ALLOCUTION DE

S.E.M. REXHEP MEIDAN

PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE D'ALBANIE

 


Genève, le 26 Juin 2000

 

Monsieur le Présient,

Mesdames, Messieurs,

Permettez-moi d'abord, Monsieur le Président de cette session, de vous exprimer mon entière confiance dans le succès de ses travaux sous votre haute conduite.

Monsieur le Président,

 

Dès l'abord, j'ai le plaisir de vous exprimer ma haute appréciation de l'organisation de cette Session extraordinaire consacrée aux problèmes du développement social. Cette réunion offrira à tous les pays la possibilité d'analyser leurs réalisations et leur travail ainsi que d'échanger des appréciations sur les résultats de leur expérience en fonction des engagements pris il y a cinq ans au Sommet de Copenhague.

Consciente de la grande importance que le problème du développement social, en tant que partie intégrante du développement général et du renforcement de la démocratie dans le monde, a revêtue dans cette période, l'Albanie, elle aussi, a fourni de gros efforts pour atteindre ces objectifs, en accomplissant des avancées substantielles dans le renforcement des institutions démocratiques et de la société civile, de la presse et des médias électroniques indépendants, de la défense des libertés et des droits de l'homme ainsi que dans le réaffermissement de l'Etat de droit. Etant une jeune démocratie, l'Etat albanais déploie des efforts incessants en vue de consolider l'économie de marché, l'ordre publique, les structures institutionelles démocratiques, dans le cadre de sa nouvelle Constitution adaptée à notre époque et de sa législation en perfectionnement continu.


Il convient également de prendre acte du processus de décentralisation en cours du pouvoir exécutif central, à travers un souffle accru conféré au pouvoir, local ainsi qu' à l'extension de son champ d'initiative. En dernière analyse. c'est bien là la voie qui permet de concilier la souveraineté nationale avec l'autorité supranationale (européenne ou internationale), en même temps qu'avec la globalisation et son épiphénomène, la régionalisation.


L'Etat et le gouvernement albanais. considérant le dévelopement économique comme étant nécessairement tin élément important en même temps qu'une partie intégrante du progrès social. ont conféré un rôle prioritaire au développement économique du pays à travers l'essor et l'encouragement de la libre initiative. A cette fin. des mesures concrètes ont été raises en oeuvre pour promouvoir le processus de privatisation dans les secteurs stratégiques de

l'économie albanaise, y compris le système bancaire. De pair avec la mise au point et l'application d'une législation contemporaine, des efforts incessants ont également été déployés en vue de stimuler et de soutenir les investissements locaux et d'attirer des financements étrangers dans les secteurs vitaux et lucratifs de l'économie, visant ainsi à réduire le taux élevé de chômage et la pauvreté qui en est le corollaire.

Dans le cadre des engagements de l'Etat et du gouvernement albanais tendant à promouvoir l'essor de la société albanaise et la réalisation des objectifs fixés à Copenhague, je souhaite exprimer ici à cette occasion ma haute appréciation de la coopération fructueuse établie entre l'Albanie et la Banque Mondiale, et cela non seulement à travers la mise en é oeuvre d'une série de projets importants pour l'économie albanaise, mais grâce aussi à l'élaboration et à l'étude de projets concernant le développement social, afin de faire obstacle a« phénomène délètére qui sévit en Albanie, dans notre région, comme du reste dans les autres pays pauvres du monde, à savoir le " brain drain ", qui, en même temps qu'il réduit le potentiel civique, intellectuel et démocratique des pays frappés, s'accompagne d'importants préjudices sociaux et pertes économiques.

Dans cet ordre d'idées, je souhaiterais réévoquer certains de ces projets, notamment "le Projet de réhabilitation du service sanitaire", "le Projet de réforme de l'administration publique", "le Projet de reforme de l'éducation " et " le Projet d'assistance dans la répartition des prestations sociales ".

Je voudrais aussi saluer l'initiative prise récemment par le FMI et la Banque Mondiale pour fournir leur assistance en vue d'atténuer le seuil de pauvreté dans le monde entier, ce qui, à mon sens, constitue une importante avancée pour passer de l'économie " sociale " de marché à l'économie "morale" de marché, autrement dit à une économie sociale de marché au niveau planétaire.


Mesdames, messieurs,


Nous aeons tous conscience de ne pouvoir construire un monde démocratique et avancé sans oeuvrer dans le sens du développement social. Cet effort est et demeurera la force primordiale permettant de promouvoir le développement social dans le monde entier.

