Allocution du

Président de la Confédération Monsieur Adolf Ogi


Chef du département fédéral de la défense,
de la protection de la population et des sports

Genève, 26 juin 2000

* * *

Sur notre planète, 1,4 milliard d'hommes n'ont pas accès à I'eau potable.

2,5 milliards n'ont pas accès à des soins medicaux.

2 milliards sont analphabètes.

1,2 milliard ne reçoivent aucun salaire pour leur travail.

Et 1 milliard d'hommes n'ont pas de travail ou un travail insuffisant.

Ces chiffres ne sont pas exacts.

Ils ne reflètent que partiellement la realité.

Ces chiffres doivent nous faire reflechir.


Bienvenue en Suisse!
Bienvenue a Genève !
Je vous apporte les salutations
chaleureuses du Gouvernement
suisse et de mes concitoyens.


Genève est notre fenêtre
sur le monde.

Nous sommes fiers que Genève reste une plate-forme importante du dialogue international.

Le but du Gouvernement suisse est de renforcer encore la Genève internationale. Nous y travaillons.

Monsieur le Secretaire general,

Mesdames, Messieurs,

II ne se passe pas un jour,
sans qu'on entende parler :

- d'une fusion entre deux groupes,

- de la naissance d'un nouveau géant
- de la naissance d'un nouveau géant
de I'économie,.
- de la disparition de milliers d'emplois.

Avec la perspective d'un monde meilleur quand les restructurations seront terminées.

Avec la perspective d'emplois supplémentaires, un jour.

Avec la perspective d'augmenter les richesses, d'une entreprise, d'une région, d'un Etat.

En même temps, il ne se passe pas un
jour sans qu'on entende parler :

- de famines,

- de guerres, de violences,

- de chômage, de détresse humaine.

Les enfants dans les usines ça existe !

Les femmes dont la condition s'est terriblement aggravée : ça existe !


Les femmes jouent un rôle essentiel pour maintenir le lien social !


Ce contraste brutal, c'est la realite d'aujourd'hui !

Les bienfaits de la globalisation nous sont connus.

En même temps, la globalisation nous emmène aussi sur les chemins de I'inconnu.

C'est pourquoi, nous devons tous etre vigilants. Plus que jamais !

Parce que les bienfaits de la globalisation doivent profiter au bien de tous.

Global economic progress
must find its social corollary.

 

This is impossible without politics.

It is also impossible against politics.

It is only possible through responsible political work.

We all know:

- how national politics are,

- how international economics have become.

Around the globe .
Around the clock.


But not for much longer
will we escape global politics.

We need to have a level playing field and fair rules by which to play the game. Globally!

If we succeed people will lose
the widespread sense of helplessness.

The citizens will be duly empowered to actually share in the shaping of the global economic order to come.

An order whose watchword should not simply be shareholder value but freedom and justice.

If we succeed we can make a common commitment

- to progress,

- to win the battle against poverty, fear and fury.

Oui, cela ne peut se faire qu'avec la politique.

Se voiler la face, se comporter en autruche aujourd'hui, serait une attitude dangereuse.


Pourquoi ? Parce que les acteurs de la globalisation se priveraient de leurs

ressources les plus precieuses.

A savoir :

- le capital humain,

- donc les consommateurs,

- et, par consequent, le marché.

Ce serait un prodigieux autogoal !

La politique ne peut pas démissionner. Je le répète !

La politique ne peut pas prendre
congé de ses responsabilités sociales.
Pas plus que I'economie, d'ailleurs.

C'est-à-dire :

- I'intérêt du plus grand nombre

- et I'intérêt de I'individu.

Comme la globalisation, cette responsabilité ne s'arrête pas aux frontières nationales.

Elle nest pas seulement celle des organisations internationales.

Elle nest pas limitée dans le temps !

Démissionner aujourd'hui, ce serait repousser les problèmes à demain.

Ce serait provoquer des problèmes encore plus graves demain.

Quelle sera leur dimension ?

Je suis convaincu dune chose,
c'est le role des gouvernements :
- de nouer un dialogue permanent,
- de trouver des solutions
pragmatiques, chaque jour.


Avec les partenaires de I'économie.
Avec les partenaires sociaux.
Avec les organisations internationales.
Avec les organisations non gouvernementales.

II n'y a pas d'autre solution.
A un probleme global, il ne peut y .
avoir qu'une solution globale !


La Suisse,
Monsieur le Secretaire general,
Mesdames, Messieurs,


La Suisse est prête à chercher ces
solutions avec vous.


La Suisse est prète à vous aider dans
la construction de ce dialogue
permanent.


La Suisse est prète pour
ce dialogue d'avenir.


La liberté, le goût du dialogue, la
recherche du consensus sont des
valeurs chères à la Suisse.


Qu'elle partage avec
les Nations Unies.

Avec ses 4 langues, ses 4 cultures et ses 26 cantons, la Suisse vit en paix depuis plus de 150 ans !

Depuis 1848 :

- grâce a la démocratie directe,

- grâce au fédéralisme,

- grâce à la subsidiarité et à la solidarité.

En fin de compte, I'être humain reste au coeur de toutes nos preoccupations.

Oui, Mesdames, Messieurs, les chiffres que j'ai évoqués nous font
réfléchir.

Ils sont le miroir de notre monde.

Je vous remercie de votre attention.