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Secretary-General Ban Ki-moon

Off-the-Cuff

Remarques a la presse du Secretaire general des Nations Unies a l'issue de l'entretien avec le President Joseph Kabila

Kinshasa, Democratic Republic of the Congo, 21 March 2006

SG: Avant de répondre à vos questions, j'aimerais vous dire que je suis très content d'être ici à Kinshasa. J'ai eu l'occasion de rencontrer le Président Kabila. On a discuté de la situation politique, on a parlé des élections prévues au moins de juin, de la réforme de l'armée. On a parlé aussi des Nations Unies, de la situation économique, et éventuellement de la question de reconstruction. Donc, on a pu échanger [sur] pas mal de sujets. Je suis prêt à prendre vos questions.

Q: Excellence, Monsieur le Secrétaire général, avec l'expression de ma très haute considération, ma question porte sur le processus électoral. Vous l'avez dit, vous en avez fait le point avec le président de la République. De la mise en place des institutions de la Transition, à la promulgation de la Loi électorale, la Constitution de la troisième République, en passant par les opérations d'enrôlement des électeurs et le référendum constitutionnel, avez-vous l'impression que ce processus évolue très bien au Congo Kinshasa ? Et puis, par rapport aux exigences, à ceux qui voudraient rester en marge du processus et ceux qui conditionnent la poursuite de leur participation aux institutions de la Transition à certaines revendications, qu'est-ce que vous donnez-vous comme réponse ?

SG: On a fait énormément de progrès. Comme vous venez de dire, la Constitution a été votée, les votants enregistrés et les [préparatifs] continuent. Ce qui est important, c'est qu'il y ait une élection [qui soit] transparente, équitable, ouverte et sécurisée. Elle doit être aussi inclusive. Tout le monde doit avoir la possibilité d'y participer sans condition. Il y a les règles du jeu et tout le monde doit respecter les règles du jeu et accepter les résultats. Et donc, j'encourage les politiciens, les partis politiques congolais de vraiment s'y mettre et travailler ensemble, de participer en acceptant les règles du jeu.

Q: Quel message, avez-vous voulu, en tant que communauté internationale, adresser au peuple congolais à travers le transfert et la comparution de Thomas Lubanga devant la Cour pénale Internationale ?

SG: Laissez-moi d'abord vous dire que le peuple congolais a une chance historique de choisir leurs dirigeants et j'espère qu'ils vont participer pleinement.

En ce qui concerne l'arrêt de Lubanga, je crois que c'est une très bonne chose. C'est un message important qui vient d'être passé : on ne peut pas accepter l'impunité. Les gens qui se comportent comme lui, ils vont être responsables, on va les punir. On a commencé avec lui, il y en a d'autres. Je suis sûr que eux aussi vont payer pour les crimes qu'ils ont commis.

Q: Ma question est en rapport avec les menaces proférées dernièrement par le Président ougandais envers la République démocratique du Congo. Pourquoi les

Nations Unies n'envisageraient-elles pas un programme de paix et de réconciliation pour l'Ouganda, de manière à ce que cette rébellion puisse être éradiquée totalement et que la République démocratique du Congo puisse (inaudible) dans la paix.

SG: D'abord, cela fait 20 ans que [dure] cette question de [Joseph] Kony. Il avait commencé au nord de l'Ouganda. Il a aussi affecté le sud du Soudan. Dernièrement, on a parlé de l'Est du Congo. Je crois que la Cour [Pénale] Internationale….Il était déjà cité et on le poursuit. Mais évidemment, Lubanga a été arrêté mais lui pas encore. Donc, la communauté internationale est impliquée. On a décidé de faire tout ce qui est possible pour régler cette question. C'est aussi très important que les relations entre les pays voisins s'améliorent. J'ai cru comprendre que les relations avec le Rwanda vont très bien et j'espère que cela va continuer dans le même sens avec l'Ouganda. Mais les trois pays doivent travailler ensemble pour régler la question entre eux et traiter cette question de rebelles qui créent des problèmes pour tous les pays dans la région.

Q: M. le Secrétaire général, les Nations Unies ont demandé à l'Union Européenne d'envoyer ses troupes pour sécuriser les élections. Qu'est-ce qui motive cette demande ? La MONUC est-elle incapable d'assurer à elle seule la sécurité durant cette période ?

SG: La MONUC est avec vous depuis quelques temps, quelques années. Je crois qu'elle a fait du très bon travail partout où elle se trouve dans votre pays. Mais parfois, il faut prendre des précautions. On va [entamer] une pression énorme dans ce territoire très vaste. Pour ce genre d'activités, on n'a jamais suffisamment d'hommes. Donc, avoir un arrangement pour qu'[en cas de besoin], la force de l'Union Européenne [puisse] venir nous aider, est raisonnable. Cela ne veut pas dire qu'on va [trahir ou attaquer] qui que ce soit. Mais ce qui est important, c'est de faire comprendre à la population que la communauté internationale est préparée à tout faire pour s'assurer qu'on a une élection calme, pacifiée et sécurisée. C'est dans ce sens qu'on a fait cet arrangement avec l'Union Européenne.

Q: Monsieur le Secrétaire général, les Nations Unies soutiennent la pacification et la reconstruction de la République démocratique du Congo. Mais il s'avère que sur le plan économique, depuis un certain temps, il y a un problème que pose la Mission onusienne en République démocratique du Congo face à la Société Nationale d'Assurance tout simplement parce que la MONUC ne fait pas assurer ses véhicules et d'autres matériels en République démocratique du Congo mais plutôt en Ouganda, au Kenya et au Rwanda.

SG: Je n'ai pas de détails sur cette question et je ne sais pas de quoi il s'agit. Je ne sais rien de cette affaire.

Q: There is this terrible humanitarian crisis going on in the center of the province of Katanga, what is your comment on this, what can the UN do to bring an end to this, would that not jeopardize the electoral process?

SG: I think we have always been very concerned about the humanitarian situation in the country. In fact, this morning I had a very good briefing from Mr. Swing, senior officials of MONUC and the Force Commander, and one of the issues we focused on was the humanitarian situation and the fact that it is desperate, it is acute, we need lots of resources from the international community. And if you look at the figures and the extent of the suffering cumulatively, you probably have a Tsunami in this country every six months in terms of numbers of deaths and dying. But the international community has to do more; we need to get the resources to be able to respond. But of course the Congolese would also have to work with us in assuring that there is security in the areas that will allow access to those in need. But we are very conscious of this. My own humanitarian coordinator Jan Egeland has been harping on this to the international community, and so has Bill Swing, my Special Representative. And as I said today, the briefing they gave me, this issue of humanitarian need was on top of the agenda, and we will press on and work with the international community to get the resources possible to offer additional assistance. On this issue, I'm extremely happy that as part of the UN reform, the member states set up a new humanitarian fund for humanitarian action that will allow us sometimes to move much faster than we are able to do traditionally. Because the way we operate today when we need the money for those crises, we then pass the begging bowl around and wait for governments to respond. But if you have the funds, that you can start using straightaway, you may able to save more lives and get help faster to people in need.