En dépit des réalisations que je viens d'évoquer, l'Albanie est confrontée à de multiples problèmes sociaux qui sont le produit direct de la période difficile de transition, mars aussi des crises réitérées qui ont frappé le pays et la région, et au nombre desquelles ressortent celles qui ont éprouvé le Kosovo. En ce qui les concerne, l'Etat et le gouvernement albanais étudient les voies et les moyens appropriés pour mettre en place une action intégrée visant à atténuer la pauvreté. On aura ici en vue le problème de l'exclusion social, qui est au

nombre des facteurs importants définissant le seuil de pauvreté en Albanie. Aussi la stratégie à appliquer en vue d'atténuer la pauvreté dans mon pays aura-t-elle pour point central une juste répartition des profits résultant de la croissance économique parmi la population entière tout en prenant en compte le capital social existant au niveau de la communauté, ce qui implique la création de conditions d'existence normales partout où vivent les hommes.

De même, dans le cadre de cette stratégie, le gouvernement albanais étudiera la possibilité de mettre en oeuvre des programmes de travaux publics qui seront concentrés dans les lieux où vivent les communautés les plus dépourvues, principalement dans les zones rurales, tout en poursuivant la réalisation de programmes de formation, aux objectifs clairs et bien fondés, pour et par la recherche de marchés, ainsi que de projets concrets et d'actions efficaces en faveur des couches les plus défavorisées de la population, comme les personnes âgées, les orphelins, divers groupes d'invalides, etc.


Monsieur le President,
Mesdames, messieurs,


L'engagement de tous les pays de notre région dans l'Initiative du Pacte de Stabilité ouvrira, je l'espère, de nouvelles voies de développement à tous les pays qui y participent. Dans ce cadre, le gouvernement et l'Etat albanais sont engagés totalement à fournir leur contribution à la stabilisation et au développement à long terme de la region, en soutenant les processus de paix, de tolérance, de coexistence et de mise en place d'institutions démocratiques au Kosovo.

Je tiens à indiquer ici que tout le travail accompli à ce jour pour la rédaction des projets de trois volets du Pacte de Stabilité aura un impact très positif sur le développement économique et social de toute cette région qui compte actuellement une population correspondant à environ 15% de celle de la CE, alors que son produit brut n'en représente pas plus de 0,7%. Mais le point essentiel à souligner ici reside en ce que, pour réaliser tous ces projets il convient de se mettre immédiatement à l'oeuvre. C'est précisément le moment de passer des rencontres et des conferences répétées à des réalisations concrètes, en se gardant de tout type de bureaucratie, en particulier de la bureaucratie financière. Dans ce contexte je souhaite souligner que nous considérons la libre circulation des hommes, des idées, des capitaux et des marchandises comme le fondement d'un vigoureux développement de l'économie, de la société et, en conséquence, de la démocratie dans notre région. Nous ne saurions prétendre à des Balkans démocratisés si nous maintenions encore, dressés autour de nos pays, des " murs " au libre mouvement des sujets. Une communication libre et réciproque contribuerait sensiblement au rapprochement entre les peuples, aux échanges culturels et, en conséquence, à l'apaisement de la haine et des conflits interethniques qui ont hélas manqué jusqu' à ce jour cette région de l'Europe.

Un espace économique commun dans les Balkans, une sorte de "miniSchengen" stimulerait vigoureusement les développements souhaitables dans la région, en fournissant le souffle indispensable à la vision d'ensemble elle-même, au concept intégrant du Pacte de Stabilité .

Dans le cadre de ces développements positifs, l'Albanie apprécie hautement le rôle actuel de la Communauté Européenne, des Etats-Unis d'Amérique et des autres pays et elle souhaite que l'intérêt manifesté pour l'essor et la démocratisation de la région se poursuive avec le même engagement et la même intensité à l'avenir également.

Monsieur le Président,

Mesdames, messieurs,

Le Pacte de Stabilité pour l'Europe du Sud-Est est l'acte qui jette les fondements de la consolidation des valeurs démocratiques, de l'essor économique et du renforcement de la sécurité dans notre région. A cette occasion je souhaite saluer le plein appui que les pays de notre région se sont déclarés prêts à fournir à cette initiative, tart à la rencontre de Cologne qu' à celle de Sarajevo et, tout à la fois, rendre hommage à la générosité des grandes nations à la rencontre de Bruxelles. Le gouvernement albanais s'est entiérement engagé la réalisation des objectifs visés par ce Pacte, en présentant des suggestions et des propositions concrètes pour le développement des relations économiques avec les pays de la région, pour la réalisation de projets communs, la création d'institutions interbalkaniques appelées à contrôler et à accroître le respect des droits de l'homme ainsi que les mesures de sécurité dates les Balkans. Conscient de ces objectifs, l'Etat albanais voit dans les Balkans d'un avenir proche une région démocratisée, dotée d'une économie engagée à atteindre les nivaux des pays développés, et où l'assistance sociale et le respect des droits de l'homme soient d'un degré comparable aux standards européens et mondiaux les plus avancés.


Monsieur le Président,

Mesdames, messieurs,

Pour terminer, permettez-moi une nouvelle fois, Monsieur le Président, de vous souhaiter à vous ainsi qu'aux délégations ici présentes une session fructueuse pour le plus grand bien de la prospérité et du développement social partout dans le monde.


Je vous remercie.