont rendu l'état de pauvrete encore plus sévère aussi bien en milieu urbain que dans les campagnes.

Dans mon pays, la crise est venue aggraver une situation socio-éconoinique déjà précaire, étant donné la forte pression démographique sur les terres cultivables, le taux d'analphabétisme élevé, sans parler de la pandémie du SIDA qui touche les couches de la population actives et formées.

En dépit de ces difficultés, le Gouvernement du Burundi a fourni de sérieux efforts dans la mise en oeuvre du Plan d'action du Sommet Mondial sur le Développement Social. Des résultats encourageants ont été obtenus notamment dans les secteurs de l'Éducation et de la Santé Publique où les indicateurs sociaux, qui s' étaient gravement détériorés reviennent peu à peu à la situation d'avant la crise. De nombreuses actions ont été également réalisées pour la réhabilitation des personnes sinistrées, pour la promotion du secteur privé et la promotion socio-économique de la femme.

Excellences Mesdames, Messieurs,

Pour sortir de l'engrenage de la violence, le Burundi s'est engagé dans un processus de paix axé autour du dialogue intérieur et des négociations avec les groupes armés et l'ensemble des forces politiques et sociales du pays. Ces négociations se déroulent à Arusha en Tanzanie sous la mediation du Président Nelson Mandela, ancien Chef d' Etat de la République Sud-Africaine. Elles évoluent aujourd'hui vers leur phase décisive, c'est-à-dire la signature d'un accord de paix. L'équipe de la facilitation est aujourd'hui en train de finaliser le projet de cet accord.

Pour le Gouvernement du Burundi, cet accord, pour être crédible et durable, devra viser à la fois la fin des violences, la fin de l'impunité et le consensus de l'ensemble des Burundais autour d'un nouveau contrat social. Le Gouvernement du Burundi est résolu à faire avancer ce processus de paix, notamment par la recherche de compromis acceptables par les différentes parties.

Pour faciliter l'adhésion de toutes les parties à l'accord, nous souhaitons que le projet soit prochainement discuté entre les principales parties car il reste des questions importantes sur lesquels un consensus doit impérativement se former notamment: l'éradication du genocide, le système electoral, le leadership de la transition etc ...

Excellences Mesdames, Messieurs,

Après plus de sept ans de crise, le Burundi a hâte aujourd'hui de se remettre sur les rails. Pour ce faire, il a besoin des encouragements et de l'appui de la communauté internationale, notamment par l'assistance économique aux populations, l'appui à la démocratie et la bonne gouvernance, ainsi que l'aide à la reconstruction et à la relance économique.
Mais ce soutien ne portera pleinement de fruits que si toute la sous-région des Grands Lacs est stabilisée, car il est apparu que les divers conflits dans cette zone sont interconnectés et appellent donc des solutions régionales. Pour sa part, le peuple burundais est engagé et déterminé à mener une lutte sans merci contre la pauvreté, la misère et l'ignorance. Nous avons des programmes réalistes de paix et de sécurité pour tous, de création d'emplois, de promotion des droits de la personne humaine y compris l'égalité des genres, et d'intégration sociale. Nous allons mettre en place ou affïner les plans d'actions permettant de réaliser ces programmes. Nous avons l'intime espoir de réussir. Mais cet espoir serait vain sans une solidarité internationale agissante, un partenariat sincère entre les pays développés et les pays en développement.

La présente Conference est une excellente occasion de se projeter dans l'avenir.

Je vous rernercie de votre attention.