Sanctions, une Étape Positive dans la Lutte contre Les Violences Sexuelles en Conflit en République Démocratique du Congo (RDC)

Déclaration de la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies chargée de la question des violences sexuelles en conflit Zainab Hawa Bangura

(New York, 8 janvier 2013)

Je me félicite des sanctions imposées par le Conseil de sécurité aux Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et au Mouvement du 23 mars (M23) pour avoir commis des actes odieux de violence, y compris des actes graves et répétés de violence sexuelle contre la population civile dans la République démocratique du Congo (RDC). Je me félicite également de la désignation du lieutenant-colonel Eric Badege et Mr. Jean-Marie Lugerero Runinga du M23 pour des violations graves des droits de l’homme et du droit international humanitaire. Le Comité des sanctions du Conseil de sécurité concernant la RDC montre une voie, en mettant l’accent sur les crimes de violence sexuelle.

J’invite instamment les États membres à veiller à la pleine application des mesures imposées par le Conseil de sécurité, y compris l’interdiction de voyager et le gel des avoirs. Je demande à la Conférence internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL), particulièrement à travers son mécanisme de vérification conjoint, d’aider les autorités congolaises à prévenir et à faire face aux violences sexuelles liées au conflit à l’est de la RDC. Ceci est en accord avec la Déclaration de Kampala des Chefs d’Etat et de Gouvernement des États membres de la CIRGL sur la prévention des violences sexuelles et basée sur le genre (2011) et le Protocole sur la prévention et la répression de la violence sexuelle contre les femmes et les enfants (2006).

La prévention et la réponse à l’épidémie de violence sexuelle en RDC nécessitent un nouvel élan et de multiples partenariats. Il est l’un des nombreux crimes corolaires au conflit, commis quand les familles sont vulnérables et déplacées. Malheureusement, c’est une scène qui continuera à se répéter en RDC à moins que nous y mettions immédiatement fin.

Je demande instamment au Premier ministre Matata Ponyo Mapon d’enquêter et de poursuivre en justice les auteurs des crimes de violence sexuelle qui auraient été commis par les Forces armées de la RDC (FARDC) et autres groupes armés à Minova, au Sud-Kivu, et à Munigi et Goma, au Nord-Kivu, en novembre 2012. J’exhorte le Premier ministre à mettre pleinement en œuvre la stratégie nationale de lutte contre les violences sexuelles et fondée sur le genre et d’élaborer un plan d’action pour la prévention et la réponse aux violences sexuelles en conflit, surtout celles qui auraient été commises par les forces de sécurité et des groupes armés en RDC.

Je condamne les actes de violence commis dans les zones sous le contrôle des groupes armés, y compris les M23 et les FDLR. Les sanctions récentes adoptées par le Conseil de sécurité constituent un rappel et un signal clair qu’ils seront tenus responsables pour tout acte de violence sexuelle commis dans ces zones.