Off-the-Cuff
Remarques à la presse du Secrétaire général des Nations Unies à l'issue de l'entretien avec le President Denis Sassou-Nguesso, le Président de l'Union Africaine
Brazzaville, République du Congo, 20 March 2006
SG: Mon épouse et moi nous sommes très contents d'être là. On se sent chez nous. J'ai eu de très bonnes discussions avec le Président sur un tas de questions, y compris la réforme des Nations Unies, le travail du Conseil de sécurité, les questions du Darfour, de la Côte d'Ivoire, du Liberia. On a parlé de la question de l'Iran, qui est saisie aujourd'hui par le Conseil de sécurité. On a parlé du pays voisin, la RDC [République démocratique du Congo] où je vais demain et des élections prévues pour juin. Comme vous voyez, on a énormément de problèmes à résoudre, surtout en Afrique et on travaille très étroitement ensemble et on va continuer à le faire.
Q : Justement à propos de l'Afrique, Monsieur le Secrétaire général, ce matin certains parlementaires congolais vous ont interpellés sur le fait que dans les régimes africains, la plupart des conflits naissent de l'inorganisation consensuelle des élections. Est-ce que vous en avez parlé avec les autorités congolaises?
SG: Ici ?
Q: Oui
SG: Oui j'ai vu les leaders des partis politiques ce matin. Je leur ai conseillé d'abord en ce qui concerne les élections et la démocratie, il y a une question d'éducation, parfois il faut même avoir un code de conduite et tout le monde doit le respecter. Et si des élections sont organisées d'une façon transparente, tout le monde doit en accepter le résultat et travailler ensemble et avoir en tête l'intérêt du pays, et pas l'intérêt d'un seul parti ou d'un petit groupe. Parce que vous êtes tous Congolais, il faut vraiment travailler pour le pays. Des élections sont importantes, sont nécessaires mais ce n'est pas une fin en soi. C'est une étape. Après cela, on doit pouvoir travailler ensemble soit dans l'opposition ou dans le parti au pouvoir. Mais les deux groupes doivent travailler ensemble. Cela arrive ailleurs, pourquoi pas en Afrique ?
Q : Vous avez parlé avec le président de l'Union Africaine. Est-ce que vous avez parlé concrètement de comment vous allez établir le processus électoral en Côte d'Ivoire et concrètement dans le processus électoral en RDC?
SG : En ce qui concerne la Côte d'Ivoire, nous sommes en train de travailler ensemble. On a parlé de la nécessité du désarmement, des préparations pour les élections, qui sont prévues pour octobre. Et si les parties ivoiriennes travaillent ensemble, on arrivera à le faire. Pour le moment, les choses vont assez bien. RDC, on aura des élections en juin et j'espère que cela va être un processus inclusif et c'est absolument nécessaire que tout le monde participe.
Q: Qu'est-ce que vous attendez de l'Union Africaine pour éventuellement faciliter le travail des Nations Unies en Côte d'Ivoire ?
SG : D'abord, l'Union Africaine co-préside le Groupe International de Travail qui traite ce dossier de la Côte d'Ivoire. L'autre co-président, c'est mon Représentant Spécial en Côte d'Ivoire ; donc l'Union Africaine et les Nations Unies travaillent très très étroitement ensemble. On va continuer à gérer cette affaire ensemble et j'ai eu une très bonne discussion avec le Président qui est en contact presque quotidien avec les leaders ivoiriens. Je crois qu'avec la coopération, le travail ensemble, avec nos frères et soeurs ivoiriens, on va réussir.